Skip to main content

Full text of "Description géologique de l'île d'Ambon"

See other formats


^" eos' 



/^^^f^t 



B^ DESCRIPTION GÉOLOGIQUE 



DE 



L'ÎLE D'AMBON 



PAR 



R. 13. ]VC. VBUBBEK 

Docteur es sciences. 



(Edition française du Jaarboeli van \\eX IVIijnwezen in NeJerlandsch 
Oost-Indië, Tome XXXIV, 1905, partie scientifique). 



BATAVIA 

IMPRIMERIE DE L'ÉTAT 
1905. 



9 " '^ 



^^/ 



i^ 



DESCRIPTION GÉOLOGIQUE 



DE 



L'ÎLE D'AMBON 



PAR 



R. D. ]VC. VBRBEBK 

Docteur es sciences. 



(Edition française du Jaarboek van het Mijnwezen in Nederlandsch 
Oost-Indië, Tome XXXIV, 1905) partie scientifique). 



BA TA VIA 

IMPRIMERIE DE L'ÉTAT 
1905. 



Ge 




DESCRIPTION GÉOLOGIQUE 



DE 



L'ILE TD'J^1^:B OJST 



PAR 



R. D. M. VERBEEK 

Docteur es sciences. 



PRÉFACE. 



Un premier rapport sur mes recherches dans la partie orientale de 
l'Archipel des Indes Néerlandaises a paru dans le „Jaarboek vanhet Mijn- 
wezen in Nederlandsch Oost-Indië", Tome XXIX, 1900, pp. 1—29, sous le 
titre „Geologische beschrijving van de Banda-eilanden". 

Je présente ici mon 2^ rapport, relatif à l'île d'Ambon. Pour des causes 
diverses, la publication en a été quelque peu retardée. Mais ce retard a 
été plutôt avantageux; car d'abord j'ai été à même de faire usage des 
données que m'a fournies l'analyse des roches, que j'ai pu recueillir dans 
les autres îles des Moluques; et d'autre part, j'ai eu l'occasion, en 1904, 
de visiter encore une fois Ambon, pour compléter mes recherches de 1898 
et de 1899. 

Je travaille à présent à un 3^ rapport, que je nommerai, pour abréger 
„rapport sur les Moluques". Il comprendra des notes géologiques sur 250 
îles environ, grandes et petites, situées entre Célèbes et la Nouvelle- 
Guinée, appartenant en majeure partie aux résidences Ternate, Timor et 
Amboina, et pour une faible part à la résidence Menado et au Gouverne- 
ment de Célèbes. 

Le Gouvernement a eu la bienveillance de décider que les deux derniers 
rapports seraient publiés en deux langues, en hollandais et en français. 

Il m'est agréable d'exprimer ici ma gratitude à toutes les personnes qui, 
à des titres divers, m'ont prêté leur concours pour l'exploration de l'île 
d'Ambon et pour la rédaction du rapport 

Tout d'abord: à mon collègue M. Koperberg, pour la part qu'il a eue 
dans l'exploration de Hitou; 

au lieutenant-colonel J. A. B. Masthoff, médecin en chef de l'armée 
à Ambon, qui a pris pour moi des photographies donnant une image fidèle 
des dévastations, produites au chef-lieu par le tremblement de terre de 1898; 



VI PREFACE. 

à M. A. VAN Wetering, assistant-résident et secrétaire de la résidence 
Amboina, pour les données qu'il m'a fournies sur la population et les 
divisions politiques d'Ambon; l'ancien résident d'Ambon, M. J. van Olden- 
BORGH, qui m'a communiqué aussi des renseignements sur la même 
matière, n'est malheureusement plus en vie; 

à M. Paulus Najoan, maître de dessin à l'école normale pour instituteurs 
indigènes à Ambon, qui m'a fourni des photographies de Leitimor et du 
Salahoutou. 

Puis, à toutes les autorités (régents, wijkmeesters et gezaghebbers) de 
la population d'Ambon, pour le concours qu'ils m'ont prêté dans le relève- 
ment de l'île et pour l'hospitalité qu'ils ont accordée à moi et à mon 
personnel; je citerai surtout, pour Hitou, M.M. Mattheus Josephus 
Eduard Patty, régent d'Alang et deNousaniwi; Radja Adam Nukuhehe 
régent de Saïd; Jan Pieter Willem Hehuwat, régent de Tawiri et de 
Hatiwi besar; pour Leitimor, M.M. Jacobus Frederik Tupenalay, régent 
de Halong; Rudolf Pieter de Queljo, régent deKilang; Jacobus Petrus 
Tisera, régent de Ouri mèsèng; Jacobus Muskita, wijkmeester de Mahija. 
JoNAS Maspetella, gezaghobbor de Routoung. 

Dans l'élaboration de mon rapport, j'ai reçu l'appui de diverses per- 
sonnes. Je dois de la reconnaissance principalement: 

à mon vieil ami, le Professeur Clemens Winkler à Freiberg en Saxe, 
qui ne peut plus agréer l'expression de ma gratitude car, par malheur, 
la mort nous l'a enlevé; c'est sous sa direction et plus tard sous celle de 
son obligeant successeur, le Professeur 0. Brunck, qu'ont été effectuées, 
au laboratoire de l'Académie des mines à Freiberg, diverses analyses 
chimiques de roches d'Ambon. 

Ensuite: à mes anciens collègues le Professeur S. J. Vermaes à Delft 
et le Dr. F. Beijerinck à la Haye, également pour des analyses chimi- 
ques de roches; 

au Professeur P. Kley à Delft, pour différentes recherches microchimi- 
ques sur les éléments de roches d'Ambon; 

à M. P. Huffnagel Pz., ingénieur des mines à Rotterdam, pour la 
détermination de quelques minéraux. 

Puis encore: au lieutenant de vaisseau F. Smit, commandant de la 
canonnière „Ceram" de la Marine Royale Néerlandaise, stationnée à Ambon, 
pour la détermination de la direction astronomique de la hampe du 
pavillon au fort Nieuw- Victoria vers l'arbre isolé situé au sommet du 
Gounoung Kerbau. Cette direction fut évaluée à 48' 31' 50'' ouest; et 
comme, d'après nos mesures, la direction magnétique est de 51° 10' ouest. 



PRÉFACE. VII 

il s'ensuit qu'en 1904 la déclinaison de l'aiguille aimantée, ou l'angle 
formé par les méridiens magnétique et astronomique, était pour Ambon, 
de 2" 38' à l'est; 

au capitaine du génie F. W. P. Cligneït à Ambon, qui m'a prêté 
assistance pour recueillir, par pétardement, une grande quantité d'échan- 
tillons d'un calcaire dur, fossilifère, de la vallée de la Batou gantoung; 

à M. C. A. EcKSTEiN, directeur de l'Institut topographiquo à la Haye, 
pour les soins tout particuliers qu'il a fait apporter par son personnel 
dans la reproduction des cartes. 

Enfin, aux Professeurs F. Ziekel à Leipzig, H. Rosenbusch à Heidelberg 
et A. OsANN à Fribourg e. Br., pour l'analyse de quelques-unes de mes 
préparations microscopiques de roches; 

et aux Professeurs G. Boehm à Fribourg e. Br. et 0. Boettger à 
Francfort s. 1. M., pour leur détermination et leur description des fossiles 
d'Ambon. 

A tous mes collaborateurs mes remerciements les plus sincères. 

Les titres et les légendes explicatives des cartes, profils et dessins 
annexés à ce rapport sont en hollandais, car ces annexes n'ont été im- 
primés qu'une seule fois. On en trouvera la traduction française après la 
table, à la page xvii. 

Dans le texte français on a conservé pour les noms l'orthographe hollan- 
daise; cependant la voyelle composée oe, qui se prononce comme ou en 
français, a été remplacée par cette dernière: c'est ainsi que Goenoeng a 
été écrit ici Gounoung. 

La Haye, le 30 Novembre 1905. 

Dr. R. D. M. VERBEEK. 



TABLE DES MATIERES. 



Pages. 

Préface v 

Table ix 

Liste des cartes, profils, dessins et planches. ...... xvii 

Errata xxiii 



A. INTRODUCTION. Position, cartes, nouveaux relèvements . 1 et 2 

B. TOPOGRAPHIE DE LEITIMOR 3 à 11 

Forme, direction, longueur et largeur 3 

Sommets, terrasses 4 

Bassins 4 

Rivières 5 

Canal de Paso 7 

Négories et kampongs de bourgeois 7 

Routes 10 

Végétation 10 

Panorama 10 

a TOPOGRAPHIE DE HITOU 12 à 22 

Forme, direction, longueur et largeur 12 

Montagnes 12 

Bassins 16 

Rivières 17 

Pluies à Ambon 19 

Iles près d'Ambon 20 

Négories et kampongs de bourgeois 20 

Végétation 21 

Panoramas 22 

Superficie d'Ambon (Leitimor, Hitou et petites îles) . 22 

D. BIBLIOGRAPHIE 28 à 42 

Liste des mémoires 23 à 27 

Résumé des principaux mémoires 27 à 42 

E. GÉOLOGIE DE LEITIMOR 43 à 162 

I. Péridotite et Serpentine 43 à 71 

Terrains de péridotite 43 

Age de la péridotite à Ambon 45 

., .. „ „ .. Céram 48 



TABLE DES MATIERES. 

Pages. 

Age de la péridotite à Java . . 48 

„ „ „ „ du sud-est de Bornéo 51 

„ „ „ „ à la côte ouest de Sumatra ... 53 

„ „ „ „ au midi de l'Europe 54 

„ „ „ „ en Indo-Chine 54 

„ „ „ „ ,, Amérique méridionale ... 55 

„ „ , „ „ Californie 55 

„ „ „ „ du Nord de la Grèce ..... 56 

„ „ „ „ dans la presqu'île de San-Francisco 56 

„ „ „ llierzolite au midi de la France 57 

Age du gabbro, de la serpentine et de la diabase à 

olivine en Suisse 57 

Age de la serpentine en Italie 57 

Description des roches . 59 

(no3. 75, 34, 35, 36, 38, 80, 81, 83, 85, 85a, 206, 207, 87, 
107, 6, 62, 49, 40, 41, 41a, 53, 54, 186, 52, 55, 58, 
59a, &,c (roche de contact), 71, 187, 184, 180, 7). 
Analyses chimiques de la péridotite n". 7 et de la 

roche de contact n». 59a 69 

II. Diabase 71 à 73 

Description des roches 71 

(no8. 204, 204a, 202, 195, 100, 63). 

III. Roches granitiques 73 à 85 

Age - 74 

Terrains granitiques 74 

Description des roches 78 

(nos. 37, 37a, 42, 43, 57, 60, 61, 79, 70, 77, 76, 78, 106, 

178, 179, 181, 182, 71a, 716, 1, 88). 

Analyse chemique du porphyre quartzifère n°. 1 . . 85 

IV. Le terrain gréseux 85 à 100 

Terrains gréseux 85 

Composition 86 

Disposition 87 

Epaisseur 90 

Age de la formation 91 

Rapport du Professeur G. Boehm 92 

Description des roches 97 

(nos. ^84), (86), (188), 72, 73, 74, 82, (205), 201, 203, 203a, 
219, 220, 221, 222). 

V. Roches eruptives récentes 100 à 129 

Age 101 

Présence de la cordiérite et du grenat dans les Ambonites 101 
„ „ „ „ dans les roches de Cabo de Gâta 102 

„ „ „ „ „ „ „ des Maremmes 

de la Toscane . 102 
» » » n » n „ de la Hongrie . 102 



TABLE DES MATIÈRES. XI 

Pages. 
Présence de hi cordiéritc dans dos roches de Lipari . . 102 
„ „ „ „ n y V de l'Afrique 

méridionale . 102 
„ ;, „ „ „ ,. du Nord de 

Célèbes. . . 102 
„ „ „ „ „ „ du Japon . .103 

Mélaphyres avec croûte vitreuse d'Ambon et de l'ouest 

de Java 103 

Age crétacé des Ambonites 105 

Méso-andésites, méso-liparites et niéso-dacitcs .... 108 

Divisions des Ambonites 109 

Schéma des Ambonites 110 

Description des terrains 110 

a. Liparite à caractère de porphyre quartzifère (n^ 191). 111 

b. Andésite à hronzite et andésite à quartz et hronzite (n" 196) 1 13 

c. Ajidésite à hornblende 113 

d. Andésite à mica et andésite à quartz et mica .... 114 
Terrain au sud d'Amahousou (n"s. 104, 177). . . .114 
Mamelon à l'ouest de Ualong (nos. 208, 208', 208**) .115 
Terrain au sud de Halerou (nos. 193, (200a)) . . .119 

e. Boches vitreuses {nos. 192. 194, h)0, {199)) 122 

f. Mélaphyre et verre 123 

Terrain près de Léleri (n«. 200) 123 

Terrain au cap Nousaniwi (nos. 99, 103, 101, 102, (102*) ) 124 

VI. SÉDIMENTS TERTIAIRES JEUNES ET QUATERNAIRES . . . 129 à 162 

Difficulté d'établir une séparation entre les dépôts 

tertiaires supérieurs et quaternaires 129 

Distribution 130 

Altitude. 130 

Mode de formation et composition des divers terrains . 132 

Conglomérats 182 

Graviers meubles 132 

Calcaires 133 

Petit lac „Tëlaga radja" 134 

Le „Batou sémbajang" . 134 

Le „Batou pintou" 138 

La grotte „Liang ékang" 138 

Disposition des couches calcaires entre SilalietLatou halat 141 
„ „ „ ,, au mont Batou kapal . 141 

„ „ „ „ aux petites cimes A et B 142 

„ au G. Nona 142 

Direction et inclinaison des deux couches calcaires 

supérieures au sommet du G. Nona 143 

Soulèvements périodiques 145 

Séparation entre les dépôts tertiaires supérieurs (plio- 
cènes) et quaternaires 146 



Xn TABLE DES MATIERES. 

Pages. 
Absence de calcaire corallien contre le G. Horiel. . . 147 
Les couches calcaires de Leitimor sont faiblement plissées 150 
Çà et là il s'est produit aussi une immersion .... 150 
Disposition des jeunes sédiments de l'ouest vers l'est 

et du nord vers le sud 151 

Description des roches 153 

(nos. 98, 8, 56, 97, 96, 95, 50, 51, 49&, 49a, 39, 183, 94, 
44, 189, 82a, 197, 198, 33, 5, 105). 

VII. Sédiments novaires 158 à 162 

Terrains; les plaines 158 

Fossiles 160 

Rapport du Professeur 0. Boettgee ........ 160 

F. GEOLOaiE DE HITOU 168 à 267 

I. PÉRIDOTITE, GABBRO ET SERPENTINE 164 à 167 

Terrains 164 

Péridotite et gabbro de Houamoual (n"». 27, 28, 29) . . 164 

Description des roches 165 

(n"s. 123, 9, 129, 133, 134, 136, 145, 151). 

II. DiABASE 167 à 177 

Terrains 167 

Description des roches 168 

Massif du Salahoutou (n"8. 65, 66, 68, 166) 168 

Waï Loi (nos. 19g, 19/c) 169 

Transitions de la péridotite et du gabbro aux diabases 

cristallines 171 

Le Touna 171 

Routes de Hila et de Saïd au sommet du Toima. . 171 
Cime avancée Wav^ani . ... ....... 171 

Sous-sol du Touna 173 

(Roches n"8. 18, 18a, 18&, 152) 174 

La Waï Elah, en amont de Lima (n'. 147) 175 

Waï Soulah et Tëlaga Lana (nos. 142, 143, IU\ ... 175 

Waï Alang lama ou Waloh (nO. 131) 176 

Waï Sekawiri (Waï Elah ou Ajêr bèsar) (n'. 121) . . 177 
Waï Lawa à Tawiri (n°. 111) 177 

III. Roches granitiques 177 à 181 

Terrains 177 

Description des roches . . 178 

(nos. 10, 11, 127, 19/î, 64, 67). 
Analyse chimique du porphyre quartzifère n^. (34 . . 181 

IV. Terrain gréseux 181 à 183 

Terrains 181 

Description des roches 182 

(nos. 122, 128, 130, 132). 



TABLE DES MATIÈRES. XIII 

Pages. 

Les roches éruptives récentes 183 à 249 

Terrains 183 

Description des roches 184 

a. Liparite (et dacite) à caractère de porphyre quartzifère 184 
Route de Waô à la cime orientale du Salahoutou . 184 
Cascade Embouang dans la rivière Taïsouï . . . .185 

Versant sud-est du Gg. Kadera 185 

Le Tëlaga Namang 185 

Le terrain quaternaire entre la Waï Reuw et la 

Waï Mamina 185 

Alentours de ]a source d'hydrogène sulfuré à l'ouest 

du Télaga*'Birou, à Souli . 185 

Waï Tomol 185 

Cimes du Salahoutou 186 

Contreforts du Salahoutou 186 

(Roches n^s. 161, 69, 164, 170, 159, 158) 187 

b. Andésite à bronzite et andésite quartzifère à bronzite 190 
Description des terrains de Hitou par l'ingénieur des 

mines Koperberg 190 

Le massif du Salalioutou 190 

Route de Roumah tiga à Hitou lama 192 

Route de Hitou lama à Saïd 192 

Côte sud de Hitou, à l'ouest de Roumah tiga . . . 193 
Route de Waï Laâ à la cime du Gounoung Kerbau 194 
La deuxième route à travers Hitou ; route de Batou 

loubang à Hila 196 

La Waï Lawa, en amont de Tawiri 197 

Excursion au Gounoung Loumou-loumou 197 

Excursion de van den Bos au Loumou-loumou . . 199 
Côte sud de Hitou, à l'ouest de Tawiri jusqu'à LiJiboï. 

Batou bédiri, Batou douwa 199 

Grotte Liang liawat 200 

Hatou Poroh 200 

Excursion de Liliboï au Gg. Latoua • 201 

Zone côtière depuis Liliboï jusqu'à Alang .... 202 

Mélaphyre à Tandjoung Tapi 202 

Côte ouest de Hitou 203 

Watou lajar ou Hatou Gèledihoe ....... 204 

Iles près d'Asiloulou 204 

Excursion dans la Waï Soula. Têlaga Lana .... 204 

Grotte Metila 205 

Excursion de Lima au Gg. Latoua 205 

Le Gounoung Touna 207 

Le terrain entre le Touna et le Loumou-loumou . 208 

Le Têlaga Radja 208 

La Wai Ela, à l'est de Saïd . 211 



XrV TABLE DES MATIÈRES. 

Pages. 

La Waï Loi 211 

Mode de formation des roches éruptives récentes et 

des brèches et conglomérats qui les accompagnent 211 
(Roches nos. 31, 174, 153, 116, 115, 120, 14, 15, 16, 

17a, 17, 152a, 18d, 18e, 19, 19a, 196, 19c, 19d, 19e, 19/") 213 

c. Andésite à hornblende (nos (19), 138, 167) 222 

d. Andésite à mica et andésite quartzifère à mica . . . 224 
(nos. 162, 163, 172, 173, 214, 30, 215, 210,45,2,3,107a, 

1075, 108a, 108a»>i8, 114, 124, 126, 140, 18c, ISf). 

e. Roches vitreuses des andésites et des dacites .... 229 
(nos. 160, 165, 168, 169, 171, 216, 48, 48', 21, 21bis, 22, 

217, 107c, 154, 113, 119, 148, 18^). 

f. Mélaphyre et verre 234 

(nos. 218, 1086, 108&', 108c, 108d, 108, 109, 110, 112, 

125, 150, 149, 146, 12 (partie a, &, c, d), 12bis). 
Composition chimique des Ambonites 241 

(nos. 164, 191, 16, 21, 101, 102, 102*, 103, 108d). 
Teneur en acide silicique des nos. 125, 218, 69 . . . 249 

VI. DÉPÔTS TERTIAIEES SUPÉRIEURS ET QUATERNAIRES . . . 249 à 262 

Répartition 249 

Altitude 250 

Calcaire corallien sur la route de Hatiwi besar (Batou 

loubang) à Hitou lama 250 

Disposition des couches sur la route de Roumah tiga 

à Hitou lama 250 

Stratification discordante de deux espèces de calcaire . 252 

Eboulement à Wakal 258 

Calcaire corallien du Gounoung Bri 253 

Plis synclinaux des couches de calcaire corallien. . . 254 
Calcaire corallien entre Roumah tiga, Souli en Tial. . 255 
Conglomérats à Tëngah tëngah et sur le rocher Batou 

anjout 255 

Terrasses calcaires dans la partie orientale de Hitou . 255 

Iles près d'Asiloulou; Poulou Pombo 256 

Composition . , 256 

Direction et inclinaison 257 

Epaisseur de la formation 258 

Description de quelques roches . . . . 258 

(nos. (217\ (218), 13, 139, 117, 118, (119), 111, 46, 47, 
212, 211, 175, 176, 209, 32, 4, 135, 137, 141, 20). 

VIL DÉPÔTS NOVAiRES 262 à 267 

Plaines 262 

Sources thermales ... 263 

Analyse chimique de deux sources thermales à Toulehou 264 

Petits lacs et sources à Souli 266 

Description des roches 267 

(nos. 155, 156, 157, 213, (17)). 



TABLE DES MATIÈRES. XV 

Pages. 
G. LA BAIE D'AMBON 268 à 272 

Anciennes dôterm initions des profondeurs 268 

Nouveaux sondages 269 

Profils transversaux de la baie d'Ambon 269 

Grande faille au sud de File d'Ambon 270 

Failles le long des côtes de l'île tout entière .... 270 

Age de ces failles 271 

Profil longitudinal de la baie d'Ambon 272 

H. GÉOLOGIE TECTONIQUE 273 à 277 

La mer de Banda formée par plusieurs effondrements . 273 

Crevasses périphériques 273 

Fond de la mer de Banda 274 

Faille entre Ambon et Céram 275 

Crevasses radiales 276 

Eruption de mélaphyre, de liparite et d'andésite, après 
la formation des crevasses et après les effondrements, 

en majeure partie sous la mer 277 

Pas de baisse du niveau de la mer, mais soulèvement 
et plissement faible de la croûte terrestre .... 277 

K. TREMBLEMENTS DE TERRE À AMBON 278 à 323 

Deux sortes de tremblements de terre 278 

Direction du choc déterminé par les objets renversés . 279 
„ „ „ „ „ bruits et par les 

oscillations d'objets librement suspendus 279 

Tremblements de terre volcaniques; mouvement. . 279 
„ „ „ tectoniques; mouvement . . 279 

Mouvements rotatoires 280 

Liste des tremblements de terre et de mer observés à Ambon 281 
Les tremblements de terre à Ambon et à Banda sont 

rarement simultanés 289 

Les commotions violentes ne se sont fait sentir que dans 

l'une de ces deux îles 289 

Les années de secousses nombreuses ne concordent pas 

pour ces deux îles 290 

Tremblement de terre de 1644 290 

1671 291 

1673 292 

1674 292 

1687 296 

1754 297 

1835 299 

Grand tremblement de terre de 1898. . . 300 

Date et heure de cette commotion . 300 

Bruits souterrains ^^ 

Communications des témoins oculaires incomplètes. . 300 



XVI TABLE DES MATIÈRES. 

Pages. 

Kégion de la plus forte dévastation 301 

„ „ faible dévastation 301 

„ où il n'y eut pas de dégâts 301 

I. La première région 301 

Causes du tremblement de terre 301 

La commotion est tectonique 301 

1. Ambon 303 

Plan, avec les bâtiments dévastés ...... 303 

Choc principal et chocs secondaires 304 

Oscillations des lampes à la gr.inde église protestante 305 

Monument Kôhleii ... 306 

Déplacement de canons 309 

Secousses verticales 310 

Pilier dans le local du club 312 

Victimes de ce tremblement de terre . .... 314 
Les malheurs sont causés par les bâtiments en _2Jier7'e 315 
Dommages pécuniaires aux édifices particuliers . 316 
Déplacement du siège de l'administration de la 

résidence d'Ambon non à souhaiter 316 

2. Zone entre Ambon et la côte du sud 317 

3. Côte sud de Hitou, entre Kemiri et Poka . . 318 

4. Intérieur de Hitou, entre Nipa et Wakal . . . .319 

5. Côte nord de Hitou à Wakal 319 

IL Lad euxiè me région 319 

6 Côte nord de Hitou (domaine sismique II) 319 

7. Côte sud de Hitou (domaine sismique III) 320 

8. Côte nord de Leitimor (domaine sismisque IV) . . .321 

III. Latroisièmerégion. 322 

IV. Localités en dehors de l'île d'Ambon où 

le tremblement de terre a été ressenti 323 
Résultats 323 



LISTE 

DES 4 CARTES ET DES FEUILLES- 

ANNEXES (EN PORTEFEUILLE). 



Carte n^. I. Carte géologique d'Ambon, à l'échelle 1 : 100000 (Une feuille). 
Carte n». II. Carte géologique de Leitiraor, à l'échelle 1 : 20000 (5 feuilles 

et titre). 
Carte n». III. Carte géologique de la cime du Gounoung Nona, échelle 1 : 10000 

(Une feuille). 
Carte n». IV. Carte d'Ambon, avec l'indication des bassins, des parties 
atteintes par le tremblement de terre du 6 janvier 1898 et 
des profondeurs de la baie d'Ambon, à l'échelle de 1 : 100000 
(Une feuille). 
Annexe I, comprenant les figures 1, 2, 2a et 3 (profils géologiques). 
„ II, „ „ „ 4, 5, 6, 7, 8^, 85, 8(7et8Z)(prof. géol.) 

„ III, „ „ „ 9 à 13, 13a et 14 à 22. 

» IV, „ „ „ 23 à 53. 

V, „ „ „ 54 à 56. 

„ VT, „ „ „ 57 à 66. 

Les figures 67 à 75 ont été intercalées dans le texte. 

Liste des profils, dessins et planches (figg. 1 à 75). 

Annexe I. 

Fig. 1. Profil géologique, suivant une ligne brisée, depuis Këlapa douwa 
(près de Halong) par le G. Api angous, la Waï Warsia et Halerou 
vers Touv^i sapo. Échelle horizontale 1 : 20000; échelle verticale 
1 : 20000 et 1 : 5000. 

Fig. 2. Profil géologique, suivant une ligne brisée, d'Ambon à la chaîne 
gréseuse au-dessus de Koutoung, par le G. Batou medja. Soja di 
atas, le G. Sirimau et le G. Horiel. Échelle horizontale 1 : 20000; 
échelle verticale 1 : 20000 et 1 : 5000. 

Fig. 2a. Limite de la serpentine et du grès à la grand' route d'Ambon à 
Routoung. Échelle horizontale 1 : 20000; échelle verticale 1 : 5000. 

Fig. 3. Profil géologique, suivant une ligne brisée, de Waï Nitou (près 
d'Ambon) à Tandjoung Hati ari, en passant par le G. Nona. 
Échelle horizontale 1 ; 20000; échelle verticale 1 : 20000 et 1 : 5000. 



XVni LISTE DES PROFILS ET DESSINS. 

Annexe II. 

Fig 4. Profil géologique, suivant une ligne brisée, de Tandjoung Nousaniwi 

vers la petite cime calcaire 5, par le G. Batou kapal et la cime A 

(fig. 3). Échelle horizontale 1 : 20000; échelle verticale 1 : 20000 

et 1:5000. 
Fig. 5. Profil géologique, allant de la baie Labouhan Radja, près Silali, 

vers Latou halat, à peu près du nord au sud. Échelle horizontale 

1 : 20000; échelle verticale 1 : 5000. 
Fig. 6. Coupe des couches calcaires en arrière de Halong, perpendicu- 
lairement à la direction des couches. Échelle horizontale 1 : 20000; 

échelle verticale 1 : 5000. En teintes géologiques. 
Fig. 7. Partie A B de la fig. 6. Échelle horizontale et verticale 1 : 5000. 

Teintes géologiques. 
Fig. 8^. Route de Roumah tiga à Hitou lama. Teintes géologiques. Échelle 

1 : 20000. Nouveau relèvement. Lignes d'altitude à des distances 

verticales de 10 m. 
Fig. SB. Profil de cette route, du sud au nord. Échelles horizontale et 

verticale 1 : 20000. Teintes géologiques. 
Fig. 8(7. Le même profil. Échelle horizontale 1:20000; échelle verticale 

1 : 5000. Teintes géologiques. 
Fig. 8D. Coupe des couches suivant la ligne ^ S de la fig. 8^, de l'ouest 

à l'est. Échelle verticale 1 : 5000. Teintes géologiques. 

Annexe III. 

Fig. 9. Profil de la baie d'Ambon, entre Sahourou (Hitou) et Ambon. 
(Leitimor). Échelle horizontale 1 : 20000; échelle verticale 1 : 20000 
et 1 : 5000. 

Fig. 10. Profil de la baie d'Ambon, entre Batou loubang (Hitou) et Tg 
Benteng (Leitimor). Échelle horizontale 1 : 20000 ; échelle verti 
kale 1 : 20000 et 1 : 5000. 

Fig. 11. Profil longitudinal de la baie d'Ambon, par la ligne de plus grande- 
profondeur. De la faille près du cap Nousaniwi vers Paso, parla 
baie d'Ambon et la baie Intérieure. Échelle horizontale 1 : 100000; 
échelle verticale 1 : 100000 et 1 : 25000. 

Tandjoung Seri, à la côte sud de Leitimor. Esquisse. Échelle 
1 : 2000 environ. 

Mur de granité, avec restes de roche de contact. Esquisse. 
Tandjoung Seri (Leitimor). 
13a. Filons de granitite dans la péridotite. Esquisse. Projection hori- 
zontale. Tandjoung Seri (Leitimor). 

Vue de Tandjoung Hati ari (Leitimor) prise du nord-est. Esquisse. 
Le Gounoung Eri Samau, avec les terrasses qui y sont appliquées 
au sud jusqu'à la Labouhan Roupang (Leitimor), vu de l'est. 
Esquisse. 

Fig. 16. La chaîne à l'ouest de Seri (Leitimor), vue de l'est, près Tandjoung 
Noukinarou. Esquisse. 



Fig. 


12. 


Fig. 


13. 


Fig. 


13a 


Fig. 


14. 


Fig. 


15. 



LISTE DE DESSINS. XIX 

Fig. 17. Mélaphyre à Tandjoung Nousaniwi (Leitimor). Esquisse. 

Fig 18. Mélaphyre (avec croûtes vitreuses) à Tg. Nousaniwi (Leitimor). 

Esquisse. 
Figg 19 à 21. Mélaphyre avec séparations sphériques et croûtes vitreuses, 

au nord-est de Tg. Nousaniwi (Leitimor). Esquisse. 
Fig. 22. Couches quaternaires de sable et de cailloux roulés, à l'est du 

Gounoung Karang pandjang, sur la route d'Ambon à Routoung 

(Leitimor). Esquisse. 

Annexe IV. 

Fig. 23. Disposition des couches de calcaire corallien en 3 étages sur du 

granité, à l'ouest de la Labouhan Roupang (Leitimor). Esquisse. 
Fig. 24. Bloc calcaire détaché au dessus de Touwl sapo (Leitimor). Esquisse. 
Fig. 25. Terrasses adossées à la chaîne en arrière d'Amahousou (Leitimor). 

Esquisse prise de la baie d'Ambon, à peu près du nord. 
Fig. 26. Panorama des massifs du Latoua, du Loumou loumou, du AValawaâ 

et du Touna (Hitou), vus du sommet du G. Kerbau, à 478 m. 

d'altitude. 
Fig 27. Panorama des massifs du Latoua, du Kadera et du Loumou- 

loumou (Hitou) vus d'un point au-dessus de Batou loubang, 

à 181 m. d'altitude. 

Le massif du Loumou loumou (Hitou), vu de la terrasse en 

arrière de Laha, à 67 m. d'altitude. 

Le Walawaà et le Touna (Hitou), vus de la cime XVII (751 m. 

d'altitude) de la chaîne du Loumou loumou. 

Panorama du massif du Salahoutou (Hitou), vu du G. Kerbau, 

à 478 m. d'altitude. 

Les cimes du Loumou loumou, vues d'Ambon. 

Les trois cimes du Touna, vues d'Ambon. 

Les sept cimes du Salahoutou, vues d'Ambon. 

Panorama du massif du Salahoutou, jusqu'au G. Kerbau, vu d'un 

point sur les collines en arrière d'Ambon. 

Les cimes du Salahoutou, vues d'un point au nord du kampong 

Siwang, à 400 m. d'altitude environ. 

Les cimes nos. i^ 2 et 5 du Salahoutou, vues du refuge au sommet 

n°. 7 (985 m. d'altitude) du Salahoutou. D'après une photographie. 

Eboulement de calcaire corallien et de gravier à Wakal (Hitou). 

Echelles horizontale et verticale 1 : 5000. 

Limite de l'andésite et de la diabase à la rive droite de la rivière 

Wanii, au Gounoung Touna (Hitou), 

Terrasses quaternaires de cailloux roulés à Kaïtetou (Hitou), 

à la rive gauche de la Waï Loi. 

Couches de cailloux roulés et amas de bois, aux bords de la 

Waï Loi, à 6 m. environ au-dessus du ht de la rivière, à 4 km. 

à peu près de Kaïtetou (Hitou). 
Fig. 41. Roche éruptive massive affleurant dans la Waï Lawa, au-dessus 

de Tawiri (Hitou). 



Fig. 


28. 


Fig. 


29. 


Fig. 


30. 


Fig. 
Fig. 
Fig. 
Fig. 


31. 
32. 
33. 

34. 


Fig. 


35. 


Fig. 


36. 


Fig. 


37. 


Fig. 


38. 


Fig. 


39. 


Fig. 


40. 



XX LISTE DE DESSINS. 

Fig. 42. Cime du Gounoung Latoua (Hitou), vue à peu près du sud. 
Fig. 43. Cime du Gounoung Latoua (Hitou), vue du nord-est, d'un point 

situé à 760 m. d'altitude environ. 
Fig. 44. Plan de la plus haute cime du Latoua (Hitou). 
Fig. 45. Le rocher Hatou Geledihou (Batou lajar), à la côte ouest de Hitou. 
Fig. 46. La grotte Mêtila, entre Asiloulou et Ouring, à la côte nord 

de Hitou. 
Fig. 47. Le Gounoung Houhou, au cap Houhou, à la côte nord de Hitou, 
Fig. 48. La chaîne du Tomol, au cap Tomol, à la côte nord de Hitou. 
Fig. 49. Masse rocheuse à l'embouchure de la rivière Moki, rive droite. 

Côte nord de Hitou. 
Fig. 50. Le Gounoung setan, vu du nord-est, près du cap Moki. Côte nord 

de Hitou, 
Fig. 51. Terrasses calcaires en arrière de Liang, adossées à la chaîne 

éruptive du Lapiarouma, vues du nord-ouest, de la mer. Partie 

nord-est de Hitou. 
Fig. 52. Les monts calcaires Houwé et Eri wakang, entre Toulehou et 

Souli, pris du nord, de la baie de Waë, à Hitou. 
Fig. 53. Monument de M. Kôhlee, au cimetière d'Ambon. Echelle 1 : 100. 

Annexe V. 

Fig. 54. Plan d'Ambon, avec les édifices endommagés par le tremblement 

de terre du 6 janvier 1898. Échelle 1 : 5000. 
Fig. 55. Mur du club à Ambon, lézardé par le tremblement de terre. 

Échelle 1 ; 20. 
Fig. 56. Direction de 15 canons au fort Nieuw-Victoria, à Ambon, avant 

et après le tremblement de terre. Échelle 1 : 100. 

Annexe VI. 

Fig. 57. Calcaire et serpentine à Këboutou douwour, résidence Banjoumas, 
Java. 

Fig. 58. Calcaire et serpentine à Watou bëlah, résidence Banjoumas, Java. 

Fig. 59. Couche calcaire contournée et inclinée au Gounoung ISlona, vue 
de Kouda mati (Leitimor). Esquisse. 

Fig. 60. Profil du Gounoung Nona, jusqu'à la rivière Batou gadjah, àpeu 
près perpendiculairement à la direction des couches calcaires 
(Leitimor). Echelle horizontale 1:20000; échelle verticale 1:20000 
et 1:5000. 

Fig. 61. Coupe longitudinale de Leitimor, suivant une ligne brisée, sen- 
siblement du S.O. au N.E. Échelle horizontale 1 : 100000; échelle 
verticale 1 : 25000. 

Fig. 62. Coupe longitudinale de Hitou, suivant une ligne brisée, sen- 
siblement du S.O. au N.E. Échelle horizontale 1 : 100000, échelle 
verticale 1 : 25000. 

Fig. 63. Mélaphyre avec croûte vitreuse de Tandjoung Tapi (Hitou). 
Esquisse. 



LISTE DES PLANCHES. XXI 

Fig. 64. Microlithe d'olivine du mélaphyro n^. 12 de Tandjoung Tapi 
(Hitou). Grossissement ^^/i. 

Fig. 65. Microlithes d'olivine du mélaphyre n**. 12'»s de Tandjoung Tapi 
(Hitou). Grossissement ^^li. 

Fig. 66. Le lac Telaga Radja à Hitou. Echelle 1 : 2000. Nouveau relève- 
ment de M. J. F DE CoETE en 1904. 

Figures intercalées dans le texte: 

Fig. 67. Cantine militaire à Ambon, après le tremblement de terre; vue 

de l'intérieur de l'île. D'après une photographie, (voir p. 807). 
Fig. 68. Cantine militaire à Ambon, après le tremblement de terre; vue 

prise du côté de la mer. D'après une photographie, (voir p. 307). 
Fig. 69. Seize canons dans le fort Nieuw- Victoria à Ambon, après le 

tremblement de terre. D'après une photographie (voir p. 310). 
Fig. 70. Douze de ces canons, pris d'un autre point de vue. D'après une 

photographie (voir p. 310). 
Fig. 71. La „Waterpoort" du fort Nieuv^-Victoria à Ambon. D'après une 

photographie (voir p. 311). 
Fig. 72. Maison en bois à Wakal, après le tremblement de terre. D'après 

une photographie (voir p. 319). 
Fig. 73. Panorama de Leitimor; vue prise du versant du mont Kërbau. 

D'après une photographie (voir p. 10). 
Fig. 74. Le massif du Salahoutou; vue prise de la baie d'Ambon, entre 

Ambon et le hameau de Waï Laà. D'après une photographie 

(voir p. 22). 
Fig. 75. Cristal de cordiérite de l'andésite à bronzite n». 19e de la rivière 

Loi. Grossissement ^^/i. a. à la lumière ordinaire; b. à la lumière 

polarisée (voir p. 221). 



ERRATA, 



Page 


Ligne 


20 


5 , . 


20 


32 . . 


21 


24 . . 


22 


14—15 . 


82 


25 . . 


32 


25 . . 


52 


36 . . 


57 


6 . . 


61 


24 . . 


69 


22 . . 


98 


25 . . 


106 


14 . . 


154 


16 . . 


209 


31 . . 


254 


31 . . 


312 


2 . . 



Au lieu de: Lisez: 

proximité proximité 

Un négorie Une négorie 

bourgois bourgeois 

près du passage d'eau . pendant une traversée 

la première .... le premier auteur 

la dernière le dernier 

porhyrites porphyrites 

metamorphisé .... métamorphosé 

un entrelacement . . . une juxtaposition 

enchevêtrées juxtaposées 

le présence la présence 

difîerencc différence 

chrétienne de chrétiens 

recueilii recueil! 

doit-être doit être 

metionnés mentionnés 



A. INTRODUCTION, 



L'île d'Ambon est située au sud de l'extrémité occidentale de la 
grande île de Céram, entre 3° 29' et 3^ 48' de latitude sud et entre 
127° 54' et 128° 21' de longitude orientale de Greenwich. 

Les coordonnées géographiques de la hampe du pavillon au fort 
Nieuw- Victoria (voir fig, 54, feuille annexe V) du chef-lieu Ambon sont 
128°10'30",7 iongit E. de Gr. et 3° 41' 30" lat. S. (i) 

Sur la carte n". I, dressée d'après nos nouveaux levés effectués 
en 1898, l'île est figurée à l'échelle de 1 : 100 000. Cette carte fait 
voir que l'île d'Ambon se compose de deux presqu'îles, qui commu- 
niquent près de Paso par une bande étroite d'alluvium, élevée de 
3 à 5 m. au-dessus du niveau de la mer. 

Ces deux parties, dont la plus grande, celle du nord, a reçu le 
nom de Hitou^ tandis que la partie sud, la plus petite, est appelée 
Leitimor, formaient jusqu'à une époque relativement récente deux îles 
distinctes, et c'est aussi comme telles qu'elles seront décrites ci-dessous. 

Nous avons effectué en détail le levé topographique de la portion 
méridionale et nous l'avons représentée sur la carte n<». II, qui con- 
siste en 5 feuilles à l'échelle de 1 : 20000 avec titre. Le levé du terrain 
a été fait par le topographe W. van den Bos, et je l'ai exploré 
moi-même au point de vue géologique. 

Je n'ai pu faire que fort peu usage de la carte de Mickler (^) ; 



(1) L'ancienne donnée 128° 10' 15",15 long-it. E. de Gr. n subi deux corrections, parce que 
en 1892 Makasser a été déplacée de 4'' vers l'est par rapport à Batavia ; et cette dernière 
ville a elle-même subi un déplacement de 11",55 vers l'est en 1896; cela fait ensemble 
une différence de 15",55. 

(2) Carte d'Ambon et des environs, ainsi que des voies de communication avec les autres 
parties de la presqu'île de Leitimor. Plan levé et cartographie par le capitaine d'infanterie 
W. H. A. Mickler. Publiée par le Bureau topog-raphique de Batavia en 9 feuilles, k 
l'échelle de 1 : 20000 (sans date). 

Par décret g-ouveruemental du 23 novembre 1865 n". 10, le capitaine Mickler fut en- 
voyé à Ambon, afin d'y faire quelques levés topographiques en vue de la défen-se de l'île 
contre une invasion étrangère. Dans une lettre officielle du 15 avril 1SG7. Mickler 
annonçait que les opérations étaient terminées; elles avaient donc duré une année environ. 

1 



d'abord, une petite partie seulement de Leitimor a été complètement 
achevée, savoir les environs du chef-lieu; en second lieu, nous nous 
sommes aperçus bien vite que les configurations des terrains n'ont 
pas toujours été rendues avec exactitude et que les hauteurs des 
montagnes présentaient aussi des écarts assez considérables. C'est 
ainsi que, d'après nos mesures, le Gounoung Horiel a 562 m. de 
hauteur, tandis que Mickler ne lui attribue qu'une altitude de 548.4 m. 
C'est pour ce motif que nous avons résolu de faire des levés tout à 
fait nouveaux, et en dressant notre carte nous n'avons consulté celle 
de Mickler que pour quelques parties seulement, dans le tracé des 
courbes de niveau. 

Le Leitimor de la carte n*'. I est une copie réduite de la grande 
carte en 5 feuilles. 

Notre séjour à Ambon a été bien trop court pour pouvoir lever 
Hitou en détail. C'est pourquoi nous n'avons eiïectué dans cette grande 
île que les mesures suivantes: le contour tout entier; la route de 
Roumah tiga à Hitou lama; une seconde route de Hatiwi besar (à 
vrai dire du hameau Batou loubang) vers Hila; le sentier de Waï 
laâ au Gounoung Kërbau; le sentier de Nania au Gounoung Eri; 
la route de Souli à Toulehou et de Waë à Liang. La situation des 
principaux sommets a été déterminée par des angles de relèvement, 
de sorte que pour cette île aussi il a été possible de tracer les courbes 
de niveau avec une précision convenable. Sur la carte n". I les lignes 
d'altitude, tant pour Hitou que pour Leitimor, correspondent â des 
distances verticales de 50 mètres. Sous le rapport géologique, Hitou 
a été étudiée pour la plus grande partie par l'ingénieur des mines 
M. KopERRERG, qui m'a été adjoint pour l'exploration d'Ambon, 
et pour le reste par moi-même. Tous les échantillons de roches que 
nous avons recueillis, je les ai examinés au microscope. 



TOPOGRAPHIE DE LEITIMOR 

(CARTES NO. I et NO. II). 



Leitiraor a la forme d'un triangle irrégulier dont la base, qui a 
8 km. environ de longueur, est située du côté est; le sommet du 
triangle est situé à l'ouest, là où l'île se termine en une pointe, le 
cap Nousaniwi (ou Nousanivé). 

La longueur de l'île, dans une direction de 57° astr., est de 26.7 km. ; 
la plus grande largeur, entre Gëlala et le cap Hihar, est de 10 km. 

Leitimor est séparée de Hitou par les baies d'Ambon et de Bagouala, 
entre lesquelles s'étend l'isthme de Paso, une bande de terre très 
basse, large de plus de un kilomètre, qui relie les deux presqu'îles. 
L'extrémité orientale de la baie d'Ambon est appelée «baie Intérieure» 
(Binnenbaai) ; près du cap Martafons (') elle communique avec la 
baie d'Ambon proprement dite par un détroit qui n'a que 500 m. 
de largeur. 

Leitimor est presque entièrement montagneuse; elle ne présente 
que quatre plaines alluviales de quelque étendue; la première est 
située dans la partie du sud-ouest, le long de la côte près de Latou 
halat et d'Ajerlo; dans la seconde se trouve le chef-lieu Ambon, à 
la côte nord; la troisième plaine est celle de Paso, la localité dont 
il a été question plus haut; la quatrième s'étend de Routoung à 
Houtoumouri, le long de la plage dans la partie sud-est de l'île. 
Abstraction faite de ces plaines relativement peu étendues, les mon- 
tagnes plongent partout dans la mer. 



(1) D'après Valentijn, Oud- en Nieuw Oost-Indiën II, 1, bdz. 114-. une corruption de 
„Martijn Alfonsus-hoek"; à la même pag-e, il donne encore à ce cap les noms de ,,Melis-" 
ou „Martijn Fonso's hoek". 



Les principaux sommets sont: dans la portion occidentale, étroite 
de l'île, le Gounoung Kapal (229.5 m. ou 230 en nombre rond); 
dans l'intérieur, plus à l'est, le G. Nona (539 et 514 m.), le 
G. Sirimau (463 m.) et le G. Horiel (562 m.), le point le plus élevé 
de Leitimor. Dans la partie orientale, le G. Api angous (309 m.) et 
le G. Maout (334 m.). Un grand nombre d'autres cimes seront citées 
plus tard, lors de la description géologique de l'île. (•) 

Le terrain situé en arrière d'Ambon offre un caractère très parti- 
culier: il monte très rapidement jusqu'au niveau de 80 m. au-dessus 
de la mer; puis il continue à s'élever peu à peu, en croupes longues 
et plates, en forme de terrasses, jusqu'au pied de la chaîne de Soja 
di atas, où il atteint l'altitude de 170 m. Plus haut dans la mon- 
tagne, il y a encore des terrasses, mais celles-ci sont moins apparentes. 
Ces terrasses, en forme de plateau, s'étendent à partir d'Ambon, 
dans une direction nord-est, jusque derrière Halong et Paso. 

La ligne de partage des eaux (cartes n''^ II et IV) entre les côtes 
nord et sud de Leitimor commence à l'ouest, près du cap Nousaniwi ; 
de ce point elle se dirige vers le G. Kapal (altitude 229.5 m.), 
descend ensuite jusqu'à 55 m. vers un point de la route de Latou 
halat à Silali, pour remonter ensuite vers les hautes montagnes en 
arrière d'Amahousou, en passant le G. Rousi (220 m.). Cette pre- 
mière partie, avec le G. Kapal, doit donc être considérée comme 
une chaîne de montagnes distincte, qui se rattache à la chaîne 
d'Amahousou par le défilé de 55 m. de hauteur seulement, dont il 
vient d'être question. Dans le massif montagneux d'Amahousou la 
ligne de faîte atteint déjà des altitudes de 477 jusqu'à 495 m., au 
G. Nona elle parvient même à 539 m. A partir de ce point elle se 
dirige sensiblement vers l'est et passe par les sommets Siwang 
(534 m.) et les montagnes calcaires Eri haou (361 m.) et Nanahou 
(377 m.); elle prend ensuite au nord-est, par le G. Loring ouwang 
(384 et 401 m.) jusqu'au G. Sirimau (463 m.); puis elle s'infléchit 
de nouveau vers Test jusqu'au G. Horiel (562 m ), pour redescendre 



(1) Les chiffres donnés ici et plus loin ont été déterminés après calcul de toutes 
les mesures; en partie, ils présentent de petites différences avec ceux que j'ai donnés 
dans mon travail „Over de g-eolog-ie van Ambon", Verh. der Kon. Ak. v. Wetenschappen. 
Amsterdam, Deel VI, No. 7, 1899. 



enfin le versant nord-est de cette montagne, vers un point situé à 
06O.5 m. au-dessus du niveau de la mer (voir feuille 3), un peu 
au-dessus du })oint où la grand' route d'Ambon à Koutoung atteint 
l'altitude de 814 m. En cet endroit, la ligne de faîte se sépare en 
deux branches, qui enferment le bassin de la côte orientale. L'arête 
septentrionale se dirige vers Paso en passant par le G. Api angous 
(309 m.) et le G. Wringin pintou (240 m.), tandis que la seconde 
branche part du point susnommé (314 m.) et passe par-dessus le 
G. Tjolobaï (239 m.) et le G. Kamala houhoung (248.-5), pour former 
ensuite un grand coude, d'abord vers l'est, puis vers le sud et se 
diriger vers le G. Patah et atteindre do là le cap Houtouraouri. La 
première branche forme donc la ligne de partage des eaux entre les 
côtes du nord et de l'est ; la seconde, entre les côtes du sud et de l'est. 

Les principales rivières sont (carte n°. II) : 

I. A la côte est: 

1. La Waï (rivière) Jori, qui dé])0uchc dans la baie de Bagouala 
au sud de Paso; cette rivière et la Waï Rouhou sont les 
plus grandes de Leitimor; elles ont toutes doux un cours de 
8 km. environ de longueur. La Jori a de nombreux afïluents, 
dont les plus importants se nomment la Warsia et la Tané, 
qui prennent toutes les deux leur source au versant nord-est 
du G. Horiel. A l'époque des pluies (de mai à août) la 
W. Jori transporte des masses d'eau prodigieuses, de telle sorte 
que bien souvent la rivière ne peut être traversée. Hauf au chef- 
lieu Ambon, des ponts ne se rencontrent nulle jDart dans l'île. 

2. La Waï Touwi sapo, qui se jette dans la mer près de l'en- 
droit de ce nom, et ({ui s'appelle Malako dans son cours 
supérieur. Cette rivière descend du G. Kamala houhoung. 

IL A la côte sud: 

3. La Waï Sermeti, nommée Ajër besar à son embouchure; elle 
se jette dans la mer à l'est d'Houtoumouri et prend aussi sa 
source au G. Kamala houhoung. Le Manat en est un affluent 
inférieur de droite. 

4. La Waï Ihouresi^ (jui i)rend sa source au G. Horiel et coule 
en direction méridionale vers la Labouhan Ihouresi ou baie 
de Houkourila. 



6 

5. La Waï Hahila, appelée I-jang dans son cours supérieur, prend 
sa source à la crête située entre Sirimau et Horiel et se jette 
dans la Labouhan Hahila. 

6. La Waï Hatalai, nommée Hanouan dans son cours moyen, 
près de Nakou, prend sa source au G. Sirimau; toutefois, de 
nombreux affluents de droite, tels que la Nahoupaman, l'Abou- 
hou, la Leisisa, la Hou ri, la Karo etc. viennent du terrain 
sis à l'ouest de Hatalaï et de Nakou. Elle débouche dans la 
baie de Nakou (Labouhan Nakou). 

7. La Waï Roupang^ qui se jette dans la Labouhan Roupang 
et qui descend du G. Loring ouwang. Un des affluents supé- 
rieurs se nomme Laouroung. 

8. La Waï Wem% à l'ouest de Seri. 
ni. A la côte nord: 

9. La Waï lia., ou rivière d'Amahousou, qui charrie de grandes 
masses de gravier et de pierres, venant des montagnes, com- 
posées de manières très friables, situées en arrière d'Amahousou. 

10. La Waï Batou gantoung, qui se jette dans la mer à l'ouest 
d'Ambon. Quelques affluents ont leur source au G. Apinau 
(à l'est du G. Nona); d'autres, aux monts Eri haou et Nanahou ; 
d'autres encore au Loring ouwang. 

Cette rivière arrose le hameau Malaman et passe à l'ouest 
du kampong Kousou-kousou-sereh. 

11. La Waï Batou gadjah, qui forme sensiblement la limite occi- 
dentale du chef-lieu Ambon. Le cours supérieur, nommé 
Sasouou, descend du G. Sirimau, dans le voisinage de Soja 
di atas. 

12. La Waï Tomo, qui prend aussi sa source près de Soja di atas 
et du G. Sirimau et débouche dans la mer du côté est du 
fort Nieuw-Victoria. Un affluent de gauche est la Waï 
Tomo ketjil. 

13. La Waï Batou mer ah, dont l'embouchure est près du kampong 
de ce nom. Sur la route d'Ambon à Routoung on passe la 
Hoka, la Kaharou et la Jalima, des affluents de cette rivière. 

14. La Waï Rouhou^ près de Gëlala; une grande rivière, longue 
de 8 km. environ (comme la Waï Jori) et large de 70 m. 



à l'endroit où on la traverse. Les affluents lia et Waï Jouwa 
descendent tous les deux du flanc septentrional du G. Horiel. 
15. La Waï Rikan a son origine au G. Api angous et se jette 
dans la mer près de Lateri. 

Canal de Paso. L'isthme de Paso, large de 1200 m., était jadis 
traversé dans toute sa largeur par un canal qui, d'après Ludeking, 
fut creusé en 1725. Buddingh donne toutefois l'année 1754 comme 
date de cette première percée. Ce canal s'est ensablé })ientôt à son 
embouchure orientale, et fut rendu de nouveau navigable, une pre- 
mière fois de 1788 à 1787, sous l'administration du Gouverneur des 
Moluques R. Padbrugge; plus tard une seconde fois de 1826 à 1827. 
En 1839 il était de nouveau bouché. (P. Bleeker. Reis door de 
Minahassa en den Molukschen Archipel. Batavia 1856, Deel II, 
bdz. 162 en 163. S. A. Buddingh. Neerlands Oost-Indië. Rotterdam 
1860, Deel II, bdz. 149. E. W. A. Lûdeking. Schets van de residentie 
Amboina. 's Gravenhage 1868, bdz. 6 en 7. Extrait des Bijdragen tôt 
de Taal-, Land- en Volkenkunde van Ned. Indië, 3e reeks, III, 1868, 
bdz. 1—272). 

Actuellement il n'existe plus une communication parfaite entre la 
baie Intérieure et la baie de Bagouala. Des canots peuvent arriver 
de la baie Intérieure jusque dans le kampong Paso ; mais les derniers 
40 à 50 m. ils sont placés sur des rouleaux pour être poussés par 
voie de terre, à marée haute, jusqu'à la baie de Bagouala. 

Les negories {villages indigènes), kampongs de bourgeois et hameaux de 
Leitimor sont, à partir de la pointe sud-ouest: 

1. Latou halat. Une négorie sous l'autorité d'un régent. 

2. Nousaniwi. Une négorie sous un régent, consistant en deux 

kampongs, Ajer lo et Eri. Le régent d'Alang (dans Hitou) 
est en même temps régent de Nousaniwi. 

3. Silali. Une négorie sous un régent, administrée à présent tempo- 

rairement par le régent de Latou halat. 

4. Amahousou. Une négorie sous un régent. 

5. Ouri mèsèng. Une négorie sous un régent, constituée par quatre 

hameaux ou petits kampongs : Kousou kousou sëreh, où 
habite le régent. Malaman, Siwang et Seri (à la côte du sud). 



8 

6. Mahija. Un kampong de bourgeois séparé, sous l'autorité d'un 

sergent chef de quartier (wijkmeester). 

7. Kilang. Une négorie sous un régent. 

8. Houkourila. Idem. 

9. Ema. Idem. 

10. Nakou. Idem. 

11. Hatalaï. Idem. 

12. Soja di atas. (*) Idem. 

13. Soja di bawah. Une négorie sous un régent. (Fait partie du 

chef- lieu Ambon). 

14. Léahari. Une négorie sous un régent. 

15. Routoung. Idem, administrée temporairement par un gouver- 

neur (gezaghebber) pendant la minorité du jeune régent. 

16. Houtoumouri. Idem. Le hameau Touwi Sapo, à la côte orien- 

tale, en fait partie. 

17. Paso. Idem. 

18. Lateri. Un kampong de bourgeois à part, sous un sergent chef 

de quartier. Le hameau Nontetou en fait partie. 

19. Lata. Idem. A ce village appartient le hameau Kelapa douwa. 

20. Halong. Une négorie sous un régent. 

21. Hatiwi ketjil. Idem. 

22. Gëlala. Grand kampong de bourgeois séparé, sous l'autorité 

d'un sergent chef de quartier. 

23. Batou merah. Une négorie mahométane, sous un régent. 

24. Ambon. Chef-lieu de la résidence d'Amboine et siège du gou- 

vernement. La partie orientale est appelée Mardika; à 
côté est située la négorie déjà citée Soja di bawah; 
plus au sud se trouve le kampong Batou medja; la 
portion du sud-ouest, où demeure le résident, est 
nommée Batou Gadjjah. A l'ouest d'Ambon sont situés 
les hameaux Ajer Wolanda, Wai Nitou (où une source 
limpide jaillit du calcaire) et Kouda mati. 



(1) L'arbre aux canaris (amandier) de Soja di atas, déjà cité par Valentijn (Oud en 
Nieuw Oostindië II, 1, bdz. 117). qui doit être âgé à présent de 400 ans au moins, est 
encore toujours en vie; tous les ans il donne encore en abondance des fruits d'une excel- 
lente qualité. 



9 

Les négories sous un régent que nous venons de citer, ainsi que 
les kampongs de bourgeois séparés, administrés par un sergent chef 
de quartier, sont des négories et kampongs chrétiens, sous l'autorité 
de chefs indépendants. Toutes les négories mahométanes sont aussi 
placées sous des chefs indépendants. (*) 



(1) Au sujet de la différence entre les négories chrétiennes et les kampongs de bourgeois, 
j'ai reçu des communications détaillées tant de la part de l'ancien-résident d'Amboiue 
J. VAN Oldenborgh, maintenant décédé, que de l'assistant -résident A. van Wetkhing, 
secrétaire de la résidence. J'en rapporte ici les plus importantes. 

Une négorie chrétienne sous un radja (rajah) ou régent est toujours un village habité 
par la population primitive du pays. C'est à elle qu'appartient le sol ; elle paie des imi)ôts, 
fait des services de quart (kwarto-diensten), etc. 

Les kampongs de bourgeois sous un sergent chef de quartier sont des colonies de 
bourgeois, d'anciens „mardijkers"\ les descendants d'étrangers qui, durant les premières 
années de la Compagnie des Indies orientales, se sont rendus utiles en combattant pour 
elle, ont embrassé le christianisme et ont été libérés pour cette raison à tout jamais de 
tout impôt et du service de quart, mais sont restés astreints au service de garde (schut- 
terij). Dans l'Indisch Staatsblad de 1886, N". 136, figure un „Reglement voor de schutterijen 
in de residentie Amboina" (Règlement pour les corps de garde dans la résidence d'Am- 
boine). L'article 2 de ce règlement désigne ceux (jui font partie de la garde, l'article 4- 
ceux qui sont libérés personnellement de ce service; ces derniers doivent, d'après l'article 5, 
payer une certaine contribution. Cette contribution est recouvrée par les sergents chefs 
de quartier, qui ne sont pas rétribués pour cette fonction, mais sont indemnisés pour leurs 
frais de voyage, lorsqu'ils viennent déposer à Ambon les contributions qu'ils ont encais- 
sées. Les frais pour les moyens de transport s'élèvent à peu près à 8 pet. des sommes 
encaissées. S'il arrive que dans un kampong de bourgeois demeurent des Binoungkounais, 
lesquels doivent payer l'impôt personnel, le sergent chef de quartier recouvre aussi cet 
impôt et reçoit alors 8 pet. de salaire. Ces sergents n'ont d'ailleurs pas d'autres revenus. 

Les rajahs des négories chrétiennes et musulmanes n'ont pas non plus de revenus 
fixes. Ils reçoivent 8 pet. des impôts recouvrés par eux, dont 2/.j sont pour le régent et 
i/s pour tous les kapala's-soa (chefs subalternes) ensemble; ils reçoivent de plus une 
indemnité pour la privation des deniers de l'hassil et du pitis, depuis la suppression du 
monopole des girofles; et en outre, tous les ans, une gratification en linges; ces deux 
derniers revenus sont de peu d'importance. Enfin ils ont droit aux services de quart. 
Ces derniers ne sont pas des services de garde; les hommes, désignés à cet effet, le plus 
souvent au nombre de quatre par régent, peuvent être employés par ce dernier pour des 
services domestiques ou des travaux agricoles; c'est ainsi qu'on leur fait arranger le 
jardin, battre du sago etc. Les femmes des régents (njoras) ont également droit aux services 
de 2 à 4 jeunes filles de leur ressort, pour se faire aider à la cuisine ou aux travaux de 
couture. Les services de quart sont la principale source des revenus des régents. Déjà 
à diverses reprises on a proposé de supprimer ces divers revenus et de les remplacer par 
un traitement fixe ; mais jusqu'à ce jour ces tentatives ont échoué, à cause des dépenses 
que ce changement entraînerait pour l'état. (Voir aussi G-. W. W. C. Baron van Hokvell, 
Ambon en meer bepaaldelijk de Oeliasers. Dordrecht 1875, pp. 24 à 28, où il est question 
des revenus des régents et des kapala's-soa, des services de quart, etc.; et p. 38, où il 
est traité de l'impôt prélevé sur les habitants d'Ambon. Cet impôt a été réglé ultérieure- 
ment par l'Indisch Staatsblad de 1891. No. 4-5; et dans l'Indisch Staatsblad de 1892, 
No. 82, figurent des dispositions relatives aux bourgeois de la résidence d'Amboine). 



10 

Routes. La plupart des endroits nommés plus haut sont reliés par 
des voies de communication que l'on appelle des routes, mais qui 
ne sont que des sentiers mal tracés, mal entretenus, à fortes pentes, 
sans ponts sur les rivières, de sorte qu'ils sont impraticables aux 
chevaux; c'est probablement pour cette raison que les chevaux de 
selle font totalement défaut à Ambon; s'ils étaient introduits, ils ne 
seraient d'aucun usage dans l'état actuel des routes. Aussi à Ambon 
les transports s'effectuent-ils exclusivement à pied ; ou bien, si la 
route est assez large, par des chaises à porteurs reposant sur de 
longues tiges de bambou et portées par 8 à 12 personnes. C'est un 
mode de transport désagréable, car il faut souvent quitter la chaise 
aux fortes pentes. Les habitants d'Ambon ont toutefois acquis dans 
le maniement de ces chaises une grande habileté, de sorte que tout 
nouveau venu est surpris de les voir gravir avec une telle masse 
de hautes montagnes, telles que le Gounoung Nona, dont ils atteignent 
le sommet, à l'altitude de 500 m., d'Ambon en quelques heures. 

Végétation. Une grande portion de Leitimor, principalement les 
parties orientale et centrale de l'île, est recouverte de forêts épaisses ; 
là où les bois font défaut, il faut attribuer cette absence, sans excep- 
tion, à l'arrangement de petits jardins par les Binoungkounais, habi- 
tants de la petite île Binoungkou, située près de Célèbes, au sud-est 
de Bouton; les Binoungkounais séjournent temporairement à Ambon et 
s'y livrent surtout à la culture des légumes et des fruits. Pour leurs 
jardins, ils choisissent de préférence un sol calcarifère où les frag- 
ments de calcaire sont mélangés à du gravier et des matières éruptives ; 
pour l'aménagement du jardin ils abattent la haute futaie. Mais, comme 
ce sol n'est pas particulièrement fertile, les jardiniers déménagent 
assez fréquemment et par là les bois épais disparaissent lentement 
mais sûrement. Dans les jardins abandonnés ne croît plus que l'herbe 
alang-alang que l'on nomme «kousou-kousou» à Ambon. 

Panorama. La fig. 73 donne un panorama général de Leitimor, 
obtenu au moyen de quatre photographies faites par Paulus Najoan, 
professeur de dessin à l'école normale pour instituteurs indigènes à 
Ambon. La vue est prise d'un point situé à 100 m. environ au-dessus 



11 

du niveau de la mer, sur le sentier qui conduit du hameau Waï laâ 
au Gounoung Kërbau. On voit de gauche à droite les points suivants : 
tout à fait à gauche les montagnes (calcaires Eriwakang et Houwe 
dans Hitou ; puis la montagne près de Halérou et la chaîne gréseuse 
en arrière de Halong, qui culmine par le G. Api angous ; la montagne 
plate de serpentine Horiel, la montagne granitique Sirimau, la cime 
de péridotite Loring ouwang et le mont calcaire Nanahou. Plus à 
l'ouest les monts Siwang et Nona, la chaîne derrière Amahousou et 
le mont Kapal. Au premier plan, également de gauche à droite: 
la pointe près de l'embouchure de la Waï Lela, à l'ouest de Roumah 
tiga (le cap Martafons est situé derrière cette pointe et n'est pas 
visible); les terrasses plates, qui s'étendent de Halong jusque derrière 
Ambon et son entaillées profondément par les quatre rivières Batou 
merah, Tomo, Batou gadjah et Batou gantoung; puis le chef-lieu 
Ambon avec quelques bateaux à vapeur amarrés dans la rade; plus 
à l'ouest encore, les hangars à charbon, le cap Benteng, le village 
d'Amahousou, le cap Batou anjout et le cap Nousaniwi. 

L'échelle étant un peu trop réduite, le caractère fortement acci- 
denté du massif montagneux de Leitimor n'est pas bien rendu dans 
ce panorama. Mais on n'a pas pu trouver un point plus rapproché, 
offrant une bonne vue d'ensemble de toute l'île. 



C. TOPOGRAPHIE DE HITOU. 

(CARTE N^ I.) 



Hitou est beaucoup jjlus grande que Leitimor; l'axe longitudinal, 
dans la direction de 62° astr., est long de 52.7 km.; la largeur est 
de 12 àl5kra. dans la portion occidentale, de 6.6 km. seulement 
au centre, entre Hitou lama et Hounout, et de 12 à 17 km. dans la 
partie orientale. 

De même que Leitimor, Hitou est montagneuse pour la plus grande 
partie; ou ne trouve des plaines alluviales de quelque étendue que 
près de Laha, entre Roumah tiga et Poka, près de Paso et entre 
Toulehou et Waë; puis encore, en bandes plus ou moins larges, en 
divers endroits le long de la côte. 

Les montagnes de Hitou sont situées principalement dans l'ouest et 
dans l'est de l'île ; la partie centrale est beaucoup plus basse et pré- 
sente de nombreuses croupes plates, étagées en terrasses, tout comme 
le terrain en arrière d'Ambon. 

Les montagnes de l'ouest appartiennent à deux groupes, que l'on 
peut appeler le massif du Latoua et le massif du Loumou-loumou. 
Les monts de l'est appartiennent presque tous au grand massif du 
Salahoutou. 

1. Massif du Latoua. 

Le plus haut point de ce groupe de montagnes est le Latoua lui- 
même, haut de 882 m.; il est en même temps le sommet le plus 
élevé de tout l'ouest de Hitou. Du Latoua partent dans toutes les 
directions des contreforts en forme de rayons, qui se prolongent 
jusqu'aux rivages sud, ouest et nord de l'île. 

Sur ces arêtes se trouvent les cimes suivantes. Au sud du Latoua, 
le Hita kapal (830 m.), le Sapak aja (718 m.) et l'Isirpei (550 m.); 
du Sapak aja se détachej dans une direction sud-est, une arête 



13 

qui passe par le Hatou lalikoul (650 m.) et se dirige vers Alang; 
une seconde arête se dirige au sud-ouest vers Wakasihou et Larik6, 
en passant par le Tita oulou (550 m.)- Du Hita kapal une arête 
portant le G. Lana (500 m.) descend vers la côte occidentale au nord 
de Lariké, et une autre, portant le G. Taïnan (500 m.) vers Asiloulou. 
Sur le versant nord du G. Lana se trouve un petit lac insignifiant, 
le Tolaga Lana, à l'altitude de 415 m. Au nord du Latoua, une arête 
s'étend par dessus le dôme du Tili (838 m.), le Sëribou éwan (710 m.) 
et le Héna kastétou (617 m.) vers Lima. Au sud-est du Latoua on 
trouve encore le sommet Ou})a (467 m.), au-dessus de Liliboï et de 
Hatou. Ce grand massif montagneux se rattache au second grand 
terrain de montagnes de l'ouest de Hitou par une longue arête, ([ui 
s'étend du Latoua dans une direction nord-est, et porte les sommets 
Hatou koï (750 m.) et Walé ateh (755 m.). 

2. Le massif du Loumou-loumou. 

Ce groupe de montagnes consiste en trois dos ou chaînes, qui 
portent les noms de Loumou-loumou, Walawaâ et Touna; la crête 
de tantôt, qui vient du Latoua et passe par le Walé ateh, rencontre 
ce groupe juste au point de recontre du Walawafi, dirigé du nord 
au sud, avec le Loumou-loumou qui s'étend de l'ouest à l'est. 

Cette dernière montagne présente diverses éminences, (jui toutefois 
ne diffèrent pas considérablement en altitude, de sorte (juc, vue à 
distance, elle apparaît comme un dos plat. La cime extrême occi- 
dentale a 742 m. d'altitude, les deux suivantes, respectivement 751 m. 
et 782 m. ; ces trois sommets forment le Loumou-loumou proprement 
dit. Le sommet cité en dernier lieu est appelé G. Oulou kadera par 
les habitants de Tawiri, tandis que ceux de Saïd l'appellent G. Kadera. 
Cependant le vrai G. Kadera est situé plus au sud et n'a (qu'une altitude 
de 607 m. (voir carte n". I). Vient ensuite, séparée de la précédente par 
une dépression de 707 m., la montagne désignée sur notre carte par 
le nom Loumou-loumou, et qu'on nomme communément G. Setan; 
elle a deux sommets, de 748 et 741 m. D'ici la chaîne descend, 
d'abord dans une direction nord-est par le sommet pointu Koukou- 
san (657 m.), puis vers le nord jusqu'à la colline Pransana (64 m.) 
près de Hila. Au nord du Loumou-loumou proprement dit (occidental) 



u 

se trouve une arête qui présente deux sommets, de 694 et 635 m., 
et s'étend de l'ouest à l'est. Entre cette arête et le Loumou-loumou, 
on trouve un petit lac, le Telaga Radja, à 619 m. d'altitude, entouré 
de montagnes et qui, de tous les lagons d'Ambon, donne seul 
l'impression d'un ancien lac de cratère. L'eau en est fraîche et 
potable. Une seconde mare existe au versant sud du Loumou-loumou, 
à proximité d'un des affluents supérieurs de la rivière de Tawiri, 
ou Waï Lawa, à 497 m. au-dessus du niveau de la mer; c'est le 
Telaga Bounga. 

Du Loumou-loumou descendent vers le sud des contreforts, sur 
lesquels se trouvent le G. Kadera (607 m.) et la montagne allongée 
le G. Këhouli, au-dessus de Tawiri. 

La seconde chaîne, le Walawaà, se rattache à l'extrémité occiden- 
tale du Loumou-loumou; mais sa direction est du sud au nord et 
elle présente plusieurs sommets qui diffèrent peu en altitude; ce 
dos est donc également plat. Le plus haut point est à 828 m. 
d'altitude; l'extrémité septentrionale est appelée Hatou Sëliin. 

Entre ce Hatou Seliin et la troisième chaîne, le Touna, existe une 
selle de 623 m. de hauteur. Le Touna est un dos étroit à 3 sommets, 
de 804, 861 et 875 m. d'altitude ; celui du nord-est est le plus élevé. 
A l'ouest et à l'est, cette montagne est très escarpée et inaccessible 
à sa partie supérieure ; on atteint le plus facilement la cime par une 
arête qui part d'un point de la route de Hila à Saïd, du côté nord 
de la montagne, et va directement au sommet le plus élevé. Un 
second sentier, au versant ouest de la montagne, conduit d'abord 
de Saïd vers le petit défilé de 623 m. dont il vient d'être question; 
il s'infléchit ensuite à l'est, vers un petit affluent de la Waï Loi, 
la Waï Touna; et de ce point, à 505 m. d'altitude, on peut, par une 
arête excessivement escarpée, avec des déclivités de 30° et plus, 
atteindre, du côté sud de la montagne, le sommet du milieu (861 m.) 
et puis la cime la plus élevée (875 m.). Par suite de l'état avancé 
de désagrégation du sol et de la couche épaisse de mousse qui le 
recouvre, ainsi que par la végétation abondante, on ne peut pour 
ainsi dire rien apercevoir des roches qui constituent la partie supé- 
rieure de cette montagne ; et il en est de même de beaucoup d'autres 
montagnes de Hiton. 



16 

Les arêtes Touna et Walawaâ bornent du côté ouest, et le Lournou- 
loumou au sud et à l'est, une vallée allongée, où coule la Waï 
Loi, laquelle débouche près de Kaïtetou dans un large lit de 
cailloux roulés. 

3. Groupe du Salahoutou. 

La troisième chaîne de Hitou est située dans la moitié orientale 
de l'île et forme le groupe du Salahoutou. A proprement parler, ce 
n'est qu'une seule montagne, qui culmine en deux sommets, les 
deux Salahoutou (1027 et 1024 m.), situés l'un â côté de l'autre, et 
qui envoie dans toutes les directions de nombreux contreforts avec 
divers sommets de moindre importance disséminés au loin. A l'est 
des deux cimes les plus élevées il s'en trouve une autre, plus basse, 
do 989 m. d'altitude; puis une seconde, plus à l'est, de 985 m., 
séparée de la première par un ravin très profond, qu'on peut atteindre 
de Waë (ou Waé) et dont on jouit d'une vue magnifi(iue sur Hitou 
et Leitimor tout entières. Les échancrures du Latoua et le dôme du 
Tili, dans l'ouest de Hitou, sont à reconnaître distinctement à une 
distance de 36 km. ; il en est de même du Loumou-loumou. Par 
contre, vu de ce point, le Touna est caché en grande partie par les 
plus hautes cimes du Salahoutou, situées plus avant. Par un temps 
clair, on aperçoit distinctement le chef-lieu Ambon, ainsi que l'île 
d'Haroukou et une partie de Céram. L'ascension à partir de Waë, 
par un sentier abrupt et désagréable d'ailleurs, est donc bien 
rémunérée par ce panorama; mais sur ces arêtes on ne voit pas 
plus de roches que sur le Touna. Celles-ci ne sont à découvert que 
dans le lit des rivières. Par les flancs escarpés de la partie supé- 
rieure, les deux plus hautes cimes du Salahoutou passent pour 
inaccessibles. 

On peut voir sur la carte n°. I la situation des arêtes et des 
principaux sommets qui appartiennent au Salahoutou. 

A l'est, au sud de Liang, se trouve le Lapia rouma (511 m.); au 
Nord le Houla pokoul ^714 m.) et le mont très escarpé et pointu 
G. Setan (567 m.); ce dernier n'est pas loin de la côte. A l'ouest, 
le Sipil (560 m.). Au sud-ouest, le mont allongé Ama (424 m.) et le 
Sësoui (508 m.) près de Hitou lama; l'Eri (465 m.), au-dessus de 



16 

Nania, et le Lalahouhou (600 m.). Au sud, le Kadera (741 m.); au 
versant oriental de cette montagne il y a un petit lac, le Tëlaga 
Namang (à 371 m. d'altitude). 

4. Les monts calcaires de Hitou orientale. 

A proximité du rivage oriental s'élèvent trois montagnes calcaires 
plates, séparées du Salahoutou, qui est formé de roches éruptives; 
la première de ces montagnes, au sud-est de Liang, près du cap 
Batou item, a 213 m. d'altitude; les deux autres sont situées entre 
Toulehou et Souli, l'Eri wakang (263 m.) à l'ouest et le Houwé 
(348 m.) à l'est. Dans le terrain bas à l'ouest de la première montagne 
se trouvent divers lagons et sources d'hydrogène sulfuré, tels que le 
Tëlaga Birou et le Tëlaga Tihou. 

5. Hitou centrale. 

La portion de Hitou entre le Loumou-loumou et les contreforts 
occidentaux, Sësoui et Eri, du Salahoutou, je la désignerai sous le 
nom de Hitou centrale. Aucun point n'atteint ici une hauteur de 
500 m.; les crêtes montagneuses s'élèvent rapidement à partir de la 
côte, jusqu'à 100 m.; puis, en forme de terrasses, jusqu'à 250 et 450 m. 
d'altitude. Vu du sud, le G. Kërbau (478 m.) fait l'effet d'un sommet 
isolé, mais il n'est que l'extrémité méridionale, quelque peu sur- 
élevée, d'une longue croupe plate de 400 m. de hauteur. Au nord- 
ouest du G. Kërbau se trouve le G. Damar (469 m.); un peu 
plus au nord, le plateau Damar (440 à 450 m.); sur ce plateau 
passe un mauvais sentier qui mène de Hatiwi besar (Batou loubang) 
à Hila. 

Les deux pointes G. Maspaït (217 m.) et G. Pohon pisang (') 
(283 m.), sur la route de Roumah tiga à Hitou lama, ne sont nullement 
des cimes aiguës, mais des parties peu proéminentes d'arêtes où 
passe la route. 

Le caractère de plateau qu'affecte cette partie centrale de l'île de 
Hitou est surtout bien reconnaissable de l'est, p. ex. de la baie de 
Bagouala. 

La ligne de partage des eaux (cartes nos. I et IV) entre les côtes 



(1) Appelé aussi G. Këbon pisang et G-. Tanah tjoupak. 



17 

nord et sud de Hitou commence au G. Hita kapal. De ce point i)artent 
deux arêtes, l'une passant par le G. Lana vers la pointe nord-ouest 
de Hitou près d'Asiloulou, et une autre par le G. Tita oulou vers 
le cap Tomoltetou, pointe sud-ouest de Hitou, au sud de Wakasihou. 
Ces dos enferment le bassin de la côte occidentale. Du Hita kapal 
(830 m.), la ligne de faîte entre les côtes nord et sud se dirige par 
le Latoua, le Hatoukoï, le Waleateh et les sommets du Louraou- 
loumou vers le plateau Damar (441 m.); puis elle descend conti- 
nuellement vers le G. Pohon pisang ou Tanah tjoupak (283 m.), sur 
la route de Roumah tiga à Hitou lama. Ensuite, la ligne monte vers 
le G. Sësoui (508 m.), et descend jusqu'à un point du sentier de Mamala 
à Nëgri-lama (393 m.); et puis elle s'élève constamment vers les plus 
hauts sommets du Salahoutou (1024 et 1027 m.\ Ici elle se partage 
entre deux arêtes; la branche du nord décrit une grande courbe 
vers la petite cime (à panorama) au-dessus de Waë (985 m.) et 
puis par le G. Lapiaiouma (511 m.) vers la pointe nord-est de 
Hitou, appelée Tandjoung Honimoa, tandis que la branche du 
sud se dirige par dessus les monts Kadera (741 m.), Eri wakang 
(263 m.) et Houwé (348 m.) vers Tandjoung Tial, la pointe sud- 
est de Hitou. Ces deux lignes enferment le bassin de la côte 
orientale. 

Les rivières principales sont (carte n». I). 
I. A la côte ouest: 

1. La Waï Larike, qui prend sa source au Hita Kapal et se 
jette dans la mer près de Lariké. 

n. A la côte nord: 

2. La Waï Soula^ ou rivière d'Asiloulou, qui descend du 
G. Lana. Près de l'une des branches supérieures se trouve 
le petit lac Telaga Lana. 

3. La Waï Siah, ou rivière d'Ouring, ayant ses sources au 

G. Tili et au G. Latoua. 

4. La Waï Ela, ou rivière de Lima, qui vient également des 

monts Tili et Latoua. 

5. La Waï Ile, descendant du Waleateh. 

6. La Waï Walaivaà, et 

7. La Waï Boujang, descendant toutes deux du Walawaii. 

2 



18 

8. La Waï Houloun^ venant aussi du Walawaâ, reçoit toutes 
les eaux du flanc occidental du G. Tonna et se jette dans 
la mer à l'ouest de Saïd. 

9. La Waï Loi, une grande rivière, ayant son origine au 

Loumou-loumou et qui reçoit en même temps toute l'eau 
du versant oriental du G. Touna. Dans le milieu de son 
cours, la différence de niveau de l'eau à l'époque des 
pluies et en temps de sécheresse est de 5 m. au moins. 
Non loin de l'une des sources est situé le lagon Telaga 
Radja (619 m.) 

10. La Waï Wakahouli, et 

11. La Waï Tomo, venant du plateau Damar. 

12. La Waï Ela, dénomination qui revient fréquemment, et 
qui signifie «grande rivière», entre Hitou mèsèng et 
Mamala. Cette rivière et les suivantes jusqu'au n\ 18 ont 
toutes leur source au Salahoutou. 

13. La Waï Nitounahai, près du Gounoung Setan. 
III. A la côte est: 

14. La Waï Taisoui, venant de la petite cime (985 m.) du 
Salahoutou au-dessus de Waë; débouche dans la baie de 
Waë au sud de cet endroit. 

15. La Waï Routoung, avec ses affluents Mamina et Reuw, 
qui vient de l'intérieur du Salahoutou. A proximité du 
cours supérieur de la W. Reuw, sur le versant est du 
G. Kadera, se trouve le petit lac Telaga Namang. 

lY. A la côte sud: 

16. La Waï Jari besar, entre Souli et Paso. 

17. La Waï Tonahitou, près de Negri lama. 

18 La Waï Lela, à l'ouest de Roumah tiga, avec son affluent 
de gauche la Maspaït (d'après Valentltn une altération 
de Modjopaït, laquelle dénomination proviendrait de 
Javanais qui étaient jadis fixés ici). La rivière principale 
vient du plateau près de la cime Pohon pisang, la Maspaït 
d'un contrefort (408 m.) du Sësouï. C'est la dernière rivière 
qui descend du massif du Salahoutou. 

19. La Waï Ami, près du hameau Nipa. 



19 



20. La Waï Laà, au flanc ouest du Gounoung Kdrban. 

21. La Waï Piah besar^ près de Lata. 

22. La Waï Witi. 

23. La Waï Lawa^ près de Tawiri, une grande rivière venant 
du Loumou-loumou. Près d'un des afïluonts se trouve le 
lagon Tëlaga Bounga. 

24. La Waï Sêkoula, encore une grande rivière, descendant du 
Loumou-loumou et du Waleateh. Se jette dans la mer 
près de Hatourou. 

25. La Waï Hatou, près de Hatou, venant du Latoua et du 
Hatoukoï. 

26. La Waï Sekawiri, près de Liliboï; vient du Hita kapal. 

27. La Waï Alang lama, à l'ouest d'Aiang, venant du Sapakaj a. 



Chute des 'pluies. Bien qu'aucune de ces rivières n'ait un bassin 
plus long de 8 ou tout au plus 9 km., à l'époque des pluies elles 
transportent des masses d'eau énormes. 

Cela provient de ce qu'à Ambon la chute des pluies est particulière- 
ment forte du mois de mai jusqu'au mois d'août, ainsi que le fait 
voir le tableau ci-dessous, qui donne, d'après l'Observatoire Royal 
magnétique et météorologique de Batavia, la moyenne des 23 dernières 
années (1879 à 1901). 

Nombre des jours de pluie. 





> 




'H 


'S 


t-5 


'B 

t-5 


-M 
o 


S . 
m 


CD 

O 


%6 


II 


ce 

Oh 


14.8 


18.6 


15.4 


18.8 


22.8 


■24.6 


23.1 


21.4 15.5 


14.7 


10.5 


14.2 


208.9 


Nombre de mm. d'eau tombée. 




> 

VCD 


je 

ci 


< 




'3 

1-5 


-+-3 

'B 


■4J 

O 

< 


CD O) 


2 
1 

o 

o 




Î2 


d 

et 

ce 
Ph 


152 


117 


184 


290 


536 


644 


624 


437 


250 


188 


112 


146 


8625 



20 

De ces 3625 mm., il en tombe 2241 rien que dans les mois plu- 
vieux de mai à août, donc environ les ^/g ; dans les autres mois il 
n'en tombe que Vj. 

Iles. Trois îles, Nousa Laïn, Nousa Hatala et Nousa Ela (') sont 
situées à proxinité de la pointe nord-ouest de Hitou, non loind'Asi- 
loulou. On les réunit aussi sous le nom Nousa Tëlou (les 3 îles). 
Une quatrième île, Poulou Pombo, se trouve à l'est de Hitou, entre 
cette île et Haroukou; elle est plate et basse. Les îles près d'Asi- 
loulou ne sont pas hautes non plus, et sont constituées en majeure 
partie par des bancs de corail soulevés. 

La mer, qui entoure l'île d'Ambon, est partout très profonde ; seule 
la baie de Bagouala cache beaucoup de récifs coralliens, à petite 
distance au dessous de la surface à marée basse. Les grandes profon- 
deurs commencent ici près de la ligne qui joint le cap Houtoumouri 
au cap Tial. 

Les négories^ kampongs et hameaux de Hitou sont, à partir du côté 
opposé à Ambon: 

1. Roumah tiga. Une négorie sous un régent, comprenant les deux 

hameaux Pohon mangga et Kousou-kousou. 

2. Nipa. Un kampong de bourgeois à part sous un sergent chef 

de quartier. 

3. Hatiwi besar. Une négorie sous un régent ; le régent de Tawiri 

est en même temps régent de Hatiwi bësar. Le hameau 
Lata et puis les dousouns (champs ou jardins avec quelques 
maisons, donc aussi de petits hameaux) Kemiri, Sahourou, 
Touhoulerou, Waï laâ, Batou koubour et Batou loubang 
en font partie. 

4. Tawiri. Une négorie sous un régent. 

5. Laha. Une négorie mahométane sous un régent. 

6. Hatourou. Un kampong de bourgeois séparé, sous un sergent 

chef de quartier. 

7. Hatou. Un négorie sous un régent. Le hameau Léké en fait partie. 



(1) Nommées Djambou, Tëng-ah et Bësar sur les cartes marines. D'après les renseigne- 
ments de A. VAN Wrtering, secrétaire de la résidence Ambon, Hatala ou Tëng-ah 
signifie moyen, et Ela ou Bësar grand. Laïn veut dire que l'île a apparu en échange 
d'un autre morceau de terrain ; le nom de Djambou n'est pas connu de la population. 
Les îles Lain et Hatala font partie de la nég-orie Asiloulou; Ela appartient à Ouring-. 



21 

8. Liliboï. Une négorie sous un régent. 

9. Alang. Une grande négorie sous un régent. 

10. Wakasihou. Une négorie mahométane sous un régent. 

11. Lariké. Idem. 

12. Asiloulou. Idem. 

13. Ouring. Idem. 

14. Lima. Idem. 

15. Saïd.(') Idem. 

16. Kaïtetou. Idem. 

17. Hila. Une négorie mahométane sous un régent. (Mais il y a 

aussi une communauté chrétienne avec église.) 

18. Wakal. Idem. 

19. Hitou lama. Une négorie mahométane sous un régent. 

20. Hitou mèsèng. Idem. 

21. Mamala. Idem. 

22. Morela. Idem. 

23. Liang. Idem. 

24. Waë. Une négorie sous un régent. 

25. Toulehou. Une négorie mahométane sous un régent. 

26. Tëngah tëngah. Idem. 

27. Tial islam. Idem. 

28. Tial christen. Une négorie sous un régent. 

29. Souli. Idem. 

30. Nëgri lama. Un kampong de bourgois à part, sous un sergent 

chef de quartier. 

31. Nania. Idem. 

32. Waï herou. Idem. Le hameau Waï napou y appartient. 

33. Hounout. Idem. Avec le hameau Dourian patah. 

34. Poka. Idem. 

Tous les villages sont situés à la côte; l'intérieur de l'île est 
totalement inhabité; on n'y trouve que quelques sentiers et par ci 
par là une petite maison. 

Végétation. Hitou est presque tout entière couverte de forêts épaisses; 
ce n'est que le long de la route de Roumah tiga à Hitou lama que 



(1) S'écrit aussi Seit et même Cheit. 



22 

l'on a aménagé quelques jardins et que le bois a été abattu sur une 
faible étendue. 

Panoramas. La feuille annexe IV avec les croquis tigg. 2G à 86, 
qui représentent, vus de divers points, les massifs du Latoua, du 
Loumou-loumou, du Walawaà, du Touna et du Salahoutou, donne 
une idée des formes des montagnes de Hitou. Vus du chef-lieu Ambon, 
les sommets du Loumou-loumou, du Touna et du Salahoutou se 
présentent comme l'indiquent les figg. 31 à 33. On m'accordera volon- 
tiers que ces montagnes présentent un tout autre caractère que les 
cônes volcaniques de Java et de Sumatra; seul le Salahoutou, vu 
d'un point situé à proximité du kampong Siwang, a quelque peu 
l'apparence d'un ancien volcan, dont la cime a disparu par efion- 
drement et par érosion (fig. 35). Avec les figg. 33 et 35 il faudra 
comparer la fig. 74, faite d'après un cliché, pris par P. Najoan, près 
du passage d'eau d'Ambon au hameau Waï Laâ. Bien que figurés 
à une petite échelle, les 7 sommets sont très nettement visibles. 

Superficie d'' Ambon. D'après la détermination planimétrique de nos 
nouvelles cartes, l'étendue en surface est: 
pour Hitou . . 613.00 km^.; 
y> Leitimor. . 148.19 » ; 

« les 4 îles (') 1.14 » ; 

762 33 

Ensemble . . . 762.33 kml, ou ^^ ^^^^ — 13.845 

lieues géographiques carrées, ce qui est à peu près le tiers de la 
superficie de la province de Groningue en Hollande. 



(1) Lain 0.2'J, Hatala 0.155, Ela 0.517 et Ponibo 0.18 kin'^.: ensemble 1.14.2 km^^. 



D. BIBLIOGRAPHIE 

relative a la g'éolog'ie et la topographie 
d'A-inboii. 



1. G. E. RuMPHius. D'Amboinsche Rariteitkamer. Amsterdam 1705. 

2. F. Valentijn. Oud en Nieuw Oost-Indiën. Dordtrecht en Amster- 

dam. Deel II, 1724. 

3. Stavorinus. (1775) (') Reizc van Zeeland over de Kaap de Goede 

Hoop en Batavia naar Semarang etc. Leyden 1797, Deel I, 
p. 250. 

4. M. Labillardière (1792) Relation du voyage à la recherche 

de la Pérouse. Tome I. Paris, An VIII. Edition in-4". 
pp. 305, 309, 316, 317, 324. Edition in-8«. pp. 303, 306, 
314, 315, 322. 

5. C. G. C. Reinwardt. (1821) Over de vuurbergen in den Indischen 

Archipel. Magazijn van Wetenschappen, Kunsten en Lette- 
ren, Deel V, Amsterdam 1826, blz. 78. 

©. C. G. C. Reinwardt. (1821) Reis naar het Oostelijk gedeelte 
van den Indischen Archipel in het jaar 1821. Kon. Instituut 
voor Taal-, Land- en Volkenkunde van Nederl. Indië te 
Delft. Ouvrages séparés. Amsterdam 1858, pp. 426 à 435. 

7* L J. DuPERREij. (1823). Voyage autour du monde sur la cor- 
vette 4a Coquille» 1822 — 1825. Zoologie par l\ Lesson et 
Garnot. Paris 1828, pp. 376, 377. 

8. P. Lesson. Voyage autour du monde sur la corvette -«la Coquille» 



C) Les dates entre crochets indiquent l'année dans laquelle les divers auteurs ont visité 
Ambon. 



24 

(Trésor historique et littéraire) Bruxelles 1839. Tome m 
pp. 153, 154, 164, 165. 
9. S. MÛLLER. (1828). Reizen en onderzoekingen in den Indischen 
Archipel. Verhandelingen der natuurkundige commissie 
Leyden 1839 — 1844. Publié aussi séparément par le Kon. 
Instituut voor de Taal-, Land- en Volkenkunde van Ned.- 
Indië, Deel II, 1857. 

10. J. B. HoMBRON. Les montagnes d'Amboine. Revue de l'Orient. 

Bulletin de la Société Orientale, V, Paris 1843, p. 421. 

11. F. Epp. Geneeskundig-topographische schetsen van Amboina. 

Natuur- en Geneeskundig Archief, I, Batavia 1844, bdz. 285. 

12. F. Epp. Schilderungen aus Hollândisch-Ost-Indien. Heidelberg 

1852, S. 262. 

13. F. JuNGHUHN. Java (édition allemande) II, 3ter Abschnitt 1853, 

S. 837. 

14. C. A. Bensen. Topographische beschrijving van het eiland Am- 

boina. Geneeskundig Tijdschrift voor Ned.-Indië, III, 

Batavia 1855, bdz. 294—314. 
15- P. Bleeker. Reis door de Minahassa en den Molukschen Archipel 

in 1855, Deel II, Batavia 1856. 
16, W. A. DuvELAAR VAN Campen. Minérale bronnen van Amboina. 

Natuurk. Tijdschrift van Ned.-Indië, Deel XX, 1859— 

1860, bdz. 209. 
ly. S. A. BuDDiNGH. Neerlands Oost Indië, Rotterdam 1860, Deel II, 

bdz. 149. 

18. A. R. Wallace. On the physical geography of the Malay Archi- 

pelago. Journ. of the R. Geogr. Society XXXIII, 1863, 
p. 222 etc. 

19. S. A. Bleekrode Jr. Scheikundig onderzoek van twee minérale 

wateren, afkomstig uit w arme bronnen te Toelehoe (Eiland 

Ambon) Natuurk. Tijdschrift van Ned.-Indië, Deel XXVIU 

1865, bdz. 215—223. 
•ao. N. A. T. Arriëns. (1865). De Wawanie. Tijdschr. van Ned. Indië. 

Deel XXIX, 1867, bdz. 462. 
31. E. W. A. LûDEKiNG. Schets van de residentie Amboina. Bijdragen 

tôt de Taal-, Land- en Volkenkunde van Ned.-Indië, 



25 

3de reeks, III, 1868, bdz. 1 — 272. Publié aussi séparément, 
La Haye 1868. 

22. A. R. Walla.ce. The Malay Archipelago I, London 1869, p. 

460 — 461. Traduit par P. J. Veth, sous le titre -«Insulinde», 
Amsterdam 1870—1871. 

23. L. E. Gerdessen. Een pleziertochtje in Indië. Tijdschrift van 

Ned.-Indië, 1871, I, bdz. 375-382. 

24. R. EvERWiJN. Marmer op het eiland Amboina. Jaarboek van 

het Mijnwezen in N. O.-Indië, 1874, I, bdz. 172. 

25. Th. Studer. (1875). Die Forschungreise S. M. S. Gazelle in den 

Jahren 1874—1876. Band III. Zoologie und Géologie. 

Berlin 1889, S. 216—318. 
2«. F. S. A. DE Clercq. Eenige aanteekeningen over de Ambonsche 

eilanden. Tijdschrift v. h. Kon. Ned Aardr. Genootschap, 

1876, I, bdz. 242 — 246. Avec carte, et carton du chef-lieu 

Ambon. 
2^, F. Schneider. Geologische Uebersicht ùber den Holliindisch- 

Indischen Archipel. Jahrb. d. k. k. geol. Reichsanstalt, 

XXVI. Wien 1876, S. 131. 
2S. F. Schneider. Geographische verspreiding der minérale bron- 

nen in den Indischen Archipel. Tijdschrift v. h. Kon. 

Ned. Aardr. Genootschap, Bijblad N". 7, bdz. 12, Amster- 
dam 1881. 

29. K. Martin. Neue Fundpunkte von Tertiârgesteinen im Indischen 

Archipel. Sammlungen des geol. Reichsmuseums in Leiden. 
Série I, Band I, 1882, S. 154—158. 

30. H. 0. FoRBES. A naturalisas wandering in the Eastern Archipel- 

ago. London 1885. 

31. J. G. F. Riedel. De sluik- en kroesharige rassen tusschen 

Selebes en Papua. 's Gravenhage 1886, bdz. 29 e. v. 

32. K. Martin. Ueber eine Reise in den Molukken etc. Verhandl. 

der Gesellschaft fur Erdkunde zu Berlin 1894, S. 506—521. 

33. K. Martin. Reisen in den Molukken. Eine Schilderung von 

Land und Leuten. 1894, S. 1—24. 

34. J. L. C. Schroeder van der Kolk. Mikroskopische Studien ùber 

Gesteine aus den Molukken. L Gesteine von Ambon und 



26 

den Uliassern. Sammlungen des geol. Reichsmuseums in 
Leiden, Série I, Band V, 1896, S. 70—126. 

Reproduit dans Jaarboek van het Mijnwezen in Ned. 
O.-Indië, XXIV, 1895, Wet. Ged. II, bdz. 1—57. 

35. J. L. C. ScHROEDER VAN DER KoLK. Beitràge zur Kentniss der 

Gesteine aus den Molukken. I. Gesteine von Ambon und den 
Uliassern. Neues Jahrbuch f. Minéralogie, 1896, I, S. 152. 

36. R. Semon. Im australischen Busch und an den Kùsten des 

Korallenmeeres. Leipzig 1896. 

37. K. Martin. Reisen in den Molukken. Geologischer Theil. le 

Lieferung. Ambon und die Uliasserl897.S. 1 — 10 und 18— 74. 

38. J. J. DE HoLLANDER. Handleiding bij de beoefening der Land- 

en Volkenkunde van N. O.-Indië. 5e édition, modifiée et 
augmentée par R. van Eck. Deel II, 1898, blz. 441—443. 

39. A. WiCHMANN. Der Wawani auf Amboina und seine angeblichen 

Ausbrûche. Tijdscbr. v. h. Kon. Ned. Aardr. Genootschap. 
Deel XV, 1898, bdz. 1—20 en 200—218; Deel XVI, 1899, 
bdz. 109—142. 

40. K. Martin. Einige Worte iiber den Wawani sowie ûber Spalten- 

bildungen und Strandverschiebungen in den Molukken. 
Tijdschr. v. h. K. N. Aardr. Genootschap. Deel XVI, 1899, 
bdz. 709—742. 

41. R. D. M. Verbeek. Kort verslag over de aardbeving te Ambon 

op 6 Januari 1898. Annexe au Javasche Courant du 
20 janvier 1899, NO. 6. Batavia. 

42. R. D. M. Verbeek. Over de géologie van Ambon (I). Verhand. 

der K. Akad. van Wetensch. 2de Sectie. Deel VI, 1899, 
NO. 7. Amsterdam. 

43. R. D. M. Verbeek. Over de géologie van Ambon (II) Verh. der 

K. Akad. van Wetensch. 2de sectie. Deel VII, 1900, NO. 5. 
Amsterdam. 

44. R. D. M. Verbeek. Voorloopig verslag over eene geologische 

reis door het Oostelijk gedeelte van den Indischen Archipel 
in 1899. Avec une carte. Annexe au Javasche Courant du 
17 août 1900, N«. 66. Batavia. 
4d. J. VAN Baren. Beschrijving van het schiereiland Leitimor volgens 



07 

W. MiCKLEK. Tijdschr v. h. K. N. Aardr. Genootschap. 

Deel XVIII, 1901, bdz. 678-687. 
4L€. A. WiCHMANN. Het aandeel van Rumphius in het mineralogisch 

en geologisch onderzoek van den Indischen Archipel. 

Rumphius-Gedenkboek. Haarlem 1902, Ijdz. 137 — 164. 
47. R. Martin. Reisen in den Molukken. Geologischer Theil, 2t«^ 

Lieferung. Nachtrag zu Ambon und den Uliasscrn. 1902, 

S. 99—103. 
4». G. BoEHM. Weiteres aus den Molukken. Zeitschr. d.d. geol. 

Gesellschaft. Band 54, 1902, S. 74. 

49, K. Martin. Reisen in den Molukken, Geologischer Theil, 3te 

Lieferung. Buru etc. 1903, S. 249 u. If. 

50. A WicHMANN. Over den Wawani. 3e Bulletin der Nieuw Guinea- 

Expeditie. 1903, bdz. 7. 



des principaux de ces mémoires. 



L'exploration géologique des possessions Néerlandaises des Indes 
orientales par l'Administration des mines a eu lieu presque exclu- 
sivement, dans ces 35 dernières années, dans la partie occidentale 
de l'Archipel et principalement dans les îles de Sumatra, Java, Bangka, 
Billiton, Bornéo et Célèbes septentrionale. 

Si ces îles venaient les premières en ligne de compte pour de 
nouvelles recherches, Sumatra le devait à la découverte de riches 
couches de houille dans la résidence des Padangsche Bovenlanden 
en l'année 1868; Java, à l'existence de couches de houille dans le 
sud de la résidence Bantam et à l'espoir de rencontrer encore ailleurs 
des couches exploitables, principalement dans les Régences de Préan- 
ger; Bangka et Billiton, à leur richesse en minerai d'étain ; Bornéo, à 
l'existence de couches de houille exploitables, et à la découverte 



28 

d'or, de platine et de diamants; le Nord de Célèbes, à la présence 
d'or et de minerais de cuivre. 

On ne connaissait dans la partie orientale de l'Archipel ni houille 
ni minerais de quelque importance, de sorte qu'il n'y avait, pour 
le gouvernement, aucune raison spéciale pour faire explorer cette 
partie géologiquement, surtout que les recherches effectuées à l'île 
de Timor, par l'ingénieur des mines Jonker en 1872, pour découvrir 
des mines de cuivre, avaient donné un résultat négatif. Du reste, vu 
le nombre fort restreint d'ingénieurs des mines, disponibles pour 
l'exploration géologique, on a dû naturellement se borner à la partie 
principale, et celle-ci était incontestablement la portion occidentale, 
au point de vue pratique de l'exploitation de minéraux. 

Toutefois, la découverte vraiment très importante de couches de 
formation triasique et de pétrifications jurassiques (lias, dogger et 
probablement aussi du jura supérieur), faite à Rôti par Wichmann (i) en 
1889, a démontré clairement qu'une exploration géologique de la 
partie orientale, c'est-à-dire principalement des îles qui entourent la 
mer de Banda, donnerait des résultats scientifiques très intéressants. 
Bientôt après, des fragments roulés de calcaire à halobies (trias) furent 
trouvés à Timor par ten Kate (^) 

Vint ensuite, en 1892, la découverte d'aptychus et de bélemnites, 
dans des fragments roulés de calcaire de Bourou, par Martin (^) 
qui les tint pour jurassiques. Et bientôt après, en 1895 et 1896, on 
reconnut que l'intérieur de Bornéo occidentale renfermait également 
des couches jurassiques, tant lias que jura supérieur ; cela résultait de 
l'examen et de la description, par Martin (*) (qui crut d'abord 
(1889) que les pétrifications appartenaient à la période crétacée) 
Vogel (^) et Krause (®) , des fossiles recueillis par les ingénieurs 



(1) WiCHMANK. „Bericht iiber eine im Jahre 1888—1889 ausgefuhrte Keise nach dem 
Indischen Archipel". Tijdschr. v. h. K. Ned. Aardr. Gen. 1892, bdz. 261, 276, 277. 

(2) Wichmann. „Id. id." 1892 blz. 255. H. F. C. ten Kate. „Verslag eener reis door 
de TimorgToep en Polynésie". Tijdschr. v. h. K. Ned. Aardr. Gen. 189é bdz. 363. 

(3) „E,eisen in den Molukken. Eine Schilderung- von Land und Leuten". Leiden 1894. 
S. 369. Anmerkung 1. 

(*) „Sainmlungen des geol. Reichsmuseums zu Leiden". IV 1890. S. 198—208. „Id." V 
1895. S. 29—34.. „Id." V 1898. S. 253—256. 

(5) „Sammlungen etc." V 1896 S. 127—153. „Id." VI 1900 S. 40—76. 

(6) „Sammlungen etc." V 1896 S. 154—168. 



des mines van Schelle et Wîng Easton, et pour une petite partie 
par le Dr. J. Bosscha. En 1897, Bullen Newton {') y ajouta 
un calcaire jurassique (oolithique moyen) de Serawak. P]t comme le 
terrain jurassique avait déjà été signalé depuis 1870 dans l'Australie 
occidentale par Moore(^) et en 1889 dans la Nouvelle Guinée 
Britannique par Etheridge (^), il y avait lieu de s'attendre à ren- 
contrer le terrain jurassique, aussi bien que le terrain triasique, 
dans les différentes îles qui entourent la mer de Banda. 

Une circonstance tout à fait particulière, le grand tremblement de 
terre qui se produisit aux premiers jours de l'année 1898, a été 
le motif d'une exploration géologique de l'île d'Ambon, pour con- 
stater un déplacement éventuel du chef-lieu Ambon. 

Cette exploration me fut confiée dès mon retour d'Europe ; et cette 
mission eut pour conséquence une expédition étendue à travers tout 
l'Archipel oriental en 1899, de sorte que j'eus encore l'occasion, 
avant mon départ définitif pour l'Europe, de fouler et d'explorer ce 
terrain extraordinairement intéressant 

Dans les mémoires cités plus haut nos. i à 3ff, on trouve tout ce 
qui était connu de la géologie d'Ambon avant mon arrivée dans 
cette île; c'est fort peu de chose et très incohérent, en partie même 
inexact. 

1. RuMPHTUS, l'observateur consciencieux dans un domaine varié, 
signale à Ambon du soufre, de la pyrite, du quartz, du sable ferru- 
gineux, du spath calcaire, de la serpentine, de l'argile ainsi que de 
grandes coquilles fossiles (tridacnes) dans la montagne. Il n'y a pas 
longtemps, Wichmann (mémoire n". 46) a publié un ensemble de 
ses observations dans le Rumphius-Gedenkboek. 

2, Valentyn est la source pour les rapports relatifs à d'anciens 
tremblements de terre à Ambon. Toutefois, le rapport sur la com- 
motion du 17 février 1674 est attribué à Rumphius. 

4. Labillardière signale le premier l'existence à Ambon ^'un 
granité composé de quartz, de mica et de schorl (?) noir en petites 
aiguilles (1. c. p. 309 «un beau granit d'un grain fin»»). Il ne parle 



(1) „A jurassic lamellibranch from Sarawak". Geol. Mag-azine 1897, p. 407 — 4-15. 

(2) „Quart. Journ. Geol. Society" XXVI 1870. p. 1—3 and 236— 2G1. 

(3) „Records of the Geol. Survey of New-South Wales" I 18S9, p. 172—179". 



30 

pas de feldspath. Il a trouvé aussi de la stéatite (probablement de 
la serpentine), du grès dur, des schistes argileux tendres, gris clair, 
et du calcaire d'une grande pureté, jusqu'à l'altitude de 300 m. Et 
le tout à Leitimor. A la côte sud de Hitou il a rencontré sous les 
galets de la plage "des laves très poreuses, mais trop lourdes pour 
flotter •■. Il parle aussi d'un tremblement de terre qui aurait eu lieu 
à Ambon 12 années avant son arrivée en 1792, donc en 1780. 

6. Reinwardt fait mention de calcaire corallien recouvert d'une 
terre argileuse, dans les collines en arrière d' Ambon; de fragments 
roulés de grès, de quartz et de schistes dans les contreforts, tandis 
que la haute montagne serait composée de basalte. A Leitimor il 
visita la grotte «Bat ou lobang >• (une mauvaise planche en accompagne 
la description) et le village Soja di atas. A Hitou, il suivit la côte 
du nord, depuis Hitou lama jusqu'à Ceit (Saïd) et gravit la mon- 
tagne Ateti ou Wawani au sud-est de Saïd (il est écrit sud-ouest, 
mais ce sera bien là une erreur, car dans ces régions il n'existe 
qu'un seul gisement de soufre) jusqu'à la soufrière, et il dit que 
cette montagne est constituée par du porphyre basaltique. De plus, 
il a trouvé au littoral, près de Hila, des fragments de jaspe, d'agate 
et de calcédoine. 

y. Lesson est le second auteur qui parle de granité à Ambon. Il 
a trouvé en outre des schistes tendres, à 700 pieds d'altitude, du 
calcaire et de l'argile rouge. A Ambon, au-dessus de Routoung, les 
schistes gisent réellement à la hauteur indiquée, les grès même plus 
haut encore, mais je ne crois pas qu'il ait visité cet endroit. 

S, Dans un travail publié séparément, à Bruxelles en 1839, 
Lesson ne donne que 300 pieds pour la hauteur du gisement des 
schistes, et il y fait mention d'un tremblement de terre à Ambon, 
le 19 octobre 1823. 

9, MuLLER a fait examiner les roches qu'il a recueillies par le 
professeur von Leonhard à Heidelberg, lequel a déterminé: du 
granité, de la serpentine, du conglomérat de frottement, du porphyre 
feldspathique (entre autres de Batou merah), des roches trachytiques 
à pâte gris clair, enfermant des cristaux de tourmaline bleue, du 
feldspath et du mica. La tourmaline bleue sera sans doute de la 
cordiérite, de sorte que ces roches sont évidemment nos Ambonites. 



81 

Ensuite VON Lp:onhard signale encore «de jeunes roches calcaires et 
de l'argile commune». La partie inférieure du calcaire, (jui repose 
sur de la serpentine ou sur du gravier roule de serpentine, renferme 
toujours beaucoup de particules de serpentine, et forme une jeune 
ophicalce; c'est à cette roche (ju'appartient le «conglomérat de 
frottement» cité tantôt. 

Nous avons ainsi nommé sinon toutes, du moins les principales 
roches d'Ambon, auxquelles les explorateurs qui ont suivi n'ont 
pour ainsi dire rien ajouté. 

lO. HoMBRON prétend que du calcaire existe dans le nord et le 
nord-est de Hitou, à une altitude de 200 à 300 m. au-dessus de la 
mer et reposant sur du basalte ; mais cette dernière assertion est fausse. 

11 et IS. Epp cite du calcaire corallien et du trachyte ; 14 Bensen, 
du trachyte, du basalte et de l'obsidienne, ainsi que du calcaire 
corallien. 13 Junghuhn ne donne pas d'observations personnelles, 
mais nomme seulement les roches déterminées par Leonhard. 

Les mémoires 15 de Bleeker, 21 de Ludeking, 27 et 38 de 
Schneider et 31 de Riedel ont de l'importance dans un autre 
domaine, mais peuvent être laissés de côté au point de vue géologi- 
que, car ces écrits montrent clairement que leurs auteurs n'avaient 
pas la moindre notion de géologie. Lorsque Bleeker p. ex. écrit 
Le. II p. 57: «Lors de ce soulèvement (savoir de Hitou et Leitimor, V.) 
le calcaire corallien fut poussé au travers du grès et jeté de côté», 
un pareil non sens ne vaut certes pas la critique. 

Les données de Wallace (18 et 22) sont aussi de minime impor- 
tance pour la géologie ; il cite du basalte et de la lave, des fragments 
roulés de roches volcaniques, de l'argile et du calcaire corallien; il 
tient le Wawani pour un volcan encore actif, bien qu'il n'ait pas 
visité lui-même cette montagne. 

23. Gerdessen a fait l'ascension du Salahoutou, notamment du 
sommet qu'on peut atteindre de Waë et de Toulehou et qui, d'après 
nos mesures, a une altitude de 985 m. Toutefois d'autres cimes sont 
plus élevées; les deux plus hautes, qui sont inaccessibles, ou qui 
du moins sont considérées comme telles, atteignent les altitudes de 
1024 et de 1027 m. Bleeker a donné 1200 m. pour la hauteur de 
cette montagne; Forsten 1221, Riedel 1225, Martin même 1300 m. 



Dans son exploration, Gerdessen n'a pas trouvé de roches compactes, 
mais uniquement de l'argile grasse jaune. 

25. Studer rapporte de la plage de Hitou, en face du chef-lieu 
Ambon, «des galets de roches volcaniques, entre autres de trachyte 
quartzifère de teinte claire» ; plus avant dans l'intérieur, il a trouvé 
«un conglomérat, avec fragments roulés de trachyte quartzifère 
dans une masse tufFeuse.» Les données qu'il fournit au sujet de 
Leitimor sont fort peu nombreuses. «'Au sud de la ville, le sol 
consiste en un sable rouge jaunâtre, dans lequel gisent des blocs 

de granité et de calcaire noir Plus au sud, on trouve un 

grès rouge altéré, consistant en grains de quartz dans un ciment 

calcarifère Je n'ai pas trouvé de granité sur place, ni de 

calcaire Selon S. Muller le granité doit former la base du 

massif montagneux d'Ambon et être partiellement couvert par la 
serpentine ...... A Vj^ heure environ au sud de la ville d'Am- 

boine existe la grotte à stalactites Batou lobang .... L'entrée 

est une large ouverture, dans un plateau étroit adossé contre la 
montagne plus élevée. L'accès est fourni par un puits de 18 m. (?) 
environ de profondeur, qui pénètre obliquement dans le sol, et dans 
lequel une échelle en bambou permet d'atteindre le fond de la 
grotte. Celle-ci s'étend horizontalement à une distance de 300 pas 
environ, dans la direction nord-sud. Elle consiste en 3 cavités, de 
plus de hauteur d'homme ; dans la 2e et la 3e le sol est recouvert d'eau «». 

30 FoRBEs et 30 Semon ont observé diverses terrasses de calcaire 
corallien superposées ; la première près de Tengah-tëngah, la dernière 
près de Souli. 

29. Martin a examiné des calcaires et le '.conglomérat de frotte- 
ment» dont il a été question plus haut, provenant de la collection 
MÛLLER (Macklot), et il est arrivé à ce résultat que les deux roches 
ne sont pas plus âgées que le tertiaire. 

3ffo En 1891 Martin a visité lui-même Ambon, mais très rapide- 
ment. Dans Leitimor il n'a fait qu'une excursion de 6 jours (du 5 
au 10 décembre) et une autre dans Hitou, aussi de 6 jours (du 13 
au 18 décembre); comme il ne suivait pas, autant qu'il le pouvait, 
les lits des rivières, mais qu'il prenait toujours les routes ordinaires, 
il n'y a j^as lieu de s'étonner qu'il n'ait pas vu grand' chose. Lorsque 



3â 

plus tard, après une visite aux îles Ouliasser, à Céram et à Bourou, il 
revint à Ambon, il était trop malade pour y faire de plus amples 
recherches. Les roches qu'il a recueillies furent examinées au micros- 
cope et décrites par Schroeder van der Kolk (34 et 35); c'est 
là certes un résultat important du voyage de Martin à travers 
Ambon. Ainsi que je l'ai fait observer ailleurs (voir mémoire n^. AS), 
en beaucoup de points je ne suis pas d'accord avec l'aperçu géolo- 
gique que Martin rédigea après l'examen de ses roches d' Ambon 

par VAN DER KOLK. 

La péridotite, il la tint d'abord pour archéenne et plus âgée que 
le granité. Cette détermination d'âge était conforme à ce que l'on 
avait appris au sujet de la présence de la péridotite sur l'île voisine 
de Céram (mémoire 3î, p. 21). Plus tard cependant on s'est aperçu 
que cette détermination était loin d'être sûre et ne reposait à vrai 
dire sur aucune base solide (mémoire n». 4=?, pp. 145, 148, 149), parce 
que le gisement n'est pas clair «infolge des Fehlens brauchbarer Auf- 
schlûsse» (1. c. p. 148). A présent, il déclare que la péridotite est 
plus jeune que le granité, mais cela pour l'unique raison que, sui- 
vant Verbeek, il en est ainsi à Ambon (n". 4Lf, p. 145); ce motif ne 
peut pas être considéré comme une preuve concluante, car à cette 
époque n'avaient encore paru que quelques courts rsn^ports préliminaires 
sur mes recherches à Ambon, rédigés avant que ces recherches fussent 
définitivement terminées. Il persiste à regarder les péridotites comme 
des roches éruptives très anciennes, appartenant aux schistes cristallins, 
toutefois avec cette restriction, que probablement les péridotites de 
Céram ne sont pas toutes du même âge (1. c. p. 149). Et à la même 
page 149, à la note 2, il entrevoit même la possibilité que les péri- 
dotites fussent plus jeunes que les grès, ainsi que le croyait Verbeek ; 
elles seraient notamment crétacées, ce qui serait naturellement en 
contradiction formelle avec son opinion de tantôt, que ce seraient 
des roches très anciennes. On voit par là que sa détermination de 
l'âge de la péridotite de Céram et d'Ambon n'est qu'une détermina- 
tion en l'air, comme je viens de le dire. 

Lorsque Martin exposa ces vues, j'étais déjà, pour des consi- 
dérations diverses, revenu de mon idée, que les péridotites de la 
partie orientale de l'Archipel Indien seraient du même âge que celles 

3 



de Java, lesquelles je persiste à rattacher au terrain crétacé. Mais je 
ne puis nullement accorder qu'il résulterait de mon profil fig. 3, 
mémoire 41, que la péridotite d'Ambon serait, non pas plus jeune, 
mais plus ancienne que les grès. Cette assertion, émise par Martin 
à deux reprises (Tijdschr. v. h. K. N. Aardr. Genootschap, XVI, 
1899, bdz. 656; et le mémoire n". 4L7, S. 149, Anmerkung2) est tou- 
jours restée pour moi une parfaite énigme. Voici ce qui en est. 
Dans le profil en question, j'ai figuré les grès à l'est du Horiel, en 
couches inclinées adossées à la péridotite. Pourquoi, — toujours d'après 
le profil, — cette roche éruptive n'aurait-elle donc pas pu percer 
les grès et être plus jeune que ceux-ci? Si les grès avaient été 
dessinés en une situation parfaitement horizontale sur la péridotite, 
il y aurait eu un argument en faveur de l'âge plus jeune des sédi- 
ments; mais à présent il n'y en a pas. Mon profil ne donne pas 
une réponse définitive à la question de l'âge relatif de la péridotite 
et du grès. 

Nous parlerons plus loin de l'âge effectif de la péridotite d'Ambon ; 
je puis heureusement arriver à présent avec des preuves convaincantes. 

On peut expliquer comment il se fait que Martin n'ait pas 
rencontré, à l'état de roche massive, le mélaphyre parmi les roches 
jeunes et la diabase parmi les anciennes. Sa route ne l'a pas 
conduit par les endroits où ces roches se présentent. Mais on ne 
comprend pas bien qu'il n'ait pas remarqué les belles terrasses que 
l'on observe sur la route d'Ambon à Soja di atas, et que d'autre 
part il n'ait pas observé, que celles-ci consistent essentiellement en 
matériaux meubles (avec calcaire corallien). Du moins, il ne parle 
nulle part des formes topographiques si remarquables le long de 
cette route ('); et il ressort de sa description géologique (n°. 3*, p. 66), 
qu'il regarde le sol rouge comme un produit local de désagrégation de 



(1) Le seul endroit, où Martin parle d'une structure en forme de terrasses près 
d'Ambon, se trouve dans son mémoire 87, p, 10: „Sùdwestlich (?) von der Stadt steig-t 
aber das Land terrassenartig- an, wie man vom Gipfel des Batoe merah (?) aus sehen kann". 
Les cimes plates des monts Batou merah, Karang pandjang-, Batou medja et Batou gadjah 
ne sont toutefois rien d'autre que des portions d'une seul et même terrasse ou plateau, 
séparées par des ravins profonds, et elles sont toutes situées au nord-est. à Test et au 
sud-est d'Ambon, et non au sud-ouest. Peut être a-t-il en vue la petite colline entre le 
Batou g-adjah et Waï Nitou, à moins qu'il n'ait écrit par erreur „sûdwestlich" au lieu de 
„sudô3tlich" ? „Batou merah" devra d'ailleurs être „Batou medja". 



86 

roches éruptives sous-jacentes, et non comme des matériaux sédimen- 
taires plus jeunes qui recouvrent horizontalement les roches plus 
anciennes, et entre lesquels s'interpose aussi un peu de calcaire 
corallien, à 106 m. d'altitude. D'après Martin, la direction des 
grès et des schistes argileux serait, dans ce sentier, de 45°; selon 
moi, elle est en partie de 140°. 

Le gneiss n'affleure nulle part dans toute l'île d'Ambon ; cependant, 
suivant Martin (3y, p. 21), cette roche existerait sur la route de 
Routoung à Ambon, à l'ouest de Waë Hila (Waï lia). Mais cela 
n'est guère possible, car on est déjà là en terrain quaternaire, où 
l'on a pu tout au plus rencontrer un fragment de cette roche, ou 
d'un granité schisteux ('). La même chose peut se dire de la diabase, 
à mi-chemin d'Ambon à Soja di atas; il ne peut y avoir eu là 
encore qu'un fragment interposé dans les couches quaternaires. 

Les observations de Martin à Hitou sont également fort in- 
complètes. Ainsi, sur la route de Roumah tiga à Hitou lama il n'a 
de nouveau pas remarqué que le sol est constitué partout par des 
matériaux incohérents à côté de calcaire corallien. Du côté sud de 
la ligne de partage des eaux il y a observé quelques terrasses, qu'il 
nomme «« Brandungsterrassen :• . 

La route de Hitou lama par Hila jusqu'au pied du Touna s'étend 
presque tout entière sur des matériaux très jeunes, quaternaires et 
novaires, où n'apparaît qu'en quelques points seulement une roche 
compacte. Aussi, la représentation de la partie de la côte nord 
de Hitou, entre Hitou lama et Hila, sur la carte I de Martin 
(mémoire n«. 3î), et entre Saïd, Hitou et Liang sur sa carte synopti- 
que ni, d'après laquelle la roche éruptive se rapprocherait de 
très près du littoral, est-elle absolument fautive. La roche com- 
pacte se trouve partout assez haut et loin dans l'intérieur, et elle 
est recouverte, jusqu'à une altitude considérable, de matériaux 
quaternaires meubles — conglomérats, brèches, sable — et du cal- 
caire corallien. Ce n'est que dans le lit des rivières que la roche 



(1) La présence de g-neiss à Ambon a été rétractée par Martin (49, p. 249). Mais 
que pense-t-il des gros blocs roulés de schiste micacé de la Wai lia (37, p. 21), dont il 
ne dit plus rien? Le schiste micacé, pas plus que le gneiss, ne se présente pas à Ambon. 
11 veut parler probablement de granités riches en quartz, tant soit peu schisteux. 



36 

éruptive, tant l'ancienne que la jeune, est parfois visible, les matéri- 
aux meubles ayant été entraînés par les eaux; et aussi en quelques 
points de la côte. 

Il a fait l'ascension du Touna ou Wawani du côté du nord et il 
a déclaré que cette montagne était un volcan encore actif. 

Dans son mémoire n*^. 39, Wichmann est parti en guerre contre 
cette assertion; et il a fait voir qu'il n'a jamais été question d'une 
éruption en 1674, comme on a cru le voir dans le récit original, qui 
est attribué à Rumphius, mais seulement d'un tremblement de terre, 
accompagné d'éboulements du sol dans la montagne, qui ont occa- 
sionné l'obstruction des rivières, et ont donné lieu plus tard à des 
torrents de boue, quand les eaux ont percé les digues. En même 
temps il y a eu une commotion dans la mer. Même dans la suite 
le Touna n'a jamais eu d'éruption; si cette montagne a eu la 
réputation d'être encore en activité, il faut l'attribuer à une fausse- 
interprétation du rapport sur l'événement de 1674, jointe à cette 
circonstance qu'au versant occidental de la montagne il se dégage 
de l'hydrogène sulfuré et qu'il s'y dépose un peu de soufre. 

Martin s'est défendu à ce sujet (mémoire n». 40), en disant 
que le récit de Rumphius était peu clair et lui avait donné cette idée 
fausse, que le volcan avait été actif encore en 1674. Il me semble 
que Martin, lorsqu'il était sur le sommet le plus élevé, — et 
celui-ci il l'a atteint réellement, bien que ce soit à tort révoqué en 
doute par Wichmann (39) — , aurait dû s'apercevoir que cette 
montagne ne pouvait en aucune façon ap23artenir aux volcans actifs, 
et que par suite le récit d'une éruption antérieure, si tant est que 
ce récit existât, devait être nécessairement erroné. D'ailleurs, le récit 
de Rumphius n'est pas obscur, et en le lisant attentivement il est 
impossible d'en déduire une éruption. (') 

Après la démonstration de Wichmann (39) et les recherches 
de Verbeek à Ambon (41 et 42), Martin a modifié son opinion 
que le Touna ou Wawani serait un volcan actif; à présent il considère 



(1) C'est ainsi que Kotô, entre autres, à la lecture du travail vfi. 87 de Martin, 
est arrivé à la conclusion, que les événements de 1674< devaient être attribués ^;rc/?/^nTWf«^ 
à des tremblements de terre. (B. Kotô. On the géologie structure of the Malayan 
Archipelago. Journal of the Collège of Science. ïôkyd 1899, p. 97). 



37 

cette montagne comme une ruine volcanique d'âge tertiaire-inférieur 
(mémoire éO, p. 723.) 

34 et 35. Un mot seulement sur la description microscopique, 
généralement très bonne, des roches d'Ambon j^ar Schroedek van 

DER KOLK. 

Parmi les granités, il décrit en détail deux échantillons (34, pp. 
80 et 81), savoir le n". 6 de Batou merah, qui doit être selon Martin 
(37j p. 69, note) le n". 9 de Batou medja, sur la route d'Ambon à 
Soja di atas; et le n^. 10, à peu près du même endroit, mais 
d'un peu plus loin, sur la limite des grès. Dans la dernière roche, 
il est signalé à côté de quartz, plagioclase et biotite une grande 
quantité d'amphibole. Comme en 1898 je n'avais trouvé à Ambon 
aucun granité à hornblende, j'ai visité l'endroit en question une 
seconde fois en 1899, et en deux points de son affleurement fort 
restreint (le granité n'est à découvert, sur la route d'Ambon à Soja 
di atas, que sur une longueur de 50 m.) j'ai recueilli des échantillons 
de cette roche. L'examen microscopique fit voir que c'étaient tous 
deux des granitites ordinaires, sans aucune trace de hornblende. 
En 1904 j'ai été pour la troisième fois, à la même place, à la 
recherche de granités à hornblende, mais encore en vain. Le morceau 
recueilli par Martin est donc probablement une sécrétion basique 
hornblendifère de la granitite, qui ne se présente que rarement et a été 
trouvée par hasard; il n'existe certainement pas à l'état de roche 
de quelque étendue. 

Le nom du lieu de provenance de ces granités, «Batou medjah»», 
n'est pas exact, car la montagne plate de ce nom, de 140 m. de 
hauteur, se trouve plus au nord-est, entre les rivières Tomo këtjil et 
Tomo (voir feuille 2 de notre carte II). 

Les péridotites d'Ambon sont rangées par Schroeder van der Kolk 
(34, p. 84) en partie parmi les picrites à amphibole. Je pense que 
cela n'est pas exact, parce que, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer 
auparavant (42, p. 8), l'amphibole est toujours secondaire dans ces 
roches, qu'elle a pris naissance aux dépens de la diallage, et ne se 
présente pas uniquement comme une ouralite finement fibreuse, mais 
même à l'état de petits prismes compactes de hornblende, d'actinolite 
etc. Bien qu'il ne le mentionne nulle part d'une manière formelle, 



38 

ScHROEDER VAN DER KoLK Semble 86 rallier à cette manière de voir ; 
du moins, il décrit plus tard les péridotites de Céram comme des 
roches à olivine et pyroxène ou olivine et diallage; il ne trouve de 
l'amphibole que dans un seul échantillon (n". 403) et notamment sous 
forme d'actinolite, donc probablement secondaire (Sammlungen des 
geol. Reichsmuseums in Leiden, Ser. I, Band VI, 1899, S. 13 — 17). 

4:1, 42, 4:3, 44. En 1898 j'opérais à Ambon du 14 mars au 
23 juillet (sauf une excursion à Amahei en Céram du 27 au 30 avril), 
assisté par l'ingénieur des mines M. Koperberg, le topographe 
W. VAN DEN Bos et l'inspecteur de l^e classe de l'administration 
des mines J. F. de Corte; mais une violente inflammation de 
l'articulation du genou ne permit à ce dernier de faire qu'une petite 
partie de son service. Nous avons travaillé alors dans des circonstances très 
défavorables, car notre exploration eut lieu précisément pendant les 
mois des fortes pluies ; il est vrai qu'en- ce qui concerne notre santé 
nous n'en avons nullement soufiert, bien que nous fussions très souvent 
trempés jusqu'aux os; mais les violentes averses furent néanmoins 
très gênantes dans l'examen des terrains et dans les levés, et le fond des 
vallées de quelques rivières ne put être exploré suffisamment à cause 
de la hauteur des eaux. Il vint s'y ajouter, spécialement pour Ambon, 
les inconvénients d'une végétation dense existant presque partout, 
et d'une épaisse couverture de mousse sur les montagnes tant soit 
peu élevées. 

En 1899, dans mon voyage à travers les Moluques, j'ai abordé encore 
une fois à Ambon, pour commencer de cet endroit mon excursion 
dans les îles appartenant à la résidence d'Amboine. J'ai pu faire 
alors, du 26 mars au 2 avril, encore quelques excursions à Ambon, 
pour compléter mon exploration de 1898, entre autres dans la vallée 
de la Waï Loï, parce qu'à cette époque il faisait encore très sec à 
Ambon et que le niveau des rivières était particulièrement bas. 

Dans les mémoires 41, 42 et 43 on trouve quelques courtes notes 
préliminaires sur mes recherches à Ambon, et dans le n°. 44, sur la 
position des calcaires coralliens soulevés. 

Tout en rédigeant le rapport géologique détaillé que l'on trouvera 
dans les pages suivantes, il me devint de plus en plus évident que 
la péridotite, que j'avais considérée jusqu'alors comme du même âge 



39 

que la roche correspondante de Java, — en partie par l'absence de 
coupes de terrain d'une netteté suffisante, et en partie aussi parce 
qu'il me paraissait invraisemblable que dans l'Archipel des Indes 
Néerlandaises existassent des péridotites d'âges différents, de sorte 
que j'étais imbu de l'idée que toutes les péridotites de l'Inde étaient 
d'âge récent — , devait appartenir à une époque plus ancienne, c'est- 
à-dire antérieure à celle de notre grès. C'est pourquoi je n'ai redouté 
ni les difficultés ni les frais d'un voyage de Hollande à Ambon, 
pour visiter derechef cette île aux mois d'avril et de mai de l'année 
1904, non seulement afin de tirer parfaitement au clair la question 
dont il s'agit, mais encore pour explorer quelques points de Hitou, 
que je n'avais pu visiter en 1898 à cause du temps éminemment 
défavorable. En effet, Hitou avait bien été reconnue au point de vue 
géologique, mais elle n'avait pas été examinée complètement sous ce 
rapport, parce que cette opération ne pouvait avoir lieu qu'après 
le levé topographique détaillé de cette presqu'île. La durée de ce levé 
avait été évaluée à un an environ et celle du relèvement géologique 
subséquent à environ 8 mois ; et le temps et les moyens nécessaires à 
ces opérations faisaient défaut. Il est donc évident qu'il reste encore 
beaucoup à faire à Hitou sous le rapport géologique. 

Ce que j'ai communiqué dans mes mémoires 41, 42 et 43 sur Vâge de 
la péridotite et de son produit de transformation, la serpentine, est erroné. 

Une seconde modification a été apportée dans la dénomination d'une 
partie des roches éruptives jeunes, mais non à la détermination de 
leur âge; ce changement est donc de peu d'importance. 

Dans mon mémoire 42, j'ai fait voir que les roches éruptives jeunes 
d' Ambon présentent des différences notables avec les roches éruptives 
tertiaires de Java, Sumatra et Bornéo, connues jusqu'ici; tandis qu'un 
certain groupe, savoir un mélaphyre à croûtes vitreuses d' Ambon, 
correspond parfaitement, au point de vue pétrographique, à un même 
mélaphyre de Java occidental, laquelle roche appartient, avec les 
diabases qui l'accompagnent, à la période crétacée. J'en ai tiré cette con- 
clusion que les roches éruptives d' Ambon seraient également crétacées 
et j'ai proposé pour ces roches «où sont combinées d'une manière 
remarquable certaines propriétés des roches éruptives jeunes cà d'autres 
appartenant aux roches anciennes^ (42, p. 19), le nom ud'Ambonites», 



40 

Me tenant à l'habitude encore usuelle, mais qui de nos jours ne 
mérite plus d'être recommandée, de dénommer les roches pré-tertiaires 
autrement que les roches correspondantes tertiaires ou d'âge plus 
récent encore, je les ai appelées des -'porphyrites» ; et comme elles 
contiennent essentiellement du pyroxène rhombique^ j'ai été obligé 
de les appeler des «porphyrites noritiques»-. Or, ce mot a été im- 
proprement choisi, en tant qu'il rappelle immédiatement les norites 
et par suite les gabbros, auxquels les Ambonites n'appartiennent 
certainement pas; mais une fois que je conservais l'usage dont je 
viens de parler, il me fallait bien les nommer des porphyrites, 
puisqu'il n'existe pas de qualification spéciale pour des roches 
éruptives crétacées. J'ai déjà fait remarquer (42, p. 19) que ces roches 
présentent plus de ressemblance avec les roches tertiaires qu'avec 
celles des terrains carbonifère et triasique; c'est naturel d'ailleurs, 
puisque par leur âge elles se rapprochent davantage des premières. 
Une difficulté du même genre s'est présentée à Java pour certaines 
roches éruptives éocènes; je continuais à les classer parmi les 
andésites, tout en y ajoutant l'observation «à habitus ancien»^ Si 
j'avais à les décrire encore une fois, je les appellerais tout simple- 
ment, malgré leur âge tertiaire, des diorites et des diabases, aux- 
quelles elles correspondent parfaitement au point de vue pétro- 
graphique. 

On voit donc que, de même qu'en Amérique et en tant d'autres 
. régions, dans l'Archipel des Indes Néerlandaises aussi la distinction 
entre roches éruptives anciennes et récentes, d'après leur caractère 
pétrographique seul, n'est guère possible; et de plus que la limite 
entre les deux groupes ne tombe nullement à l'origine de la période 
tertiaire, parce que des roches à caractère ancien apparaissent encore 
dans l'éocene et que parfois des roches à caractère jeune se présen- 
tent déjà à des époques plus anciennes. 

Il est donc plus que temps de laisser tomber ces doubles dénomi- 
nations pour une même roche ; et les savants qui font autorité dans 
le domaine pétrographique sont depuis longtemps de cet avis. Si on 
lit p. ex. ce que Rosenbusch dit de «l'âge des roches éruptives», 
dans ses Elemente der Gesteinslehre 1901 pp. 61 à 63, on reconnaît 
clairement qu'une distinction pétrographique entre des roches éruptives 



41 

jeunes et anciennes n'existe pas dans beaucoup de cas; du moins, 
il est impossible d'établir une séparation. Aussi longtemps qu'on 
n'avait qu'à distinguer (principalement en Allemagne) entre roches 
éruptives permiennes et plus anciennes encore d'une part et roches 
tertiaires et plus jeunes d'autre part, la distinction était aisée et 
l'emploi de deux noms pour les roches correspondantes était pratique. 
Mais depuis cette époque on a trouvé nombre de roches éruptives 
qui, pour l'âge, se placent entre le permien et le tertiaire et qui 
correspondent, sous le rapport pétrographique, en partie aux produits 
anciens, en partie aux produits plus récents. On n'a pas introduit 
de noms particuliers pour ces roches, p. ex. pour les roches éruptives 
triasiques et crétacées, et il serait donc pratique de ne donner qu'un 
seul nom à toutes les roches éruptives analogues, quelle que soit la 
formation à laquelle elles appartiennent. C'est ce qu'on a fait déjà 
pour certaines roches, sans que personne y ait trouvé à redire ; pour 
d'autres, il n'en fut pas encore ainsi. C'est ainsi qu'on parle de 
granité, de peridotite, de gabbro et de serpentine dans tous les ter- 
rains ; mais tel n'est pas le cas pour les porphyrites et les andésites, 
et pour le mélaphyre et le basalte pas davantage ; à ces dénominations 
s'attache encore toujours l'idée d'âge (pré-tertiaire d'une part, tertiaire 
et plus jeune d'autre part); et certes il faudra encore du temps avant 
qu'on n'ait introduit la nomenclature simplifiée pour les roches 
éruptives d'âges les plus divers. 

Mais si la différence des noms pour des roches analogues anciennes 
et récentes a beaucoup perdu de sa valeur, la détermination de Vâge 
des roches éruptives demeure naturellement une question d'une grande 
importance géologique. A mon avis, les roches éruptives jeunes 
d'Ambon sont crétacées, sinon toutes, au moins en majeure partie ; 
parmi elles il s'en trouve qui, tant sous le rapport macroscopique 
qu'au point de vue microscopique, ressemblent à des mélaphyres et 
à des porphyres quartzifères ou kératophyres, tandis que d'autres 
présentent plus d'analogie avec des dacites tertiaires ou des andésites 
quartzifères. Ce sont précisément ces dernières qui ont été examinées 
par ScHROEDER VAN DER KoLK, et décritcs sous des noms de jeunes 
roches; or je puis me rallier à ces dénominations, parce que les 
roches examinées présentent plus d'analogie avec les dacites et les 



4^ 

andésites déjà connues qu'avec les porphyrites noritiques. Pour bien 
faire ressortir l'âge mésozoïque, on pourrait parler de méso-dacites etc., 
ainsi que l'a fait Al. Lagorio pour ses roches éruptives crétacées 
de la Crimée, au sud de Sébastopol (Vergleichend petrographische 
Studien ûber die massigen Gesteine der Krym, Dorpat). Les groupes 
basiques et les plus acides de mes Ambonites n'ont pas été décrits 
par ScHROEDER VAN DER KoLK, Car ils font défaut dans la collection 
de Martin. Je conserve toujours le nom de raélaphyre pour le 
groupe basique, parce que les roches de ce groupe présentent le 
caractère d'anciennes roches, et ont peu d'analogie avec nos basaltes 
tertiaires de l'Inde. On pourrait encore les nommer des méso-mélaphyres. 



E. GEOLOGIE DE LEITIMOR. 

(CARTE N». II). 



Comme la partie méridionale, la plus petite d'Ambon a été levée 
topographiquement et explorée géologiquement avec beaucoup plus 
de précision que la presqu'île du nord, Hitou, qui est beaucoup plus 
grande, ces deux parties seront décrites séparément, bien que leur 
constitution géologique concorde parfaitement. 

On rencontre à Ambon les formations suivantes: 

1. Péridotite. 

2. Diabase. 

3. Granité. 

4. Grès. 

5. Roches éruptives jeunes. 

6. Sédiments tertiaires supérieurs et quaternaires. 

7. Sédiments novaires. 

I. Péridotite et Serpentine. 

La roche la plus ancienne de Leitimor, c'est la péridotite, et non 
le granité comme je le pensais jadis; des roches plus anciennes 
encore, telles que le schiste micacé et le gneiss, qui sont très répandus 
dans l'île voisine de Céram, ne viennent au jour nulle part à Ambon. 

La plus haute montagne de Leitimor, le Horiel (562 m.) consiste 
en une roche éruptive basique, vert sombre, qui s'étend vers le sud 
jusqu'à la côte méridionale, de Labouhan Ihouresi jusque près de 
Lça hari, et vers le nord jusqu'à la Waï lia (affluent supérieur de 
la Waï Rouhou), où celle-ci coupe la route d'Ambon à Routoung. 
A l'est, ce massif confine au grès; à l'ouest, au granité du Sirimau. 
La pointe sud-ouest de la baie Ihouresi, que l'on appelle Tandjoung 
Haour, consiste aussi en péridotite, de même que le premier îlot à 
proximité de ce cap; mais le second îlot, situé plus loin dans la 



44 

mer, se compose en haut de granité, sous lequel, à en juger d'après 
l'apparence sombre de la roche, git de la péridotite; par suite des 
forts brisants, il fut impossible d'atteindre en chaloupe cet îlot, de 
sorte que je ne pus m'assurer si le granité y a pénétré la péridotite 
sous forme de filon, comme au cap Seri. 

Le deuxième grand massif de péridotite est celui du mont Nona, 
au sud-ouest d'Ambon; il s'étend à l'ouest jusque près d'Amahousou, 
au nord jusqu'à la vallée de la rivière Batou-gantoung ; à l'est, 
jusqu'au-dessus de Malaraan; et au sud, jusqu'à la côte du sud, près 
de Seri. Les cimes Nona, Siwang, Apinau, Halinoung, Batougouling, 
Kramat et Amahkora appartiennent à ce domaine ; mais la roche 
ferme n'affleure pas partout, car en nombre de points elle est recou- 
verte par des matériaux meubles et du calcaire corallien. 

Entre ces deux grands terrains de péridotite se trouvent deux 
montagnes de la même roche, tout à fait isolées au milieu du 
domaine du granité; ce sont le Loring ouwang à l'est de Kousou- 
kousou sereh et PEri samau près de Mahija. Comme il n'était pas 
impossible que ces deux montagnes fussent reliées, et formassent 
une seule large arête, je suis descendu de l'église de Mahija dans 
la vallée de la rivière Laouroung, profonde de plus de 100 m., du 
côté nord de l'Eri samau, et j'ai constaté qu'il n'y avait pas de 
liaison entre ces deux montagnes, mais que du granité était inter- 
posé entre les deux. Au nord de Mahija et au sud-ouest du Loring 
ouwang émerge encore du granité environnant un petit sommet de 
péridotite, peut-être mis à découvert par érosion du granité. 

Un cinquième massif de péridotite est situé plus à l'ouest; il 
commence près de la rivière Wemi, s'étend le long du littoral 
jusqu'au Tandjoung Hati ari, un cap que la mer a percé en tunnel 
en deux points (fig. 14, annexe IIE), et se dirige à l'ouest par le 
Gounoung Rousi vers la vallée de la Waï Jowang; il s'élève à 
346 m. d'altitude ; mais, à son tour, il est recouvert eu grande partie 
par des matériaux meubles et du calcaire corallien. 

Le sixième et dernier terrain de péridotite existe à l'extrémité 
occidentale de Leitimor, au versant nord du mont Kapal; mais à 
cause du terrain qui le recouvre, il est visible seulement en une 
bande étroite le long de la côte. Le cap Batou Kapal en fait partie. 



46 

Age de la peridotite. 

Cette roche éruptive vient, il est vrai, en contact avec la diabase, 
le granité et le grès en beaucoup de points, mais, i)ar suite de la 
forte altération des roches et de la densité de la végétation, le contact 
immédiat n'est visible nulle part avec une netteté suffisante. En un 
point seulement, le rapport de la peridotite et du granité peut s'ob- 
server avec une netteté parfaite, notamment près du cap Seri à la 
côte du sud. 

Tandjoung Seri, à 600 m. à l'est du kampong Seri, se termine 
en 3 pointes de granité A, B, C (fig. 12, annexe III), qui se 
succèdent dans une direction de 95° et émergent de la mer en parois 
escarpées et lisses, bien que peu élevées ('). Entre ces points existent 
deux anses I et II, dans lesquelles la peridotite se montre en très 
gros fragments; il est probable que jadis elle remplissait totalement 
ces anses. Au contact du granité, la peridotite est totalement méta- 
morphisée et transformée en une roche dure, à grain fin, de la 
nature de la cornéenne; surtout à ces endroits-là où des filons de 
granité ont pénétré dans la peridotite, p. ex. en a. En certains points, 
où la peridotite recouvrant la paroi de granité a été enlevée par les 
eaux, sont restés suspendus çà et là des restes de la roche dure de 
contact, qui donnent l'impression d'inclusions (fig. 13). A un examen 
plus précis, on remarque toutefois que ces parties ne pénètrent pas 
profondément dans le granité, mais que, pour ainsi dire, elles y 
adhèrent tout simplement ; ce ne sont donc nullement des inclusions, 
mais des restants de la roche de contact, érodée pour la plus grande 
partie. La roche qui existe exclusivement à la limite de la peridotite 
et du granité, je ne l'ai trouvée nulle part plus épaisse que de '/j m. 



(1) Ces parois lisses sont couvertes, jusqu'à 3 ou 3 m. au-dessus du niveau de la mer, 
de milliers de coquilles vivants, très petits, qui, d'après la détermination du Prof. 
O. BoETTGER de Francfort, appartiennent aux 4 espèces suivantes: 

1. Litorina [Tectarms) trochoides Grray; très nombreux. 

3. Litorina undulata Gray. 

3. mérita constata Chem. 

4. Nerita plicata L. 

La première espèce existe en nombreux exemplaires; les trois autres ne sont représentées 
que par quelques exemplaires seulement. Ces org-atiismes vivent dans ce qu'on nomme 
„la zone de reflux", entre les hautes et les basses eaux; parfois aussi plus haut, de sorte 
que dans ce cas ils ne reçoivent que les éclaboussures des brisants. 



4ë 

Un des plus gros fragments, adhérant au grand bloc de péridotite 
en a, fig. 12, est long de l'/a à 2 m. et présente 2 petits filons 
de granité, dont a a 3 et 6 5 à 6 cm. d'épaisseur (fig. 13a); le dernier 
s'amincit vers le sud (1^2 cm.) et se ramifie ensuite.en c ; la branche 
étroite n'a que 5 mm. d'épaisseur. Les deux cordons a et 6 semblent 
se réunir plus loin (voir fig. 13a) ; mais ce point est soustrait à la 
vue par un conglomérat quaternaire grossier, qui s'élève jusqu'à 
5 à 6 m. au-dessus de la mer ; et il en est de même du point où 
les filons de granité se raccordent au massif granitique environnant. 
Ce conglomérat quaternaire, ou plutôt cette brèche, se compose de 
fragments anguleux et arrondis de péridotite, de granité, de la roche 
de contact, avec et sans filons de granité (l'un de ces filons a 3 cm. 
d'épaisseur), très solidement agglutinés par un ciment de sable siliceux. 

Ainsi donc, à une distance de '/a ^- ^^ la limite du granité, la 
péridotite est totalement modifiée dans sa constitution chimique; 
et d'une roche éruptive basique, avec 40 pet. environ de Si 0*, elle 
est transformée en un produit plus acide, qui contient, d'après l'ana- 
lyse chimique, à peu près 51 pet. de Si 0^ A une distance plus 
grande du granité, sur une étendue de 1 m. au maximum, la péridotite 
est encore dure, plus ou moins silicifiée et friable et elle passe alors 
rapidement à la péridotite commune (n". 58). (') La modification qu'a 
éprouvée la péridotite, a donc évidemment été occasionnée par le 
granité lors de son éruption; en outre, le granité à pénétré dans la 
péridotite sous forme de filon, et il est donc la plus jeune des deux 
roches. 

Nous avons rencontré encore un étroit filon de granité (n°. 79) 
dans la péridotite à l'est de la baie de Houkourila, ou Labouhan 
Ihouresi, à peu près à 300 m. de la limite du granité, à proximité 
du cap Nouar, devant lequel sont situés deux îlots de péridotite 
(carte II, feuille 6). Cette petite veine a une épaisseur de 8 à 10 cm., 
une direction de 30° et se dresse verticalement. A cause de sa richesse 
en quartz, cette roche ressemble fort à un filon de quartz, et jadis 
on l'a considérée comme tel. 



(1) Les numéros cités ici et plus loin sont ceux du catalogue des roches d'Ambon, re- 
cueillies en 1898, 1899 et 1904, et conservées au Musée de l'Administration des mines 
à Batavia. 



41 

La diabase n'a pas été rencontrée en contact immédiat avec la 
péridotite ou le granité; toutefois cette roche accompagne souvent 
la péridotite, aussi bien à Hitou (j[u'à Leitimor; et les diabases 
cristallines de Hitou forment, par des péridotites à plagioclase, la 
transition aux péridotites communes, de sorte qu'elles sont sans doute 
connexes sous le rapport géologique. 

Le contact du grès et de la péridotite n'est pas non plus bien à 
découvert. Dans le temps, j'ai regardé le grès comme plus ancien, 
parce que les couches qui reposent immédiatement sur la péridotite 
ne renferment pas nettement du gravier ou des fragments de péridotite ; 
d'autre part, la présence de roches chloriteuses (n". 85) paraissait 
indiquer une roche de contact, qui aurait pris naissance par l'action 
de la péridotite sur des schistes argileux, comme on l'admet pour 
certaines couches du Negrais de la chaîne de l'Arakan, dans la Bir- 
manie occidentale. Ces roches chloriteuses et riches en mica (nos. 85 
et 85a), qui n'ont pas été déposées en couches, et qui confinent im- 
médiatement à la péridotite et à la serpentine dans la Waï Jouwa ('), 
sur la route d'Ambon à Routoung, me paraissent, à plus ample in- 
spection de la surface dénudée, fort restreinte, faire cependant encore 
partie de la croûte profondément métamorphisée de la péridotite, et 
non des couches inférieures du terrain gréseux limitrophe, ni des 
argilolites métamorphisées par contact, ce qui fait que la preuve de 
l'âge plus avancé du terrain sédimentaire vient à tomber. Toutefois, 
une brèche de serpentine (n®. 205), qui se présente en gros blocs 
dans la Waï Warsia, mais n'apparaît pas davantage en couches nettes, 
appartient probablement déjà aux couches inférieures du terrain 
gréseux. En outre, ce terrain doit certes être plus récent que la 
péridotite, car il est constitué par un gravier granitique, et le granité 
est plus jeune que la péridotite. C'est là une preuve indirecte, qui 
naturellement a aussi sa valeur; je crois qu'une démonstration directe 
est excessivement difficile à fournir à Ambon, par suite des coupes 
de terrain insuffisantes. 

On voit donc, que dans la partie orientale de notre Archipel, où 



(1) Sig-nalée par erreur comme Waï Jori sur la carte de Mickler, car cette rivière a 
son embouchure à la côte orientale; la Waï Jouwa est, comme la Waï lia, un affluent 
supérieur de la Waï Rouhou. 



4g 

presque tout est autre que dans la partie occidentale, il existe une 
péridotite d'un autre âge qu'à Java. Je vais rassembler ici tout ce 
que l'on sait de l'âge des péridotites et des serpentines des Indes 
Néerlandaises, et jeter en même temps un coup d'oeil sur les péri- 
dotites qui existent en dehors de notre Archipel. 

Céram. D'après Martin (mémoire n". 47, pp. 145, 148 et 149 j 
les péridotites de Céram sont très vieilles, ce qui doit être exact, 
puisqu' elles sont selon toute probabilité du même âge que celles de 
l'île voisine Ambon. Mais il me paraît encore fort douteux que, pour 
cette raison, elles dussent être archeennes (mémoire n°. 3î) et faire 
partie du terrain des schistes micacés et du gneiss. Le profil donné 
par Martin, sur la carte IV de son mémoire 4tff, n'a pas été, 
comme il le dit lui-même, observé, mais construit, et il permet une autre 
interprétation puisque «das Lagerungsverhâltniss infolge des Fehlens 
brauchbarer Aufschlusse nicht klar zu erkennen ist" (47 p. 149). 
Bien que ce soit toujours risqué de porter un jugement sur un terrain 
qu'on n'a pas visité soi-même, je serais néanmoins porté, dans ce 
cas, à admettre que le massif montagneux, coupé dans ce profil, 
consiste à l'ouest en schiste micacé, et pour le reste entièrement 
en péridotite, dans laquelle existe, en trois endroits, du gneiss à 
cordiérite. soit en fragments inclus dans la roche éruptive, soit en 
gros blocs qui seraient venus à la surface avec elle. Si cette manière 
de voir est exacte, la péridotite serait naturellement plus récente, 
et pourrait même être beaucoup plus jeune que les schistes. 

Java. A Java, j'ai signalé ('j pour la première fois le terrain crétacé 

(1) Et non Martin, ainsi que le prétend à tort H. van Capelle Jr. dans r„Ency- 
clopedie van Nederlandsch Indië", p. 569. Il y écrit: „Ook op Java hebbeu "Verbeek 
en Martin het voorkomen van krijt met zeer groote waarschijnlijkheid aangetoond". 
Martin ne Ta jamais prétendu lui-même, mais ce qui aura donné lieu à ce malentendu, 
c'est ce qu'il dit au tome V, p. 27, des „Beitrage zur Géologie Ost-Asiens etc.": „Dass 
das Eocaen indessen auf Java nicht fehlt, obwohl es auf dieser Insel nur an wenig-en 
Puukten zu Tage zu treten scheint, ist durch Verbeek sicher nachgewiesen, und auch 
die an demseiben Orte von letzterem ausgesprochene Vermuthung das auf Java eine 
Kreide formation vorkommen dùrfte, ist wohl zweifellos richtig. Ich batte in Batavia Ge- 
legenheit Praeparate durchzusehen welche durch Verbeek von den l.c. erwàhnten Orbi- 
tolinen hergestellt waren, und ùberzeugte mich davon, dass sie im Bau mit den creta- 
ceischen Orbitolinen ùbereinstimmen, fur welche ich den Familiennamen der Orbitolinidàe 
vorschlug, wenngleich eine nàhere Bestimmung- der Species derzeit nicht auszufùhren war". 
VAN Capelle doit avoir compris par là, que Martin a pris quelque part à la décou- 
verte de couches crétacées à Java. 



4Ô 

le 1er octobre 1887, par la découverte d'orbitolines dans un calcaire 
près du hameau Këboutou douwour, au sud de Bandjarnegara, dans 
la résidence Banjoumas. En août 1892, j'ai visité encore une fois cet 
endroit, où l'on avait entrepris alors une exploitation en petit de ce 
calcaire, pour un four à chaux d'un chinois. Enfin, le 30 avril 1901, 
j'étais encore aux même lieux, pour voir si dans les 9 dernières années 
le calcaire était plus fortement mis à nu qu'auparavant. Je constatai 
que l'exploitation de la carrière n'était pas beaucoup plus avancée. 
Du sentier, qui de Bandjarnegara conduit au sud vers Sironggé, 
on prend à droite près du hameau Këboutou douwour (à l'ouest); 
on descend d'abord 80 à 35 m. sur de la serpentine schisteuse et 
friable (fig. 57); on arrive ensuite à la carrière du calcaire, qui est 
à nu sur une étendue de 10 m. environ, et n'acquiert pas plus de 
2 m. d'épaisseur, bien que celle-ci ne soit pas partout la même : plus 
bas se présente de nouveau la serpentine compacte, de sorte que le 
calcaire, qui pend vers le nord, est situé entre la serpentine et est 
par suite du même âge que cette roche éruptive. Il est moins vraisem- 
blable que le calcaire forme une inclusion dans la serpentine; les 
dimensions du calcaire visible, qui a d'ailleurs l'air de former une 
couche régulière, sont un peu trop grandes pour cela. Dans ce cas, 
la serpentine serait même plus récente que le calcaire crétacé, mais 
à mon avis, ils appartiennent tous deux au même terrain; en d'au- 
tres endroits de Java, celui-ci ne consiste pas seulement en serpentine 
et calcaire, mais encore en d'autres roches, principalement des quart- 
zites, recouverts en stratification discordante par les grès et le calcaire 
à nummulites éocènes; dans ces dernières roches, il ne se présente 
nulle part de la péridotite, de sorte que l'éruption de cette roche 



La première communication sur les orlntolines, datant du 20 janvier 1891. je l'ai faite 
dans mon mémoire „Voorloopig- bericht over nummulieten, orbitoiden en alveolinen van 
Java, etc." Natuurk. Tijdschr. v. Ned. Indië LI, afl. 2, 1891 (et non 1892, ainsi que le 
cite Martin 1. c. p. 26; l'année complète porte bien la date 1892, mais la livraison 2. la 
date 1891) pp. 101 à 138. Un extrait publié dans le Neues Jahrbuch f. Minéralogie. 1892 
I, S. 65—67, est daté de Buitenzorg-, 29 juin 1891. On trouve cette communication 
dans le mémoire cité en premier lieu, à la note 1, p. 102. Ce mémoire avait déjà paru 
lorsque Martin arriva pour la première fois à Batavia en octobre 1891-, je lui ai montré 
les préparations des pétrifications déterminées par moi comme orbitolines au commence- 
ment d'août 1892, lorsqu'il fut revenu à Batavia de son voyage aux Moluques. 11 est 
donc clair, que Martin n'est pour rien dans la découverte du terrain crétacé à Java. 



50 

n'atteint pas la période tertiaire. D'autre part, je ne tiens pas ici la 
péridotite pour une roche plus ancienne, parce que la couche de 
calcaire crétacé est interposée, à mon avis, en stratification concordante 
entre la serpentine schisteuse. 

Il existe encore un second endroit où du calcaire à orbitolines est 
situé sous la serpentine, notamment au voisinage immédiat du kam- 
pong Watou bëlah, au nord-nord-est du gisement précédent, à la rive 
droite du cours supérieur de la rivière Watou belah, qui est nommée ici 
Karang-tëngah. La roche inférieure visible est ici un calcaire dur et 
cristallin, à veines de calcaire spathique n^. 1 (fig. 58); ce calcaire 
s'étend jusque dans le lit du ruisseau ; la roche sous-jacente n'y est pas 
dénudée; mais elle est, sans aucun doute, de la serpentine schisteuse, 
la seule roche qui apparaît partout aux alentours. Sur ce calcaire 
n°. 1 repose une roche calcaire gris sombre (n°. 2), veinée aussi de 
spath, d'une épaisseur de Va à '/^ m. et à orbitolines nombreuses, qui 
sont surtout bien reconnaissables au microscope, en plaques minces, 
et sont tout à fait semblables à celles de Keboutou douwour. Là- 
dessus se trouve une roche d'un gris verdâtre clair, de '/^ in. d'épais- 
seur, finement schisteuse et friable, consistant en serpentine à nom- 
breuses veines de spath calcaire (n°. 3) ; dans les couches inférieures, 
il y a plus de calcaire que de serpentine, de sorte qu'ici encore le 
calcaire est intercalé dans la serpentine, et tous deux ne peuvent 
appartenir qu'à une seule et même formation; dans cet affleurement 
restreint, la direction et l'inclinaison ne pouvaient être bien mesurées; 
peut-être le calcaire forme-t-il en cet endroit précisément un pli- 
anticlinal. 

L'âge crétacé de la péridotite de Java et de la serpentine schisteuse 
a été révoqué en doute par Martin (Die wichtigsten Daten etc. Bij- 
dragen tôt de taal-, land- en volkenkunde van Nederlandsch-Indië 
1883; et derechef dans: Die Eintheilung der versteinerungsfùhrenden 
Sedimente von Java. Beitràge zur Géologie Ost-Asiens etc. VI, 
1900, p. 244) ; c'est surtout la présence de schistes micacés qui accom- 
pagnent la serpentine, bien que d'une façon tout à fait secondaire, 
qui lui semble contredire cette ancienneté. Mais il ressort de la biblio- 
graphie, que ce fait n'a rien de particulier et qu'on l'a observé aussi 
en dehors de Java. Nous en reparlerons plus amplement ci-dessous. 



Divisions méridionale et orientale de Bornéo. Ici se présentent un 
grand nombre de roches éruptives qui, d'après Tingénieur des mines 
J. A. HoozE (Jaarboek van het mijnwezen in Nederlandsch Oost- 
Indië 1893), se divisent comme suit: 

1. Roches anciennes, qui forment des filons ou des assises interposées 
dans les anciens schistes cristallins et qui, à ce (^u'il me semble, sont 
regardées par lui (1. c. p. 183) comme plus anciennes que les roches de la 
période crétacée, bien qu'on verra plus loin que sa description n'est 
pas en harmonie avec cette interprétation. Ce groupe le plus ancien 
consiste en péridodite et serpentine, gabbro et diorites cristallins ; ces 
dernières roches sont intimement liées aux gabbros. 

2. Roches moyennes, consistant en porphyrites diabasiques et dioriti- 
ques d'âge vieux-crétacé (crétacé inférieur); une grande partie des 
sédiments de la période crétacée consistent en conglomérats, tufs et 
grès de matériaux de porphyrites. 

3. Roches récentes, consistant aussi en porphyrites diabasiques et 
dioritiques, mais qui forment distinctement des filons dans les sédi- 
ments crétacés et qui sont probablement d'âge crétacé récent. Ces 
roches éruptives sont incontestablement plus anciennes que l'éocène, 
car nulle part elles ne forment des filons dans ce terrain (Hooze 
l.c. p. 127). 

Hooze a donné à une partie des porhyrites anciennes le nom de 
diabase (Le. p. 105) et il a fait d'autre part une distinction entre 
porphyrite rouge ou ancienne, et porphyrite récente, grise ou andésiti- 
que (l.c. p. 120). Cependant, d'après lui-même, la distinction entre 
sa diabase (porphyrite diabasique) et la porphyrite jeune est souvent 
difficile (l.c. p. 127). D'après l'ingénieur des mines Retgers, qui a 
examiné au microscope les roches de Hooze (Jaarboek v. h. Mijnwezen 
in Nederlandsch Oost-Indië 1891, Wetenschappelijk Gedeelte), cette 
distinction doit être abandonnée au point de vue pétrographique, car 
ces roches appartiennent à peu près toutes aux porphyrites, notamment 
aux porphyrites diabasiques ou dioritiques, ou bien à des transitions 
entre les deux, que Retgers appelle des porphyrites diabasiques- 
dioritiques. Les porphyrites dioritiques renferment parfois du quartz, 
parfois de la biotite. Des brèches et des tufs se présentent fort sou- 
vent à côté des porphyrites massives (l.c. p. 7). Ce n'est que dans 



5â 

quelques porphyrites diabasiques que l'on a pu montrer des divines 
(l.c. p. 8). 

En ce qui concerne en premier lieu l'âge relatif des 4 roches, 
péridotite, serpentine, gabbro et diorite cristalline, Hooze a rapporté 
en divers endroits des filons de gabbro dans la serpentine ; le gabbro 
serait donc plus jeune. Ce n'est qu'à la p. 104 qu'il dit que parfois, 
bien que fort rarement dans ce terrain, le gabbro forme des transitions 
dans la serpentine; et à la page 110, qu'une roche indiquée sur la 
carte comme gabbro (n". 288, du cours supérieur de la rivière 
Pamaloungan, à proximité de la cime Pamatang Oja), fait partie des 
péridotites. Comme le gabbro et la serpentine se montrent presque 
toujours ensemble, il existe un rapport génésique net entre les deux 
roches, et je serais porté plutôt à songer à des sécrétions feldspa- 
thifères en forme de traînées, dans la roche d'ailleurs privée de 
feldspath. Et j'ai pu constater à diverses reprises qu'ailleurs aussi, 
entre autres dans les Moluques, ces traînées peuvent ressembler fort 
à des filons. 

A Bornéo comme partout ailleurs, la serpentine n'est pas une 
roche spéciale, mais un produit de transformation de diverses péri- 
dotites (Retgers l.c. p. 196). 

Ensuite, la diorite cristalline appartient assurément aux gabbros, 
en ce qui concerne l'âge, car Hooze fait observer lui-même (l.c. p. 98, 
note 2), que dans le même massif rocheux — savoir la montagne 
Kehok-Tambaga — il existe, d'après Retgers, du gabbro à augite, 
de la diorite à augite et de la véritable diorite, parfois quartzifère. 
«Cela rend plus vraisemblable encore que le gabbro et la diorite pas- 
sent l'un dans l'autre». 

A mon idée, il n'y a pas de doute que toutes les roches du 
1er groupe ne forment un seul ensemble géologique, et que dès lors 
elles ne présentent, quant à l'âge, que des écarts très faibles. 

Hooze dit encore (l.c. p. 183): «que la serpentine, accompagnée 
ou non de gabbro et de masses gabbroïdes, formait avant la période 
crétacée un continent avec les schistes plus anciens» ; mais comment 
concilier cela avec l'assertion formulée à la page 101, qu'un filon de 
serpentine se montre dans le gabbro et la diabase (porphyrite), tandis 
qu'à la page 184 les porhyrites diabasiques et dioritiques sont rangées 



53 

dans la période crétacée? Hooze dit notamment p. 101 : «qu'<à500m. 
au sud du signal Labio (feuille V de sa carte geologi(}ue, bord sud) 
on trouve dans le gabbro et la diabase un filon de serpentine, qui 
s'étend au nord du côté oriental du G. Batakkan-Binawar, et qui 
communique avec la serpentine du massif montagneux du Sabat». 

Si nous admettons ces observations comme exactes, il s'ensuit cpie 
la serpentine, ou plutôt la péridotite du sud-est de Bornéo, se montre 
çà et là sous forme de filons dans les anciennes porphyrites crétacées, 
bien que l'on n'ait trouvé ces filons que rarement, et qu'elle est donc 
elle-même d'âge crétacé inférieur, à moins que l'on ne veuille ad- 
mettre dans cette région des péridotites d'un âge très différent, ce 
qui n'est pas fort vraisemblable. Les éruptions y ont continué jusqu'à 
l'époque crétacée récente, et elles ont aussi fourni des porphyrites. 

Côte occidentale de Sumatra. L'âge des péridotites, des gabbros et 
des serpentines de la côte ouest de Sumatra n'est pas connu d'une 
manière précise ; ces roches sont plus récentes que l'cpoque carbonifère 
et plus anciennes que l'éocène ; il n'est pas impossible qu'ici encore 
elles soient crétacées, mais cela n'a pas encore été prouvé. Un argu- 
ment en faveur d'un âge relativement récent est peut-être la grande 
fraîcheur des éléments de quelques gabbros à olivine et de quelques 
picrites, à tel point que même l'olivine ne présente dans ces roches 
qu'un commencement de décomposition. En dehors des résidences 
des hauts pays de Padang (Padangsche Bovenlanden) et Tapanouli 
(Verbeek Topogr. en geol. beschrijving van een gedeelte van Suma- 
tra's Westkust, Batavia 1883. Fennbma Topogr. en geol. beschrijving 
van het Noordelijk gedeelte van Sumatra's Westkust. Jaarboek v. h. 
Mijnwezen 1887, 2de Wetenschappelijk gedeelte), on a trouvé aussi de 
la péridotite, de l'amphibolite et de la serpentine dans l'île de Sipora, 
faisant partie des îles Mentawei, situées à l'ouest de Sumatra; ces 
roches furent recueillies par E. Modigliani et décrites par St. Traverso 
(Atti délia Società Ligustica di Scienze Nat. e Geogr. VI, Fascicolo I, 
Genova 1895). Elles se présentent conjointement avec du grès et du 
quartzite, ainsi que des roches rhyolitiques ; toutefois leur âge ne 
put être déterminé. Les îles Mentawei appartiennent, comme on sait, 
à la série des îles Nias-Engano, qui sont constituées principalement 
par des roches sédimentaires miocènes, 



64 

Comme nous avons affaire très problablement, dans l'Archipel 
Indien, à des péridotites d'âges différents, il importe de jeter aussi un 
coup d'œil sur l'Europe et l'Amérique, pour voir ce qu'on sait là 
de l'âge des péridotites et des serpentines; surtout que les dernières 
recherches ont appris, que beaucoup de ces roches, que l'on tenait 
jadis pour notablement plus anciennes, sont relativement récentes. 
Cela ne veut pas dire naturellement qu'il n'y existerait pas de 
péridotites anciennes; au contraire, en Europe et en Amérique on 
connaît un grand nombre d'endroits, où la péridotite et la hartz- 
bourgite se montrent en présence de gabbro et de serpentine, de 
l'âge élevé desquels personne ne doute. Je rappelle ici seulement les 
assises de serpentine et les formes en filon irrégulier fStockform) de 
cette roche, ainsi que les filons dans le gneiss de l'Autriche, du Tyrol, 
de la Bohême, de la Norvège et de la chaîne de l'Oural, accom- 
pagnés ici de schistes chloriteux et talqueux; puis, dans le schiste 
micacé de l'Ecosse, de la Hongrie et de la Silésie; et encore dans 
la granulite de la Saxe, de la Bohême, de l'Autriche et des Vosges; 
suivant quelques auteurs ces dernières serpentines ont été formées 
entre les époques du trias et du jura. On trouve encore la péridotite, 
la hartzbourgite etc. dans le Montana, dans le gneiss du Colorado, 
en Orégon et en nombre d'autres endroits des Etats-Unis de l'Amé- 
rique du Nord. Les péridotites de Darjeeling et d'autres endroits des 
Indes Britanniques sont probablement triasiques. 

Je fais suivre ici un aperçu succinct des péridotites plus jeunes 
encore, qui paraissent appartenir essentiellement au terrain crétacé, 
en partie même au terrain tertiaire. 

Le mémoire de A. Bittner, M. Neumayr et Fr. Teller «Ueber- 
blick ûber die geologischen Verhâltnisse eines Theiles der Aegaïschen 
Kiistenlânder», Denkschriften der Kais. Akademie der Wissenschaften. 
Math. Naturw. Klasse XL 1880, p. 405 et suivantes, commence par 
parler de la présence de serpentine avec des calcaires crétacés en 
divers endroits de la Grèce, au Tyrol, en Crète, dans l'Asie mineure, 
la Bosnie, l'Herzégovine, la Croatie, la Transylvanie, en Italie et dans 
les Alpes; puis on passe à un aperçu de ces roches dans l'Inde. 
D'a.bord,elles sont situées sur une ligne qui s'étend de la chaîne de 
l'Arakan, en Birmanie occidentale, par les îles Andaman et Nicobar vers 



55 

Sumatra. Les grès et les schistes des couches du Negrais dans la 
chaîne de l'Arakan, qui appartiennent en partie au crétacé, en partie 
à l'éocène, sont pour une part peu modifiés et pour une autre trans- 
formés en schistes argileux durs, silex cornés (Hornstcine) et schistes 
chloriteux verts. (Voir à la p. 47 ce qu'on dit de la roche n°. 85). Dans 
les silex cornés existent de nombreux filons de serpentine (Medltcott 
and Blanford, Manual of the geology of India, Vol. II, p. 713 et 
suivantes). Aux îles Andaman on trouve des couches qui ressem- 
blent fort aux couches du Negrais, également accompagnées de 
serpentine et de gabbro (Medlicott and Blanford, 1. c. II p. 733). 
De même aux Nicobar (Medlicott and Blanford, 1. c. II p. 734 ; 
VON HocHSTETTER, Rcisc der Novara, Geologischer Theil II 1866, 
pp. 83 et 112). Le prolongement des couches crétacées à Sumatra 
est inconnu jusqu'ici. Par contre, comme on l'a vu plus haut, il 
apparaît en nombre de points de cette île et de Sipora (îles Mentawei) 
des péridotites et des serpentines. 

«A l'extrémité méridionale de l'Amérique du Sud, dans la Terre 
de Feu, il se montre des schistes argileux avec filons de pierres vertes 
et des grauwackes, qui ont un caractère très ancien, mais qui appar- 
tiennent néanmoins au crétacé, puisqu'ils contiennent des fossiles de 
cette période. Il semble ne pas y exister de la serpentine» (Darwin, 
Geological Observations on South- America 1851, pp. 151 et 152). 

«A cause de leur grande analogie avec les roches de la Grèce, 
celles de la -«Coast- Range» de la Californie, telles que les décrit 
Whitney (Whitney. Geological of California, Geology Vol. I Parti, 
the Coast-Range. Id. The auriferous gravels of the Sierra Nevada 
of California, Muséum of comp. zoology at Harvard Collège, Cam- 
bridge Vol. VI n". I, 1879), sont très importantes. Cette montagne 
consiste en grès et en schistes du terrain crétacé, qui ont une grande 
analogie avec le macigno ; puis, en schistes cristallins, parmi lesquels 
se montre localement du schiste micacé à grenat {^)j en couches de 
jaspe et en serpentine. Tantôt ces couches crétacées sont normalement 
développées, tantôt elles sont devenues cristallines, mais les transitions 
pétrographiques sont si régulières, qu'une séparation est impossible; 



(1) Voir ci-dessus, p. 50. 



66 

les silex cornés sont des grès modifiés, les serpentines appartiennent 
au même système». 

Ainsi que le font remarquer les auteurs (Bittner etc.), l'apparition 
de schistes cristallins et sub-cristallins en combinaison avec la 
serpentine n'est nullement une exception pour le terrain crétacé; 
c'est même un phénomène assez général. Pour la Grèce en particulier 
il devient probable «que les phyllites mésozoïques se présentent 
principalement là où l'axe orographique de la montagne fait un 
angle considérable avec la direction des couches; que par conséquent 
le changement des couches ne doit pas être attribuée à la serpentine, 
puisque celle-ci se montre précisément souvent dans les roches 
crétacées élastiques normales, •mais à la forte pression qu^ont subi 
ces couches». 

A. Philippson (Reisen und Forschungen in Nord-Griechenland I. 
Zeitschr. d. Gesellschaft fur Erdkunde zu Berlin, XXX 1895. S. 
135 — 226) a décrit le nord de la Grèce (Thessalie et Epire) et princi- 
palement la chaîne de l'Othrys, qui consiste en grande partie en 
roches du terrain crétacé, et notamment en : 1. calcaire crétacé 
inférieur; 2. schistes, silex cornés et grès, avec beaucoup de filons 
et d'assises de serpentine, et aussi du gabbro mais beaucoup moins; 
3. calcaire crétacé supérieur avec rudistes. Là-dessus repose un peu 
de brèche à orbitoïdes, à la limite du calcaire crétacé et du flysch; 
puis, du flysch, du calcaire en plaques éocène, très peu de néogène, 
du quaternaire et de l'alluvium. 

Les silex cornés rouges, parfois verts et noirs, sont considérés 
comme des calcaires silicifiés à leur contact avec la serpentine et les 
gabbros serpent inisés. Dans le terrain de la serpentine, du hornstein 
et du schiste on trouve des calcaires avec des rudistes; ce terrain 
appartient donc au crétacé. En outre Philippson fait observer for- 
mellement (1 c. p. 212), que nulle part en Grèce la serpentine ne se 
présente dans le flysch éocène, et que par conséquent la roche 
éruptive n'est certainement pas plus récente que l'époque crétacée. 
Les diabases, les péridotites etc. qui se présentent sous forme de 
filons dans les couches de ce qu'on nomme le «Franciscan séries» 
de la presqu'île de San Francisco, sont d'âge mésozoïque; mais il 
est encore tant soit peu incertain, s'ils appartiennent à la période 



m 

jurassique on bien à l'époque crétacée. (Andrew C. Lawson, Sketch 
of the geology of the San Francisco Peninsula. United States Geolo- 
gical Survey. XVth Annual Report 1893—94 p. 899—476). 

La Iherzolithe du sud de la France, dans le déj)artement de l'Ariège, 
est post-jurassique (donc tout au plus crétacée) d'après A. La(;roix, 
car cette roche éruptive a métamorphisé non seulement les calcaires 
du jura mais aussi ceux du crétacé inférieur. (A. Lacroix, Sur l'origine 
des brèches calcaires secondaires de l'Ariège. Comptes rendus, tome 181, 
1900, pp. 896 à 898). 

Par contre, les diabases à olivine du Plessur, dans le canton des 
Grisons (Suisse), et les gabbros, la serpentine et les schistes verts 
(ces derniers étant selon 0. Schmidt des roches éruptives basiques, 
transformées par dynamo-métamorphisme) des Grisons du nord, appa- 
raissant dans ce qu'on appelle la «Bûndner-Aufbruchszone», sont 
regardées comme éocènes par A. Bodmer-Beder, à l'exemple de G. 
Steinmann (Neues Jahrb. f. Min. Xllter Beilage-Band, 1898, S. 288 
u. ff.). Suivant une communication par écrit du Prof. Steinmann, 
qui connaît aussi bien les serpentines des Alpes que celles de l'Italie, 
celui-ci ne croit pas, comme certains géologues Italiens, à une différence 
d'âge de ces roches; selon lui, elles ne sont pas plus anciennes que 
le crétacé inférieur ni plus récentes que le tertiaire ancien (oligocène), 
mais une détermination plus précise de l'âge n'a pas encore été 
possible. Un âge crétacé n'est donc pas encore exclu pour ces serpen- 
tines. W. Paulcke (Geologische Beobachtungen im Antirhâtikon. 
Ber. d. naturf. Gesellsch. zu Freiburg i/Br., Band XIV, 1904, pp. 20 à 
22 de la note même) tient les gabbros, les diabases compactes et 
la serpentine de l'Antirhéticon pour tertiaires. 

En dehors de ces serpentines et péridotites jeunes il y en a, d'après 
certains auteurs, aussi de plus anciennes dans les Alpes et en Italie, 
bien qu'elles ne soient pas plus vieilles que le trias. Selon Mazzuoli, 
Issel, de Stefani, Uzielli et d'autres encore, les serpentines et les 
roches connexes à l'ouest de Gènes sont en partie éocènes, en partie 
triasiques, et la limite entre les deux s'étend de Sestri à Voltaggio, 
dans les vallées de la Lemmo, de l'Iso et de la Chiaravagna, cette 
dernière rivière débouchant dans la mer à l'est de Sestri Ponente. 
La première rivière coule dans le flysch ; la dernière, entre des schistes 



58 

talqueux, des quartzites etc. des assises inférieures du terrain triasique 
(Capacci, de Stefani, Daubrée, Issel, Mazzuoli, Szabô, Sterry Hunt, 
Taramelli, Uzielli. Estratto délia conferenza sulle serpentine tenuta 
in Bologna in occasione del II congresso internazionale di Geologia. 
Bollettino della Società Geologica Italiana I p. 14 — 38, Roma 1882. 
Et L. Mazzuoli e A. Issel. Nota sulla zona di coincidenza délie for- 
mazioni ofiolitica eocenica e triassica della Liguria occidentale, con 
carta geologica. Bollettino del R. Comitato Geologico 1884 n°. 1 — 2, 
Roma 1884). Ce contact de deux domaines de serpentine, qui difîèrent 
notablement en ancienneté, est certes excessivement remarquable, on 
dirait même étonnant ('); aussi cette manière de voir n'est-elle pas 
partagée par tous les géologues italiens. Sacco entre autres regarde 
la serpentine des Apennins comme crétacée, ou en tout cas comme 
pré-tertiaire (F. Sacco. Studio geologico dei dintoïni di Voltaggio. 
Atti della R. Accademia délie Scienze di Torino, XXII, Torino 1887). 
Enfin, selon Franchi, il se présente dans les Alpes occidentales 
des serpentines dans plusieurs horizons, du trias inférieur jusqu'au lias 
(S. Franchi. SuU' età mesozoica della zona délie piètre verdi nelle 
Alpi occidentali. Roma 1899). Il règne donc encore de grandes diver- 
gences d'opinion, et le dernier mot n'a pas encore été dit sur l'âge 
des serpentines de l'Italie. 

Si c'est précisément pour les péridotites qu'il règne tant d'incer- 
titude quant à l'âge, il faut l'attribuer, non seulement à leur gisement 
souvent peu distinct, mais encore à ce fait qu'il n'existe pas une 
difîérence permanente, au point de vue pétrographique, entre les 
péridotites d'âges les plus divers. 

Pour les péridotites d'Ambon, j'ai songé aussi à la possibilité d'un 
même âge que celles de Java, savoir crétacé, dans le cas où nous 
aurions affaire à de très jeunes granités. Car on sait que cette roche 
aussi apparaît dans toute espèce de terrain. 

C'est ainsi que le granité qui, en Cornouailles, forme des filons dans 
la serpentine, a pris naissance après la période carbonifère ; le granité 
protogyne des Alpes est plus récent que le lias, et il en est de même 
d'une partie des granités des Pyrénées, où l'on a même observé des 

(1) Y aurait-il ici peut-être une faille? 



69 

filons de granité dans des couches du terrain crétacé. Les granités 
de l'Amérique du sud, entre autres ceux du Cerro Peine dans l'Ar- 
gentine méridionale, recueillis par le Prof. Hauthal, que j'ai été à 
même de voir au musée de Strasbourg, grâce à la bienveillance 
des Proff. Bùcking et Bruhns, et qui ne se distinguent en rien de 
granités beaucoup plus anciens, font partie du terrain crétacé; les 
granités des Hébrides, de Mull et de Skye, et ceux de l'île d'Elbe ( ') 
sont même tertiaires. 

Si donc notre granité d'Ambon était très jeune, tertiaire ou crétacé 
récent, alors la péridotite, qui renferme des filons de ce granité, 
pourrait aussi appartenir encore au terrain crétacé (crétacé moyen 
ou inférieur), et par conséquent elle pourrait être du même âge que 
la péridotite de Java. 

Mais le grès d'Ambon, qui, d'après les fossiles peu nets, appartient 
au permien ou au permo-carbonifère, consiste en majeure partie en 
gravier de ce granité, de sorte que le granité, et par suite aussi la 
péridotite d'Ambon, doivent être plus anciens que ce terrain. Il ne 
reste donc plus qu'à admettre que les péridotites de la partie occiden- 
tale et de la partie orientale de l'Archipel Indien sont d'âges différents. 

Description des roches. 

. Les péridotites sont rarement vert clair; le plus souvent la teinte 
est d'un vert sombre allant presque jusqu'au noir, et elles sont tou- 
jours plus ou moins transformées en serpentine. La masse fondamen- 
tale sombre de ces roches est constituée par de la serpentine, où se 
trouvent dissémines porphyriquement de gros cristaux de diallage 
vert-jaunâtre, et aussi d'une bronzite jaune ou couleur de bronze. 
Dans les échantillons on n'observe pas d'olivine. La couleur sombre 
passe parfois au brun par la présence d'oxyde de fer hydraté; dans 
les fissures de la roche, on trouve souvent une substance blanc-ver- 
dâtre serpentineuse ou stéatiteuse. 



(1) K. Dalmer. Die g-eologischen Verhaltnisse der Insel Elba, Zeitschr, f. Naturwissen- 
schaften LVIl 188é. 

B. LoTTi. Descrizione g-eolog-ica dell' isola d'Elba, Roma 1886. 

B. LoTTi. Sulle apofisi délia massa granitica del Monte Capanne nelle roccie sedimentarie 
eoceniche presso Fetovaia nell' isola d'Elba. Boll. del R. Com. g-eol. Roma 189é nO. 1. 



60 

Au microscope, on voit que toutes les roches sont des roches à 
olivine et à pyroxène, dont Folivine est le plus souvent décomposée 
en majeure partie, le pyroxène d'ordinaire partiellement. L'olivine 
fournit immédiatement de la serpentine; le pyroxène, qui est en 
partie de la diallage monoclinique, en partie de la bronzite rhombique 
ou enstatite, souvent mélangées, passe aussi à la serpentine, par- 
fois mêlée à plus ou moins de chlorite; mais de plus elle fournit 
assez souvent une substance amphibolique vert clair, en individus 
ténus et étroits que l'on doit rattacher à l'actinolite. D'après moi, la 
hornblende est ici toujours de l'ouralite, donc issue secondairement 
du pyroxène, tandis que nulle part dans les péridotites je n'ai ren- 
contré de la hornblende primitive. Ces roches, je ne les appellerai 
des serpentines que lorsque leurs éléments ont été décomposés en 
serpentine totalement ou à peu près; je les nommerai au contraire 
des péridotites, quand le pyroxène seul, ou le pyroxène et l'olivine 
ensemble, sont restés inaltérés en quantité notable. Les péridotites 
de Leitimor, pour autant qu'elles ont été examinées, sont toutes sans 
feldspath; les roches gabbroïdes y sont inconnues. On verra plus 
loin que tel n'est pas le cas pour Hitou. 

Sont originaires du massif du Horiel: 

N°. 75. Enlevé à l'ouest de la cime, sur la ligne de faîte, à proxi- 
mité de la limite du granité, à 525 m. d'altitude. En échantillons, 
c'est une roche vert-grisâtre terne, à pyroxènes vert-jaunâtre. Au 
microscope, on voit que la masse fondamentale consiste en serpentine, 
provenant d'olivine qui n'existe plus nulle part à l'état frais. La 
serpentine est en partie vert clair, en partie incolore et elle polarise 
vivement; les bâtonnets et les fibres sont entremêlés dans toutes les 
directions; la masse est traversée de veines fines, formées aussi de 
serpentine claire (chrysotile). On y voit encore des grains transparents, 
brun sombre, de picotite, lesquels sont restés inaltérés lors de la 
décomposition de l'olivine. Les gros cristaux consistent exclusivement 
en pyroxènes finement fibreux et en d'autres ayant l'apparence de 
grains poussiéreux bruns, à extinction droite, qui appartiennent ou 
ont appartenu à la bronzite, et qui probablement ont déjà été dé- 
composés en bastite. Les inclusions pulvérulentes sont en partie des 
bâtonnets bruns ou noirs, excessivement petits ; mais pour une autre 



61 

partie on dirait, à un fort grossissement, des bulles d'air. Un minerai 
noir et spongieux est répandu partout. Péridotite. 

Nos. 34 et 36. Labouhan Ihouresi (baie de Houkourila), tandjoung 
Haour. 

N". 36. Idem idem. Petites veines dans le no. 34. 

N". 38. Idem idem. Bloc roulé au côté sud de la baie, un peu au 
nord de tandjoung Haour. 

Nos. 34, 36 et 38. Sont en échantillons tout-à-fait identiques, vert 
sombre, ternes, avec pyroxènes brillants vert-jaunâtre. La roche est 
traversée par des veines de calcédoine très fines, et le n*^. 34 renferme 
aussi des veines plus grosses, de 1 à 2 cm. d'épaisseur (n°. 35), 
d'un blanc jaunâtre, et qui consistent en calcédoine, spath calcaire 
et un minéral tendre du groupe des serpentines, de teinte vert-clair. Au 
microscope, ils donnent aussi tout-à-fait la même image; on y trouve 
encore beaucoup d'olivine fraîche, avec inclusions de grains bruns 
de picotite, qui polarisent vivement dans le réseau de serpentine. Le 
pyroxène y est aussi partiellement rhombique et partiellement trouble, 
décomposé en fines fibres de bastite. Mais à côté de lui se présente 
du pyroxène monoclinique, d'un vert très clair, une diallage qui est 
souvent aussi finement fibreuse et qui a de grands angles d'extinction, 
allant jusqu'à 43°. Cette diallage est parfois décomposée en un agrégat 
de fibres et de bâtonnets d'un vert excessivement clair, qui appar- 
tiennent à l'actinolite (hornblende). Quelques pyroxènes à stries fines 
consistent en un entrelacement de bronzite et de diallage. La bronzite 
présente une extinction droite; entre niçois croisés on voit alors, 
dans la bronzite rendue obscure, de minces lamelles claires de 
diallage, qui ont pour la plupart un grand angle d'extinction. 
Ensuite, il y a de la calcédoine en cordons limpides et en masses 
troubles d'un blanc jaunâtre. Péridotite. 

N°. 80. Recueilli au sud-est du G. Horiel, à proximité de la plage, 
Va km. à l'est du cap Nouar. Cette péridotite vert-jaunâtre contient 
des veines ou des sécrétions en. forme de filons (n". 81), qui con- 
sistent uniquement en individus de diallage de dimensions extra- 
ordinaires; ils atteignent jusqu'à 50 mm. de longueur. Le n**. 80 
montre, au microscope, beaucoup d'olivine fraîche, de la bronzite 
et de la diallage, enchevêtrées parfois en lamelles fines, de la picotite, 



62 

du minerai noir et de la serpentine; il ressemble beaucoup aux 
nos. 34, 36 et 38. Péridotite, 

No. 83. Côté est du G. Horiel, sur la route de Routoung à Ambon, 
entre les petites cimes gréseuses de 314 et 303 m. d'altitude. Une 
serpentine sombre, avec beaucoup de pyroxènes blancs et troubles 
par décomposition. Au microscope, une masse serpentineuse vert- 
jaunâtre, assez complète, polarisant en fibres, avec beaucoup de 
minerai spongieux noir et de la picotite brune. Les cristaux de 
bronzite ou de diallage sont encore reconnaissables par les contours, 
mais la substance est décomposée en prismes fins, d'un vert très 
clair, qui appartiennent à l'actinolite. Serpentine. 

N". 85. Roche tendre, gris-verdâtre, affleurant dans la petite rivière 
Jouwa, sur la route d'Ambon à Routoung, immédiatement en amont 
du gué. La roche s'est fendue en gros blocs polyédriques, ne s'est 
pas déposée en couches et confine à la serpentine. Au microscope, 
un agrégat excessivement ténu de fibres de chlorite passant du vert 
très clair à l'état incolore, qui polarisent en teintes bleu sombre. 
Avec cela, de petits grains transparents, bruns et jaunes, et des 
cristaux d'un minéral de titane fortement réfringent, principalement 
de l'anatase, car il se présente en sections et en formes quadratiques 
et octaédriques pointues, tandis que les mâcles géniculées bien 
connues du rutile font totalement défaut; puis, des grains d'un 
minerai noir, d'où partent des taches jaunes d'hydroxy de de fer, 
qui colorent en jaune les fibres voisines de chlorite. Ces grains noirs, 
opaques, appartiennent en grande partie à la magnétite; une petite 
partie probablement à la chromite. La roche doit être considérée 
comme une péridotite ou serpentine décomposée en chlorite, peut- 
être avec un état intermédiaire d'amphibolitisation, ainsi qu'on 
l'observe dans les roches qui seront décrites en détail ci-après, 
nos. 59a, 59h et 59c. 

D'après l'analyse du Prof. Vermaes de Delft, la roche chloriteuse 
contient: Si 02 = 26.57 pet., Ti 02 = 1.51 pet. H* = 10.34 pet.; un 
autre échantillon renfermait, selon le Dr. Beijerinck, après dessicca- 
tion à IIO** C. : Si 02 = 27.00 pet. Le minéral chloriteux appartient donc 
à la variété appelée prochlorite par Dana, qui présente le plus souvent 
une teneur en acide silicique de 25 à 27 pet., et en eau de 10 à 12 pet. 



63 

N". 86a. Roche verte, tendre, riche en muscovite, affleurant dans 
la petite rivière Jouwa, mais en aval du gué, donc un peu plus bas 
que le n». 85. Cette roche est trop friable pour être polie. Les éléments 
fondamentaux en sont la muscovite, des fibres de serpentine et de 
l'hydroxyde de fer. Roche à muscovite et à serpentine. Confine aussi à 
la serpentine et paraît appartenir, comme le n». 85, à la croûte fort 
altérée de la péridotite. 

Nos. 206 et 207. Provenant de gros blocs du versant nord du 
G. Horiel, dans les rivières Alaiir ketjil et Ihar. Le n°. 206 est vert- 
grisâtre et renferme un très grand nombre de pyroxènes de teinte 
bronzée, le n". 207 est presque noir, et contient aussi des bronzites. 
Au microscope, la roche n". 206 présente une masse serpentineuse 
avec beaucoup de restants d'olivine inaltérés, de la diallage et de la 
bronzite, du minerai de fer et de la picotite. Péridotite. Le n°. 207 
est de la serpentine, avec du minerai de fer et de la picotite. Seuls 
quelques restants de bronzite s'y montrent encore. Serpentine. 

N«. 87. Pris au versant nord du G. Horiel, sur la route de Routoung 
à Ambon, à 200 m. d'altitude environ. En échantillons, il est pres- 
que noir. Au microscope, c'est une masse serpentineuse avec un peu 
de restants d'olivine et de bronzite ; ce dernier minéral est décomposé 
à son tour en bâtonnets d'actinolite, très fins et d'un vert excessive- 
ment clair. Serpentine. 

Au massif du Gounoung Nona appartiennent: 

W. 107. Gros blocs incohérents du rivage près du cap Kajoubesi, 
au pied occidental du G. Nona. Roche sombre, noir-verdâtre. Au 
microscope, des restants d'olivine, de bronzite et de diallage dans 
une masse abondante de serpentine, avec du minerai noir, spongieux. 
Péridotite. 

Nos. 6 et 62. De la base nord-ouest du G. Nona. Affleurant dans 
la rivière Tihamètèn, sur la route d'Ambon à Amahousou; sont 
recouverts de calcaire corallien. Roches vert-sombre, avec beaucoup 
de cristaux de bronzite et des veines de calcédoine. Au microscope, 
des serpentines, avec relativement peu de restants de diallage et de 
bronzite inaltérés. 

N°. 49. Du versant nord du G. Nona ; gros blocs dans la rivière Eoung, 
sur la route d'Ambon au G. Nona, près du passage de la rivière, 



64 

un peu en amont du granité. Roche brune, caverneuse, avec beaucoup 
de calcaire spathique. Au microscope elle paraît renfermer beaucoup 
d'olivine et de bronzite, mais relativement peu de serpentine. Peu 
de diallage. Peridotite. 

Nos. 40, 41 et 41a. De la base nord-nord-est du massif du Nona; 
le n". 40 affleure dans la vallée de la rivière Batou gantoung, et le 
n°. 41 également, un peu plus en amont, près de l'endroit appelé 
Batou Sëmbajang. Dans le mémoire n '. 36 (Im australischen Busch etc.), 
Semon donne de cet endroit une représentation sous le nom de «Batou 
gantoung». Il m'a été signalé sous le nom de «Batou Sëmbajang» 
(pierre où l'on prie, «oratoire»). En aval se trouve de la peridotite, 
et là-dessus, du calcaire corallien avec des stalactites de la forme 
d'un dais. Cet endroit est indiqué sur la feuille 5 de la carte II. 
C'est dans cette direction le point le plus éloigné où se montre la 
peridotite du Nona; de l'autre côté de la rivière Batou gantoung, le 
tout est recouvert par des matériaux quaternaires, et dans la vallée 
de la rivière Batou-gadjah la peridotite n'apparaît plus à la surface. 

N". 40. Une roche à olivine et à pyroxène, à grain fin et vert 
sombre. Elle renferme au microscope beaucoup d'olivine fraîche, de 
la bronzite pulvérulente brune, de l'enstatite de teinte très claire, 
dont les fibres ou baguejbtes sont tout à fait recourbées, de la serpen- 
tine, du minerai de fer et de la picotite. Peridotite. N°. 41. Aussi 
une roche à olivine et à pyroxène, d'un grain fin et d'une teinte 
vert grisâtre sombre. Au microscope, elle est encore très fraîche, 
avec beaucoup d'olivine et d'augite ou diallage de teinte claire, à 
côté de bronzite. Puis, les éléments ordinaires, serpentine, minerai et 
picotite. Peridotite. Le n°. 41a est un minéral de serpentine blanc- 
verdâtre, assez tendre, qui se présente dans les fissures de la peridotite 
n". 41. Il est fibreux, a une structure ligneuse et rappelle l'asbeste; 
cependant ce dernier minéral a des fibres plus soyeuses. 

W\ 53. Receuilli près du hameau Siwang, au versant oriental du 
G. Nona. C'est une roche serpentineuse gris-brun. Au microscope, 
on voit l'olivine totalement transformée en serpentine, laquelle est 
colorée en brun par l'hydroxyde de fer. Ensuite, des pyroxènes vert- 
clair, nettement monocliniques, qui appartiennent à la diallage ; de la 
serpentine, une très grande quantité de spath calcaire, du minerai 



66 

de fer et de l'hydroxyde de fer. Peridotite fortement serpentinisée. 
Dans cette roche, il se présente de petites veines de 1 cm. et de plus 
fines encore (n°. 54), de teinte vert-blanchâtre, consistant en calcédoine, 
spath calcaire et un minéral tendre, non encore complètement déter- 
miné, du groupe de la serpentine. C'est la même roche que le n°. 35, 
qui se présente également en filons. 

No. 186. On peut suivre la serpentine à l'est de Siwang, le long 
de la ligne de partage des eaux, jusque près du granité. Alors 
apparaissent des matériaux quaternaires, dans lesquels se dressent 
les monts calcaires Eri haou et Nanahou. Les matériaux quaternaires 
au nord de l'Eri haou contiennent beaucoup de hlocs de serpentine 
vert-grisâtre, dont provient le n*". 186. Au microscope, on peut voir 
encore des restants de bronzite. Serpentine. 

Nos. 52 et 55. Originaires des versants sud-est et sud du G. Nona, 
sur le sentier de Siwang à Seri; le n». 52 a été recueilli en bas de 
la petite cime «à panorama- (feuille 5 de la carte II), d'où l'on 
jouit d'une vue magnifique sur la côte sud de Leitimor et sur la mer. 
Ce point de vue est à 371 m, d'altitude, dans des matériaux quater- 
naires meubles, sous lesquels apparaît toutefois, déjà à 350 m., de la 
serpentine sombre (n°. 52) avec cristaux de bronzite. Le n". 55 a été 
recueilli plus près de Seri, à 200 m. d'altitude environ. C'est une 
serpentine tendre, gris clair, fortement désagrégée. 

Enfin, le n". 58 est une peridotite vert sombre du cap Seri, à 
la côte du sud, donc du pied méridional du G. Nona. La roche 
confine au granité, contient des filons de granité (nos. 60 et 61) et 
au contact de ceux-ci elle est changée en une roche dure, à grain 
fin (n°. 59). La roche n". 58 montre au microscope une masse de 
serpentine avec beaucoup de minerai de fer spongieux, dans laquelle 
il y a encore assez bien de restants inaltérés d'olivine et de diallage. 
Peridotite. 

Nos. 59a, b, c. Peridotite du cap Seri, modifiée au contact du 
granité. Là où les filons de granité ont pénétré dans la peridotite, la 
roche est le plus dure (n". 59a); en d'autres points, un peu plus 
loin du granité, la roche de contact est moins dure, par suite d'une 
transformation partielle (n". 596); si cette décomposition est allée 
plus loin, la roche de contact est devenue tendre (n*^. 59c). 

5 



66 

N". 59a. En échantillons, une roche passant du grain fin à la 
structure compacte, dure, gris-brunâtre clair, ressemblant à certaines 
cornéennes; les éléments ne sont pas visibles à l'œil nu. Au micros- 
cope, elle consiste à peu près exclusivement en plagioclase frais et 
en hornblende brun clair formant un mélange microcristallin Les 
plagioclases présentent de grands angles d'extinction, dépassant par- 
fois 20^ ; même on a pu mesurer 86° de part et d'autre de la ligne 
de suture, ce qui indique pour certains individus de l'anorthite et 
pour la plupart au moins un feldspath très basique. En coupe, ces 
plagioclases se présentent le plus souvent comme de petits rectangles 
courts, parfois aussi sous des formes tabulaires larges d'une grande 
pureté; comme inclusions, on voit de nombreuses particules de 
hornblende en petits grains cristallins courts et aussi en bâtonnets 
longs et étroits, de petits grains sombres de minerai, quelques inclu- 
sions vitreuses avec bulle fixe adhérente, et de nombreuses inclusions 
liquides, très petites, la plupart de teinte brune et à libelle mobile, 
qui ne peuvent être observées distinctement qu'à un fort grossissement. 
La hornblende se présente en sections transversales bien délimitées, 
avec des angles de 124° ; les sections longitudinales sont bacillaires 
et courtes, mais irrégulièrement limitées aux extrémités; assez sou- 
vent elles s'y terminent en un grand nombre de petits prismes vert- 
clair ou bien en fibres. Les sections de la zone P : oo P dô ont 
naturellement une extinction droite, tandis que celles qui sont paral- 
lèles au plan de symétrie présentent des angles d'extinction de 17° 
à 20°, même jusqu'à 21°. La teinte est un brun très clair; le pléo- 
chroïsme est entre le brun très clair et le vert très clair. Comme inclu- 
sions, uniquement des grains de minerai. Outre de grandes lamelles 
cristallines, la hornblende se montre aussi sous forme de petits 
bâtonnets et de fibres disséminés partout, de sorte que les plaques 
ont l'apparence d'être couvertes de paille hachée. Cà et là cette horn- 
blende brun clair est -pénétrée de -petiies plaques debiotitehrun sombre, 
un minéral qui ressemble fort à de la hornblende, mais qui a d'abord 
une teinte plus foncée, et qui en outre, dans la position horizontale 
des plaques, reste noire lorsqu'on le tourne entre niçois croisés, ce 
que ne fait pas la hornblende. L'absorption des sections transversales 
est d'ailleurs plus forte. Quelques plaques ne renferment absolument 



pas de mica. Enfin, il y a du minerai de fer titane, et, comme pro- 
duit de décomposition, beaucoup de titanite rouge, qui traverse même 
la roche sous forme de cordons. Dans les fissures de la roche, la 
chlorite est aussi un produit secondaire, provenant de la hornblende. 
Nous avons donc affaire ici à un produit riche en feldspath, ayant 
pris naissance par l'action du granité sur une roche privée de feld- 
spath. On sait déjà que d'autres roches augitifères peuvent, par l'action 
du granité, fournir des roches hornblendifères ; tel est notamment 
le cas pour la diabase (K. A. Lossen, Erlâuterungen zu Blatt Harz- 
gerode, p. 80; R. Beck, Ueber Amphibolitisirung vonDiabasgesteinen 
im Contactbereich von Graniten. Zeitschr. d. d. geol. Gesellschaft 
XLIIT 1891, S. 257; 0. H. Erdmansdôrffer, Die devonischen Erup- 
tivgesteine und Tuffe bei Harzburg und ihre Umwandlung im Kon- 
takthof des Brockenmassifs. Jahrb. d. preuss. geol. Landesanstalt fur 
1904, Band XXV). Un tel produit de contact de péridotite n'a pas 
encore, je pense, été décrit jusqu'à ce jour. 11 renferme environ 50^ Iq 
de Si 0^ (voir plus loin). Roche de contact à plagioclase et à hornblende. 

No. 59b. Encore un produit de contact, mais un peu plus éloigné 
du granité, décomposé déjà en certains points, et par là moins dur 
que le n''. 59a; en échantillons, il est d'ailleurs identique à cette 
roche. Au microscope, on voit qu'il se compose aussi des mêmes 
éléments: plagioclase, hornblende brun clair, ilménite et titanite. Ce 
qui est fort remarquable, c'est un commencement de transformation 
en une roche chloriteuse, qui paraît commencer dans les fissures de 
la roche, de sorte que les parties décomposées traversent la roche 
sous forme de cordons. La matière de la hornblende y a notamment 
disparu et elle est transformée en une chlorite vert clair, parfois 
bleuâtre clair. Dans le voisinage de ces parties chloriteuses, la horn- 
blende fraîche qui y existe encore a pris la forme de fibres ténues: 
et les particules de plagioclase et de titanite encore inaltérées, on 
les voit distribuées comme de petites îles au milieu de la masse de 
chlorite. Roche de contact à plagioclase et hornblende, transformée par- 
tiellement en chlorite. 

N°. 59c. Appartient aussi aux roches de contact, mais la décompo- 
sition par les agents atmosphériques a été beaucoup plus profonde 
que pour le w°. 596. En échantillons, roche vert sombre et si tendre 



68 

qu'on peut la tailler au couteau. Au microscope, roche chloriteuse 
presque pure, avec un peu de titanite seulement et encore moins de 
feldspath. Les fibres de chlorite sont vert clair et forment souvent 
des sphérolithes; le plus souvent elles sont groupées irrégulièrement. 
La matière hornblendique n'y existe plus. Nous avons ici la même 
transformation qu'au n°. 506, mais beaucoup plus avancée. En outre, 
la roche primitive n°. 59c aura renfermé probablement moins de 
feldspath que le n°. 596. Roche de contact^ transformée en chlorite. 

Appendice au n°. 59 (N°. 71). 

Je fais suivre ici la description d'une roche qui présente beaucoup 
d'analogie avec le n". 59 et qui est probablement aussi une péridotite 
modifiée par un métamorphisme de contact. Toutefois, elle a été 
trouvée uniquement en blocs incohérents dans du terrain quaternaire, 
et non comme une roche massive. 

No. 71. Bloc séparé fort dur, dans un terrain quaternaire roulé de 
serpentine, au-dessus de la Labouhan (baie) Awahang, dans le sentier 
qui conduit de cette baie vers Malaman, à 190 m. d'altitude environ. 
En échantillons, cette roche est gris-brunâtre, très dure et très com- 
pacte, ressemblant à un quartzite fin ou à une cornéenne. Au micros- 
cope, c'est un mélange cristallin à grains fins de plagioclase et de 
la même hornblende brun clair que le n°. 59. Par suite de la position 
parallèle des longs axes des prismes de hornblende, la roche est plus 
ou moins schisteuse. Ensuite, de l'ilménite et de la titanite. Les 
plagioclases sont à stries fines et se montrent le plus souvent en 
grains cristallins ou en lamelles, très courts, disposés tout à fait 
sans ordre, et non en longs rectangles; ces cristaux présentent sou- 
vent de très grands angles d'extinction. C'est donc bien la même 
roche que le n°. 59a, bien que la texture soit un peu différente. 
Roche à plagioclase et à hornblende. (Contact?) La teneur en Si O* de 
cette roche s'élève, d'après la détermination du Prof. Vermaes, à 
46.42 pet.; celle d'un autre échantillon est, d'après la détermination 
du Dr. F. Beijerinck, de 45.24 pet., après dessiccation à 110° C, 
donc un peu inférieure à celle du n°. 59a. 

N°. 187. C'est la roche du mont Loring ouwang, qui se dresse en- 
tièrement isolé dans le granité, à l'est de Kousou kousou sereh et 
de Malaman. Le plus haut point de la péridotite est à 384 m. d'al- 



titude; plus à l'est se trouve le point le plus élevé de toute la mon- 
tagne, déjà sur le granité, à 401 m. d'altitude. En échantillons, c'est 
une roche presque noire, avec diallage vert-jaunâtre et des taches 
brunes d'hydroxyde de fer. Au microscope, beaucoup de serpentine 
avec du minerai de fer noir et de l'hydroxyde de fer. Quelques restants 
d'olivine et encore assez bien de diallage inaltérée. Peridotite. 

N°. 184. Roche de serpentine vert-grisâtre de l'Eri samau, la mon- 
tagne qui se dresse au sud du Loring ouwang, et aussi totalement 
isolée dans le granité. Au versant méridional de cette montagne on 
trouve trois terrasses quaternaires, sur lesquelles se sont amoncelés 
des matériaux meubles. Au plus haut point de cette montagne (205 m.), 
on trouve un grand nombre de fragments incohérents de granité. 
Cette partie supérieure, plate, de la montagne est une quatrième 
terrasse quaternaire, dont ces blocs de granité forment le restant 
(voir fig. 15, annexe III). Au microscope, assez bien de restes 
d'olivine, de diallage et de bronzite dans une masse serpentineuse. 
Peridotite. 

N^ 180. Roche serpentineuse vert-grisâtre du Tandjoung Hati ari. 
à la côte du sud, recueillie près du point où la mer a creusé deux 
grottes dans la peridotite (voir fig. 14, annexe III). Au microscope, 
une assez grande quantité d'olivine, de bronzite et de diallage in- 
altérées, les deux dernières de nouveau enchevêtrées, dans de la 
serpentine. Peridotite. 

N". 7. Roche à grain fin, vert-grisâtre, avec des séparations por- 
phyriques de diallages de la même couleur. Enlevée au Tandjoung 
Batou kapal, à la côte nord de Leitimor, à proximité de la pointe 
occidentale. Là-dessus se trouvent des matériaux roulés et du calcaire 
tendre arénacé. Au microscope, une peridotite commune, avec des 
restes d'olivine et de grandes diallages et bronzites. Peridotite. 

Cette roche devant être considérée comme la peridotite normale, 
qui se présente le plus fréquemment, il en a été fait une analyse 
chimique; la densité relativement faible indique cependant ici aussi 
une serpentinisation assez avancée. Cette analyse a été faite, sous la 
direction bienveillante du Prof. Cl. Winkler, au laboratoire de 
l'Académie des mines à Freiberg, en Saxe, par M. Iwan Balbareff de 
Tatar-Baurtsçhi en Bessarabie, 



70 



Densité = 2.765. 

Acide silicique = 40.35 

Acide phosphorique = 0.04 

Oxyde d'aluminium := 4.21 

Fer oxydulé z= 7.93 

Oxyde de calcium = 3.08 

Oxyde de magnésium = 35.98 

Fer chromé = 0.13 

Eau =: 7.71 

Potasse 



= Traces 

Soude ) 

Total = 99.43 

Il résulte de la description qui précède, que les péridotites de 
Leitimor appartiennent toutes aux roches à olivine et à pyroxène, 
en partie à de la diallage monoclinique, en partie à du pyroxène 
rhombique, mais le plus souvent aux deux pyroxènes à la fois, en 
quantités variables. Comme nous avons affaire ici évidemment à un seul 
corps géologique, il est naturellement à recommander de réunir toutes 
ces roches sous un seul nom collectif, péridotite, et de ne pas en détacher 
quelques-unes sous les noms de Iherzolithe, harzbourgite, etc. 

Les Proff. S. J. Vermaes de Delft et Dr. O. Brunck de Freiberg 
en Saxe ont eu l'obligeance d'analyser deux échantillons de la roche 
de contact n". 59a, qui a pris naissance par l'action du granité sur 
la péridotite de Tandjoung Seri. 

N". 59a (Delft). N». 59a (Freiberg). 
SiO^ = 50.85 49.78 

TiO^ = 0.24 — 

A1»0^ = 18.00 17.96 

Fe^O^ = 0.60 0.00 

FeO = 6.95 7.21 

CaO = 9.90 9.03 

MgO = 8.81 10.00 . 

K^O = 0.90 1.Q5 

Na^ O = 4.31 . 2.66 • . 

Perte par calcination z= 1.32 1.62 

Mn = traces — 

Total = 101.88 99.31 



71 

Si l'on compare cette composition avec celle de la péridotite nor- 
male n®. 7, on voit que par l'action du granité la péridotite a éprouvé 
une modification complète, tant au point de vue chimique que sous 
le rapport minéralogique. Lé produit de contact contient plus de 
silice, d'alumine, de chaux et d'alcalis, et moins de magnésie que la 
péridotite. La composition se rapproche de très près de celle de 
quelques diabases, mélaphyres et basaltes. 

II. Diabase. 

Alors qu'à Hitou la diabase vient au jour en plusieurs points, 
Taffleurement de cette roche est bien moins fréquent à Leitimor, ce 
qui doit être attribué aux roches plus récentes qui la recouvrent; 
de sorte que la diabase apparaît seulement en ces points-là où les 
roches sus-jacentes ont été enlevées par érosion. On n'en connaît 
l'affleurement qu'en deux points de Leitimor. 

Nos. 204 et 204a. De Halong et Këlapa douwa, à la baie Intérieure, 
des sentiers mènent vers l'Api angous, une montagne de grès de 
309 m. d'altitude ; et d'ici on descend en pente rapide dans une 
direction est-nord-est vers un affluent supérieur de la rivière Jori, 
la Wsii Warsia. En cet endroit, appelé Amakirouang, nous avons 
construit un refuge de nuit pendant nos opérations de relèvement. 
Dans la vallée de cette rivière, en aval (à l'est) du gué, on peut 
voir affleurer de la diabase; à côté on voit des fragments roulés de 
grès et de péridotite. Aux versants de la vallée, la diabase est bientôt 
recouverte par du grès, et c'est évidemment par l'érosion de ce grès 
qu'elle est devenue visible, de sorte que la diabase est la roche la 
plus ancienne. En échantillons, cette diabase (nos. 204 et 204a) est 
gris-verdâtre terne et d'un grain très fin, de sorte qu'à la loupe on 
ne peut voir que des feldspaths blancs. Au microscope, le n''. 204 
est un mélange microcristallin de plagioclase trouble, en cristaux 
longs et étroits, entre lesquels sont enclavés les autres éléments 
(texture ophitique); du quartz à inclusions liquides, en partie en 
cristaux avec des contours hexagonaux nets, donc primaires sans 
aucun doute, mais aussi en grains provenant en grande partie 
d'augite; de l'augite brun clair, presque sans pléochroïsme, et 



72 

en majeure partie transformée en chlorite, en quartz et en calcaire 
spathique; du rainerai de fer titane et de la titanite. Diabase ou 
diabase quartzifère. 

N°. 202. On s'aperçoit que la même roche doit encore être cachée 
sous le grès plus au nord, aux nombreux fragments roulés dans le 
cours supérieur de la rivière Rikan, qui prend sa source à l'Api 
angous et a son embouchure près de Lateri. Toutefois on n'a pas 
trouvé d'affleurements de la roche en cet endroit. La diabase (n°. 202) 
est en échantillons tout à fait identique à la roche précédente, 
seulement elle est d'un vert grisâtre un peu plus clair. Au microscope, 
elle donne assez bien la même image; seulement on y aperçoit moins 
de restants d'augite inaltérée; la majeure partie est décomposée en 
chlorite et calcaire spathique. Ensuite, des plagioclases longs, étroits 
et ternes, du quartz, de l'ilménite avec leucoxène, et de la titanite. 
Diabase ou diabase quartzifères. 

N**. 195. Le deuxième endroit, où la diabase existe à l'état de roche 
ferme à Leitimor, est situé au nord de Houtoumouri, sur le sentier 
qui mène à Halérou, dans la vallée de la rivière Sermeti, qui se jette 
dans la mer, sous le nom d'Ajer besar, à l'est de Houtoumouri. 
Ici la diabase n'est pas immédiatement recouverte par le grès, bien 
que celui-ci affleure dans le voisinage, mais par des matériaux 
quaternaires meubles. La roche (n**. 195) est en échantillons vert- 
grisâtre terne et finement grenue; à la loupe, on peut voir des 
feldspaths blancs et des particules vert sombre. Au microscope, on 
voit que la roche est profondément décomposée. Du quartz en grains 
irrégulièrement délimités, à inclusions liquides ; du plagioclase trouble ; 
de l'augite, totalement transformée en chlorite et calcaire spathique ; 
de l'ilménite lessivée et devenue spongieuse, en majeure partie 
transformée en leucoxène blanc-jaunâtre. Diabase ou diabase quartzifère. 

N". 100. Bloc roulé terne, vert-grisâtre, d'un grain fin et très dur, 
d'un terrain quaternaire meuble, sur le sentier de Latou halat à 
Silali, dans la partie occidentale de Leitimor, En échantillons, la 
roche ressemble parfaitement au n". 204 de la Waï Warsia, mais 
elle n'a pas été trouvée comme roche massive. Au microscope, un 
mélange cristallin de plagioclase et de hornblende vert clair. Les 
plagioclases, en rectangles courts, sont encore très frais, et présentent 



73 

de grands angles d'extinction, qui indiquent une espèce de feldspath 
très basique. La hornblende n'est primaire nulle part, mais elle doit 
être interprêtée, vu sa structure en tiges et fibres, comme de 
l'ouralite issue d'augite. Il n'existe plus de matière augitique inaltérée. 
Quelques cristaux très volumineux, qui ont été probablement d'abord 
de l'augite, consistent maintenant sur les bords en ouralite, qui 
présente un commencement de transformation en chlorite; le centre 
est changé en calcaire spathique trouble, dans lequel sont enfermés 
des grains cristallins d'un vert très clair qui appartiennent à l'épidote, 
sauf ceux à extinction droite, qui sont probablement de la zoïsite. 
Les bâtonnets d'ouralite, qui descendent à des dimensions très faibles, 
sont d'un vert jaunâtre clair qui passe au brun clair; aux extrémités 
et sur les bords, ils sont parfois d'un vert plus sombre qu'au centre, 
probablement par un commencement de chloritisation. Puis, du 
minerai spongieux, cà et là avec du leucoxène. Comme produits 
secondaires, du calcaire spathique et un peu de chlorite. C'est un^ 
diabase, dans laquelle l'augite est transformée en ouralite; donc, 
une épidiabase. 

N''. 63. Bloc détaché sur de la serpentine, entre Ambon et Amahousou, 
près de la petite rivière Tihamètèn. Il provient probablement de maté- 
riaux quaternaires qui recouvrent çà et là la serpentine. Nulle part 
on n'a trouvé de diabase massive dans les alentours. En échantillons, 
c'est de nouveau une roche à grain fin, vert-grisâtre, ressemblant 
aux diabases décrites ci-dessus. Au microscope, un mélange finement 
cristallin de plagioclase et d'ouralite, issue d'augite. Ici encore, la 
matière augitique inaltérée n'existe plus nulle part, pas plus que 
dans le n°. 100. Puis, de l'ilraénite, avec du leucoxène et de petites 
titanites. Peu de chorite et de calcaire spathique. La roche appartient, 
comme la précédente, aux épidiabases. 

III. Roches granitiques. 

Les roches de ce groupe consistent principalement en granitites, 
en partie aussi en porphyres quartzifères ; ces derniers semblent n'appa- 
raître qu'aux limites des massifs de granité. Les granités à horn- 
blende n'existent pas, dans toute l'île d'Ambon, comme roche de 
quelque étendue. Ce sont essentiellement des granités micacés, sou- 



74 

vent avec une certaine teneur en cordiérite. Certains granités, entre 
autres ceux de la Waï lia, sur la route d'Ambon à Routoung, sont 
plus ou moins schisteux, et ressemblent alors à du gneiss. 

En deux endroits seulement le granité forme nettement des filons 
dans la péridotite, et, comme il a été dit plus haut, il a décomposé 
cette roche près de Tandjoung Seri en une roche très dure, sem- 
blable à une cornéenne. Nulle part ailleurs, sur la limite du granité 
et de la péridotite, on n'a trouvé ce produit de contact, mais bien 
cà et là en blocs isolés, dans du terrain quaternaire. D'autre part, 
on ne connaît pas davantage des filons de péridotite dans le granité, 
ce qui indiquerait des éruptions alternatives des deux roches dans 
une même période. Il est donc vraisemblable que partout le granité 
est plus récent que la péridotite. 

Par contre, le granité est plus ancien que le grès, dont les couches 
ont été formées pour de beaucoup la plus grande partie par du 
gravier quartzeux originaire du granité. D'ailleurs, on n'a aperçu 
nulle part, à la limite du granité et des schistes ou des grès, quelque 
trace d'action de contact que l'on pourrait attribuer au granité. L'âge 
du granité ne peut donc être plus jeune que permien. 

a. Le plus vaste terrain granitique est situé au sud-est du chef-lieu 
Ambon, et il forme la chaîne qui s'étend du nord de Soja di atas 
jusqu'à la côte du sud. Dans ce domaine se trouvent les villages 
Soja di atas, Hatalaï, Ema, Houkourila, Nakou, Kilang et Mahija. 
L'un des sommets les plus élevés est le Sirimau (463 m. d'altitude, 
d'après notre nouvelle carte); mais à l'est de celui-ci le granité est 
adossé au mont Horiel jusqu'à l'altitude de 520 m. C'est le plus 
haut point atteint par le granité dans toute l'île d'Ambon. 

Ce grand terrain de granité est borné comme suit: à l'est et au 
nord-est par la péridotite, au nord-ouest et à l'ouest par des matériaux 
meubles quaternaires, au sud par la mer. A l'extrémité septentrionale 
le granité est schisteux et la roche semble passer au porphyre quart- 
zifêre (n°. 88). Des blocs incohérents sont répandus ici partout, mais 
on n'y a pas trouvé de fragments de contact avec le granité. Dans 
le terrain même, il se présente de la péridotite en trois endroits 
difî'érents, et puis on observe cà et là une couverture de matériaux 
quaternaires meubles et de calcaire corallien; cette couverture était 



75 

sans doute plus importante jadis qu'actuellement, mais elle a disparu 
dans le cours des années par la profonde altération du granité et 
par l'action des eaux. Quelques parties plates, telles que celles ou 
sont situées Kilang (131 m.), Nakou (157 m.), Houkourila (140 m.) 
et Mahija (254 m.), sont peut-être le restant de terrasses autrefois 
plus étendues; mais il se peut aussi qu'elles aient été formées en 
partie par la main de l'homme, car à la surface le granité se désagrège 
en un sable meuble que l'on peut remuer très facilement. S'il ne 
repose donc pas sur le granité des matériaux dont la provenance étran- 
gère est évidente (débris de péridotite, calcaire corallien etc.), il est 
parfois difficile de décider si ces petites portions en forme de plateau 
sont d'origine naturelle et ont été la cause de l'établissement des 
villages en cet endroit, ou bien si leur formation en a été l'effet. 

Le long de la côte méridionale, le granité s'étend depuis la baie 
de Houkourila, nommée Labouhan Ihouresi, jusqu'à la baie de Mahija 
ou Labouhan lia; la petite anse orientale de cette dernière baie, à 
l'embouchure de la petite rivière Ijang, se nomme Labouhan Ijang. 
La côte du sud présente entre ces deux points 4 anses, les Labouhan 
Hahila, L. Nanseri (baie de Kilang), L. Nakou et L. Roupang. D'ici 
jusque passé le cap Simanoukoung le calcaire corallien vient immé- 
diatement au rivage; puis vient encore du granité, du cap Noukinarou, 
le long de la Labouhan lia, jusqu'à la Waï lia; plus à l'ouest, une 
bande étroite de granité est visible jusqu'au cap Noukinahoun, où 
le calcaire corallien arrive un moment à la côte. Ensuite, le granité 
reste visible au bord oriental de la Labouhan Awahang jusqu'à 
proximité de l'embouchure de la Waï Jari (appelée Waï Sema dans 
son cours supérieur); mais à une faible hauteur il se recouvre déjà 
de calcaire corallien. Il est donc bien clair, que notre premier terrain 
granitique se rattache, sous les jeunes couches qui le recouvrent, 
avec le second terrain que nous allons décrire maintenant. 

b. Le bord occidental de la Labouhan Awahang, entre la Waï Jari 
et le cap Seri, présente çà. et là un peu d'alluvium côtier, derrière 
•lequel s'élève bientôt la montagne, qui consiste de nouveau en granité, 
dont de gros blocs gisent sur la plage. Cette roche est à 'suivre au 
nord jusqu'à proximité de la ligne de partage des eaux, à l'est de 
Siwang, mais elle ne forme pourtant que la portion inférieure du 



76 

versant; plus à l'ouest se trouve la péridotite, qui continue vers les 
monts Si Wang et Nona; et à l'est, le granité disparaît sous des 
matériaux incohérents, sur lesquels passe le sentier qui mène de la 
Labouhan Awahang vers Malaman et Kousou kousou sëreh. 

c. Tout près de ce sentier existe un troisième terrain de granité 
de faible étendue, au nord du mont calcaire Eri haou; ce monticule 
est appelé «Hatou iroung-, atteint 232 m. d'altitude et ne s'élève 
que de 30 m. au-dessus des matériaux quaternaires environnants. 
Cette petite montagne prouve de nouveau que les terrains de granité 
a et 6 se rejoignent sous les couches quaternaires qui les couvrent. 

d. A l'ouest de la Labouhan Awahang se trouve, près de Seri, la 
grande anse Labouhan Seri. Au nord-ouest de cette baie est l'embou- 
chure de la Waï Wémi, et dans le cours inférieur de cette rivière 
gisent de très gros blocs de granité, qui bientôt se recouvrent de 
matériaux quaternaires, de blocs de péridotite et de fragments d'autres 
roches éruptives. C'est là vers l'ouest le point extrême de la côte du 
sud où l'on voit apparaître le granité. 

e. Sur la route d'Ambon à Soja di atas, le granité affleure en un 
seul point; cette route s'étend sur le granité sur une longueur de 
60 m., depuis 80 jusqu'à 83 m. d'altitude. Au nord, cette roche peut 
se suivre jusque dans le lit de la rivière Tomo ketjil; au sud, elle 
cesse promptement, de sorte qu'en bas des grès elle ne peut plus 
être aperçue dans le lit de la rivière Batou gadjah; ce qu'il faut 
probablement attribuer à une faille sur laquelle nous nous étendrons 
davantage plus loin. Si de ce point on se dirige vers Ambon, on 
arrive dans la plaine, après une dernière descente rapide de 30 m. 
sur des matériaux quaternaires ; et, avant d'atteindre la grand' route, 
on rencontre quelques maisonnettes du kampong Batou medja, entre 
lesquelles sont dispersés de très grands blocs de granité; de sorte 
qu'on reçoit l'impression que du granité doit affleurer ici, ou du 
moins qu'il doit exister comme roche massive très près de la sur- 
face, car ces blocs ne ressemblent en rien à des galets roulés. Au 
sud et au sud-ouest de ce point, du côté de la maison de la résidence, 
ces blocs n'apparaissent plus, ce qui, à mon avis, est de nouveau 
une conséquence de la faille dont nous venons de parler, par laquelle le 
granité se trouve, à l'est de cette ligne, plus haut qu'à l'ouest de celle-ci. 



77 

/. Dans la vallée de la rivière Batou gantoung, en bas de la petite 
cime Batou gadjah, apparaissent sur une petite étendue de gros blocs 
de granité; il est douteux que la roche y affleure. 

g. Dans la petite rivière Eoung, affluent de la Batou gantoung, un 
peu de granité est à découvert dans le lit de la rivière, à une alti- 
tude de 140 à 160 m.; la roche est colorée en vert par une faible 
teneur en cuivre et elle présente des veines de quartz. Ici la roche 
affleure incontestablement, mais aux bords de la rivière elle est 
recouverte par des matériaux meubles. 

h. Au sud du village Amahousou on trouve le cap Kajou besi, et 
un peu plus au sud les petites rivières Néropâng, Wartowéo et Nènèr 
se jettent dans la mer. On trouve ici le long de la plage un très 
grand nombre de blocs de granité assez volumineux, de sorte qu'il 
est hors de doute que cette roche existe dans le voisinage comme 
roche massive; plus au nord on trouve encore des blocs de granité; 
mais, plus on s'avance vers le nord, plus ils sont entremêlés de blocs 
de péridotite. Plus au sud, on ne trouve plus de granité; le cap 
Batou anjout consiste en un conglomérat quaternaire, avec beaucoup 
de fragments de granité. 

Néropâng est probablement le même endroit que le «Roubang» où 
Macklot a déjà recueilli du granité; toutefois il n'existe pas de 
kampong de ce nom, et à cet endroit le granité ne forme nulle part 
une colline d'environ 100 pieds de hauteur, ainsi que le mentionne 
MÛLLER (mémoire n°. O p. 25 et n"". 3Î p. 23, note 2); les blocs de 
granité ne se trouvent nulle part à plus de 11 m. d'altitude, et les 
collines plus élevées consistent toutes en matériaux quaternaires in- 
cohérents. 

h. Le cap Batou merah, au nord-est d'Ambon, consiste en porphyre 
quartzifère (n*'. 1) absolument identique au n". 88 de la Waï lia. 
Sur la roche ferme repose un sol meuble quaternaire avec des éboule- 
ments rouge sombre, qui ont donné son nom à ce cap (Batou merah i= 
pierre rouge). La ligne, qui joint les deux points où apparaissent 
les porphyres quartzifères nos. \ et 88, représente probablement la 
limite septentrionale du domaine du granité, car au nord de cette 
ligne le granité n'affleure plus. Le magma granitique s'est donc soli- 
difié au centre comme granité, et sur les bords à l'état de porphyre 



7Ô 

quartzifère. A cette modification dans la solidification correspond 
d'ordinaire une composition tant soit peu plus acide. 

Nous avons ainsi énuméré tous les points où des roches granitiques 
se présentent à Leitimor; il est vrai que dans le cours inférieur des 
rivières Tomo et Batou merah gisent encore de gros blocs de granité, 
mais ils semblent avoir été enlevés par les eaux à des matériaux 
quaternaires, qui renferment naturellement aussi des blocs de granité. 
Il est probable qu'en ces endroits la roche ferme ne se trouve pas 
à une grande profondeur au-dessous du fond des vallées. 

Un coup d'œil sur la carte synoptique n°. I fait voir, que presque 
toute la partie centrale de Leitimor consiste en granité, qui vient au 
jour dans la partie méridionale et est recouvert, dans la portion 
septentrionale, par des grès et des produits quaternaires. La pointe 
occidentale et toute la partie orientale de Leitimor sont au contraire 
totalement privées de cette roche. 

Description de quelques granités. 

N°. 37. Affleurement au bord occidental de la Labouhan Ihouresi 
(baie de Houkourila). Granitite de teinte claire, à grain fin; le feld- 
spath est blanc, le quartz est en partie coloré en jaune et en brun 
par de l'hydroxyde de fer. Beaucoup de mica noir, pas de hornblende. 
Au microscope, le feldspath consiste à la fois en orthoclase et en 
plagioclase, ce dernier toutefois en quantité plus faible. La biotite 
est partiellement transformée en chlorite, avec des inclusions de 
minerai et des grains de zircone. Peu de minerai, peu d'apatite. Quel- 
ques agrégats bruns, troubles, consistent en fibres ténues de muscovite, 
incolores ou d'un vert très léger, colorées en jaune et en brun par 
de l'hydroxyde de fer; ils proviennent probablement de cordiérite, 
mais ce minéral on ne le trouve plus inaltéré dans les plaques exa- 
minées. Granitite. 

N". 37a. D'un instituteur indigène j'ai reçu un petit morceau de 
granité «des environs de Houkourila» (le gisement précis n'était pas 
connu) avec de très beaux cristaux de quartz, apparemment cristal- 
lisés dans une cavité du granité. Les cristaux limpides de quartz ont 



79 

une longueur de '/a ^^ 1 cm., et une épaisseur de 1 à 3 mm.; ce 
sont des prismes avec un rhomboèdre à l'extrémité libre. 

N^ 42. De la rivière Eoung, affluent de la rivière Batou gantoung; 
affleurant dans le lit de la petite rivière. Granitite blanche fort 
altérée, avec mica chloritisé. Au microscope, de l'orthoclase terne, 
moins de plagioclase, de la chlorite issue de biotite, du quartz, du 
leucoxène et des grains de titanite, provenant de minerai. Granitite^ 
altérée. 

W, 43. Rivière Eoung; filon de c}uartz dans la roche précédente, 
de 5 cm. environ d'épaisseur; contient beaucoup d'hydroxyde de 
fer brun et un peu de minerai de cuivre, principalement de la 
malachite, reconnaissable à sa couleur verte. Au microscope, on voit 
un agrégat de grains de quartz, avec beaucoup de lamelles et de 
fibres de chlorite vert clair, ainsi que quelques cristaux de pyrite 
cuivreuse; dans les fissures des quartz, il s'est déposé de l'hydroxyde 
de fer et une belle malachite verte. Filon de quartz avec minerai 
de cuivre. 

N°. 57. Cap (tandjoung) Seri près de Seri. Granitite blanche, dont 
la biotite brune est transformée en grande partie en chlorite. Au 
microscope, la roche paraît assez altérée; l'orthoclase et le plagioclase 
sont troubles tous deux, mais ils polarisent néanmoins encore distincte- 
ment; du quartz; le mica a pâli et est transformé en chlorite. 
Ilménite et titanite pléochroïque, rouge clair. Granitite. 

Nos. 60 et 61. Ce sont deux petits filons de granitite dans la péridotite 
du cap Seri, épais de 3 et 5 à 6 cm.; dans le voisinage de ces 
filons, la péridotite est totalement modifiée, transformée tant au 
point de vue chimique que minéralogique, à l'épaisseur de 72 '^ i 
en une roche dure (n". 59 1. Le granité des filons est tout à fait 
identique à la roche fondamentale, la granitite n". 57 de Tandjoung 
Seri. La biotite, primitivement brun sombre, est aussi transformée, 
dans la roche de filon, en grande partie en chlorite. Granitite en filons. 

N". 79. Encore un filon dans la péridotite; une roche blanche, 
très quartzifère, qui fut regardée tout d'abord comme un filon de 
quartz. Il contient de très petites cavités où se sont formés des 
cristaux de quartz. Epaisseur 8 à 10 cm., direction 30°, inclinaison 90°. 
Le filon se trouve à 300 m. environ de la limite du granité, à l'est 



80 

de la baie de Houkourila, à proximité du cap Nouar, et il est 
dénudé dans le sentier qui mène vers Lea hari en suivant la côte 
du sud. Au microscope, on voit que la roche se compose essentielle- 
ment de particules de quartz, qui présentent la polarisation en 
mosaïque. Mais on y trouve aussi du feldspath, non seulement de 
l'orthoclase, mais ei:core du feldspath triclinique finement strié, par- 
fois avec des stries croisées; ce dernier est en grande partie de la 
microcline. Peu de chlorite (biotite transformée) et un minerai fin, 
spongieux; des grains cristallins brun sombre, parfois en mâcles 
géniculées, appartiennent au rutile; titanite jaune-verdâtre clair. 
Quelques rares grains de zircone. Roche aplitique en filon^ qui doit 
être en communication avec la granitite de Houkourila, bien qu'on 
n'aperçoive aucun raccordement à la surface. 

N**. 70. Au sentier allant de la Waï Tomo à Soja di atas. Grands 
blocs, à 140 m. d'altitude, dans du terrain quaternaire. Roche à 
grain fin, de teinte claire, avec quartz limpide, feldspaths colorés en 
brun jaunâtre et lamelles de biotite. Au microscope, du quartz, de 
l'orthoclase terne, très peu de plagioclase, de la biotite partiellement 
décolorée et transformée en un minéral vert. Ilménite, beaucoup 
de titanite. Granitite. 

N". 77. Affleurement au kampong Hatalaï. Granitite gris clair, à 
grain fin. Au microscope, beaucoup de quartz, de l'orthoclase, moins 
de plagioclase, beaucoup de petites lamelles brunes de biotite, 
devenues vertes pour une petite partie. Minerai de fer, titanite, 
apatite. Granitite. 

N". 76. Un peu au nord du kampong Hatalaï un filon de quartz 
(n®. 76), coloré en jaune par de l'hydroxyde de fer, passe à travers 
la granitite; direction 90° environ, inclinaison 90°, épaisseur 10 à 11 cm. 

No. 78. Roche d'un grain moyen, affleurant à la baie de Nakou 
(Labouhan Nakou). Elle renferme des parties riches en mica, fine- 
ment grenues, sombres. Au microscope, du quartz, plus d'orthoclase 
que de plagioclase, de la biotite, du minerai, de l'apatite, de la 
chlorite et quelques gros cristaux de cordiérite, en partie encore frais 
et devenus brun-jaunâtre dans les fissures seulement, partiellement 
transformés en un fin tissu de fibres de muscovite, qui paraissent 
ici aussi d'un vert excessivement clair. Granitite. 



81 

N°. 106. Blocs isoles sur le rivage, entre le cap Batou anjout et le 
cap Kajou bësi. Roche brunâtre, d'un grain fin. Au microscope, du 
quartz, de Porthoclase trouble, beaucoup de plagioclase, de la biotite, 
du zircone en petits prismes à extrémités aiguës, longs de 0.14 mm., et 
épais de 0.05 mm. ; peu de minerai. Quelques agrégats troubles, vert- 
jaunâtre de mica, ayant parfois la forme d'un rectangle peu net, 
sont probablement des cordiérites totalement décomposées. Granitite. 

N". 178. Roche d'un grain moyen, gris-brunâtre, avec quelques 
feldspaths de 8 mm. et des sécrétions sombres riches en mica. Affleu- 
rant au kampong Mahija. Au microscope, du quartz, de l'orthoclase 
terne, du plagioclase demi-trouble, de la biotite, partiellement trans- 
formée en chlorite et criblée d'apatite ; du minerai. Assez bien de 
cristaux de cordiérite, en partie encore frais et remplis de fines 
baguettes de sillimanite, qui, à un faible grossissement, donnent aux 
cristaux un aspect laineux; transformés parfois aussi dans les fissures 
en une substance brun-jaunâtre. Granitite. 

N°. 179. Affleurant à l'embouchure de la Waï Wémi, à la côte du 
sud. Roche blanche, d'un grain moyen, avec beaucoup de biotite. 
Au microscope, du quartz, de Porthoclase, du plagioclase, de la biotite 
profondément transformée en chlorite. De l'ilménite, beaucoup de 
titanite, peu d'apatite et quelques sections de cordiérite totalement 
décomposées. Granitite. 

N°. 181. Affleurant à proximité de la ligne de faîte, au-dessus de 
la Labouhan Awahang. Granitite blanche, d'un grain fin. Au micros- 
cope, les éléments ordinaires ; beaucoup de plagioclase. Aussi diverses 
grandes cordiérites, à inclusions de sillimanite ; quelques sections sont 
encore presque entièrement fraîches, devenues fibreuses sur les bords 
seulement ou dans les fissures. Ce granité a quelque chose du por- 
phyre, parce que la masse fondamentale est un agrégat de petits 
grains de quartz, qui polarise en teintes de mosaïque et dans lequel 
les gros cristaux de feldspath, de mica et de cordiérite sont dissé- 
minés porphyriquement. Granitite. 

N°. 182. Roche blanche, à grain fin, venant à la surface au monti- 
cule Hatou iroung, au nord du mont calcaire Eri haou. Au micros- 
cope, du quartz, de l'orthoclase trouble, pas de plagioclase, de la bio- 
tite transformée en chlorite, du minerai. Granitite, quelque peu altérée. 

6 



82 

Nos. 71a et 71b. Affleurement sur la route d'Ambon à Soja di atas, 
à l'altitude de 80 à 83 m. Granitite gris clair, à grain fin, avec quelques 
parties plus grossières; çà et là des taches brunes, dues à la présence 
d'hydroxyde de fer Au microscope, du quartz, de Porthoclase, une 
très grande quantité de plagioclase et aussi de biotite, quelques petits 
prismes rouges de zircone, du minerai sans bords de leucoxène et 
quelques agrégats de muscovite, probablement des cordiérites décom- 
posées. Aucune des plaques minces ne présente la moindre trace de 
hornblende. Granitite. 

N°. 1. Affleurant au cap Batou merah, au nord-est du chef-lieu 
Ambon. En échantillons inaltérés, c'est une roche gris-bleuâtre ; mais 
par altération elle devient d'abord jaune clair et même presque blanche 
et après rouge-brun, ainsi qu'on peut le voir à la croûte. Elle présente 
une pâte serrée, dans laquelle il y a de nombreux grains cristallins 
de quartz limpide (1 à l'/a mm.) et de feldspath (3 mm.): ce der- 
nier minerai est le plus souvent transformé en une matière blanche 
kaolinique. La roche est traversée de fissures, dont les parois sont 
tapissées de cristaux de quartz, tandis que l'on peut voir dans quel- 
ques cavités outre du quartz, encore de petits cristaux limpides, 
tabulaires, de feldspath ; dans les fentes, il s'est déposé avec le quartz 
une très grande quantité de pyrite, çà et là aussi de l'hydroxyde 
de fer rouge-brun. Au microscope on voit de gros quartz limpides, 
le plus souvent en grains arrondis, avec inclusions vitreuses mais 
non liquides. Des feldspaths on ne peut voir qu'en certains endroits 
des restes inaltérés; ceux-ci présentent l'extinction droite et ils ne 
montrent pas de stries, de sorte qu'ils appartiennent bien à Portho- 
clase. D'autres cristaux porphyriques manquent. La masse fondamentale 
consiste en une pâte de particules de quartz limpides et d'autres de 
feldspath troubles, jaune-grisâtre, irrégulièrement délimitées, parfois 
plus ou moins arrondies; celles-ci sont assez fortement biréfringentes 
et s'éteignent à la fois sur toute la surface. Si on installe entre niçois 
croisés sur le maximum de clarté, une pareille boulette de feldspath 
paraît granuleuse, ce qui a pour cause un mélange du feldspath avec 
de petites particules de quartz. Quelques parties de la pâte montrent 
nettement un entrelacement de quartz et de feldspath, comme dans le 
granité graphique (Schriftgranit) ou la pegmatite; pour les sphérules 



èé 

les plus petites cette texture ne peut s'observer d'une manière aussi 
nette, bien qu'elle y existe probablement aussi. Ensuite, la pâte ren- 
ferme encore de la pyrite, de petites fibres de muscovite et des granu- 
lations brunes transparentes; quelques petits prismes de zircone, 
parfois à extrémités aiguës, et de petits cristaux bleuâtres et limpides 
d'anatase en octaèdres pointus et en petites tables quadratiques. 
On ne peut observer aucune base vitreuse entre les particules cristal- 
lines, et elle n'existe probablement pas. 

La composition chimique, qui sera donnée ci-après, montre que la 
roche du cap Batou merah est un porphyre quartzifère, avec beaucoup 
plus de potassium que de sodium et extrêmement peu de calcium. 
C'est donc une roche d'orthoclase, sans plagioclase, mais peut être 
avec une faible teneur en orthoclase sodique. Porphyre quartzifère 
granophyrique. 

No. 88. Provient d'un très grand bloc dans la Waï lia, au gué de 
la route d'Ambon à Routoung. Dans la rivière il se trouve ici une 
île de blocs roulés; et dans les deux bras de la rivière, aussi bien 
que sur l'île, on trouve de gros blocs d'un granité schisteux, de 
serpentine et quelques-uns de porphyre quartzifère. En amont de l'île, 
le granité existe comme roche massive; le plus souvent il est tant 
soit peu schisteux et par là-même gneissique. On n'a pas trouvé de 
fragments de contact entre le granité et le porphyre quartzifère, ni 
des roches de transition entre ces deux, ce qui est bien étonnant, si 
le porphyre quartzifère est un faciès limite du granité. L'échantillon 
n". 88 a été enlevé à un des plus grands blocs, dont le volume est 
peut être de 1 ml ou même plus. Il ressemble parfaitement à la 
roche n^ 1 du cap Batou merah; seulement il y existe plus de 
cristaux de quartz ayant une délimitation cristalline nette. La teinte 
est gris-bleuâtre, celle de la croûte d'altération est brun clair. Au 
microscope, on voit que les gros feldspaths altérés, décomposés 
en kaolin, ont été en majeure partie enlevés aux plaques par le 
polissage; les parties qui existent encore sont sans stries; quelques 
sections sont à extinction droite et appartiennent à l'orthoclase ; 
seul le quartz se présente en gros cristaux, bien délimités, toutefois 
aussi en grains arrondis et en éclats à délimitation irrégulière, avec 
des inclusions de particules vitreuses, brunes, en formes rhombiques. 



84 

La masse fondamentale est la même que celle du n°. 1, mais les 
éléments constituants y sont beaucoup plus petits. Ici encore il 
n'existe aucune base vitreuse entre les éléments cristallins. Dans 
quelques particules arrondies, les fibres de quartz et de feldspath 
présentent un groupement radial irrégulier. La roche est traversée 
de petits cordons de quartz avec cristaux de pyrite. Porphyre quartzifère 
granophyrique. 

Le résultat de cet examen est, que les granités de Leitimor appar- 
tiennent exclusivement aux granitites pures, avec biotite, mais sans 
hornblende. La roche ramassée par Martin au sentier d'Ambon à 
Soja di atas et décrite par Schroeder van der Kolk, laquelle ren- 
ferme de la hornblende brune, constitue donc une grande exception 
et appartient probablement à une sécrétion basique de la granitite. 
Elle n'existe pas à l'état de roche de quelque étendue, car j'ai 
recueilli au même endroit des granitites communes (nos. 71a et 716). 

Du zircone en prismes et en grains s'y rencontre souvent, mais 
toujours en petite quantité. Le rapport entre l'orthoclase et le plagio- 
clase est très variable; dans quelques granités il n'y a pas du tout 
de feldspath triclinique; dans d'autres, il en existe un peu, mais la 
plupart en contiennent beaucoup. Dans les granitites fraîches, il existe 
assez souvent de la cordiérite; dans les roches altérées, ce minerai 
s'est transformé et il est souvent devenu tout à fait méconnaissable 
par sa décomposition en fibres de muscovite; dans ces conditions il 
arrive aisément que l'on n'y fait pas attention. La cordiérite des 
granités d'Ambon se présente en grains cristallins irrégulièrement 
délimités; en plaques minces, elle est incolore et non pléochroïque, 
ce qui distingue fort ce minéral de la cordiérite des roches éruptives 
récentes d'Ambon, laquelle est nettement colorée en bleu et fortement 
pléochroïque, et se montre d'ailleurs assez souvent en cristaux franche- 
ment limités. 

Les porphyres quartzifères n'apparaissent qu'au bord septentrional 
du grand massif granitique et ils se sont apparemment formés sui- 
vant un mode de solidification du magma granitique tout autre sur 
les bords que dans l'intérieur. Il n'existe pas de cordiérite dans ces 
porphyres; par contre, ils renferment souvent de la pyrite, un minéral 



86 

fort peu fréquent dans les granités ou qui y manque totalement. La 
pâte de ces porphyres est microcristalline, avec entrelacement micro- 
pegmatitique (granité graphique) de quartz et de feldspath; ce sont 
donc des porphyres quartzifères granophyriques. 

Le porphyre quartzifère n°. 1 de Tg. Batou merah a été analysé 
par le Dr. O. Brunck, professeur à l'académie royale des mines à 
Freiberg en Saxe: 

No. 1. 

Si 02 z= 77.46 

Ti 0^ = traces 

Al'O^ — 9.36 

Fe'O' = 1.50 

FeO = 0.85 

CaO = 0.17 

MgO =: 0.12 

K2 O = 5.15 

Na^O =z 1.36 

H^ O = 3.40 

Total z=z 99.37 

La prédominance des alcalis, surtout de la potasse, par rapport à 
la chaux, prouve que la roche fait partie des porphyres quartzifères 
et non des porphyrites quartzifères; d'autre part, la teneur en soude 
est trop faible pour la ranger dans les kératophyres quartzifères, avec 
lesquels les roches nos. l et 88 ont beaucoup d'analogie en échantillons. 

L'ingénieur P. Kleij, professeur extraordinaire pour la raichrochimie 
à Delft, avait déjà analysé, dans le temps, la roche n". 1, spéciale- 
ment au point de vue de sa teneur en alcalis; il en trouva environ 
7 pet., et il constata, par voie microchimique, qu'au moins 4 à 5 pcl. 
appartiennent à K^ 0. Ce résultat a été pleinement confirmé plus 
tard par l'analyse de tantôt. 

IV. Le terrain gréseux. 

Des couches de grès sont à nu en différents points de Leitimor. 
Le plus grand terrain gréseux existe au nord et au nord-ouest de 
Routoung; au mont Api angous, il s'élève jusqu'à 309 m. d'altitude, 
alors que les cimes Ehout, Tjolobaï et Hounitou atteignent respec- 



86 

tivement les altitudes de 273, 239 et 268 m. Ce terrain a été fortement 
afîouillé par les affluents Warsia et Tané de la rivière Jori, de sorte 
que la roche sous-jacente, une diabase, apparaît même dans le lit 
de la Warsia. Au nord de l'Api angous, le grès disparaît sous les 
dépôts quaternaires, mais s'y laisse voir dans nombre de rivières, 
entre autres dans le lit de la Waï Hoka (affluent supérieur de la 
Waï Batou merah), de la Tomo, de la Tomo ketjil, de la Batou 
gadjah et de la Batou gantoung. Puis, il y a du grès au nord 
du kampong Batou merah, à la montée vers le tombeau de Diepo 
Nëgoro, où il se recouvre de matériaux quaternaires à cailloux 
roulés ; puis encore à la première montée au sud d'Ambon, sur la 
route de Kousou kousou sereh ; ensuite, un peu au sud de ce kampong, 
dans le sentier vers Mahija (n*^. 188), en contact avec le granité à 
170 m. d'altitude; enfin, sur la route d'Ambon à Soja diatas, depuis 
83 jusqu'au delà de 100 m. d'altitude, confinant encore au granité. 
11 n'est donc pas douteux que le granité, qui s'étend sous la couver- 
ture quaternaire de Soja di atas jusque près d'Ambon, est presque 
partout recouvert de grès et que les assises de grès de Kousou kousou 
sëreh, dont il vient d'être question, continuent jusqu'à l'Api angous. 
Constitution. La roche principale de ce terrain est un grès quartzeux, 
pas fort dur, de teintes jaunes et brunes, parfois avec de petits 
filonnets de quartz. Les couches inférieures de ce terrain et aussi 
quelques couches interposées sont vert-grisâtre et très dures. Entre 
les grès gisent des couches d^argilolites tendres, schisteuses, de teintes 
grisâtres, et quelques bancs calcaires, la plupart d'épaisseur considérable ; 
les derniers sont assez souvent devenus cristallins, et ne présentent 
alors aucune trace de pétrifications; néanmoins, on a rencontré en 
certains points quelques fossiles dans le calcaire gris sombre, 
principalement dans la rivière Batou gantoung. On peut voir 
distinctement que les schistes alternent avec les grès, entre autres 
sur la route d'Ambon à Soja di atas. Après avoir passé le granité, 
la route s'étend d'abord pendant 70 m. sur du grès, puis pendant 
50 m. sur des schistes argileux et des argilolites tendres, très fissiles; 
ensuite de nouveau sur du grès pendant 85 m.; et puis le tout se 
recouvre de matériaux quaternaires incohérents. Le plus haut point 
de la route où l'on puisse encore apercevoir les couches est à plus 



87 

de 100 m. d'altitude; ces couches se rattachent aux couches degrés 
de la Tomo këtjil. 

On trouve des argilolites tendres, très fines, jaunes et rouges (n". 84) 
sur la route de Routoung à Ambon, après avoir passé la poridotite, 
près la petite cime de 303 m. d'altitude; plus loin à l'ouest, dans 
le même sentier, dans la vallée de la Waï Jouwa, le grès a été 
creusé jusque dans la roche sous-jacente et l'on voit apparaître des 
péridotites et. des serpentines très modifiées, notamment une roche 
chloriteuse tendre, verte (n°. 85), et une roche de serpentine et de 
muscovite (n®. 85a), qui ont déjà été décrites plus haut. Plus à l'ouest 
encore, jusqu'à la péridotite de la Waï lia, viennent des grès com- 
muns (n^. 86). Enfin, les gros blocs de brèche de serpentine (n°. 205) 
de la Waï Warsia, au sentier de Halong à Routoung, font probable- 
ment aussi partie des couches inférieures du terrain gréseux. 

Position. La direction et l'inclinaison des couches fait voir que ce 
terrain a été fortement troublé et qu'il a été contourné suivant un 
grand nombre de plis synclinaux et anticlinaux. 

A partir de l'extrémité occidentale, on trouve en premier lieu, à 
la première montée sur le terrain quaternaire, derrière la maison de 
la résidence, sur le sentier d' Ambon à Kousou kousou sëreh, un peu 
de schistes grisâtres, dont la direction est de 30°, l'inclinaison de 50° au 
nord-ouest. Aux couches dans la Batou gantoung, la direction ne 
peut d'abord être nettement établie; et il en est de même pour la 
couche de calcaire (n". 219) de 8 m. au moins d'épaisseur, interposée 
dans les grès en amont du Batou Sëmbajang, à la grande sinuosité 
de la rivière; mais plus en amont il y a entre les grès une couche 
de calcaire (n^ 220) de 8 m. d'épaisseur, dont D = 30°, I = 70° au sud- 
est. On a donc affaire ici à un pli anticlinal, dont le flanc septentrional, 
près de la maison de la résidence, incline au nord-ouest, le flanc 
méridional, au sud-est. La distance horizontale entre les deux points 
où apparaît cette couche épaisse, mesurée perpendiculairement à la 
direction de la couche, est de 900 m. Si ces deux couches calcaires 
appartiennent à une seule et même couche d'un simple pli, l'épais- 
seur de la partie inférieure de ce terrain, jusqu'à la couche de cal- 
caire, est, pour une inclinaison moyenne des couches de 60°, égale à 
Vj X 900 X sin. 60° ou 390 m. Cependant l'épaisseur totale du terrain 



88 

est considérablement pins grande, parce que très probablement les 
couches inférieures du pli, au niveau de la rivière Batou gantoung, 
ne sont pas les couches les plus basses de tout le terrain, et qu'au 
dessus du calcaire il y a encore des couches de grès et d'argilolite. 
Si l'on prolonge la ligne de direction vers le nord, depuis le point 
où le calcaire supérieur (n°. 220), nommé plus haut, apparaît dans 
la rivière Batou gantoung, cette ligne coupe la rivière Batou gadjah 
précisément au seul point où l'on voit du calcaire (n°. 222) dans 
cette rivière, de sorte qu'on a indubitablement affaire ici à la même 
couche de calcaire. En amont de ce point, on ne trouve bientôt plus 
de grès dans la Batou gadjah, mais uniquement de gros blocs de 
granité, ce qu'il faut attribuer à une faille qui existe en cet endroit. 
En effet, les couches qui sont à nu dans la petite rivière Tomo këtjil 
ont une tout autre direction que celles de ci-dessus; cette direction 
varie de 140° à 170°, et l'inclinaison est de 20° au nord-est. La dénuda- 
tion sur le sentier voisin d'Ambon à Soja di atas ne permet aucune 
mesure précise, car les couches y sont fortement contournées ; aux grès, 
j'ai mesuré D=:140°, 1 = 25° au nord-est; mais aux argilolites 
et aux schistes j'ai trouvé pour inclinaison 15°, 20°, 30°, surtout 
40^ et même 70°. La faille qui existe apparemment entre les rivières 
Batou gadjah et Tomo këtjil, côtoie probablement de très près ces 
couches comprimées du sentier de Soja di atas. Au nord-est de cette 
faille, le granité semble se trouver plus haut qu'au sud-ouest de la 
faille, ainsi qu'elle est dessinée sur la feuille 5 de la carte n®. II; 
ce qui explique d'une manière satisfaisante aussi bien la cessation 
brusque des grès dans la rivière Batou gadjah, près du calcaire, et 
l'absence de granité dans le cours inférieur de la même rivière, que 
la présence des très grands blocs de granité au kampong Batou medj a, 
à 300 m. au nord de la maison de la résidence, ainsi qu'il a déjà été 
dit lors de la description du granité. 

Dans la rivière principale, la Tomo, ne gisent que de gros blocs 
de grès; et on ne peut pas davantage mesurer la direction aux cou- 
ches du kampong Batou merah. Par contre, dans la Waï Hoka, cours 
supérieur de la rivière Batou merah, les couches apparaissent distinc- 
tement et y forment un pli anticlinal aigu dont D =z 50° et I = 
80° au nord-ouest, au flanc nord et 50° au sud-est au flanc sud. A 



89 

l'est de ce point, la route de Routoung s'étend sur un plateau quater- 
naire jusqu'à la Waï lia. le principal affluent supérieur de la Waï 
Rouhou, qui se jette dans la baie Intérieure pn-s de Gelala; ensuite 
on monte en pente raide sur de la péridotite et à 250 m. d'altitude 
viennent de nouveau des grès (n**. 86) dont D = 150° environ, mais 
dont l'inclinaison n'est pas distincte, parce que la dénudation est 
fort limitée. Aux argilolites tendres (n". 84) à la cime de 303 m. 
d'altitude, on ne peut mesurer la direction. Viennent ensuite des grès 
avec une couche calcaire interposée, déjà trouvée par Martin (37, p. 69). 
Je n'ai pu en déterminer la direction. A la descente abrupte vers 
Routoung, j'ai mesuré aux grès (n". 82), D = 140°, 1 = 30° au 
sud-ouest; on arrive alors, à l'extrémité supérieure d'une terrasse, 
à une couche de calcaire gris clair, un peu schisteuse (n". 82a), de 
124 m. d'altitude, épaisse de V3 ni., qui repose sur les grès et fait 
partie d'un terrain beaucoup plus jeune; puis, à des schistes argileux, 
bleus et gris, dont D = 168°, I = 74° à l'est et D = 170°, I = 80° à 
l'est; enfin, encore à des grès jusqu'à Routoung. On voit qu'ici 
encore les couches forment un ou plusieurs plis aigus, synclinaux et 
anticlinaux. 

Bien qu'on ait levé la ligne de faîte depuis le mont Hounitou 
jusqu'à l'Ehout, en passant par le Tjolobaï, ainsi que le sentier qui de 
Routoung se dirige au nord vers le mont Api angous, en traversant 
les rivières Tané, Djëremehou et Warsia, on n'a pu, presque nulle 
part, déterminer exactement la position des couches. Dans la 
Djëremehou on pouvait voir des couches d'un grès dur, vert, en 
bancs épais sensiblement horizontaux, avec une légère inclinaison vers 
l'est ou le nord-est. Dans la Warsia on trouve, en aval du gué du 
sentier de Routoung à l'Api angous, les blocs de brèche de serpen- 
tine (n". 205) déjà cités ci-dessus, et la diabase (n^. 204a) y existe 
à l'état de roche massive. Mais en amont de ce passage on trouve 
des grès pyritifères très durs, gris-bleuâtre, en couches nettes, formant 
des bancs épais, dont D == 120°, I = ± 50° au nord-est. Ces couches 
appartiennent sans aucun doute à la partie inférieure du terrain, 
et il en est probablement de même des brèches de serpentine de 
la Warsia. 

Comme le sentier qui conduit de ce point jusqu'au sommet de 



90 

l'Api angous s'étend dans une direction sud-ouest, donc sensiblement 
perpendiculaire à celle des couches dont nous venons de parler, nous 
avons non seulement levé ce sentier, mais nous l'avons même exploré 
avec le plus grand soin, dans l'espoir d'y trouver un profil complet 
du terrain, depuis les couches les plus basses jusqu'aux plus élevées, 
et d'en déduire l'épaisseur de ce terrain. Toutefois, je n'ai pu y 
réussir, car à la montée on ne voit nulle part des couches convenables, 
mais çà et là seulement des fragments d'un grès jaune, pas très 
compacte, dont la direction et l'inclinaison ne sont pas à mesurer 
et dont on n'est même pas certain s'il se trouve en concordance ou 
en discordance sur les couches de la Warsia. Il y a une différence 
sous le rapport pétrographique : les couches inférieures sont très 
compactes et la plupart de teinte verte; celles situées jdIus haut 
sont moins cohérentes et jaunes, ce que je crois toutefois pouvoir 
attribuer uniquement à l'altération, puisqu'on observe la même chose 
dans les rivières Batou gantoung et Batou gadjah. Ailleurs encore, 
je ne suis pas arrivé à découvrir des étages différents dans le terrain 
gréseux; le tout me semble former un ensemble continu, qui. avec 
les couches calcaires interposées, a été comprimé de manière à 
former plusieurs plis. 

La différence de hauteur entre le point de la Warsia, où l'on peut 
voir les couches inférieures, et le sommet de l'Api angous s'élève 
à 220 m. ; la distance horizontale de ces points, mesurée perpendicu- 
lairement à la direction des couches (120°) et de 860 m. Si l'on 
admet que les couches se succèdent partout régulièrement, et conser- 
vent l'inclinaison de 50"^, leur épaisseur devrait être exprimée par 
860 sin. 50° — 220 cos. 50° = 517 m. 

Et si les couches au sud-ouest de l'Api angous conservent aussi la 
même direction et la même inclinaison, l'épaisseur de tout le terrain 
peut même s'élever au double de 517, donc à 1000 m. environ. 
Mais, je le répète, nous n'avons pu constater ni la succession 
régulière des couches ni leur inclinaison, et par suite leur épaisseur 
demeure incertaine. Si p. ex. l'inclinaison moyenne des couches était, 
non de 50°, mais de 40° seulement, le chiffre 517 se changerait déjà 
en 384 m.; et l'on arrive à de tout autres valeurs encore, lorsqu'on 
a affaire à des plis anticlinaux et synclinaux. Il est donc clair, qu'à 



91 

défaut d'un profil complet, on ne saurait indiquer l'épaisseur des 
couches d'une manière exacte. Comme nous avons trouvé plus haut 
pour l'épaisseur d'une partie du terrain de la rivière Batou gantoung 
le chiffre de 390 m., on ne peut tenir pour absolument inadmissible 
celui de 500 m. et même de 1000 m., pour l'épaisseur totale du 
terrain de l'Api angous. 

Au dessus de Routoung, sur la route d'Ambon, gisaient en 1898 
quelques morceaux d'un calcaire sombre; je ne les ai plus retrouvés 
en 1904, et il m'a été communiqué que dans le temps on les avait 
transportés en cet endroit pour combler les creux de la route, fortement 
entamée par les eaux. Ils étaient probablement originaires de la 
couche calcaire qui apparaît plus haut dans la montagne et dont il 
a déjà été question ci-dessus. Du moins, je ne connais pas d'autre 
point où il existe du calcaire dans la chaîne de Routoung. 

Age du terrain. L'âge exact de ce terrain de grès et de schiste argi- 
leux n'a pas encore pu être déterminé, par suite du manque de pétri- 
fications nettes. Celles-ci ne se montrent que dans les bancs de calcaire 
interposés, lesquels sont assez souvent complètement cristallins et ne 
présentent plus dès lors aucune trace de fossiles, comme cela a lieu, 
entre autres, dans la rivière Batou gadjah. 

Le calcaire sombre (n''. 219) de la couche dans la rivière Batou 
gantoung, dénudé un peu en amont du Batou Sëmbajang, et dont 
quelques gros blocs gisent aussi plus bas dans le lit de la rivière, est 
jusqu'ici le seul qui ait fourni des coquilles assez bien conservées, dont 
quelques-unes ont été examinées, pour la première fois, par le Baron 
A. VON Reinach à Francfort sur le Main. D'après ce savant, les pétri- 
fications ressemblent à celles du calcaire de Hallstâdt (trias des Alpes), 
quelques-unes même à des fossiles du Rothliegendes (grès rouge du 
dyas); mais à cause de la rareté et de la mauvaise conservation des 
matériaux, il n'a pu émettre aucun jugement sur leur âge exact. Plus 
tard, on a trouvé encore d'autres pétrifications qui ont été envoyées au 
Prof. Martin à Leyde. Dans un compte rendu de mon mémoire n°. 42 
(Over de géologie van Ambon (I)), publié dans leTijdschrift van het 
K. N. Aardrijkskundig Genootschap, XVI, 1899, bdz. 656, Martin dit 
de ces pétrifications, que pour une détermination précise elles étaient 
dans un état de conservation tout à fait insuffisant ; mais qu'au point 



92 

de vue pétrographique, la roche ressemble fort à du calcaire carbonifère, 
entre autres à celui de Visé et de Ratingen, ainsi qu'il l'avait déjà 
dit dans son mémoire n°. 3!? (p. 69). 

Depuis cette époque, conformément au désir exprimé par le Prof. 
G. BoEHM à Fribourg en Brisgau et par moi-même, on a recueilli, par 
pétardement, une grande quantité d'échantillons de ces deux couches 
de calcaire dans la rivière Batou gantoung, avec le concours et l'aide 
si appréciés du capitaine du génie F. W. P. Clignett à Ambon. 
Néanmoins la récolte utile en fossiles a été fort maigre. Le Prof. 
BoEHM, qui a examiné ces fossiles, a eu l'obligeance de me faire à 
ce sujet la communication suivante. 

Ueber Brachiopoden aus einem âlteren Kalkstein der 
Insel Ambon. 

Von Professor Dr. G. B o e h m. 

Im Jahre 1904 verofifentlichte ich — Palaeontographica, Supplé- 
ment IV — den ersten Abschnitt der ersten Abtheilung meiner 
«Beitrage zur Géologie von Niederlândisch Indien». In der «Allge- 
meinen Einleitung» ist dort erwâhnt, dass Herr Dr. R. D. M. Verbeek 
mir in seinem gastfreien Hause in Buitenzorg verschiedene Fossilien 
aus den Molukken vorlegte ; darunter befanden sich auch einige aus 
dem Batu gantung Taie auf Ambon. Sie waren 1898 von Verbeek 
aus einem losen Block gesammelt, steckten in einem dunklen, un- 
reinen Kalkstein, der in der Sammlung Verbeek die Gesteinsnummer 
219 trug, waren aber so mangelhaft erhalten, dass jede nâhere Be- 
stimmung unmôglich erschien. Jetzt kann ich sagen, dass das eine 
Fossil sicher zu Rhynchopora malayana gehôrt, einer neuen Art, die 
spâter behandelt werden wird. Ferner legte mir Herr Verbeek Kalk- 
stûcke vor, die ziemlich weit flussaufwârts im Batu gantung Taie 
einer zwischen Sandsteinen anstehenden Kalkbank entnommen waren. 
Sie trugen die Nummer 220 und enthielten Fossilreste, die zur Zeit 
ebenfalls fur mich unbestimmbar waren. Jetzt kann ich sagen, dass 
Rhynchopora ambonensis vorliegt, auch eine neue Art, die spàter 
behandelt werden soll. 

Bei meinem wiederholten Aufenthalte in Ambon habe ich mich 



93 

vergeblich bemxiht, im Batu gantung Taie anstehende Kalkbànke 
zu finden. Dagegen stiess ich daselbstauf einen grossen Blockschwarz- 
grauen Kalkes, der zahlreiche Durchschnitte von Fossilien enthielt. 
Es war unmoglich, mit Hamraer und Meissel Stiicke abzuschlagen 
und Sprengmittel waren zur Zeit nicht verfûgbar (i). Dagegen teilte 
mir der Herr Genie-Kapitàn F. W. P. Clignett, der damais in Ambon 
garnisonierte, mit, dass er in naher Zeit solche Mittel zur Zerstorung 
des alten Forts erwarte, alsdann wolle er auch jenen Block fur 
mich sprengen lassen. Ich verliess bald darauf Ambon, der dortige 
Naturalienhàndler Rey jedoch, der mich auf der einen Exkursion im 
Batu gantung Taie begleitet und sich auf meinen Wunsch die Lage 
des Blockes genau gemerkt batte, konnte die Fûhrung iibernehmen. 
Einige Zeit nach meiner Ankunft in Freiburg i. Br. trafen denn 
auch von Rey Gesteinstriimmer von Ambon ein. Sie stellten einen 
richtigen Brachiopodenkalk (^) mit zahlreichen Brachiopoden dar, 
andere Fossilien waren in dem Gestein nicht vorhanden. Herr Clignett 
bat dann spâter Herrn Verbeek und mir je eine Sendung Kalke 
von Ambon geschickt. Tn der Sendung an Herrn Verbeek fand 
sich, wenn auch selten, Rhynchopora ambonensis und ferner ein 
kohliger Stengelabdruck. Der Kalk ist wiederum sehr unrein, unter 
anderem mit vielen Glimmerblâttchen. 

Im Jahre 1904 kam Herr Verbeek erneut nach Ambon. Er be- 
suchte, und zwar in Gesellschaft des Herrn Clignett, noch einmal 
das Batu gantung Tal und stellte hierbei fest: 1. Dass seine ein- 
gangs erwâhnten Handstûcke N". 219 des Jahres 1898 von dem 
Blocke stammten, den Herr Clignett spâter fiir mich sprengen liess 
und dcssen Bruchstiicke mir Rey zugescbickt hat. 2. Dass die 
erwâhnten Sendungen Clignetts an ihn und mich aus einem Kalk 
stammten, der etwas oberhalb jenes losen Kalkblocks ansteht. 

Herr Verbeek besuchte damais auch, mit Herrn Clignett, die 
weiter flussaufwârts anstehende Kalkschicht, von der er mir Proben 
mit Rhynchopora ambonensis schon 1900 in Buitenzorg vorgelegt 
batte. Auch von dieser liess Herr Clignett, der Bitte Verbeeks fol- 



(1) Verg-l. Zeitschrift d.d. geo\. Gesellschaft, Band 54, 1902, S. 74. 

(2) Vergl. Comptes rendus du IX Congrès géol. internat.. Vienne, 1903, p. 4. 



94 

geiid, sammeln; das Material enthielt nur unbestimmbare Spuren 
von Fossilien. 

Es ist nach den obigen Mittheilungen nicht zu zweifeln, dass aile 
in Rede stehenden Kalke zusamraen gehoren. Dies um so weniger, 
als nach Angabe des Herrn Verbéek die petrographische BeschafFen- 
heit der betreffenden Kalke ziemlich die gleiche ist; nur enthâlt 
N". 220 ein wenig Granitgruss, hauptsâchlich Quarzscherben. 

Eine eingehende Darstellung der Brachiopoden von Ambon werde 
ich demnâchst an anderer Stelle geben. Hier beschrânke ich mich, 
dem Wunsche des Herrn Verbeek folgend, auf eine kurze Beschrei- 
bung. Bevor ich jedoch dazu iibergehe, ist es auch mir eine ange- 
nehme Pflicht, Herrn Genie-Kapitân F. W. P. Clignett fur seine 
unermiidliche Liebenswûrdigkeit herzlich zu danken. 

Spiriferina, d'Orbigny. 

Zur Gattung Spiriferina stelle ich im Nachfolgenden 3 Arten, die 
sich nach ihrer Skulptur leicht unterscheiden lassen. Da das Material 
es mir nicht ermoglichte, Beobachtungen ûber den inneren Bau 
anzustellen, so bleibt die Gattungsbestimmung, besonders bei Spiri- 
ferina malayana, zweifelhaft. 

1. Spiriferina ambonensis, n. sp. 

Die kleine, mit wenigen, entfernt stehenden Falten bedeckte Art 
erinnert in der Form an Spiriferina pyramidata, Tschernyschew, 
unterscheidet sich jedoch von ihr sowohl durch die Skulptur, als 
auch vor Allem wesentlich dadurch, dass bei unserer Form die 
Maximalbreite der Schale die Lange des Schlossrandes ziemlich 
ûbertrifft. 

Untersuchte Stuche: 9. 

2. Spiriferina moluccana, n. sp. 

Die kleine Species gehôrt mit der vorigen Art wohl in dieselbe 
Gruppe, sic unterscheidet sich jedoch augenfàllig durch ihre Skulptur. 
So enthâlt vor Allem der Mediansinus der Ventralklappe einen 
schwachen Wulst und die Medianfalte der Dorsalklappe spaltet sich 



95 

im oberen Drittel in zwei gleich starke Aeste. Die Punktierung der 
Sehale scheint grober zu sein als bel der vorigen Art. 
Untersuchte Stûcke: 5. 

3. Spiriferina malayana, n. s p. 

Von dieser kleinen Art liegen mir nur die Wirbelpartien der 
Ventralklappen vor, sodass hier die Gattungsbestimmiing besonders 
unsicher ist. Die Stûcke unterscheiden sich von den Ventralklappen 
der beiden vorher erwixhnten Spezies dadurch, dass die Skulptur 
nicht aus wenigen Falten, sondern ans dichtstehenden Rippen besteht, 
die vom Wirbel radial zum Stirnrande ausstrahlen. Die Punktierung 
der Sehale erscheint bei der vorliegenden Erhaltung fein, aber doch 
durchaus deutlich. 

Untersuchte Stûcke: 10. 

Athyris, M'Coy. 

Zur Gattung Athyris rechne ich mehrere Stûcke, die sich nach 
ihrer âusseren Form vielleicht in zwei Abarten unterscheiden lassen. 
Da die Oberflàche glatt erscheint, so wûrden beide nach Zitïel- 
Eastman, Text-Book of Palaeontology, S. 339, zur Gruppe Seminula 
gehoren. 

4. Athyris ambonensis. n. sp. 

Die Art erinnert an gewisse Formen der sehr variablen Seminula 
subtilita, Hall, sie ist dreiseitig, langer als breit, an mehreren Exem- 
plaren habe ich durch Anschleifen die Durchschnitte der Spiralen 
blosslegen konnen. Ein einzelnes Exemplar ist breiter als lang, man 
konnte es vielleicht als Var. moluccana unterscheiden. 

Untersuchte Stûcke: 6. 

Rhynchonellidae, d'Orbigny. 

5. Rhynchopora ambonensis, n. sp. 

Die kleine, mit ca. 24 Rippchen bedeckte Art erinnert in der 
âusseren Form an Rhynchonella multirugata, de Koninck, oder an 
Rhynchonella Carapezzae, Gemmellaro, doch wird bei diesen beiden 
Arten keine Punktierung der Sehale angegeben. 

Untersuchte Stûcke: 35. 



96 

6. Rhynchopora malayana, n. sp. 

Die kleine Art unterscheidet sich von Khynchopora ambonensis 
durch grossere Dicke, auch ist der Sinus der Ventralklappe stets 
deutlich entwickelt. Bei einem einzelnen Exemplare ist letzteres ganz 
besonders der Fali, man kônnte dièses Exemplar vielleicht als Var. 
moluccana abtrennen. Unsere Formen erinnern an Rhynchopora 
Nikitini, Tschernyschew, sie sind aber dreiseitiger, mehr geflûgelt 
und mehr deprimiert. 

Untersuchte Stûcke: 30. 

Terebratulidae, King. 

7. Dielasma ambonense, n. sp. 

Die Species erinnert an Dielasma biplex, Waagen, unterscheidet 
sich aber durch ihre àussere Form. Die krâftigen Zahnstiitzen der 
Ventralklappe habe ich durch Absprengen des betrefFenden Wirbels 
freigelegt. Die Punktierung der Schale ist sehr deutlich. 

Untersuchte Stûcke: 4. 

8. Waldheimia ambonensis, n. sp. 

Drei mir vorliegende Stûcke dûrften zu Waldheimia gehoren. Mit 
schon beschriebenen Arten vermag ich das Vorkommen nicht zu 
vergleichen. 

Es liegen ausserdem noch Reste anderer Brachiopoden vor, die 
aber zu mangelhaft erhalten sind, um eine nâhere Bestimmung zu 
ermôglichen. Ferner befindet sich in der Sendung des Herrn Kapitiin 
Clignett an Herrn Verbeek, wie schon eingangs erwâhnt, ein an- 
scheinender Pflanzenrest. 

Wenn man versucht, auf Grund der obengenannten Brachiopoden 
einen Schluss auf das genaue Alter der sie umschliessenden Kalke 
zu ziehen, so stosst man auf unûberwindiiche Schwierigkeiten. Die 
Arten scheinen mir aile neu zu sein, sind also zur engen Horizon- 
tierung nicht ohne weiteres verwendbar. Aber auch die Gattungen 
fuhren zu keinem befriedigenden Ergebnis. Spiriferina reicht nach 
ZiTTELs Grundzûgen der Palâontologie (1903) vom Karbon bis zum 
Lias, Athyris vom Silur bis zur Trias, Waldheimia vom Silur bis 
in die Jetztzeit. Die Gruppe Dielasma giebt Zittel 1. c. S. 269 von 



.97 

Devon bis Perm an, doch reicht sie bis in die obère Trias. Esbleibt 
deshalb nur Rhynchopora. Dièse Gattung ist nun allerdings meines 
Wissens bisher nur im obern Karbon und in der Dyas bekannt, 
und sie ist um so wichtiger, als hier die Gattungsbestimmung nicht 
zweifelhaft ist. Aber es muss nachdrûcklich erwâhnt werden, dass 
das entscheidende Merkmal von Rhynchopora, nâmlich die punktierte 
Schale, leicht iibersehen werden kann. Es ist deshalb sehr wohl 
môglich, dass die in Frage stehende Gattung auch noch ins Mesozoikum 
hinaufreicht. Immerhin bin ich, wenn auch mit aller Reserve, geneigt, 
den Brachiopodenkalken der In sel Ambon ein jung-palâozoisches 
Alter zuzuschreiben, man darf es vielleicht um so cher, als jûngeres 
Palâozoikum sowohl von Timor als auch von Sumatra bekannt ge- 
worden ist. Fur jûnger als Trias wird man unsere Brachiopodenkalke 
kaum halten konnen. 

Freiburg ijBr.j 10 August 1905. 

(Gez.) G. BoEHM. 

Conformément à la détermination du prof. Boehm, le terrain a été 
indiqué, sur les cartes nos. I et II, comme paleozoïque supérieur ; toute- 
fois avec un point d'interrogation, car cet âge n'est pas encore tout 
à fait fixé, et il se pourrait que, par la découverte de nouveaux fos- 
siles, ce terrain fût reconnu comme iriasique. ^ 

Composition pétrographique des roches. 

La plupart des grès jaune clair sont trop friables pour se laisser 
tailler en plaques minces; tels sont, entre autres, le n°. 84 au-dessus 
de Routoung, le n". 86 à l'ouest de la Waï Jouwa, à 250 m. d'altitude, 
l'un et l'autre sur la route de Routoung à Ambon, et le n". 188 au 
sud de Kousou kousou sereh, sur la route de Mahija. Ils consistent 
en grains de quartz dans une pâte d'argile ferrugineuse, et de nom- 
breuses petites paillettes de mica. Certains grès contiennent des veines 
minces de quartz. Il n'est pas douteux que ces grès n'aient été 
constitués par des débris de granité. 

N*». 72. Grès gris verdâtre clair, dans la vallée de la Batou gadjah, 
en dessous du calcaire. Au microscope, des éclats de quartz avec 
inclusions de bulles liquides, des feldspaths ternes, de petits morceaux 

7 



limpides de plagioclase, quelques sections allongées de rauscovite, de 
petits grains de rutile, du minerai noir spongieux, ainsi que des 
grains de pyrite dans une pâte argileuse trouble, gris clair, contenant 
un très grand nombre de petites fibres de mica extrêmement fines. 
Donc, un gravier de granité. La croûte d'altération est brune. Grès. 

N". 73. Encore un grès de la vallée de la Batou gadjah, en dessous 
du calcaire, mais plus en amont. En échantillons, il est brun-grisâtre, 
à petits i)oints blancs (particules de kaolin). Au microscope, le grain 
est un peu plus grossier que celui du no. 72 ; la roche contient cepen- 
dent les mêmes éléments, sauf la pyrite. La couleur brune est pro- 
duite par l'hydroxyde de fer. Ch^ès. 

N". 74 (= n°. 222). Calcaire de la vallée de la Batou gadjah, 
au-dessus des nos. 72 et 73. En échantillons, compacte, de teinte gris 
clair, sans fossiles. Au microscope, la pâte trouble consiste entièrement 
en très petits grains de calcaire spathique. Elle contient quelques 
baguettes limpides, aiguilles de spongiaires peut-être, et un très grand 
nombre de particules irrégulièrement limitées qui se font remarquer 
par une teinte un peu plus sombre que la pâte. Elles paraissent 
appartenir à des foraminifères, mais on n'a pu en déterminer aucune, 
leur structure n'étant visible nulle part. Calcaire. 

N". 82. Montagne en arrière de Routoung. Ce grès jaune clair ou 
jaune-verdâtre est très friable. Au microscope, du quartz, du minerai 
et des grains de pyrite dans une masse argileuse trouble, colorée en 
brun par de l'hydroxyde de fer. Cette pâte argileuse polarise en 
fibres, par le présence d'un grand nombre de paillettes de mica 
excessivement fines. Encore un débris de granité. Grès. 

N". 201. Roche gris-verdâtre, assez compacte, à grain fin, en blocs 
incohérents et aussi à l'état massif dans le cours supérieur de la 
Waï Rikan, au nord du mont Api angous. La roche est traversée 
par de minces veines de quartz. Au microscope, des fragments 
anguleux ou arrondis de quartz, du feldspath trouble (orthoclase), 
de petits morceaux de plagioclase et de la muscovite incolore; le 
tout dans une pâte trouble de particules de quartz, de fibres vert 
clair de mica, de particules troubles d'argile, de grains de titanite, 
de minerai de fer avec leucoxène et de pyrite. Grès dur. 

Nos. 203a et 203. Grès en bancs épais dans la Waï Warsia, en 



99 

amont du passage du sentier de Halong à Routoung, par le mont 
Api angous. Couleur gris-bleuâtre; roche dure, à grain fin. Le n'^. 203 
sont des fragments roulés des couches 203a; ils sont gris-verdâtre 
et durs. En échantillons, et aussi au microscope, ils ressemblent fort 
au n". 201. On observe au microscope quelques gros éclats de quartz 
avec de nombreuses inclusions de bulles liquides, dans une pâte plus 
fine, consistant en particules de quartz et de mica; ces dernières 
incolores ou vert clair, avec ilménite, titanite, leucoxène, pyrite, 
apatite, quelques zircones, très peu de calcite, ainsi que des taches 
d'hydroxyde de fer. Des particules troubles avec fibres de mica ont 
été probablement de l'orthoclase. Aussi des plagioclases qui polari- 
sent encore distinctement, toujours à petits angles d'extinction 
(8° à 10°). Le mica tordu en corde est peut-être de la biotite 
décolorée; dans un seul éclat de quartz on trouva encore une pail- 
lette inaltérée de biotite; mais la plus grande quantité de mica est 
de la muscovite incolore ou vert clair. Grh^ évidemment un gravier de 
granité, de porphyre quartzifère et peut-être aussi de diabase quartzifère. 

N". 219. Couche inférieure de calcaire dans la rivière Batou gantoung, 
au-dessus du rocher Batou Sëmbajang, entre des grès; épaisseur 8 m. 
Ce calcaire grisâtre sombre, compacte, contient quelques coquilles, 
des brachyopodes (décrits ci-dessus par le Prof. Boehm), dont on 
peut voir les sections au microscope. Pas de foraminifères reconnais- 
sablés. Du minerai et de l'hydroxyde de fer. La roche est en grande 
partie microcristalline. Calcaire. 

W. 220. Couche supérieure de calcaire dans la rivière Batou gantoung, 
plus en amont, entre des grès; épaisseur 8 m. En échantillons, grisâtre 
sombre jusqu'au grisâtre clair, compacte ; çà et là avec veines de calcaire 
spathique ; parfois brécheuse, par des morceaux de calcaire de teinte 
claire dans un calcaire plus sombre. Pas de grands fossiles, ni coquilles 
ni foraminifères. Au microscope, le calcaire brécheux laisse voir des 
morceaux de calcaire troubles, de teinte claire, microcristallins, gisant 
dans une pâte sombre. Dans ces morceaux clairs, on peut voir des 
sections de foraminifères, qu'on ne peut cependant pas déterminer. 
La pâte sombre consiste aussi essentiellement en calcaire spathique, 
avec beaucoup de minerai, en grains et en particules spongieuses et 
en forme de taches, et coloré par un pigment brun sombre, en granules 



lôô 

très petits. Ensuite, un très grand nombre de petits fragments de 
quartz avec inclusions de bulles liquides et un bord de particules 
limpides de calcite; peu de feldspatb limpide avec de fines stries 
croisées, probablement de la microcline ; des particules troubles sont 
sans doute en partie de l'orthoclase transformée, en partie des mor- 
ceaux d'un schiste compacte. Pas de foraminifères. C'est donc un 
calcaire, avec inclusions de débris de granité. 

N". 221. Grès dur, gris-verdâtre, en amont du calcaire n°. 220, 
interposé dans des grès tendres et des schistes argileux dans la rivière 
Batou gantoung. Au microscope, il ressemble beaucoup aux nos. 201 
et 203a; il est seulement d'un grain un peu plus fin, et il contient 
beaucoup de pyrite. Grès dur. 

N°. 222 (= n°. 74). Calcaire compacte, grisâtre clair; affleurant 
dans le lit de la rivière Batou gadjah. Recueilli plus tard que le 
n**. 74, mais du même gisement. Des particules rondes de calcaire 
spathique sont probablement des sections de minces pédicules de 
crinoïdes. A l'oeil nu, d'ailleurs, on ne peut voir aucun fossile. Au 
microscope, la roche microcristalline, de teinte claire, est totalement 
remplie de sections un peu plus sombres de foraminif«Tes et autres 
fossiles, que l'on ne peut absolument pas déterminer. Calcaire. 

V, Roches éruptives récentes. 

Nous arrivons maintenant au grand groupe de roches éruptives, 
que j'ai déjà réunies en 1899, dans mon mémoire n". 42 (Over de 
géologie van Ambon I) sous le nom d'wAmbonites», parce que, bien 
que fort différentes par le caractère pétrographique, elles se font 
connaître comme des membres d'une même famille, tant par la façon 
dont elles se présentent, toujours ensemble, que par certains éléments 
caractéristiques; il est donc désirable de se servir pour elles d'un 
seul nom collectif, afin de ne pas devoir à chaque instant retomber 
dans des descriptions détaillées lorsqu'on parle de ces roches d'une 
manière générale. Ceci n'empêche pas cependant que les divers mem- 
bres de ce groupe peuvent être désignés chacun par une dénomination 
spéciale, et le seront aussi d'ailleurs; de sorte que le choix d'un nom 
collectif n'a nullement pour but ici d'y comprendre des grandeurs 
inconnues, ainsi que cela se pratique quelquefois. 



101 

Âge. Dans la détermination de l'âge de ces roches, on rencontre 
quelques difficultés, parce que les sédiments qui y succèdent immé- 
diatement sont d'âge tertiaire très récent sinon quaternaire. 

Dans la montagne au sud d'Amahousou il existe de la péridotite 
au flanc de la montagne jusqu'à l'altitude de 317 m.; elle est re- 
couverte jusqu'à la ligne de faîte par une roche porphyrique micacée 
qui appartient à nos Ambonites et qui est donc plus jeune que 
la péridotite. 

Avant mon arrivée à Ambon, je ne doutais pas de l'âge tertiaire 
de ces roches, non seulement parce qu'elles avaient été décrites par 
ScHROEDER VAN DER KoLK commc uuc dacitc commune, mais aussi 
par ce qu'un géologue Indien est fort porté à tenir pour tertiaires 
toutes les roches éruptives récentes, vu que tel est constamment le 
cas dans la partie occidentale de l'Archipel Indien. 

Mais, aussitôt mon arrivée à Ambon, mon opinion s'est modifiée 
rapidement; j'ai constaté que le Touna ou Wawani n'était pas un 
volcan ; et même qu'il n'y avait presque rien à voir d'anciennes ruines 
volcaniques; j'ai reconnu que les roches éruptives étaient tout autres 
que les tertiaires, même les plus anciennes de Java et de Sumatra; 
en échantillons déjà elles sont moins fraîches le plus souvent, et 
d'ordinaire elles ont des teintes remarquablement pâles, parfois presque 
blanches, à l'exception des membres basiques de la famille, les méla- 
phyres, qui sont gris-verdâtre ou vert-grisâtre, parfois presque noirs; 
mais ces derniers ne ressemblent en rien à nos basaltes tertiaires, 
qui renferment presque toujours de l'olivine encore inaltérée, tandis 
que ce minéral n'existe que très exceptionnellement sans altération 
dans les mélaphyres d' Ambon, où il est presque toujours totalement 
décomposé. C'est seulement dans les croûtes vitreuses de ces roches 
qu'il existe encore de l'olivine inaltérée et même très fraîche. Ensuite, 
les Ambonites renferment de gros cristaux de cordiérite bleue et de 
grenat rouge brun, qui donnent à ces roches un caractère tout parti- 
culier, difîérent de tout ce que nous avons pu trouver jusqu'ici dans 
l'Inde. Par contre, en Europe, ces deux minéraux — le plus souvent 
en inclusions, provenant de roches plus anciennes, principalement 
de gneiss à cordiérite, ou formées par la fusion de ces fragments — 
se présentent également dans les andésites et les dacites, qui sont 



102 

rattachées à la période tertiaire, quoique pas toujours avec une certi- 
tude absolue. C'est ainsi que parmi les roches du Cabo de Gâta, en 
Espagne méridionale, une petite partie, la «vérité" ^ est plus récente que 
le pliocène; les andésites à pyroxène sont pZiocèTîes; mais la plus grande 
masse, notamment les andésites à hornblende et à mica, ainsi que 
les dacites, sont plus anciennes que le pliocène; et l'âge ne peut être 
déterminé plus exactement, à défaut de sédiments tertiaires plus 
anciens. Ce n'est que dans ce dernier groupe (andésites à hornblende 
et à mica et dacites) qu'il existe des filons de minerai, ce qui indique 
un âge notablement plus avancé relativement aux autres roches. 
(A. OsANN. Ueber den geologischen Bau des Cabo de Gâta. Zeitschr. 
d. d. geol. Gesellsch. XLIII, 1891, S. 342 und 344). 

Les roches à cordiérite des Maremmes de la Toscane (Campiglia 
marittima, Roccastrada, etc.) appartiennent toutefois, d'après Lotti, 
Dalmer, Matteucci et d'autres encore, à la période tertiaire, il en 
est de même, selon Koch, de celles de la chaîne de montagnes à 
la rive droite du Danube, au nord de Buda-Pesth (B. Lotti: Corre- 
lazione di giaciatura fra il porfiro quarzifero e la trachite quarzifera 
nei dintorni di Campiglia. Atti délia Società Toscana. Vol. VIL 
K. Dalmer: Die Quarztrachyte von Campiglia etc. Neues Jahrb f. 
Min. 1887 II, S. 206—221. R. V. Matteucci: La regione trachytica 
di Roccastrada (Maremma toscana). Boll. R. Com. geol. d'Italia 1890 
I, p. 237. A. Koch: Geologische Beschaffenheit der am rechten Ufer 
gelegenen Hâlfte der Donautrachytgruppe (St. Andrâ-Visegrader Ge- 
birgsstock) nahe Budapest. Zeitschr. d. d. geol. Gesellsch. XXVIII 
1876, S. 298-349). 

On a rencontré aussi de la cordiérite dans une andésite de Lipari 
(A. Bergeat. Cordierit- und granatfiihrender Andesit von der Insel 
Lipari. Neues Jahrb. f. Min. 1895 II, S. 148). 

L'âge d'une roche à cordiérite (vitrophyrite) de l'Afrique du Sud, 
décrite par Molengraaff, est inconnu. (N. Jahrb. f. Min. 1894 I, S. 79) 

Dans les Indes néerlandaises on ne connaît des rognons de cordiérite 
qu'au Sapoutan, comme fragments d'âge inconnu inclus dans des pro- 
duits d'éruptions récentes de ce volcan. (H. Bûcking. Cordierit von Nord- 
Celebes etc. Berichte der Senckenb. naturf. Gesellsch. in Frankfurt am 
Main 1900, S. 3—20). On a aussi trouvé de la cordiérite à certains volcans 



103 

du Japon (l'Asama, l'Iwaté et dans une colline près de Nagano) ; jamais 
il est vrai dans les coulées de lave mêmes, mais exclusivement dans 
des blocs blancs projetés par le volcan, à cassure conchoïdale, qui 
sont donc évidemment aussi des fragments anciens. (B. Kotô. On the 
géologie Structure of the Malayan Archipelago. Journal of the Collège 
of Science. Tokyo, XI, 1899, p. 97, note 32). 

Dans les roches d'éruption tertiaires et plus récentes de l'ouest de 
l'Archipel Indien, les roches vitreuses sont déjà peu fréquentes, et 
même les verres hydrofères sont particulièrement rares. Or ce sont 
précisément ces derniers qui, à Ambon, se rencontrent en très grande 
quantité parmi nos jeunes roches d'éruption. 

Enfin la teneur en bronzite des espèces acides des Ambonites est 
bien plus grande que dans les andésites tertiaires de l'Inde, au point 
même qu'il n'est pas rare que l'augite y manque totalement. C'est 
seulement dans les mélaphyres d'Ambon que le pyroxène rhombique 
arrive à l'arrière-plan relativement au pyroxène monoclinique. 

Les points que nous venons d'énumérer donnaient aux Ambonites 
une place tout à fait spéciale parmi les roches éruptives de l'Inde, 
et rendaient déjà invraisemblable qu'elles pussent appartenir à la 
période tertiaire, bien qu'on restât toujours dans l'attente de données 
plus précises relativement à leur âge. C'était donc une heureuse 
trouvaille, lorsque nous rencontrâmes dans l'ouest de Hitou et à la 
pointe occidentale de Leitimor des mélaphyres divisés en sphères 
irrégulières et à croûtes vitreuses; ces dernières se montraient, 
à l'examen microscopique, parfaitement identiques à une roche 
vitreuse de la baie de Tjilëtou, dans l'ouest de Java, qui y fait égale- 
ment partie des roches très rares et qui, à la vérité, n'a été trouvée 
qu'en blocs incohérents roulés dans le lit de la petite rivière Bouwaj a, 
mais provient incontestablement de conglomérats grossiers, affleurant 
plus haut dans la rivière comme base du terrain éocène (Verbeek 
et Fennema, Description géologique de Java et Madoura 1896, p. 556). 
Dans tout le terrain de Tjilëtou, ces conglomérats consistent exclu- 
sivement en blocs roulés et en fragments de roches pré-tertiaires, 
notamment de diabases et de mélaphyres, de calcaires cristallins, 
probablement crétacés, sans pétrifications, de tuf diabasique vert 
terne, de quartzites et de quartz blanc de filon. Il n'existe pas 



104 

d'andésites dans ces conglomérats, et ne sauraient d'ailleurs y exister, 
car nulle part dans le voisinage on ne trouve de roches éruptives 
tertiaires; ce n'est qu'en dehors du terrain de Tjiletou proprement 
dit, au pied de la paroi du Lingkoung, dans la vallée de la Tji 
(rivière) Kanté, et plus au nord, près du village Tjiemas, qu'elles 
commencent à se montrer, et encore seulement en filons de faibles 
dimensions. En mai 1901, lors d'un voyage spécial au rocher «Batou 
nounggoul» (Verbeek et Fennema, 1. c. p. 559), je me suis assuré 
de nouveau de ce fait, que les andésites font défaut dans ces conglo- 
mérats. Comme ce voyage avait un autre but, et que mon temps 
était fort limité, je ne pus alors, à mon grand regret, visiter la Tji 
Bouwaja elle même; mais il résulte clairement de ce qui précède, 
que la roche vitreuse trouvée dans cette petite rivière appartient 
indubitablement aux diabases et mélaphyres crétacés ; elle aura formé 
des croûtes autour des masses sphériques irrégulières, fendues radiale- 
ment, suivant lesquelles se disjoignent les mélaphyres de Tjiletou, 
tout comme ceux d'Ambon. Auparavant il me semblait donc plus 
correct de remplacer, pour ce verre de Tjiletou, le nom de palagonite 
par celui de verre mélaphyrique, puisque nous avons affaire à une 
roche pré-tertiaire. Il a été décrit par Rosenbusch (Ueber einige vul- 
kanische Gesteine von Java. Berichte der naturf. Geselsch. zu Freiburg 
in Br. 1872) et par Bkhrens (Beitrâge zur Pétrographie des Indischen 
Archipels. Verh. d. Kon. Akad. v. Wetenschappen. Amsterdam XX 1880, 
bdz. 17 — 19, Fig. 6), qui tous les deux, et à tort d'après moi, classent 
cette roche parmi les verres volcaniques jeunes (tertiaires). 

L'analogie, au point de vue du caractère pétrographique, des 
mélaphyres de Java et d'Ambon, avec des croûtes vitreuses rend 
vraisemblable un seul et même âge pour ces roches excessivement 
rares; et c'est ainsi que j'en suis arrivé à admettre que les Amboni tes 
basiques appartiennent au terrain crétacé. 

Les Ambonites acides ne forment, pour autant que j'ai pu le con- 
stater, aucune transition aux mélaphyres ; mais à Hitou, ces derniers 
renferment çà et là des cristaux de bronzite, du quartz et de la cor- 
diérite, ce qui les met en rapport intime avec les autres Ambonites. 
A Hitou la partie supérieure du mont Kerbau, depuis l'altitude de 
+ 280 m. jusqu'au sommet (478 m.), consiste en mélaphyre, tandis 



106 

que sur le flanc de la montagne, près d'une petite cime avancée de 
300 m. d'altitude, se présentent de gros blocs d'une Ambonite acide ; 
et au pied, à la baie d'Ambon, la même roche est à nu près du hameau 
Batou Koubour, séparée en plaques épaisses, qui ont une inclinaison 
vers le sud. Ici le centre de la montagne consiste donc en mélaphyre ; 
le versant ou le flanc en une roche plus acide; et comme le méla- 
phyre renferme des cordiérites bleues et du quartz en formes pro- 
fondément corrodées, qui peuvent très bien provenir des Ambonites 
acides, lesquelles sont d'ordinaire riches en ces cristaux, ce fait 
témoignerait en faveur d'un âge plus récent pour le mélaphyre. Une 
nouvelle visite à cette montagne, en 1904, m'a toutefois donné la 
conviction que l'âge relatif ne peut être déterminé ici avec certitude, 
et que le mélaphyre pourrait y être plus ancien, si les cordiérites 
en question provenaient de roches plus anciennes, gneiss ou granité. 
En d'autres lieux encore, le mélaphyre paraît parfois plus ancien que 
les Ambonites acides, mais il ne m'a pas été possible de reconnaître 
partout cette même difl'érence d'âge entre ces produits d'éruption 
divers; je les range donc tous dans la période crétacée. 

Martin tient cependant un âge tertiaire pour probable. Dans son 
mémoire 40, p. 721, il dit: «Thatsache ist, dass das eigenthumliche, 
durch Cordierit und Granat ausgezeichnete Wawanigestein in Indien 
ausserhalb Ambon uberhaupt noch nicht bekannt ist; ich habe es 
daselbst zuerst gesammelt ; (en 1828 déjà S. Mùller recueillit ces roches 
à Ambon, donc plus d'un demi siècle avant Martin, et Leonhard les 
détermina comme roches «trachytiques» à pâte gris-clair, où gisent 
des cristaux de tourmaline bleue (il faudrait cordiérite, V.) de feld- 
spath et de mica; voir au chapitre «Bibliographie" la relation du 
mémoire n". 9) ; in Europa rechnet man analoge Vorkommnisse aber 
zu den Quarzandesiten«. 

Là où il s'agit de déterminer l'âge de roches éruptives d'après 
leur analogie avec d'autres, il est incontestablement préférable de 
commencer par les îles voisines; c'est ainsi que j'ai procédé pour 
le mélaphyre à croûte vitreuse, par ce que dans le terrain de Tjiletou, 
dans l'ouest de Java, il appartient indubitablement au groupe des 
diabases crétacées; cela a du moins plus de valeur, que de les com- 
parer uniquement à des roches d'Europe. C'est pourquoi Martin a 



106 

cherché à démontrer, que l'âge de mes mélaphyres n'a rien de commun 
avec celui des Ambonites acides, c -à-d. de ses dacites. Dans le mémoire 
n". 4IO, p. 721, nous trouvons: -«er (c.-à-d. Verbeek) identificirt dasselbe 
(savoir le mélaphyre du cap Nousaniwi, V.) mit einem fiir cretaceïsch 
angesehenen Eruptivgesteine von Java. Aber wenn auch, wie ich 
vorlâufig annehmen will, nicht der geringste Zweifel ùber das creta- 
ceïsche Alter des Gesteins vom Kap Nusaniwi bestehen sollte, so ist das 
Wawanigestein damit noch nicht bestimmt(') ; denn ersteres stellt unter 
den Eruptivgesteinen von Ambon einen ganz besonderen Typusdar». 

Cependant, dans mon mémoire n". 42, p. 18, j'ai déjà fait ressortir 
clairement, que les mélaphyres sont étroitement liés aux membres 
acides de ce groupe, par la présence de bronzite et de cordiérite, 
et aussi par l'habitus le plus souvent frais des feldspaths et d'autres 
éléments encore. La différence d'âge, qui existe aussi d'après moi, ne 
peut donc en aucun cas aller si loin que les premiers seraient cré- 
tacés et les autres tertiaires. 

Quelques lignes plus loin (Le. pp. 721 et 722), Martin veut encore 
démontrer, par la situation des roches, qu'elles ne sauraient être cré- 
tacées; et cela, parce que les roches éruptives riches en verre, qui 
se sont formées en grande partie sous la mer, ne sont recouvertes 
nulle part par des sédiments crétacés et vieux-tertiaires, mais seule- 
ment par des calcaires coralliens quaternaires, ou tout au plus tertiaires 
très jeunes. Il en conclut «dass die Entstehung des Wawanigesteins 
nicht weiter als in die altère Tertiairzeit zurûckreichen kan». 

C'est bien là l'argument le plus faible que Martin pût invoquer; 
car, s'il avait poursuivi son raisonnement d'une manière logique, il 
aurait dû arriver à la conclusion, que les Ambonites appartiennent 
à l'époque pliocène ou à la période quaternaire, parce que non seule- 
ment les sédiments crétacés et tertiaires anciens, mais encore les 
sédiments miocènes anciens, moyens et récents manquent comme 
base des calcaires coralliens! H faut donc refuser à cette preuve 
(soi-disant) toute importance, car la situation sous du calcaire corallien 
récent et l'absence de sédiments eocènes et crétacés ne nous apprend 
absolument rien sur l'âge des roches éruptives d'Ambon. 



(1) 11 aura voulu dire: „so ist das Alter des Wawanigesteins damit noch nicht bestimmt. 



107 

Dans un mémoire postérieur (n". 4L7) «Reisen in den Molukken, 
Geologischer Theil. 2te Lief., Seran und Buano», il revient encore 
une fois sur les roches d'Ambon et leur ancienneté dans un «Nachtrag 
zu Ambon und den Uliassern» ; et il nous sert encore une fois 
l'ancien argument des « Lagerungsverhâltnisse » (rapports de situation) 
qui, comme je viens de le dire, n'a aucune valeur; il y ajoute, 
qu'un tuf à radiolaires de Nousalaut, tertiaire probablement, contient 
des micro-organismes qui sont les mêmes que ceux d'un calcaire 
tertiaire de Hitou; il appelle cela une preuve paléontologique de 
l'âge tertiaire des roches éruptives, ce qu'elle n'est pas plus évidem- 
ment que la couverture de calcaire corallien jeune dont j'ai parlé 
ci-dessus. De plus la détermination de l'âge d'un calcaire, principale- 
ment d'après les radiolaires ou les piquants de spongiaires, est très 
problématique. Enfin, il donne la description microscopique de deux 
roches et d'un tuf d'Ambon et de Saparoua, que F. von Wolff 
classe dans les andésites quartzifères et les dacites, et de nouveau 
Martin en tire un argument en faveur de l'âge tertiaire des Ambonites. 
Mais tout pétrographe sait que la détermination de l'âge de roches 
éruptives, et surtout la distinction entre les crétacées et les tertiaires 
anciennes, est totalement impossible en se basant uniquement sur le 
caractère pétrographique, et ne peut se faire exclusivement que par 
leur relation avec des couches sédimentaires d'une ancienneté connue. 
Aucun des pétrographes cités par Martin ne songera donc à fixer Vâge de 
ces roches de l'Inde, uniquement par l'analogie que présentent quelques- 
unes d'entre elles avec les dacites tertiaires de l'Europe. La ressemblance 
des mélaphyres d'Ambon avec des roches éruptives crétacées de Java, 
et les rapports de ces mélaphyres avec les Ambonites acides, ont pour 
moi plus de valeur que leur ressemblance avec les dacites d'Europe. 

Bien que la preuve concluante de cet âge ne puisse être fournie 
pour le moment, je considère donc un âge crétacé' comme le plus 
probable pour les Ambonites; et c'est pour ce motif qu'antérieure- 
ment, conformément à cette manière de voir, je les ai désignées sous le 
nom ancien de «porphyrites» et non sous la dénomination plus 
récente d'« andésites '» et de -dacites». Dorénavant, je les appellerai 
«andésites» etc., parce que les Ambonites acides, relativement jeunes, 
se rapprochent pour l'âge et l'habitus des roches tertiaires, ce qui est 



108 

naturel et ce que j'ai déjà fait remarquer moi-même dans mon mémoire 
n°. 4t2, p. 19; et encore, parce que le nom de «porphyrite" pourrait 
éveiller, chez ceux qui tiennent encore beaucoup aux noms, l'idée 
d'une roche très ancienne. Mais cette dénomination à été choisie dans 
cette idée que, d'après moi, on a affaire à des ««méso-andésites», 
des «méso-liparites» et des «méso-dacites» (voir p. 42). Quant aux 
membres basiques des Ambonites, je continue à les désigner sous 
leur ancien nom, tout d'abord parce qu'ils n'offrent pas beaucoup 
d'analogie avec nos basaltes tertiaires; d'autre part, à Java, je lésai 
déjà décrits comme mélaphyres, de sorte que je me servirais autre- 
ment de deux noms différents pour une seule et même roche. Moi- 
même, je n'attribue plus à ces noms aucune signification spéciale 
d'âge et, ainsi que je l'ai déjà fait observer plus haut (p. 41), ce 
serait une simplification heureuse, si on comprenait sous un seul 
nom les roches correspondantes anciennes et récentes. Il est en effet 
de plus en plus évident, que des roches à habitus ancien se présentent 
jusque dans le tertiaire et que des roches à caractère récent aj^parais- 
sent déjà dans la période crétacée. C'est ainsi que les roches éruptives 
de la chaîne du Plessur, en Suisse, sont décrites tout bonnement 
comme des diabases par Bodmer-Beder, bien qu'il les rattache à la 
période éocène. (Il est néanmoins possible, d'après moi, que ces roches 
soient encore crétacées ; voir ci-dessus p. 57). A Java, on connaît des 
roches d'éruption, en couches alternantes avec des sédiments eocènes 
à nummulites, qui ressemblent parfaitement à de la diabase et à de 
la diorite; pour faire ressortir leur âge tertiaire, je les ai désignées 
sous le nom «d'andésites» mais en y ajoutant <«à habitus ancien» 
(Verbeek et Fennema. Description géologique de Java et Madoura, 
pp. 948 à 952). Par contre, dans l'Inde Britannique, on trouve 
des roches à caractère de jeune basalte, dont la partie la plus an- 
cienne appartient probablement au terrain crétacé (Medlicott and 
Blanford, Manual of the Geology of India, 2n(i édition, 1893, Chapter 
XI, p. 282). Et nos Ambonites, que nous classons aussi dans le crétacé, 
ont les unes un caractère ancien, les autres un caractère récent. Il 
est donc certes désirable de n'attribuer, pour l'ancienneté, aucune 
signification déterminée aux noms des roches éruptives, pas plus qu'à 
ceux des sédiments (grès, calcaire), et de comprendre sous la même 



dénomination les produits d'éruption correspondants, d'âges divers, 
ainsi que cela est déjà fait pour le granité, la péridotite et la serpentine. 

Les Ambonites comprennent des roches de composition très diverse ; 
ce sont pour la plupart des roches porphyriques, à pâte fine, dans 
laquelle gisent de gros cristaux, ce qu'on nomme des cristaux por- 
phyriques. Cette pâte est parfois lithoïde, microcristalline, mais sou- 
vent riche en verre. 

On peut y distinguer les groupes suivants : 

Andésite à bronziie et andcsite à quartz et bronzite. Du plagioclase, 
de la bronzite et dans la dernière roche aussi du quartz, dans une 
masse fondamentale le plus souvent de teinte claire. Il y existe sou- 
vent de la cordiérite bleue et du grenat rouge-brunâtre; parfois 
aussi un peu de biotite. 

Andésite à mica et andcsite à quartz et mica. Du plagioclase, de la 
biotite, de la bronzite, dans la dernière roche aussi du quartz, dans 
une pâte le plus souvent de teinte claire. Souvent de la cordiérite 
et du grenat. 

Andésite à hornblende et andésite à quartz et hornblende. Du plagio- 
clase, de la bronzite et de la hornblende dans une pâte ; parfois aussi 
de la biotite et du quartz. 

Les deux derniers groupes sont, à proprement parler, des andésites 
à bronzite avec une notable teneur en mica ou en amphibole. Dans 
les roches du second groupe, la bronzite diminue parfois, mais pas 
toujours. La teneur en hornblende est rarement très forte. Les trois 
groupes forment des transitions nombreuses l'un dans l'autre et ils 
sont étroitement liés. 

Liparite (dacite) à caractère de porphyre quartzifère. Du quartz, de la 
sanidine, du plagioclase, dans une pâte de teinte claire. La biotite 
et la bronzite sont d'ordinaire peu importantes. Cette roche se ren- 
contre rarement. 

Roches vitreuses. T^a masse fondamentale des roches quartzifères 
nommées plus haut est souvent fort riche en verre, et il se forme 
ainsi des roches riches en verre et même des verres parfaits, qui ren- 
ferment bien de nombreux microlithes, mais peu de cristaux por- 
phyriques. Ils forment souvent des brèches compactes. 



110 

Mélaphyre, partiellement avec croûtes vitreuses. Du plagioclase, de 
Paugite, de la bronzite, de l'olivine, dans une pâte; parfois aussi de 
la cordiérite et du quartz. 

On peut les réunir dans le schéma suivant: 



AM BONITE S. 


Basiques. 


D'acidité moyenne. 


Acides. 




Andésite 


à bronzite — 


-^ Andésite à quartz et 
bronzite. 

y 
Roches vitreuses 




/ /\ 


des diverses andésites à 




/ / \ 


quartz. 

4 V 




y -i 


/ \ 


/ 


Andésite à Andésite 
hornblende, à biotite. 


Andésite Andésite 

à quartz et à quartz 

hornblende, et biotite. 


r 




i 


Mélaphyre 

(et verre) 




Liparite (dacite) 
à caractère de porphyre 
quartzifère. 



Sur nos cartes nos. i et II, on peut voir comment sont distribuées 
les Ambonites à Leitimor. 

1. Un grand terrain existe dans la partie orientale de la presqu'île, 
au sud du hameau Halérou; le G. Maout (334 m.) en fait partie. Il 
s'étend au nord jusqu'à la Waï Jori et au sud jusqu'à proximité du 
mont gréseux Ehout. 2. Sur le rivage de la baie Intérieure, vis-à-vis du 
cap Martafons, a 1 Va km. à l'ouest de Halong, sur la route de Hatiwi 



111 

këtjil, sont à nu des brèche.s grossières, sous lesquelles la roche ferme 
est à découvert sur une faible étendue. 3. Un vaste terrain se trouve 
sur de la péridotite au sud d'Amahousou et se prolonge jusqu'à la 
côte du sud, près de la baie de Seri. Sur la ligne de partage des 
eaux, la roche est fort altérée et friable. 4. Le dernier domaine se 
rencontre à la pointe ouest de Leitimor, près du cap Nousaniwi, et 
un peu plus au nord-est, à la côte; ici apparaît la variété basique, 
le mélaphyre. 

Nous allons décrire ces diverses roches, non d'après les terrains, 
mais suivant les variétés pétrographiques. 

a. Liparite, à caractère de porphyre quartzifère. 

Ce qu'il y a de caractéristique dans ce groupe, c'est que les éléments 
sombres y sont très faiblement représentés. Il n'y a que peu de roches 
qui y appartiennent. 

N°. 191. Sur la feuille 3 de la carte n". II, on peut voir qu'au 
nord de Routoung, sur la ligne de partage des eaux entre les côtes 
sud et est de Leitimor, la limite du grès et des Ambonites se trouve 
entre les cimes Ehout et Kamala houhoung. A 140 m. environ au 
nord de ce petit sommet, on arrive au cours supérieur de la Waï 
Polang, un affluent de la Waï Tané. Si de la ligne de partage on 
descend d'un peu moins de 20 m. (jusqu'à 180 m. d'altitude environ), 
on trouve dans le lit de la Waï Polang, sur une étendue considé- 
rable, un affleurement d'une roche éruptive ferme (n". 191), qui 
en échantillons rappelle fort un porphyre quartzifère ancien. Elle est 
gris-clair, présente une pâte serrée, ressemblant à du quartzite, dans 
laquelle apparaissent porphyriquement des cristaux de quartz et quel- 
ques paillettes sombres de biotite; elle est fort dure. Cette roche 
est séparée en bancs épais, qui n'ofîrent qu'une faible inclinaison. Au 
microscope, on observe du quartz, en partie sous forme de beaux 
dihexaèdres, sans inclusions liquides, mais à inclusions de particules 
de verre avec bulle adhérente. On a trouvé aussi dans un grain de 
quartz un très petit cristal de pyroxène à extinction droite et faible 
pléochroïsme (bronzite); mais il n'était pas certain si c'était une 
inclusion dans le quartz, ou bien un cristal de la pâte, courbe, qui 
pénétrait le grain de quartz, et qui avait été atteint par la coupe. 



lia 

Beaucoup de ces grains de quartz présentent un bord de particules 
de quartz et de feldspath, dont les premières sont orientées de la 
même manière que le cristal principal et s'éteignent donc (entre 
niçois croisés) toutes à la fois. Les dernières sont parfois fibreuses. 
C'est ce qu'on appelle du «quartz auréolé" (voir Rosenbusch, Physio- 
graphie der massigen Gesteine. 1896. S. 684). Du plagioclase, en 
assez gros cristaux très limpides, parfois à structure zonaire, pres- 
que dépourvus d'interpositions. La plupart présentent de petits angles 
d'extinction (10° environ); des angles supérieurs à 20° de part et 
d'autre de la ligne de suture n'ont pas été observés. On n'a pas pu 
y constater de la sanidine. Il s'y trouve de la biotite, en sections 
brunes, fortement absorbantes, mais en quantité très faible. Ce sont 
là les seuls cristaux porphyriques. La pâte renferme d'abord des 
masses sphéroïdales limpides très nombreuses, souvent avec noyau 
intérieur limpide radialement fibreux, entouré d'un bord jaune 
trouble, qui est enveloppé à son tour par des particules limpides de 
quartz. Entre ces particules gisent quelques petites fibres de mica. 
Le bord jaune trouble, que l'on serait tenté de prendre pour un 
enchevêtrement très fin de feldspath et de quartz, consiste cependant 
aussi en quartz ou calcédoine, car, après l'attaque par l'acide fluor- 
hydrique et la coloration par le vert de malachite, tous les sphérolithes 
restaient complètement limpides. Il est probable qu'ils ont été secon- 
dairement transformés en calcédoine. Le groupement radial des fibres 
n'est presque jamais régulier, de sorte que la croix noire ne s'observe 
pas entre niçois croisés. Le plus souvent on observe, ou bien que 
les sphéroïdes s'éteignent simultanément dans des quadrants ou 
secteurs opposés, ou bien que l'extinction est tout à fait irrégulière, 
par suite d'un groupement des particules dans toutes les directions. 
Entre ces sphéroïdes s^ trouve la pâte proprement dite, consistant 
en particules de quartz et de feldspath, paillettes et fibres de mica, 
petits cristaux de raagnétite, des granules bruns, transparents, d'un 
composé de fer, et des taches brunes d'hydroxyde de fer. Dans 
les fissures de la roche aussi il s'est déposé de l'hydroxj^de de fer, 
avec de la calcédoine et de l'opale. Il y existe probablement aussi 
un peu de verre incolore, mais, par suite de l'énorme quantité de 
particules cristallines, on n'a pas pu l'observer séparément. 



118 

La présence de plat^ioclase parmi les cristaux porphyriques, jointe 
à l'absence totale ou presque totale de sanidine, donne à cette roche 
le caractère d'une dacite. Cependant il résulte de l'analyse chimique, 
qui sera communiquée plus loin, qu'on a affaire à une roche alcaline, 
avec un peu plus de potasse que de soude et peu de chaux. C'est 
donc une liparite. 

h. Andésite à bronziie et andésite à quartz et bronzite. 

Les vraies andésites à bronzite sans biotite ne se rencontrent que 
rarement à Leitimor. A ces roches appartient : 

N". 196. Bloc roulé de la Waï Lastouni, au sud de Touwi sapo 
(feuille 3). Il provient du pied nord-est du Gounoung Maout, mais 
d'un terrain quaternaire. Dans le lit de cette petite rivière gisent 
plusieurs blocs de la même roche. Elle est de teinte gris clair et 
finement poreuse par la présence de nombreuses petites cavités. A 
l'œil nu, on ne peut voir dans la pâte fine que quelques gros cristaux 
d'un feldspath frais. Au microscope, on y aperçoit des plagioclases 
et des bronzites limpides. Les plagioclases sont parfois troubles à 
l'intérieur, ce qui est occasionné par un grand nombre d'inclusions 
d'un verre brun très clair avec bulle d'air enclavée, tandis que le 
bord est limpide et ne renferme presque pas d'inclusions. Ils ont la 
plupart de grands angles d'extinction, atteignant chez quelques-uns 
jusqu'à 30", de part et d'autre de la ligne de suture; et ils appar- 
tiennent en majeure partie à la bytownite et à l'anorthite. Les bronzites 
sont pléochroïques entre le brun clair et le vert clair. La pâte se 
compose d'un verre incolore, qui est totalement rempli de fines 
baguettes et de grains de bronzite avec granules de minerai adhérents 
ou interposés, et de petites particules de feldspath. Autour des cavités 
de la roche existe le plus souvent un bord de chlorite, sombre, vert 
terne, probablement des grains cristallins de bronzite décomposés. 
Le quartz, la biotite et l'augite font défaut. Andésite à bronzite, avec 
pâte riche en verre. 

c. Andésite à hornblende. 

Cette roche, je ne Fai rencontrée nulle part à Leitimor ; elle apparaît 
au contraire â Hitou, bien que rarement. 

8 



114 

d. Andésite à mica et andésite à quartz et mica. 

Nos. 104 et 177. Depuis la côte jusqu'à 100 m. d'altitude environ, 
le terrain au sud d'Amahousou consiste en matériaux quaternaires 
meubles; alors vient la péridotite (feuille 4), que l'on peut suivre, 
dans le sentier qui va d'Amahousou au sud, vers la ligne de partage 
des eaux, jusqu'à la maisonnette habitée par des Binoungkounais, 
à 320 m. d'altitude. On arrive ici dans un terrain fort accidenté, qui 
continue jusqu'à la côte du sud et qui consiste entièrement en tufs 
et en brèches d'une roche micacée, que l'on pourrait, à première vue, 
regarder comme du granité très altéré. Des roches massives, des 
coulées de lave ou quelque chose d'analogue n'y apparaissent pas; 
toute la montagne semble constituée exclusivement de déjections 
incohérentes. Le n". 104 a été recueilli parmi de gros blocs gisant 
dans un gravier fin, près d'une petite cime de 470 m. d'altitude, 
à l'ouest du sommet de 476.7 m. de la ligne de partage (feuille 4). 
Le n". 177 a été recueilli sur cette ligne elle même, au sud du sommet 
de 476.7 m., à 280 m. environ de la limite de la serpentine et à 344 m. 
d'altitude, également dans des matériaux incohérents. Le point d'érup- 
tion, qui a fourni ces produits, n'est plus à reconnaître. Il se peut 
que dans l'espace en fer à cheval, qui s'ouvre vers le sud et qui est 
fermé au nord par l'arête à laquelle appartiennent les sommets de 
476.7 et 467 m. d'altitude, nous devions voir le cratère fort érodé 
de cet ancien point d'éruption. Mais cette cuve peut tout aussi bien 
s'être formée par érosion seule, car les matériaux meubles sont 
emportés très facilement. A comparer ici notre esquisse fig. 16 de 
l'annexe III. La «Montagne rouge» (Roode berg) de cette figure, 
ainsi nommée à cause des effondrements de couleur rouge au flanc 
oriental, est la cime de 467 m. d'altitude de la feuille 4 de la carte. 

N". 104 est, en échantillons, une roche gris-clair, à pâte fine, dans 
laquelle se trouvent porphyriquement des quartz limpides, des feld- 
spaths blancs troubles et de grandes lamelles de biotite. Au micros- 
cope, on voit à côté de grands plagioclases basiques, limpides, quel- 
ques petites sections simples, à stries très fines, avec angle d'extinction 
plus faible, qui appartiennent aussi à du plagioclase; de la sanidine 
n'a pu y être constatée, et sa présence dans ces roches est aussi peu 



115 

probable. Ensuite de la bronzite, (|ui s'est transformée dans les 
fissures en fibres brunes ou brun-vert d'un minéral cbloriteux. A 
cause de la grande friabilité de la roche, les quartz ont disparu en 
majeure partie par le polissage. Ils présentent de nouveau un bord de 
quartz auréolé, qui s'éteint ici totalement en même temps que le 
cristal de quartz. Beaucoup de mica brun, dont les fibres sont souvent 
recourbées. La pâte est microcristalline, et consiste en grande partie 
en petits cristaux de feldspath; puis de petites bronzites, devenues 
brunes par décomposition, du minerai de fer, toujours sans bords de 
leucoxène, et de petits grains bruns, transparents, peut-être aussi des 
bronzites décomposées. Çà et là on voit des particules incolores grou- 
pées radialement, en forme d'éventail, qui consistent en lamelles de 
tridymite empiétant les unes sur les autres, très faiblement biréfrin- 
gentes. C'est un produit secondaire. Andésite à quartz et mica. 

Le n'. 177 est aussi en échantillons une roche terne, gris-clair, 
avec cristaux de feldspath, de bronzite, de quartz et de biotite. Au 
microscope, elle ressemble beaucoup au n°. précédent. Les cristaux 
de quartz contiennent des inclusions vitreuses à forme cristalline et 
bulle d'air adhérente; des inclusions liquides n'y ont pas été observées. 
Les cristaux de quartz, arrondis ou limités par des angles aigus, sont 
souvent bordés de petites particules de quartz polarisantes (comme 
dans le n°. 104), qui s'éteignent en même temps que le cristal de 
quartz. Ici encore il se montre dans la pâte un groupement radial de 
paillettes de tridymite, qui sont souvent voisines de cavités dans la 
roche et sont évidemment secondaires. Andésite à quartz et mica. 

N". 208. Mamelon à l'ouest de Halong, au rivage; le plus haut 
point de la route est à 9.4 m. d'altitude. Les brèches, qui constituent 
ici les collines, n'arrivent à la mer qu'en ce seul point, et au-dessous 
on peut voir à la côte, sur une faible étendue, la roche éruptive 
ferme (n^. 208), qui contient de nombreux gros fragments d'une 
roche éruptive à cristaux fins, de teinte claire (n^ 208*). Ce point 
est indiqué sur la carte (feuille 2). En échantillons, le n*. 208 est 
une roche gris-clair, à pâte fine, terne, dans laquelle gisent des 
cristaux d'un feldspath blanc et trouble, du quartz, en cristaux qui 
peuvent atteindre une grosseur de 30 mm.; de la biotite et une très 
grande quantité de cordiérite bleue, partie en cristaux bien délimités 



116 

avec prisme et faces terminales, partie en masses sombres, irrégu- 
lièrement délimitées, qui atteignent jusqu'à 1 cm. de diamètre. La 
roche fondamentale grisâtre présente au microscope une pâte dans 
laquelle on voit des cristaux porphyriques de plagioclase. le plus 
souvent à grands angles d'extinction (34° et 35°), du quartz, de la 
biotite avec inclusions d'apatite, et de la bronzite. Çà et là seulement 
on aperçoit un cristal isolé de cordiérite, reconnaissable au pléo- 
chroïsme et aux inclusions de touffes de sillimanite et de petits 
octaèdres de pléonaste. En coupes très minces, le pléochroïsme n'est 
pas perceptible, et alors, si les inclusions font défaut, on peut 
aisément confondre la cordiérite avec du quartz; le minéral peut 
néanmoins se distinguer par la figure d'interférence, dans des sections 
favorablement disposées, et aussi par voie microchimique. Des inclu- 
sions apparentes de bronzite, de biotite et de plagioclase frais appar- 
tiennent à la pâte enveloj^pante, qui a été atteinte par la taille et 
qui se trouvait au dessus ou au-dessous du grain de cordiérite irré- 
gulièrement délimité. Le grenat manque dans cette roche. La pâte 
renferme un verre limpide, bourré de cristaux et de microlithes d'un 
plagioclase, qui est plus acide que les feldspaths porphyriques; puis 
encore de la bronzite ainsi que des grains de minerai. La bronzite 
surtout se réduit jusqu'à des individus et des fibres très petits. Non 
dans toutes les préparations, mais dans quelques-unes seulement, on 
observe des masses sphéroïdales, limpides, incolores ou jaune- verdâtre 
clair; elles sont souvent plus ou moins régulièrement sphériques; 
mais il en existe aussi qui sont anguleuses ou qui ont la forme 
d'hexagones ou de rectangles irréguliers. Elles polarisent le plus sou- 
vent en fibres, à groupement radial, lequel est cependant rarement 
si régulier que l'on peut voit apparaître la croix d'interférence; par- 
fois la polarisation est tachetée. Les fibres ont un caractère optique 
négatif et appartiennent à la calcédoine. Nous avons évidemment 
affaire ici à une pseudomorphose de l'un ou l'autre minéral, de la 
cordiérite probablement, en calcédoine, tout comme dans la liparite 
n". 164 de Hitou (voir plus loin). Les plaques qui renferment ces 
pseudomorphoses sont riches en particules brunes de limonite, ce 
qui indique une infiltration de liquides. Andésite à quartz et mica. 
On voit au microscope que les parties bleu sombre, irrégulièrement 



117 

délimitées, de la roche ne consistent pas exclusivement en cordiérite ; 
mais ce sont des agrégats entièrement cristallins de cristaux de cor- 
diérite, de plagioclase très frais, de bronzite, de biotite et de grenat ; 
le quartz paraît y faire défaut. La cordiérite forme divers individus 
avec polarisation d'agrégat; outre des touffes de sillimanite et un 
très grand nombre de pléonastes, qui souvent sont disposés, les uns 
derrière les autres, en cordons et en séries, elle enserre aussi des 
cristaux de bronzite et de petits prismes et grains limpides de zircone. 
De plus, la cordiérite renferme des inclusions vitreuses. Certaines 
grandes cordiérites sont divisées en nombreux fragments irréguliers, 
comme si elles s'étaient fendues; entre ces fragments se trouve un verre 
jaune-clair, qui s'y est évidemment formé par la fusion de la matière 
même de la cordiérite. Le grenat a une délimitation cristalline nette 
et ne présente pas de bord trouble de kélyphite. 

Ces parties holocristallines, consistant en plagioclase, biotite, bron- 
zite, cordiérite et grenat, sont probablement les premières sécrétions 
basiques du magma qui se sont formées dans la profondeur, et qui plus 
tard ont été incluses dans la portion plus acide du magma, lors de 
son éruption, et s'y sont fondues en partie. On peut s'expliquer la 
présence des éléments peu ordinaires, la cordiérite, la sillimanite, le 
pléonaste et le grenat, dans cette roche éruptive cristalline, par le 
percement de roches plus anciennes, riches en alumine (schiste 
argileux) ou en cordiérite et en grenat (gneiss, granité), dont des 
fragments ont été fondus, et la cristallisation ultérieure de ces minéraux 
à la suite d'une modification dans les conditions chimiques et physi- 
ques du magma sursaturé d'alumine, en présence de magnésie, 
d'oxydule de fer et de beaucoup d'acide silicique; mais toujours dans 
la profondeur, ce qui a donné lieu à la formation de roches holo- 
cristallines. La délimitation cristalline régulière de certaines cordiérites 
dans les andésites porphyriques prouve qu'ultérieurement il s'est 
formé encore de la cordiérite dans ce magma acide lui-même. Andésite 
cristalline à biotite, comme inclusion dans l'andésite à quartz et biotite. 

N". 208*. Outre les inclusions bleu sombre, riches en cordiérite, 
dont il a été question ci-dessus, la roche n**. 208 renferme encore 
d'autres fragments cristallins, d'un grain fin, jaune grisâtre clair, qui, 
considérés superficiellement, ressemblent à du grès et qui présentent 



118 

des dimensions notables, atteignant même la grosseur d'une tête 
(n". 208*). Il y a aussi un très grand nombre de petits morceaux de 
cette roche (n". 208**). Ils renferment quelques gros quartz et très 
peu de petites cordiérites. Au microscope, on observe une pâte riche 
en verre, dans laquelle il y a des plagioclases étroits, mais très longs, 
qui ne consistent parfois qu'en une mâcle unique, et qui ont en 
partie de grands angles d'extinction (33° et 34°). En certains points, 
ils sont disposés radialement tout autour d'un petit tas de fins cristaux 
de bronzite. Puis, de nombreuses bronzites, la plupart de teinte très 
claire et alors faiblement pléochroïques ; aux extrémités, les cristaux 
sont souvent délimités irrégulièrement. La pâte renferme ces deux 
mêmes minéraux ainsi que du minerai de fer; de plus, une très 
grande quantité de verre limpide, qui ne contient que quelques petits 
prismes vert clair de bronzite et des grains de minerai, mais qui est 
pour le reste fort pur. Dans ce verre gisent des particules arrondies, 
brun clair, disposées parfois autour d'un grain de minerai avec 
microlithe adhérent de bronzite, et enclavant parfois aussi plusieurs 
de ces fines baguettes. Ces particules agissent très faiblement sur la 
lumière polarisée ; l'on n'observe que rarement un groupement radial 
des particules: le plus souvent elles sont groupées d'une manière 
irrégulière. On n'a pu en déterminer lé caractère de la biréfringence. 
Elles consistent en microfelsite, dans l'acception que Rosenbusch 
attribue à ce mot ; cette microfelsite est regardée par quelques auteurs 
comme un enchevêtrement excessivement fin de feldspath et de quartz, 
surtout depuis les belles analyses de grands sphérolithes d'Amérique 
par Whitman Cross et Iddings (voir Whitman Cross, Constitution 
and origin of spherulites in acid eruptive roks. Bulletin of the Philo- 
sophical Society of Washington. Vol. XI 1892, p. 411—440. J. P. 
Iddings. Spherulitic Crystallisation 1. c, p. 445 — 462). 

Dans la pâte se montrent encore des agrégats limpides de tridymite, 
en forme d'éventail, tout comme dans les roches n''. 104 et n". 177. 
La roche ne renferme pas de biotite, et dans les plaques on n'observe 
ni quartz ni cordiérite. Dans certains plagioclases, du verre brun est 
inclus avec la forme du cristal, tandis que le verre de la pâte est 
limpide et incolore. Andésite à bronzite, à grain fin et riche en verre, 
comme inclusion dans de l'andésite à quartz et mica. 



119 

De ce qui précède, on pourrait conclure qu'à Ambon l'andésite à 
bronzite est plus ancienne que l'andésite à mica. Mais cette conclusion 
serait inexacte. D'abord, cette inclusion a un habitus tout à fait 
di fièrent de celui des andésites à bronzite ordinaires, lesquelles ne 
sont pas d'un grain 'aussi fin et sont, pour la plupart, riches en 
cordiérite et en grenat; de sorte que nous ne pouvons déduire de 
l'âge avancé de cette inclusion que toutes les andésites à bronzite 
d'Ambon sont plus anciennes que les andésites à biotite. D'autre 
part, il existe de nombreuses andésites qui renferment de la bronzite 
aussi bien que de la biotite et qui forment donc des transitions des 
andésites à bronzite aux andésites à biotite; ces deux roches auront 
donc bien le même âge. 

Nous arrivons à présent au grand domaine éruptif de la partie 
orientale de Leitimor, au sud du hameau Halérou. Quand on suit 
au nord de Routoung la ligne de partage des eaux entre les côtes 
sud et est de Leitimor, en passant par les sommets Hounitou, 
Tjolobaï et Ehout, on arrive à la limite du grès et de la roche érup- 
tive à 300 m. environ au nord de la dernière cime (feuille 3). Déjà 
à 236 m. d'altitude, au versant sud de la cime Kamala houhoung 
(248.5 m.), on trouve de gros blocs d'une roche vitreuse (n". 190), 
gisant dans un gravier fin. Cette roche consiste en un verre gris- 
verdâtre, dans lequel on peut voir des grains de quartz et des feldspaths 
blancs troubles. Plus au nord, à une distance de 140 m. environ, sur 
le sentier qui conduit à Halérou (la ligne de partage dévie vers l'est 
déjà au sud de la cime Kamala houhoung), on arrive au cours 
supérieur de la Waï Polang, où apparaît la liparite n". 191, déjà 
décrite ci-dessus. A cinq cents mètres plus au nord, à 286 m. d'altitude, 
affleure une brèche gris-clair (n". 192), dans laquelle gisent des 
fragments d'une roche vitreuse gris-clair ou gris- sombre. La pâte 
consiste en petites particules de verre qui se sont transformées par 
altération en une masse blanche, tendre A une distance de cent 
soixante mètres, la route se bifurque: l'une des branches conduit au 
nord et au nord-ouest et passe par la petite cime de 321.1 m., l'autre 
va d'abord à l'ouest, puis au nord-nord-est vers Halérou (feuille 3). 
Ces deux chemins suivent des arêtes qui enferment un espace en 
cuve, où la Waï Halérou prend sa source. Nous suivons le sentier 



120 

occidental et à la première descente, à 302 m. d'altitude, nous ren- 
controns de nouveau la même roche vitreuse et brécheuse que le 
n°. 192; et plus loin, au flanc nord de la petite cime de 290 m., 
à 284 m. d'altitude, nous avons recueilli un échantillon (n". 193) de 
la roche devenant blanche par altération qui affleure ici de toutes 
parts. Dans cette masse blanche, fine, on ne peut voir que des cristaux 
de quartz et des lames sombres de biotite. Cette roche blanche et ce 
verre brécheux affleurent de toutes parts, aux alentours deHalérou. 
A la grande descente de Halérou vers la Waï Jori, sur le sentier qui 
longe la Waï Leléri, on a pris, à 182 m. d'altitude, entre autres une 
roche vitreuse, brécheuse, gris jaunâtre (n°. 199), avec de nombreux 
fragments d'un verre gris-clair. A l'autre bord de la Waï Jori, à une 
altitude de 35 m. environ, dans le sentier qui mène à la cime Tëlaga 
oular, on trouve de nouveau des blocs de la roche quartzifère micacée 
blanche (n°. 200a), avec de petits dihexaèdres de quartz cristallisés 
tout autour. Toutefois ces derniers blocs se trouvent déjà dans le 
terrain quaternaire. 

Près du gué de la Waï Jori, à l'endroit où débouche l'affluent 
Leléri, une autre roche (n". 200) est à nu dans le lit de rivière; elle 
est de teinte gris-terne et appartient aux mélaphyres; mais on ne 
peut certifier si elle pénètre en formé de filon dans la roche blanche 
quartzifère micacée, ou bien si elle est plus ancienne et n'a été mise 
à découvert que par l'érosion de la Waï Jori. La dernière hypothèse 
me paraît la plus vraisemblable. 

Sur le sentier de Halerou à Houtoumouri prédomine du verre 
brécheux, qui est nettement dénudé entre autres dans le lit de la 
Waï Malako (cours supérieur de la rivière Touwi sapo), près du pas- 
sage, à 168 m. d'altitude, où a été recueilli l'échantillon n". 194. 
C'est une masse vitreuse altérée, fine, gris-clair, avec gros fragments 
d'un verre grisâtre. 

Le point d'éruption qui a fourni ces andésites quartzifères, s'altérant 
en une masse blanche, avec les roches vitreuses qui s'y rattachent, 
ainsi que les brèches et les tufs, n'est pas non plus à reconnaître 
distinctement, vu que nous avons affaire non à une seule montagne, 
mais à différents sommets. Il se peut que l'espace en forme de cuve, 
près de Halérou, d'où sort la Waï Halérou, représente l'ancien cratère ; 



121 

iilors le Gounoung Miiout (334 m.) et le G. Kamiihi houhoung doivent 
avoir été des points d'éruption indépendants sur le versant de cet 
ancien volcan crétacé. Le G. Maout est même i)lus élevé que le plus 
haut point du bord du cratère, qui n'a qu'une altitude de 321.1 mètres. 

La limite du domaine qui s'est formé au-dessus des eaux et de 
celui qui s'est formé sous la mer ne peut être indiquée aisément 
ici. La majeure partie des produits situés sur la hauteur sont des 
brèches et des tufs, lesquels se montrent également dans les matériaux 
quaternaires qui forment le pied de la montagne et s'étendent jusqu'au 
rivage de la mer. Sur notre carte (feuille 3) ce terrain, qui alterne 
avec des calcaires coralliens, est indiqué comme quaternaire. Les 
calcaires les plus hauts sont situés, au sud-est de Halérou, à 306 m. 
d'altitude. Ce qui se trouve plus haut encore peut très bien s'être formé 
au-dessus du niveau de la mer; mais ce sont là seulement les deux 
cimes G. Maout (334 m.) et la cime de 321 m. au sud de Halérou ; le 
terrain situé plus bas, où le calcaire n'apparaît plus, entre la Waï Jori, 
Halérou, le G. Maout et le G. Kamala houhoung, s'est naturellement 
trouvé aussi sous les eaux ; les produits incohérents et le calcaire corallien 
qui y ont existé auparavant doivent avoir été enlevés par érosion. 

Des roches mentionnées plus haut, quatre ont été analysées au 
microscope; l'une d'elles, le n°. 191, fait partie des liparites avec 
habitus de porphyre quartzifère (déjà décrit ci-dessus); une autre 
appartient aux andésites quartzifères ou aux liparites communes et 
les deux dernières aux roches vitreuses. Toutes les autres étaient 
trop friables pour être taillées en plaques. 

Le n^. 193 est la roche blanche avec quartz et biotite, au sud- 
ouest de Halérou, à 284 m. d'altitude. Au microscope, elle ressemble 
à la liparite n°. 191 de la Waï Polang, mais elle est plus riche en 
biotite; cependant la pâte ne renferme pas de masses sphéroïdales, 
mais elle est tachetée de particules irrégulièrement délimitées de 
feldspath et de quartz, ainsi que de fibres vertes de mica. Cette 
pâte très finement cristalline est probablement issue secondairement 
du verre. Dans le voisinage on trouve encore des roches vitreuses 
inaltérées, qui seront décrites plus loin. Les particules blanches, 
troubles, floconneuses de la pâte qui, à un fort grossissement, parais- 
sent consister en un amas de grains et de fibres transparents d'un 



122 

minéral vert ou vert-brunâtre très chiir, ressemblant à de la mus- 
covite, appartiennent probablement à du kaolin, produit par une 
décomposition du feldspath. Parmi les cristaux porphyriques, on 
trouve seulement du quartz, avec bord quartzeux plus jeune, quelques 
plagioclases frais et de la biotite; la bronzite manque, ainsi que la 
sanidine. Andésite à quartz et mica; peut-être de la liparite, car elle 
apparaît non loin de la liparite n". 191. 

e. Roches vitreuses. 

N'". 192. Brèche gris-clair, à 286 m. d'altitude, entre la cime Kamala 
houhoung et la cuve de Halérou. Dans la masse gris-clair se trouvent 
de nombreux fragments de teinte claire ou sombre à éclat résineux. 
Au microscope, on voit que la roche est très altérée ; elle est sillonnée 
de fissures, dans lesquelles il s'est déposé de l'opale, de la calcédoine 
et de la chlorite verte ; et quelques formes, qui auparavant contenaient 
I)eut-être de la bronzite. consistent à présent entièrement en chlorite. 
Dans les plaques, il se présente cependant encore un peu de pyroxène 
inaltéré; celui-ci est à extinction droite et nettement pléochroïque, 
tout comme la bronzite des autres roches. Le feldspath fait complète- 
ment défaut dans les préparations A un faible grossissement, la pâte 
est trouble, gris-clair, et elle s'éteint totalement entre niçois croisés; 
seules quelques petites fibres et baguettes présentent des teintes de 
polarisation. A un grossissement plus fort, on voit que ce trouble 
est causé par un amas de microlithes de feldspath limpide et 
de pyroxène d'un vert très clair; les derniers appartiennent pro- 
bablement tous à l'augite et non à la bronzite, car les plus grands 
sont à extinction oblique et on n'y observe pas de pléochroïsme; puis 
de nombreux grains de minerai. Ces grains sont cimentés par un verre 
limpide qui très probablement est hydrofère comme les autres verres 
d'Ambon Retinite andesitique à bronzite; en grand, c'est une brèche. 

N". 194. Brèche d'une roche vitreuse de la Waï Malako, dans le 
sentier de Halérou à Houtoumouri, à 168 m. d'altitude. La pâte est 
du verre, dans lequel ne gisent que quelques gros cristaux de bron- 
zite, avec très peu de plagioclase et de temps en temps aussi, mais 
très rarement, un cristal de hornblende, reconnaissable à la forme 
des sections transversales (prisme avec les deux faces terminales), la 



123 

forte absorption et les directions des eliva<^es (jui se coupent sous 
un angle de 124''. Ce verre présente des fissures perlitiques, et dans 
les fissures il s'est formé un produit de décomposition du verre de 
teinte brun-clair. Le verre limpide est rempli de bâtonnets très min- 
ces, d'un vert excessivement clair, dont les grands seuls polarisent, 
sont en partie à extinction oblique et appartiennent donc bien a 
l'augite. Ils sont souvent disposés avec leurs grands axes les uns à 
la suite des autres, et donnent à cette roche, en certains endroits, 
une belle texture fluidale, malgré les fissures perlitiques. En d'autres 
points, la disposition des microlithes est moins régulière; l'alternance 
des zones troubles et claires doit être attribuée à un entassement plus 
ou moins serré des microlithes. A côté des bâtonnets on observe de 
petits grains noirs de minerai, des paillettes de feldspath limpides et 
des inclusions transparentes brunes, les unes des bulles d'air à bord 
sombre, les autres des inclusions liquides avec bord clair et libelle 
mobile. Perlite andcsitique à bronzite. 

f. Mélaphy7'e et verre. 

Les membres basiques des Ambonites n'apparaissent à Leitimor 
qu'au cap Nousaniwi et à l'embouchure de la Waï Leléri dans la 
Waï Jori. c'est la roche n". 200 déjà citée plus haut. Nous avons 
déjà fait remarquer aussi que l'âge de cette roche, qui n'est dénudée 
que sur une faible étendue, relativement à celui des andésites plus 
acides à quartz et mica, n'est pas absolument certain; le mélaphyre 
est ici probablement plus ancien que l'andésite quartzifère. 

N°. 200. Mélaphyre de la Waï Leléri, à son embouchure dans la 
Waï Jori. En échantillons, c'est une roche gris-sombre, microgranu- 
leuse, avec quelques gros pyroxènes verts. Dans les cavités, beaucoup 
de spath calcaire. Dans certains échantillons on observe un gros 
cristal de quartz fissuré, un minéral qui est d'ailleurs tout à fait 
étranger à cette roche basique et qui doit être considéré comme un 
fragment inclus. Au microscope, on voit une pâte sombre, avec 
cristaux porphyriques de plagioclase limpide, lequel est très basique 
et présente des angles d'extinction qui al teignent jusqu'à 86° des 
deux côtés de la ligne de suture; des cristaux d'augite d'un vert très 
clair à extinction oblique; on n'y a pas observé de bronzite; mais, 



124 

comme un très grand nombre de pyroxènes ont été transformés en 
un minéral terne, vert clair (chlorite ou chlorite avec calcaire spathi- 
que), il est bien possible que dans le nombre il y ait eu des bronzites. 
De très grandes formes cristallines, à présent remplies de quartz et 
de calcaire spathique, sont, d'après leur figure, nettement originaires 
d'olivine, qui toutefois n'existe plus à l'état inaltéré. La pâte consiste 
en un verre sombre rempli de baguettes et de microlithes de feld- 
spath; ce verre paraît être lui-même incolore, mais il est fortement 
chargé de granules sombres de minerai. Des hôtes singuliers dans 
cette roche, ce sont de gros grains de quartz, qui ne sont pas 
disséminés dans toute la masse mais qu'on n'y rencontre que sporadi- 
quement. Ces quartz sont divisés par des cassures en de nombreux 
grains, entre lesquels a pénétré la pâte du mélaphyre. Au contact 
de cette pâte, la délimitation de ces quartz est irrégulière. Ces divers 
granules de quartz polarisent en teintes diverses ; ils n'enferment pas 
de liquide, mais uniquement des globules de verre, des grains de 
minerai et çà et là des filaments de sillimanite. Je tiens ces quartz 
pour des inclusions étrangères, originaires de roches plus anciennes; 
mais je dois rappeler ici que certains quartz dans des roches basiques, 
notamment dans le basalte, sont considérés à présent comme des 
sécrétions primordiales (inclusions endogènes). (F. Zirkel. Ueber 
Urausscheidungen in Rheinischen Basalten. Leipzig 1903, S. 92). 

De telles inclusions, nous apprendrons aussi à les connaître dans 
le mélaphyre du mont Kerbau, à Hitou. Mélaphyre. 

Nous arrivons maintenant aux roches remarquables, qui nous ont 
principalement amenés à ranger les A mbonites dans le terrain crétacé, 
parce qu'elles correspondent à des roches éruptives crétacées de Java, 
ainsi que nous l'avons expliqué plus haut. 

Ces roches, qui font partie des mélaphyres, sont à nu dans l'ouest 
de Leitimor, près du cap Nousaniwi, et un peu plus au nord, à la 
côte. En ce dernier point, entre le cap Nousaniwi et la Waï Mëmikar, 
elles ne sont visibles que jusqu'à 2 à 3 m. au-dessus des basses 
eaux, et sont recouvertes de matériaux quaternaires incohérents. Par 
contre, près de Tandjoung Nousaniwi, la roche forme une paroi escarpée 
de 20 m. de hauteur, qui est baignée par la mer à marée haute. 
A marée basse, la plage est à sec sur une largeur de 50 m.; elle 



125 

émerge alors tout au plus de 3 m. et laisse voir la roche de toutes 
parts. On y distingue deux bancs: la partie inférieure est séparée 
en sphéroïdes irréguliers et présente des croûtes vitreuses autour de 
ces boules; la partie supérieure n'est pas séparée en sphéroïdes mais 
en plaques épaisses et n'offre pas de croûtes vitreuses, ainsi qu'on l'a 
représenté dans la fig. 17 de l'annexe III. 

Le 11". 99 est la roche inférieure du cap Nousaniwi. En échantillons, 
c'est une roche d'un grain fin, gris-verdâtre terne, sans grands cristaux, 
mais à cavités nombreuses dans lesquelles se sont déposés de la 
calcédoine et du calcaire spathique. Elle se divise, comme le représente 
la fig. 18 de l'annexe III, en grandes sphères et ellipsoïdes, qui pré- 
sentent des fentes radiales, dans lesquelles s'est déposé du calcaire 
spathique, et qui sont entourées d'une croûte sombre, noirâtre, à 
éclat résineux. Les sphères sont en majeure partie séparées par des 
cassures conchoïdales ; au noyau intérieur gris-terne de la roche 
succèdent d'abord une ou plusieurs écailles sombres, mais ternes, de 
l'épaisseur de 1 à l'/a cm., et puis vient la croûte vitreuse propre- 
ment dite, dont l'épaisseur n'est le plus souvent que de 3 à 5 mm. 
Çà et là on peut voir sur la croûte un reflet bleu, qui n'est autre 
chose qu'un phénomène d'altération. La croûte vitreuse sombre passe, 
par altération et par absorption d'humidité, à l'état de produit tendre, 
jaune clair. La verre ne contient que quelques pourcents (1 à 4) 
d'eau, tandis que le produit de transformation jaune en contient 
plus de 19 pet. Les dimensions des sphères sont très variables, depuis 
la grosseur d'une bille et d'une tête jusqu'à des masses très grosses 
de '/ij Vî 6^ même 1 m. de diamètre. Entre ces sphères se trouvent 
des matériaux vitreux, devenus jaunes par décomposition, dans les- 
quels existent encore de nombreux restes d'un verre noir inaltéré, 
qui donnent à cette masse interposée une apparence brécheuse; ce 
n'est pourtant en aucune façon une véritable brèche. 

Sur cette roche repose la roche compacte, gris-verdâtre terne n". 103, 
qui, en échantillons, ressemble parfaitement au n^ 99, mais ne pré- 
sente pas de croûtes vitreuses. L'épaisseur visible de cette roche, 
séparée en plaques épaisses, est de 20 m. environ ; celle de la roche 
vitreuse sous-jacente (n°. 99) ne peut être donnée, parce que la 
roche sur laquelle elle repose est au-dessous de la surface du sol. 



i2è 

Ce qui est très remarquable, c'est une séparation de la roche vitreuse 
en couches successives assez régulières, laquelle, à ce qu'il me semble, 
ne doit pas être attribuée à des fentes parallèles, car elles corres- 
pondent plutôt aux surfaces de contact de coulées de lave superposées. 
Ces joints ont une direction de 235'' à 245° et une inclinaison de 24° vers 
le sud-est. Toutefois, ce n'est là en aucun cas l'inclinaison primitive 
des coulées, qui est rarement aussi forte loin d'un point d'éruption, 
et qui en outre doit avoir été plus faible autrefois, parce que le 
côté nord de la presqu'île, entre Silali et Tandjoung Nousaniwi, est 
plus exhaussé que le côté sud; c'est ce que l'on reconnaît à l'appa- 
rition de la péridotite et du mélaphyre du côté nord, tandis que ces 
roches manquent vers le sud. Si cette langue de terre très étroite 
avait été partout également soulevée, nous pourrions incontestable- 
ment observer aussi ces roches eruptives du côté sud. On reconnaît 
aussi à la situation du calcaire jeune entre Silali et Latouhalat 
(profil fig. 5, annexe II), que la côte nord de Leitimor a été soulevée 
en cet endroit plus que la côte du sud. 

Mais bien que la pente des coulées de mélaphyre ait été autrefois 
moins forte qu'à présent, la direction et l'inclinaison indiquent cepen- 
dant un point d'éruption qui se trouvait au nord du cap JNousannvi, 
quelque part entre ce point et Hatou ou Liliboï, dans l'île d'Hitou, 
donc dans la baie d^Ambon actuelle; la largeur de cette baie est si grande 
en cet endroit (8 km.), qu'une montagne à peu près de la hauteur 
du Salahoutou et avec une pente telle que la présente cette montagne 
au versant nord, pourraît y trouver place. Cette montagne aurait 
donc dû disparaître dans le gouffre lors de la formation de la baie 
d'Ambon, de sorte que le mélaphyre du cap Nousaniwi, au pied sud- 
est de ce point d'éruption, formerait seul le restant de cette montagne. 

La roche n". 101, qui est à nu au nord, ou plus exactement au 
nord-est du cap Nousaniwi, à la côte, est de nouveau tout à fait 
analogue au n°. 99; elle se sépare en formes sphériques et présente 
des croûtes vitreuses (n**. 102) qui se transforment dans le même 
minéral jaune hydrofère (n". 102*). Ces sphères y atteignent jusqu'à 
Vj m. en diamètre; et les ellipsoïdes même 1 m. Dans les figg. 19, 
20 et 21 de l'annexe III, on a rej^résenté quelques-unes de ces formes 
globulaires. Entre les sphères gris torno a, fendues radialemont, avec 



127 

croûte vitreuse ft, se trouvent des matériaux vitreux c qui sont trans- 
formés en partie en une masse jaune. 

La croûte vitreuse et le produit de décomposition de nos mélaphy- 
res peuvent être comparés au verre basaltique récent, la «tachylyte», 
et à son produit de décomposition, «la palagonite». La roche princi- 
pale, le mélaphyre, a décidément un caractère ancien et ne ressemble 
en rien aux basaltes tertiaires de Java et de Sumatra, mais plutôt 
au mélaphyre crétacé de l'ouest de Java. A ma connaissance, de 
pareilles roches n'ont pas encore été décrites pour le sud-est de Bornéo ; 
il est vrai que Hooze (Jaarb. Mijnwezen 1893 p. 127) fait mention 
de porphyrites diabasiques qui présentent à V extérieur un éclat résineux^ 
mais ceci semble se rapporter uniquement à la croûte d'altération et 
non à une vraie croûte vitreuse. Retgers (Jaarb. Mijnw. 1891, Wetensch. 
Ged. p. d8) décrit une de ces roches, celle du Soungei Lampassie, 
comme porphyrite diabasique «ayant l'apparence d'un produit érup- 
tif récent (?), notamment boursouflé, les cavités remplies de calcaire 
spathiqup, avec pâte brune granuleuse, dans laquelle il y a du plagio- 
clase, de l'augite et de la chlorite«. Il n'est fait aucune mention d'une 
croûte vitreuse. 

N". 99. Couche inférieure, au cap Nousaniwi. Au microscope on 
voit, à un faible grossissement, une pâte trouble, brune ; porphyrique- 
ment de très longues aiguilles étroites de plagioclase, souvent en 
mâcles, à grands angles d'extinction. Des parties chloriteuses arron- 
dies, parfois en formes cristallines qui rappellent le pyroxène et 
proviennent probablement d'augite. Cependant, il n'existe plus de 
pyroxène inaltéré; de l'olivine fraîche pas davantage. A un fort gros- 
sissement la pâte se résout en un tissu extrêmement fin de cristal- 
lites, qui présentent une teinte verte très claire et qui consistent 
probablement en une matière augitique ; puis il y a de gros bâtonnets 
d'augite et de plagioclase et de petits grains de minerai. Les cristal- 
lites sont parfois entremêlés sans ordre, parfois ils sont disposés les 
uns à côté des autres comme les dents d'un peigne, suspendus à un 
raicrolithe de feldspath. La couleur brune de la pâte est produite par 
du verre brun, qui paraît exister partout, comme une membrane fine, 
entre les cristallites les plus fins ; çà et là ce verre est rempli de granules 
bruns excessivement fins, et dans ce cas, il est lui-même incolore, 



12B 

parce que la matière colorante s'est concentrée dans ces grains. D'après 
ce qui précède, la roche elle même serait donc une porphyrite dia- 
basique, mais elle appartient cependant aux mélaphyres, car la croûte 
vitreuse renferme de l'olivine. 

Au microscope, la croûte du n°. 99 présente une pâte qui est en 
partie d'un brun de chocolat et sans interpositions; mais elle est 
en grande partie dé vitrifiée cristallitiquement, par des bâtonnets et 
des grains vert-clair excessivement ténus, de l'augite sans doute, 
souvent avec grain de minerai adhérent. Ici encore la couleur brune 
est due à un verre brun-clair, parfois aussi à un verre granuleux 
brun-clair, qui s'interpose entre les particules les plus fines. Mais 
l'élément le plus remarquable de cette croûte vitreuse c'est l'olivine, 
en cristaux d'un vert excessivement clair et absolument inaltérés^ qui 
rangent cette roche parmi les mélaphyres. Le pyroxène fait absolu- 
ment défaut ; par contre, il s'y trouve du plagioclase, en nombreux 
bâtonnets longs, d'une grande fraîcheur. Les cristallites de la pâte 
sont parfois disposés comme les crins d'une brosse tout autour des 
microlithes de feldspath ; parfois aussi ils forment des agrégats à 
texture rayonnée. Mélaphyre avec croûte vitreuse. 

N". 103. Couche supérieure au cap Nousaniwi. Au microscope, c'est 
une roche pareille au n"-. 99; cependant la pâte n'y est pas dévitrifiée 
cristallitiquement, mais surtout microlithiquement, par de petites 
baguettes d'augite et des grains de minerai. Outre du plagioclase et 
des pyroxènes transformés en chlorite, on y observe aussi distincte- 
ment, parmi les gros cristaux, de l'augite brune inaltérée. Des particules 
troubles, vert sombre, serpentineuses, en partie en formes de cristaux, 
doivent sans doute être regardées comme de l'olivine décomposée. 
On n'a pu y trouver de la bronzite. Dans la pâte, il y a beaucoup 
de grains de minerai de fer et du verre brun. Mélaphyre. 

N". 101. Roche du nord-est du cap Nousaniwi, avec croûte vitreuse 
(n". 102). Au microscope,- roche pareille au n». 99, avec plagioclases 
longs et étroits, et des particules vert-brunâtre, ternes, en partie 
peut-être de la chlorite issue de pyroxène, mais certainement en 
majeure partie de la serpentine provenant d'olivine. Il n'y existe 
plus ni pyroxène ni olivine à l'état inaltéré. La pâte brune est en 
majeure partie dévitrifiée cristalUtiqucment ; seules les particules les 



1^9 

plus grandes et encore polarisantes peuvent-être reconnues pour de 
l'augite. Ensuite, il y a beaucoup de grains de minerai de fer et un 
verre brun, qui en certains endroits est rempli de grains bruns ex- 
cessivement fins, et est alors lui-même incolore. 

Le n"*. 102 se présente au microscope comme un beau verre brun 
foncé, où sont disséminés un très grand nombre d'olivines limpides, 
complètement fraîches, quelques plagioclases, aussi très frais, consistant 
parfois en individus simples, à grands angles d'extinction, et de nom- 
breuses touffes de cristallites bruns, troubles, parfois en forme de 
croix. L'olivine inclut d'abord de nombreux petits octaèdres de 
picotite brune transparente, parfois en amas et en cordons de 25 
individus et plus ; ensuite, des globules brun-clair de verre avec bulle 
d'air adhérente, dans lesquels se montrent, bien que rarement, des 
cristallites. Les touffes brunes de la pâte se résolvent, à un fort 
grossissement, en cristallites excessivement petits, vert-clair, entremêlés 
ou superposés ; la couleur brune paraît devoir être attribuée au verre 
qui se trouve entre les touffes ou au-dessous de celles-ci. Les feldspaths 
sont le plus souvent entourés d'un bord brun, trouble, de ces cristal- 
lites; les olivines n'ont pas de bordure pareille. Mélaphyre avec 
croûte vitreuse. 

N.B. Pour la composition chimique voir la description de Hitou. 
TI. Sédiments tertiaires jeunes et quaternaires. 

Dans une distinction entre les sédiments tertiaires jeunes et les 
quaternaires, qui était relativement aisée à Java et à Sumatra, on se 
heurte à de grandes difficultés pour Ambon et l'archipel des Moluques 
en général. 

A Java les premiers consistent, abstraction faite d'un peu de pliocène 
d'eau douce avec restes de mammifères fossiles, en marnes et cal- 
caires ; les sédiments quaternaires, en débris volcaniques. Les premiers 
ont été soulevés, de sorte que les couches présentent une inclinaison ; 
les derniers sont horizontaux, ce qui rend la distinction facile. Par 
contre, aux Moluques toutes les couches, depuis le tertiaire supérieur 
jusqu'aux sédiments modernes, sont tout à fait ou sensiblement 
horizontales, et les matériaux sont aussi les mêmes, savoir des débris 

9 



130 

de toutes sortes de roches éruptives et sédimentaires, alternant avec 
des calcaires coralliens et à foraminifères. Parfois le calcaire diminue, 
d'autres fois c'est le gravier, ce qui modifie il est vrai tant soit peu 
le caractère des deux dépôts; mais une distinction entre sédiments 
tertiaires et quaternaires est presque impraticable dans ces produits 
uniformes. Ce qui prouve que toutes les roches sont très jeunes, ce 
sont les coquilles fossiles, parmi lesquels une grande espèce de tridacne, 
que l'on rencontre non seulement dans les calcaires coralliens in- 
férieurs, mais encore dans ceux qui sont situés à une très grande 
altitude. D'ailleurs les calcaires renferment essentiellement divers 
foraminifères, des lépidocyclines, des amphistégines, des rotalinidées, 
des textularidées, tandis que les discocyclines, les alvéolines et les 
nummulites manquent complètement; de sorte que, même pour les 
plus anciens de ces sédiments, un âge éocène est exclu. Or, comme 
le mode de formation de ces dépôts est resté le même depuis l'époque 
tertiaire récente et que la faune marine des tropiques, depuis le 
tertiaire supérieur jusqu'à nos jours, n'a subi que de faibles modi- 
fications — ce qu'on a vu à Java entre autres, où une division des 
couches tertiaires récentes d'après les foraminifères fossiles était 
impossible — il s'ensuit qu'aux Moluques les données, tant paléonto- 
logiques que stratigraphiques et pétrographiques, qui pourraient 
mener à une division en sédiments tertiaires récents et (quaternaires, 
font presque totalement défaut. Ces sédiments devaient donc être 
réunis sur nos cartes n^s. I et II et ils seront décrits ici ensemble. 

On peut voir sur les cartes la distribution de ces jeunes sédiments. 
On les trouve tout le long des côtes nord et est; et même la pointe 
occidentale, le mont Kapal et ses alentours, consiste en matériaux 
meubles parmi lesquels apparaît, à la côte seulement, un peu de 
roche éruptive. 

La hauteur à laquelle arrivent ces dépôts est très variable. Dans 
la partie occidentale, le G. Kapal est le plus haut point (230 m.). 
Plus à l'est, entre Eri et Seri, le calcaire corallien atteint déjà une 
altitude de 346 m., et même la plus haute cime du G. Nona, qui 
est à l'altitude de 539 m., consiste également en calcaire corallien. 
C'est là aussi le plus haut point où le calcaire se montre à Leitimor. 
Sur le G. Siwang, un peu plus à l'est, il y a bien des matériaux 



131 

meubles, mais pas de calcaire; et le G. Horiel, la seule montagne 
de Leitimor qui soit plus haute que le G. Nona, n'a du calcaire ni 
sur la crête ni sur les versants. On peut aller d'Ambon à la côte 
du sud près de la Labouhan Awahang, par Kousou kousou sëreh 
et Malaman, en restant toujours sur des matériaux incohérents et 
sur du calcaire corallien; les plus hauts points sont ici les monts 
calcaires Eri haou (361 m.) et Nanahou (377 m.) Plus à l'est, le 
jeune terrain devient plus bas; au nord du mont Loring ouwangles 
plus hauts plateaux sont â 281 et 2-57 m. et un peu de calcaire 
corallien se trouve à 228 m. d'altitude. 

Au sud- est d'Ambon, le terrain s'élève en forme de terrasses et 
atteint, p. ex. sur la route d'Ambon à Soja di atas, contre le granité, 
une altitude de 170 m. Les contreforts du mont gréseux Api angous 
ont la même hauteur; le G. Mouwal, au sud-est de Gelala, est à 

172 m.; le plus haut point du sentier de Halong à l'Api angous, à 

173 m., et la limite du jeune terrain contre le grès atteint aussi 
l'altitude de + 170 m. Au sentier de Kelapa douwa à l'Api angous, le 
plus haut point est â 167 m.; mais un peu plus au nord se trouve 
une cime plate, à l'altitude de 211 m. Encore plus au nord, la hau- 
teur des contreforts augmente de nouveau ; au nord du Wringin pintou 
est située une cime de 240 m. ; sur le sentier de Touwi sapo à Halerou, 
il y a des cimes calcaires de 289 et 296 m. d'altitude; et au sud-est 
de Halerou, près du sentier de Halerou à Houtoumouri, on rencontre 
les plus hautes cimes calcaires de toute la partie orientale de Leitimor, 
à 306 m. d'altitude. Tout autour du G. Maout il y a du calcaire et 
des matériaux meubles jusqu'à 230 m.; plus au sud, jusqu'à 278 m.; 
au-dessus de Houtoumouri, jusqu'à 156 et 170 m.; près de Routoung , 
au G. Amaherou, à 108 et plus au sud jusqu'à 70 m. seulement, 
tandis que les terres incohérentes entre Lea hari et le cap Hiharne 
dépassent pas 90 m. Plus à l'ouest, on ne trouve plus de calcaire 
corallien adossé à la péridotite du G. Horiel, sauf une couple de gros 
blocs au rivage, qui ne s'élèvent pas à plus de 5 m. d'altitude. Le 
terrain granitique entre Houkourila et Kilang est aussi privé de cal- 
caire; celui-ci ne recommence qu'au côté occidental de la Labouhan 
Nakou, près du G. Post dont la cime a 178 m. d'altitude, et dans 
le terrain au sud de Mahija le calcaire atteint celle de 183 m. Enfin. 



132 

le G. Eri samau porte sur son dos 4 terrasses faiblement inclinées, 
dont la plus élevée est à 183 m. La plus haute cime de cette mon- 
tagne, à l'altitude de 205 m., était aussi recouverte autrefois de maté- 
riaux incohérents, dont les blocs de granité qui y existent encore 
(voir plus haut) sont les derniers restes. Un peu plus à l'ouest, entre 
la Labouhan lia et la Labouhan Awahang, on arrive de nouveau 
dans un terrain de calcaire et de gravier qui se prolonge au nord 
vers les monts calcaires Eri haou et Nanahou, déjà cités plus haut. 

Mode de forrnation et constitution de ces divers terrains. 

La position de ces jeunes dépôts est en général horizontale ou 
fort peu inclinée; et comme ils ont été rencontrés à toute hauteur, 
entre et 539 m. d'altitude, il s'ensuit déjà que ces sédiments ne 
se sont pas formés simultanément, mais successivement, ce que prouve 
aussi leur allure en forme de terrasses; de sorte que les dépôts des 
contreforts de la chaîne ancienne (péridotite, granité, grès) s'abaissent 
par degrés vers la mer. 

Ces contreforts consistent en brèches et conglomérats durs, en gra- 
vier meuble de toutes les roches plus anciennes et en bancs de calcaire 
corallien, qui alternent les uns avec les autres. Les conglomérats, 
dont les fragments roulés sont souvent unis par du calcaire, forment 
la minorité; le gravier fin, incohérent, renfermant plus ou moins de 
fragments, mais non encore durci à l'état de grès compacte, constitue 
l'élément prédominant de ce terrain, même vis-à-vis des bancs de 
calcaire corallien qui ne prédominent qu'à certains endroits. 

Ces conglomérats peuvent s'observer entre autres à la baie d'Ambon, 
au nord du cap Batou merah, au pied occidental du G. Koupang. 
Ils y ont une faible inclinaison vers le sud-est et ils sont recouverts 
de couches de sable et de calcaire corallien du G. Koupang. Le 
mamelon situé plus au nord, à la côte, entre Hatiwi ketjil et Halong, 
où l'on trouve la belle roche à cordiérite et à grenat n**. 208, con- 
siste aussi à la surface en brèches très grossières. 

Du gravier incohérent, du sable avec des cailloux roulés de quartz, 
grands et petits, de grès et de roches éruptives, se trouve partout où 
se présentent les matériaux jeunes. Sur la route d'Ambon à Routoung, 
au pied oriental du mont Karang pandjang, à proximité de la 



133 

maisonnette indiquée sur la feuille 2, cabaret indigène où l'on vend 
du «.sëgerou» (vin de sagou, suc fermenté du palmier de ce nom), 
on peut voir une alternance de diverses couches qui se distinguent 
par une différence dans la composition. On y trouve trois couches 
de sable, séparées par du sable avec petits cailloux roulés de quartz ; 
tout comme les conglomérats cités plus haut, ces couches ont une 
inclinaison de 3 à 5° vers le sud-est (voir fig. 22, annexe III). 

Les calcaires se présentent le plus souvent en bancs assez durs, 
parfois compactes et cristallins (nos. 56, 96, 98); d'autres cependant 
sont friables et renferment beaucoup de coraux en branches (n". 189 
du G. Karang pandjang), des fragments et du gravier de coraux ou 
même de roches éruptives. Les mollusques fossiles ne sont pas très 
nombreux et ils sont peu distincts, sauf les grandes coquilles de 
tridacnes, qui ont été rencontrées aussi bien dans les calcaires d'en 
bas que dans ceux situés à une grande altitude, p. ex. au G. Kramat 
(no. 49a) à 248 m. et au G. Nona (n°. 51) à 460 m. d'altitude. La 
dernière était tellement désagrégée qu'on pouvait à peine y recon- 
naître encore une coquille. D'autres couches de calcaire sont tendres 
et farineuses au toucher, entre autres la couche située entre Silali 
et la Labouhan Radja, dans laquelle on a taillé grossièrement un 
escalier de 145 marches, et le calcaire qui, au cap Batou kapal, repose 
sur la péridotite (n". 8) et qui est fin et arénacé. D'autres encore 
sont tout à fait remplis de foraminifères (n". 94, calcaire à globigérines 
du Batou pintou), tandis que la partie inférieure des couches calcaires 
gisant sur la péridotite englobe souvent de nombreux fragments de 
cette roche éruptive et forme une ophicalce moderne. Tel est entre 
autres le cas au sommet du G. Nona (n°. 95, calcaire avec petits 
fragments de serpentine, à proximité du refuge sur le G. Nona). 

On peut observer distinctement en divers points que les couches 
calcaires alternent avec les couches incohérentes de gravier, et n'y 
sont pas adossées comme dépôt plus récent. C'est ainsi que la rivière 
Batou merah, près d'Ambon, s'est creusé un chenal étroit, à parois 
très escarpées et de 100 m. de profondeur environ dans des couches 
alternantes de calcaire corallien et de débris de calcaire et de roches 
éruptives; et l'on peut suivre cette même couche calcaire sur les 
deux bords de la rivière, un peu au-dessus de son niveau, sur une 



134 

étendue de plus de 1 km. Les rives abruptes de la Waï Tomo con- 
sistent également en pareilles couches alternantes. La rivière Batou 
gantoung coule sur de la péridotite, du granité et du grès, recouverts 
sur les deux bords de couches de matériaux meubles, entre lesquelles, 
à 100 m. d'altitude environ, se trouve une couche de calcaire corallien 
qui s'étend autour des monts Batou gouling et Batou gadjah, et qui 
est coupée par la rivière Batou gantoung, entre 90 et 100 m. d'alti- 
tude, près de l'endroit nommé «Batou pintou»; de sorte que les 
calcaires des deux rives se réunissent à cet endroit. L'enfoncement 
en forme de sac, à proximité de la route d'Ambon à Kousou kousou 
sëreh, où se trouve le petit lac marécageux «Telaga radja», doit 
probablement son origine à ce que l'eau a pénétré par les couches 
sus-jacentes de gravier dans la couche calcaire en question et a 
trouvé un débouché souterrain; de cette manière, il s'est formé une 
légère dépression à la surface. Cette couche calcaire se recouvre à 
l'est sur une épaisseur de 50 m., à l'ouest, contre le G. Halinoung, 
sur plus de 100 m. d'épaisseur, de couches de matériaux incohérents, 
entre lesquelles s'interpose, à une altitude de 200 m. environ, une 
deuxième couche pareille. Elle est bientôt suivie, contre le G. Hali- 
noung, par de la péridotite massive, sur laquelle il y a des matériaux 
meubles, tandis que les deux sommets de cette montagne, de 290 à 
300 et de 310 à 325 m., consistent de nouveau en calcaire corallien. 
Un peu plus au sud, le calcaire monte à 340 m. ; puis vient la cime 
plate du mont Apinau, qui consiste en gravier incohérent; plus au 
sud, encore du calcaire jusqu'à 370 m. ; et à l'ouest de ce point, de 
l'autre côté de la route d'Ambon à Siwang, le calcaire atteint même 
l'altitude de 400 m.; ici nous sommes déjà dans le domaine du G. 
Nona. Entre la rivière Batou gantoung et le G. Apinau, il se trouve 
donc, sur et contre la péridotite du domaine oriental du Nona, depuis 
jusqu'à 400 m. d'altitude, des matériaux meubles, entre lesquels 
apparaissent des couches calcaires au moins à 4 hauteurs différentes. 
Ce chiffre doit encore être augmenté de 3, car on observe aussi des 
affleurements de calcaire dans le cours inférieur de la Batou gantoung, 
à peu près à 10, 25 et 36 m. d'altitude. Le fameux «Batou Sembajang» 
(«pierre où l'on prie-», «oratoire»), masse calcaire, creusée par les eaux en 
forme de dais, reposant sur de la péridotite et que Semon a représentée 



135 

dans son mémoire n**. 36 sous le nom de ««Batou gantoung», appartient 
à ces couches de calcaire. (') 

Dans la partie orientale de Leitimor, la petite rivière Halérou 
coule entre deux parois de calcaire, depuis le hameau Halérou jus- 
qu'au point où elle se divise en deux branches, et disparaît en deux 
points dans des grottes calcaires pour prendre un cours souterrain; 
ces murs calcaires, de 10 m. de hauteur (220 à 230 m. d'altitude) 
appartiennent, ainsi qu'on peut le voir clairement dans la partie 
orientale de notre profil géologique (fig. 1, annexe I), à une couche 
que la Waï Halérou a rongée jusque dans les couches de gravier 
sous-jacentes. A un niveau plus élevé gisent encore une ou deux 
couches calcaires, divisées en 8 séries, dont font partie les cimes 
calcaires de 268, 289 et 296 m. d'altitude. La série du milieu porte 
au nord et au sud des sommets qui ont plus de 300 m. d'altitude. 
Si nous suivons notre profil fig. 1 jusqu'à la côte, nous voyons que, 
jusqu'à Touwi sapo, il apparaît encore à 5 niveaux différents des 
couches de calcaire corallien, entre les couches incohérentes de gravier 
et de brèches d'une andésite blanchâtre à pyroxène et biotite; on 
trouve notamment du calcaire à des altitudes de 20 à 30, de 96 à 115, 
de 144 à 147, de 181 et de 251 à 253 m. La dernière couche paraît 
être la plus basse de Halérou, et elle aurait une inclinaison de 2° 
vers l'ouest. Les fragments de calcaire à 90.2 m. semblent être des 
blocs descendus de la hauteur, de même que le grand bloc, d'une 
grosseur de 10 m environ, gisant un peu au nord du sentier de 
Halérou à Touwi sapo, à peu près à 182 m. d'altitude (feuille 3 de 
la carte), évidemment un fragment qui s'est détaché plus haut, ainsi 
qu'on peut le voir sur la fig. 24 (annexe IV). 

Considérons à présent la partie occidentale de notre profil fig. 1, 
où l'on voit une coupe des collines avancées derrière Këlapa douwa, 
un terrain qui communique avec celui de Halérou, décrit plus haut, 
derrière Lata, Lateri, Nontetou et le long du cours inférieur de la 
Waï Jori. Cette rivière coule ici aussi dans des sables et des brèches 
incohérentes de matériaux d'andésite, entre lesquels apparaissent, 



(1) Salomon Mûller aussi a publié un dessin du „Batou Gantoung-" dans les Ver- 
handeling-en der natuurkundig"e Comraissie. Deel Land- en Volkenkunde, Leijden. 183'J — 
18M. Planche 20. 



136 

près des cimes Tëlaga oular et Wringin pintou, deux couches de 
calcaire corallien, à l'altitude de 100 à 117 m. pour l'une, et de 
175 à 210 m. pour l'autre. 

Les matériaux au-dessus de Kelapa douwa consistent en sable, 
cailloux roulés et brèches incohérentes d'andésite, entre lesquels il y 
a des couches calcaires en 8 endroits. Les terrasses de sable entre 
ces calcaires sont horizontales ou peu inclinées; là où se trouve le 
calcaire, le versant de la montagne monte en pente escarpée de 5 à 
10 m. La couche calcaire supérieure s'y trouve à l'altitude de 140 à 
146 m. et les collines avancées se terminent en une terrasse à peu 
près complètement horizontale, dont l'altitude est de 170 m. environ, 
que les rivières ont profondément affouillée et qui finit contre le 
mont gréseux Api angous. 

Les collines en arrière de Halong consistent également en débris 
de nos roches éruptives récentes. En suivant le sentier qui mène vers 
l'Api angous on coupe, sur le versant nord de la première montagne, 
plate, de 153 m. de hauteur, 4 couches de calcaire corallien ; et dans 
le même sentier on rencontre encore une fois les deux couches supé- 
rieures au versant sud, ainsi que le montre le profil fig. 6 (annexe II) ; 
la plus élevée de ces deux couches est de nouveau visible un peu 
plus au sud, dans la seconde colline. A cet endroit, la seconde couche 
ne se laisse pas voir, soit à cause d'une forte altération, soit à cause 
des débris d'éboulement qui la recouvrent. Une partie du profil fig. 6 
a été représentée à une échelle plus grande (les deux échelles hori- 
zontale et verticale sont de 1 : 5000) dans la fig. 7 ; comme la couche 
calcaire supérieure s'élève au nord à l'altitude de 102 à 103 et au 
sud à celle de 99 à 100 m. seulement, il en résulte que cette couche 
présente vers le sud, ou plus exactement vers le sud-est, une inclinaison 
très faible qui a été calculée à 0° 32'. La couche inférieure s'étend 
au versant nord depuis 90 à 97 m., au versant sud depuis 83 jusqu'à 
92 m. d'altitude. Comme cette couche ne se montre pas partout 
d'égale épaisseur, la face inférieure présente une inclinaison un peu plus 
forte que la supérieure, savoir, la première 0° 47' et l'autre 0° 40' 
d'inclinaison, également au sud-est. 

Ainsi donc, de même que les couches brécheuses du G. Koupang 
et les couches arénacées à l'est du G. Karang pandjang, les couches 



137 

calcaires près Halong ont une faible inclinaison vers le sud-est, donc de la 
côte vers Vinterieur, de sorte que les têtes des couches sont tournées 
vers la baie. 

Au profil 6 on peut voir encore que la couche supérieure, de 99 
à 100 m., est un peu plus élevée vers le sud, où l'altitude est de 
100 à 106 m.; la portion sud a donc une inclinaison vers le nord- 
ouest, et cette couche doit, à l'endroit où elle a été creusée par la 
rivière, présenter une dépression en forme de pli synclinal ou bien 
un pli aigu, ainsi que le représente notre profil. 

La colline Batou medja en arrière d'Ambon et le terrain sur la 
route d'Ambon à Soja di atas ont été coupés dans notre profil fig. 2 
(annexe I). Au versant nord du Batou medja, 6 couches de calcaire 
s'interposent dans les débris incohérents, qui contiennent des maté- 
riaux de granité aussi bien que de serpentine. Entre ces couches 
existent de nouveau des plateaux de sable légèrement inclinés. Après 
le Batou medja (140 m.), on a coupé la Waï Tomo ketjil, dans le 
lit de laquelle apparaissent, à l'altitude de 80 m. environ, les couches 
de grès inclinant au nord-est; de sorte que l'épaisseur des couches 
sus-jacentes y est de 60 m. A l'autre rive de la Waï Tomo ketjil, 
la ligne du profil suit la route d'Ambon à Soja di atas, et elle s'y 
étend, sur une longueur de 900 m., sur un plateau parfaitement 
horizontal qui forme avec le Batou medja une terrasse unique, dont 
l'altitude est de 140 m. et qui n'a été entaillée profondément que 
par la Tomo ketjil. Déjà tout près du granité le terrain commence 
à monter, et l'on peut encore y voir le restant d'une terrasse plus 
haute, de 170 m. d'altitude, qui contient non seulement des morceaux 
de granité, mais aussi des fragments de péridotite. 

Sur la route d'Ambon à Kousou kousou sereh, le terrain monte 
d'abord en pente raide jusqu'à 98 m., où l'on rencontre la première 
couche calcaire, qui continue jusqu'à l'altitude de 112 m. Ensuite 
le chemin s'élève, également en pente assez raide, sur du sable meuble 
jusqu'à 126 m.; ici l'on atteint une première terrasse, qui s'élève en 
pente faible jusqu'à 133.5 m. Vient ensuite du calcaire jusqu'à 135 m.; 
puis une 2^ terrasse, faiblement inclinée, jusqu'à 140 m.; à celle-ci 
succède la 3e, long plateau de 1000 m. environ d'étendue, à l'alti- 
tude de 140 m. , qui correspond à celui de la route d'Ambon à Soja, 



188 

mais qui présente ici un 4e petit plateau encore, atteignant une altitude 
de 150 à 157 m. Enfin, près du granité, les collines de matériaux 
incohérents s'élèvent de nouveau jusqu'à 170 m., de même que plus 
loin à l'est. 

Mais sur le granité, au nord du mont Loring ouwang, repose d'abord 
un peu de calcaire à 228 m. et puis deux petits plateaux à 257 et 
281 m. d'altitude, restants d'une couverture jadis plus étendue, mais 
qui a disparu maintenant en grande partie par érosion. Nous avons 
ici un premier exemple de calcaire corallien reposant sur du granité. 
Cependant, ici comme ailleurs, ce calcaire n'est pas en contact immé- 
diat avec le granité, mais il repose sur un peu de matériaux roulés, 
consistant essentiellement en débris de serpentine. 

Le point de la rivière Batou gantoung que l'on appelle «Batou 
pintou» a déjà été cité plus haut. Au nord de ce lieu, le calcaire 
n". 94, riche en foraminifcres, présente une faible inclinaison vers 
l'est ; près du point Batou pintou même, on peut même observer des 
plaques qui ont une inclinaison de 10 à 15°. Mais ce n'est pas là l'in- 
clinaison normale; elle est la conséquence d'un éboulement, car la 
rivière a fouillé en cet endroit la base des plaques calcaires. 

Tout près de Kousou kousou sereh s'étend, dans le terrain de débris, 
une longue arête calcaire dans laquelle il y a la grotte bien connue, déjà 
décrite par Reinwardt (mémoire n°. ©) sous le nom de «Batou lobang», 
ce qui signifie littéralement «pierre avec un trou»-. Le nom véritable 
est toutefois «Liang ékang». Actuellement cette grotte n'est accessible, 
à partir de l'entrée, que sur une longueur de 65 m. et à partir de 
l'ouverture étroite elle n'a pas plus de 4 m. de profondeur (i). Il y 
existe des stalactites, mais les formes n'en sont pas fort belles, de 
sorte que, même pour le touriste, cette grotte est peu remarquable. 
Il y coule de l'eau qui se dirige vers l'ouest et se décharge dans la 
Batou gantoung par une ouverture dans la paroi calcaire. Ce point 
est indiqué sur la feuille 5 de notre carte. On n'a pu observer aucune 
inclinaison dans les couches calcaires de la grotte. 

Plus au sud, le terrain monte considérablement et atteint les plus 



(1) Studer (mémoire nO. 25, p. 218) parle d'une profondeur de 18 m., ce qui ne pouvait 
être exact même en 1875. La longueur qu'il donne à la grotte (300 pas) peut bien avoir été 
aussi grande, car depuis ce temps elle a diminué par des effondrements. 



139 

grandes hauteurs dans les cimes calcaires Eri haou (361 m.) et 
Nanahou (377 m.). A l'exception du petit sommet de granité Hatou 
iroung et des couches calcaires susnommées, ce terrain consiste 
entièrement en matériaux argileux, roulés, incohérents, pour une 
grande partie des débris de serpentine. Ce qui montre clairement 
que nous n'avons pas affaire ici à de la serpentine altérée, c'est 
la constitution, car outre de la serpentine (n". 186) on trouve dans 
l'argile brune de nombreux petits fragments d'un grès dur (n''. 185) 
et de quartzite, ainsi que de petits cailloux roulés de granité, en 
un mot des morceaux de toutes les roches des alentours. Ce sont 
donc évidemment des matériaux polygènes, rassemblés par les eaux, 
que j'ai rencontrés tant du côté nord du G. Nanahou jusque immédiate- 
ment sous le calcaire, que du côté sud de l'Eri haou près d'une 
«pantjouran» (une source, origine d'un des affluents delaWaïSéma 
ou Waï Jari). Près de cette source on trouve surtout beaucoup de 
morceaux de grès. De très gros blocs de calcaire se trouvent non 
seulement aux deux montagnes citées tantôt, mais encore le long du 
sentier allant de la Labouhan Awahang à Malaman, notamment un à 
l'ouest de l'Eri haou et 4 au nord de la cime granitique Hatou 
iroung. Ces blocs paraissent tous s'être détachés et avoir roulé en bas. 

Entre le Nanahou et le rivage de la mer, il y a 8 couches cal- 
caires, alternant avec des couches de gravier, qui forment divers 
plateaux légèrement inclinés ou sensiblement horizontaux; ils renfer- 
ment aussi des morceaux de serpentine, de grès et de quartzite, 
entre autres à proximité du sentier de Mahija à la Labouhan 
Awahang, à peu près à 200 m. d'altitude. Tout près de la plage, il 
vient s'y ajouter des morceaux de granité. 

A l'est de la Labouhan Awahang, jusqu'à la Labouhan Roupang, 
il apparaît du calcaire en trois endroits différents du terrain graniti- 
que. Ici encore on trouve, sur le granité, d'abord une couche de débris 
de serpentine, et là-dessus le calcaire ; le massif calcaire oriental qui 
se termine au cap Simanoukoung, et dans lequel se trouve une petite 
maison de Binoungkounais, forme trois terrasses nettes, que l'on 
peut observer de l'est, p. ex. du G. Post, et qui sont représentées sur 
la fig. 23 (annexe IV). A proximité de la Labouhan Roupang, le 
calcaire contient un très grand nombre de fragments de serpentine. 



140 

Nous avons déjà parlé plus haut des terrasses de la montagne de 
péridotite Eri samau, représentées sur la fig. 15 (annexe III). 

Le G. Post (ainsi nommé d'après un poste à signaux qui y existait 
jadis) situé un peu plus à l'est, laisse voir en 4 points du calcaire, 
sous lequel il y a de nouveau un peu de débris de serpentine. C'est 
là le dernier point où apparaît le calcaire ; plus à l'est encore, à 
Kilang, où nous avons levé un grand nombre de routes, on n'a trouvé 
de calcaire nulle part, et pas davantage dans tout le terrain graniti- 
que jusqu'à Houkourila. On pourrait expliquer cette circonstance 
par la nature de la roche, car il est de notoriété que du sable 
quartzifère aigu, résultant de la désagrégation du granité, n'est pas 
favorable à l'édification du corail, et la mettre en rapport avec le 
fait, que dans le domaine du granité nous n'avons trouvé du calcaire 
qu'en ces points là seulement, où reposent sur le granité des débris 
de serpentine, originaires des montagnes de péridotite situées à 
proximité (Apinau, Loring ouwang et Eri samau). Toutefois, cela 
n'explique pas le fait qu'au G. Horiel le calcaire fait aussi défaut 
partout; tout à fait au pied nord de cette montagne, sur la route 
d'Ambon à Routoung, non loin de la Waï lia, il y a une terrasse 
peu inclinée d'argile brune; au pied méridional, à Lea hari, un peu 
de matériaux meubles sont adossés à la péridotite à l'altitude de 
90 m., et aux caps Riki et Hihar il y a aussi du calcaire jusqu'à 
30 m., tandis qu'à l'est de la montagne, sur la route de Routoung 
à Ambon, il y a un peu de calcaire à 124 m. d'altitude; mais dans 
le massif proprement dit du Horiel on ne connaît aucun dépôt de 
débris incohérents ou de calcaire corallien, ni sur la crête ni sur 
le versant. L'absence de calcaire ne peut donc être attribuée ici ni 
à la nature de la roche, car le calcaire corallien semble de préférence 
se déposer sur de la serpentine, ni à des pentes trop fortes, puisqu'au 
sud de la plus haute cime il y a des parties peu inclinées ou même 
horizontales. Il me semble donc que l'absence de dépôts de calcaire 
et de débris incohérents au G. Horiel ne peut s'expliquer qu'en admet- 
tant que cette montagne se trouvait déjà en grande partie au-dessus 
du niveau de la mer, avec le granité et le grès avoisinants, lorsque 
ces dépôts se sont formés ailleurs. Nous reviendrons plus loin sur 
cette question. 



141 

Nous nous transportons maintenant plus à l'ouest et nous consi- 
dérons en premier lieu les couches calcaires qui, à Tandjoung Hati 
ari, se trouvent aux altitudes de 10 à 20 et de 30 à 40 m., et qui 
se réunissent plus à l'ouest pour n'en former qu'une. La surface de 
cette couche atteint, à l'extrémité occidentale, 70 m. d'altitude, et 
au-dessus du cap Hati ari, 40 m. seulement, de sorte que cette couche 
doit présenter une faible inclinaison vers l'est ou le nord-est, ce que l'on 
peut déjà constater lorsqu'on longe la côte du sud en bateau à vapeur. 

Entre Silali et Latou halat, la route passe par un collet, qui n'est qu'à 
58 m. d'altitude. On y trouve exclusivement des matériaux incohérents, 
alternant avec du calcaire corallien, plus élevés au nord que du côté 
sud. La couche calcaire supérieure (voir profil fig. 5 de l'annexe II) 
ne se prête pas à un calcul de l'inclinaison, car elle a été trop entamée 
par les eaux. Il vaut donc mieux se servir de la couche qui apparaît 
aux altitudes de 47.2 et 38.3 m., et dont on peut déduire une incli- 
naison de 0° 35' environ au sud ou au sud-est. 

La montagne Batou Kapal tout entière se compose aussi de matériaux 
incohérents avec bancs de calcaire. Tout près du sommet, à 220 m. 
d'altitude, il se trouve un petit restant d'un banc calcaire qui existait 
auparavant à cette hauteur; entre 100 et 113 m. d'altitude, on voit 
encore différentes parties d'une deuxième couche, dont la face supé- 
rieure est à 113 m. d'altitude au cap Nousaniwi, mais à Silali à 
104.7 m. d'altitude seulement, ce qui indique une faible inclinaison à 
l'est ou au sud-est, ainsi qu'on peut le voir au profil fig. 4 (annexe II). 
A l'est de la route de Silali à Latou halat, les matériaux meubles 
et le calcaire montent, par les cimes Atana, Rousi et les petits som- 
mets A et B, jusqu'à 346 m. d'altitude; une grande partie a de 
nouveau été enlevée par érosion, de sorte qu'on ne voit pas distincte- 
ment quelle est la correspondance des couches. On trouve une première 
couche à 75 m., une deuxième, depuis 86 jusqu'à 90 m., une troisième, 
de 98 à 112 m. (fortement affouillée), puis, entre 170 et 230 m., 5 cou- 
ches qui ont une faible inclinaison à l'ouest ou au sud-ouest; puis 
encore 3 couches, entre 255 et 290 m. ; enfin, le calcaire situé le plus 
haut entre les cimes A et B, qui descend de 343 à 317 m. et qui a 
été affouillé jusqu'à 296 m. par un affluent de gauche de la Waï 
Jowang, pour s'élever finalement, au sommet B, jusqu'à 346 m. 



142 

d'altitude. Un peu au-delà de ce point, les matériaux meubles aussi 
bien que le calcaire corallien, qui reposent sur la péridotite, finissent 
et l'andésite à quartz et mica commence. 

Il est tant soit peu incertain si les couches calcaires entre 107 et 
230 m. correspondent à celles de la petite cime A, ou bien à celles 
de la cime B (voir profil fig. 4). Dans le premier cas, elles auraient 
une inclinaison moyenne de 7^/,,° environ, ce qui me semble trop, 
eu égard à celle que présentent les couches du G. Rousi; dans le 
dernier cas, l'inclinaison est de 4^,,° environ au sud ou au sud-ouest, ce 
qui est bien plus vraisemblable, et c'est ainsi que c'est indiqué dans 
notre profil. Si nous comparons cette position avec celle des couches 
du G. Kapal, citées plus haut, on remarque qu'entre le cap Nousa- 
niwi et la cime B les couches forment un pli synclinal, et que le 
point le plus bas de ce pli coïncide avec le collet entre Silali et 
Latou halat. Nous ne devons donc admettre ici l'existence ni d'une 
cassure ni d'une faille. 

Si de Silali on suit la côte vers le nord, on ne trouve nulle part 
du calcaire corallien, depuis Eri jusqu'à Amahousou. Les matériaux 
y consistent en sable et brèches incohérentes d'andésite à quartz et 
mica qui, par leur teneur en quartz, paraissent avoir été défavorables 
pour l'édification des coraux. En arrière d'Amahousou, on peut voir 
plusieurs formes plates, plateaux ou terrasses, qui paraissent avoir 
une légère pente au nord-ouest (?), ainsi qu'on peut l'observer le mieux 
du nord, de la baie d'Ambon (voir fig. 25, annexe IV). 

Entre Amahousou et Ambon, la route suit le pied du G. Nona, 
et l'on y trouve du calcaire corallien entre des débris de serpentine ; 
près de la rivière Tihamètèn, ce calcaire repose même directement 
sur la serpentine massive. 

Aucune domaine de Leitimor n'est aussi riche en bancs de calcaire 
corallien que celui du G. Nona. Si l'on suit la grand' route d'Ambon à 
Siwang, ou les sentiers de Waï Nitou ou de Kouda mati vers cette 
montagne, on rencontre partout des bancs de coraux, alternant avec 
des débris de péridotite et de serpentii\e; en quelques points le cal- 
caire repose aussi immédiatement sur la péridotite. On peut voir 
toutes ces couches sur notre profil fig. 8 (annexe I). La couche cal- 
caire qui, dans le profil, a été coupée entre 880 et 400 m. et qui 



143 

s'étend le long des bords nord et est de la montagne (voir carte 
n-. III) peut s'observer très bien d'en bas, près de Kouda mati; et 
alors il saute déjà aux yeux que cette couche n'est pas parfaitement 
horizontale, mais qu'elle a une inclinaison légère vers l'est, et que 
de plus elle présente une dépression en forme de bassin (voir fig. 59). 
L'extrémité occidentale est la cime 466 de la carte III. Au profil 
fig. 3 une seconde couche calcaire, encore plus haute, a été coupée 
entre 420 et 440 m. Sur notre carte n«. III, qui représente le sommet 
du G. Nona à une échelle double de celle de la carte principale, 
donc à 1 : 10 000, avec des courbes de niveau de 5 en 5 m., on peut 
voir que la couche supérieure s'étend en cercle autour de la cime 
de 475.6 m., laquelle se compose de débris de serpentine. Comme 
les portions sud-ouest de cette couche sont plus élevées que les 
autres parties, il est clair que cette couche aussi a une inclinaison vers 
le nord-est, et en même temps que les cimes calcaires de 481 et 
539 m. doivent faire partie de cette couche. La grande épaisseur qui 
a été donnée sur la carte au calcaire de la cime de 539 m. s'expli- 
que d'abord par cette circonstance, que les deux couches calcaires 
de plus haut paraissent avoir gagné en épaisseur; ces couches sont 
probablement séparées par des couches de débris de serpentine; 
mais les versants abrupts, recouverts d'une végétation dense, sont 
tellement couverts de blocs de calcaire, que l'on n'y peut voir ces 
débris et que le tout a dû être indiqué comme calcaire sur nos cartes. 
Comme les deux couches de calcaire ne sont pas divisées en bancs 
parallèles qui pourraient servir à déterminer leur direction et leur 
inclinaison, nous avons dû recourir au calcul. Et d'abord, pour 
déterminer aussi exactement que possible la direction et l'inclinaison de 
la couche inférieure, nous avons choisi avec soin dans cette couche 
trois points de 470, 430 et 380 m. d'altitude (indiqués sur la carte 
n". III), non situés en ligne droite et pris tous les trois à la base 
de la couche. On aurait pu les prendre aussi à la surface de celle-ci, 
mais il n'y aurait eu là aucun avantage pour le calcul; car, le plus 
souvent, la surface des couches calcaires est affouillée très irrégulière- 
ment, de sorte que les 3 points ne sauraient être pris avec certitude 
sur la surface primitive. Toutefois, le choix de ces points à la base 
de la couche a aussi un inconvénient, savoir que la couche inférieure 



144 

n'a peut-être pas été déposée sur une surface parfaitement horizon- 
tale, bien que cette surface consiste ici en débris de serpentine qui 
ont été déposés sous les eaux. 

Par une construction connue et bien simple on peut, connaissant 
la situation et la hauteur de ces 3 points, calculer la direction et 
l'inclinaison de la couche, et nous avons trouvé ainsi: D = 148«>, 
1 — 3° 35' au nord-est. 

Pour la couche supérieure on peut, d'après notre carte, calculer la 
direction moyenne, qui varie entre 132° et 136° ; et pour l'inclinaison, 
on trouve des chiffres qui varient de Vj^ à 5'/4°. 

Bien que ces chiffres puissent subir quelque modification par le 
choix d'autres points, ils montrent suffisamment que les deux couches 
ont une direction qui se rapproche du sud-est; que toutes deux ont 
une inclinaison vers le nord-est ; et que la couche supérieure, la plus 
ancienne, incline un peu plus fortevnent que Vautre. 

Dans notre profil fig. 3 (annexe I), l'inclinaison des couches au 
sommet du G. Nona n'a été indiquée que d'une manière schémati- 
que; mais ce n'est pas là l'inclinaison véritable, parce que la ligne 
de profil n'est pas perpendiculaire à la direction des couches. De 
plus, les altitudes ont été prises à une échelle 4 fois plus grande 
que celle des longueurs, de sorte que dans ce profil l'inclinaison est 
représentée d'une façon fort exagérée. 

En ce^ qui concerne maintenant les couches calcaires situées plus 
bas, que l'on rencontre au versant nord de la montagne jusqu'au 
kampong Waï Nitou, et aux versants nord-est et est jusque dans la 
vallée de la rivière Batou gantoung, celles-ci à leur tour ne sont 
généralement pas parfaitement horizontales. Je rappelle ici, ainsi que 
je l'ai déjà fait remarquer plus haut, que les couches du Batou 
pintou ont une inclinaison faible vers l'est (ou le nord-est). Ces cou- 
ches sont à 100 m. d'altitude environ ; et pour les bancs calcaires 
situés en arrière de Halong, à une altitude d'environ 100 m., on a 
pu constater aussi, par le calcul, une inclinaison qui toutefois est 
déjà inférieure à 1°. Les couches calcaires dont l'altitude est encore 
plus petite peuvent être regardées comme horizontales; car il est le 
plus souvent absolument impossible d'évaluer sur le terrain une in- 
clinaison de couches calcaires inférieure à 0° 40', tant par l'inégalité 



145 

de la surface que par la variation de l'épaisseur d'un point à un 
autre. Il arrive d'ailleurs assez souvent que ces couches se terminent 
en forme de coin (auskeilen) dans les dépôts de gravier. 

Il résulte de ce qui précède que les couches de calcaire et de gravier 
des hauteurs de Leitimor n'ont pas une position parfaitement horizon- 
tale, mais qu'elles ont une faible inclinaison; que cette inclinaison 
est la plus forte pour les couches supérieures, les plus anciennes, 
sans dépasser toutefois 5'/,.°; que les couches situées plus bas, jusqu'à 
100 m. d'altitude, ont des inclinaisons de 3'/2° à 1° environ; et que 
les calcaires encore plus jeunes ont une position sensiblement hori- 
zontale, ou, dans tous les cas, ont des inclinaisons de moins de 1°, 
que l'on ne peut en aucune façon observer sur le terrain et que 
l'on ne peut calculer que dans des cas très favorables et par des 
levés effectués avec soin. D'autre part, on s'aperçoit que l'inclinaison 
de ces couches est souvent au sud-est, c'est-à-dire opposée à la baie 
d'Ambon, de sorte que la côte nord de Leitimor est le bord d'une 
faille. Enfin, qu'en différentes parties de Leitimor, la direction des 
couches est très variable : au Batou kapal elle est à peu près nord- 
est; aux cimes A et B, au-dessus du G. Rousi, à peu près sud-est 
avec inclinaison vers le sud-ouest; au G. Nona, aussi à peu près 
sud-est mais avec inclinaison au nord-est; au Batou pintou, elle est 
plus ou moins est; en arrière de Halong + nord-est; tandis que les 
couches de la partie orientale de Leitimor, entre autres des alentours 
de Halérou, ont une faible inclinaison (2^) vers l'ouest ou le sud-ouest, 
de sorte que leur direction est + nord-ouest, et que par conséquent 
elles tournent leurs têtes vers la côte, du côté de Touwi sapo, où il 
y a donc une faille. 

On peut déjà conclure de là que Leitimor n'a pas été soulevée 
uniformément en son entier, mais que des portions de l'île ont été 
atteintes d'une manière très irrégulière par des soulèvements réitérés. 
Les divers bancs de calcaire, que nous trouvons adossés à la mon- 
tagne de péridotite Nona, font voir que ces soulèvements n'avaient 
pas lieu continuellement, mais se faisaient par périodes séparées par 
des époques de repos, pendant lesquelles il se formait chaque fois 
au niveau de la mer un banc de calcaire corallien, qui, lors d'un sou- 
lèvement nouveau, venait ajouter une nouvelle assise de calcaire à 

10 



146 

celles qui existaient déjà autour de la montagne. Ces couches calcaires 
ne pénètrent donc pas très avant dans la montagne, car le noyau 
se compose de péridotite massive ; on ne peut les suivre que jusqu'au 
point où s'arrêtent les matériaux incohérents, puisqu'elles alternent 
avec ceux-ci. 

Si nous construisons un profil (voir fig. 60, annexe VI), sensiblement 
perpendiculaire à la direction des couches, par les cimes calcaires 
de 539 et de 481 m. du G. Nona, le sommet calcaire de 400 m. au 
sud-ouest de l'Apinau, puis, par cette montagne elle-même vers la 
petite cime calcaire de 325 m. au sud du Halinoung, la crête calcaire 
de 211 à 200 m. et celle de 100 m. environ jusque dans la vallée 
de la Batou gantoung, nous constatons que non seulement le cal- 
caire de 325 m., mais même celui de 210 m., peuvent appartenir 
aux couches qui sont à nu au sommet du G. Nona, si celles-ci 
continuent à descendre vers le nord-est avec une inclinaison de5'/j° 
environ. Toutefois, la couche calcaire de + 100 m. ne fait pas partie 
de cet ensemble ; elle se trouve beaucoup plus bas, et, à ce qu'il paraît, 
sensiblement horizontale. Si nous nous rappelons à présent que les 
magnifiques plateaux horizontaux sur la route d'Ambon à Soja di 
atas et à Kousou kousou sereh atteignent des altitudes de 140, 150 
et tout au plus de 170 m., et que les collines avancées de matériaux 
incohérents en arrière de Halong montent également, contre le grès, 
jusqu'à 173 m., alors que la hauteur plus grande de la cime de 211 m. 
au sud de Lata doit être attribuée à une inclinaison excessivement faible 
des couches vers le sud-est — laquelle a été constatée entre autres aussi 
aux couches en arrière de Halong, ce qui fait que les couches au 
sud de Lata doivent venir au jour un peu plus haut que plus au 
sud, contre le grès — il me semble que par ces données nous sommes 
à même de faire une séparation entre les sédiments anciens, tertiaires 
supérieurs, peut-être pliocènes, et les jeunes dépôts quaternaires. Ces 
derniers constitueraient alors entre autres les terrasses en arrière 
d'Ambon et de Halong jusqu'à 170 m. d'altitude environ, dont les 
couches sont sensiblement horizontales ou n'ont, au plus, que des 
inclinaisons de 1°. Par contre, les couches de calcaire et de gravier qui 
ont des inclinaisons atteignant 5'/4°, et qui précisément pour cette raison 
se présentent non seulement au haut du G. Nona, mais descendent 



147 

aussi le long du versant, p. ex. les couches calcaires jusqu'à 4Ô0, 
300 et 200 m., et même celles du G. Rousi jusqu'à 170m. d'altitude, 
toutes ces couches feraient partie des premiers dépôts. La possibilité 
existe même, que ces couches inclinées apparaissent encore à un 
niveau moins élevé, à la même hauteur que les calcaires quaternaires, 
et puissent ainsi être confondues avec ces derniers ; et dès lors il est 
tout-à-fait impraticable de séparer sur la carte les dépots pliocènes 
d'avec les sédiments quaternaires, non seulement pour la raison qui 
vient d'être donnée, mais aussi parce qu'il n'y a pas eu d'interrup- 
tion dans les dépôts et que les matériaux sont restés tout à fait les 
mêmes. Mais ce qui vient corroborer parfaitement notre théorie des 
soulèvements périodiques réitérés, c'est que les sédiments les plus 
anciens sont aussi ceux qui ont la plus forte inclinaison. 
• Bien que pour Leitimor il ne soit donc pas invraisembable, que 
nous puissions admettre une limite entre les sédiments quaternaires 
et pliocènes, à l'altitude de 170 m. environ, il ne s'ensuit nulle- 
ment que dans les autres îles des Moluques cette limite se trouve à 
la même hauteur; ceci me paraît même inadmissible pour plusieurs 
raisons. 

Finalement, nous devons encore tâcher de découvrir la cause de 
l'absence du calcaire corallien dans le domaine du G. Horiel et dans 
celui du granité qui s'y rattache du côté de l'ouest. Nous avons déjà 
fait observer plus haut que cette absence ne pouvait être mise exclu- 
sivement sur le compte de la qualité de la roche. Par altération, le 
granité donne des débris quartzeux très acérés qui sont défavorables 
à l'édification du corail; mais si ces débris sont entremêlés d'une 
certaine proportion d'éléments argileux, comme dans les collines en 
arrière d'Ambon et dans les vallées de la Waï Tomo et de la Waï 
Batou merah, alors ces circonstances défavorables se sont tellement 
modifiées que sur cette base il peut se former du calcaire corallien, 
ainsi que le prouvent les couches de calcaire que nous rencontrons 
entre les couches de gravier dont il vient d'être question. 

En d'autres endroits reposent sur le granité des débris de serpen- 
tine, originaires des montagnes de péridotite situées à proximité; et 
sur ces débris les coraux ont pu se développer abondamment. Ceci 
n'empêche pas cependant que les sols granitiques ne soient en général 



148 

défavorables à l'édification du corail, lorsque les circonstances parti- 
culières dont nous venons de -parler n'ont pas modifié la nature des 
produits d'altération servant de base. 

Mais il en est tout autrement de la péridotite qui y confine ; celle-ci 
fournit un sol excellent pour la construction des coraux, ainsi que 
nous l'apprend le G. Nona. Et cependant, au Horiel, le calcaire 
corallien manque totalement, et les sédiments quaternaires, à peu 
près; au pied sud-est il y a des matériaux quaternaires jusqu'à 90 m.; 
au pied est, du calcaire à 124 m.; et au pied nord, depuis 236 jus- 
qu'à 222 m. d'altitude, un très petit plateau qui a été indiqué sur 
la carte comme quaternaire et qui s'est probablement déposé sous 
la mer, bien qu'il puisse s'agir ici de débris de serpentine altérée 
rassemblés par les eaux pluviales. De même, il est quelque peu 
incertain si le petit plateau qui repose sur le grès un peu plus vers 
l'est, et qui s'élève depuis 251 jusqu'à 265 m. d'altitude, fait partie 
des sédiments marins ou bien de débris de grès altérés sur place et 
rassemblés par les eaux. 

Des dépôts de débris de très faible épaisseur ont pu être pris pour 
de la serpentine altérée, et avoir échappé à notre attention dans nos 
recherches; mais tel n'est certes pas le cas pour le calcaire dur, 
inaltéré ; celui-ci, lorsqu'il existe, apparaît partout très distinctement, 
tant par ses parois escarpées que par sa couleur blanchâtre. Il n'y 
a donc pas lieu de douter que le Horiel ne présente nulle part sur 
sa crête du calcaire corallien, et on ne peut attribuer cette absence 
qu'à deux causes : ou bien, ce calcaire y a existé auparavant mais a 
été enlevé complètement par érosion; ou bien, ce calcaire ne s'y est 
jamais déposé. Dans le premier cas, on peut se demander pourquoi 
le calcaire corallien du G. Nona n'a pas disparu aussi en totalité, 
puisque sur les deux montagnes l'érosion pouvait agir avec la même 
énergie; ainsi que le montrent nos cartes et nos profils, une partie 
assez importante des couches calcaires a disparu aussi par érosion 
au G. Nona, mais une partie plus forte encore a été conservée; et 
tel aurait été à coup sûr le cas pour le G. Horiel aussi, si le cal- 
caire y avait jamais existé. Il ne reste donc qu'une seule hypothèse 
admissible, c'est que du calcaire corallien ne s'est jamais déposé sur 
le massif du G. Horiel; et ceci ne s'explique qu'en admettant que 



149 

la partie supérieure du G. Horiel s'était déjà soulevée au-dessus du 
niveau de la mer, avec une portion du terrain granitique et gréseux 
qui y confine, à l'époque pliocène, lorsque se déposèrent sur le G. Nona 
voisin le gravier et le calcaire corallien. Si une partie du terrain 
gréseux se trouve à présent plus bas que les calcaires coralliens de 
l'est de Leitimor, il faut l'attribuer à un affouillement ultérieur par 
la Waï Jori et ses affluents. Sans doute ce terrain, dans la partie 
qui a été probablement recouverte par la mer pliocène, n'aura pas 
présenté beaucoup de calcaire corallien, puisque des débris de grès 
sont également défavorables aux formations coralliennes. 

Le domaine du Nona était donc encore tout entier sous la mer 
lorsque le Horiel émergeait déjà; les calcaires coralliens et les débris 
qui se sont déposés sur le Nona ont été soulevés plus tard à plusieurs 
reprises et le Horiel n'a pas pris part à ces soulèvements. 

Dans le temps que je croyais encore que les calcaires coralliens 
avaient une position parfaitement, ou du moins presque parfaitement 
horizontale, je ne pouvais me l'expliquer qu'en admettant qu'il 
existait entre ces deux domaines une faille, une crevasse dans la 
croûte terrestre, le long de laquelle la portion occidentale de Leitimor 
(le terrain du Nona) avait été exhaussée relativement à la portion 
moyenne (le Horiel). Comme la portion orientale présente aussi des 
calcaires dans les hauteurs de Halerou, il devait y avoir aussi quel- 
que part une faille du côté est du Horiel. La première faille pouvait 
bien coïncider avec celle constatée au sud d'Ambon ; mais la seconde 
n'a pas pu être signalée sur le terrain. 

Depuis lors j'ai reconnu que les calcaires du Nona inclinent au 
nord-est et ceux de Halérou au sud-ouest; et que cette inclinaison, 
quelque légère qu'elle soit (2° à 5°), est suffisante pour expliquer 
l'absence de calcaire contre le Horiel, sans qu'on ait besoin d'avoir 
recours à des failles, bien qu'il ne soit pas absolument impossible 
que la faille au sud d'Ambon ait joué un certain rôle dans le soulè- 
vement du domaine du Nona. 

Si nous formons une coupe longitudinale de Leitimor et que nous 
y indiquons les couches calcaires avec leur inclinaison, comme cela 
a été fait dans la fig. 61 — où toutefois les inclinaisons sont fort 
exagérées, puisque les altitudes ont été prises à une échelle 4 fois 



160 

plus grande que les longueurs — on s'aperçoit immédiatement que ces 
couches forment des plis synclinaux et anticlinaux, qu'elles ne sont donc 
pas horizontales mais plissées; que les couches calcaires du G. Nona 
et de Halérou forment un pli synclinal et que la]ligne synclinale se trouve 
au pied du Horiel et à peu près au niveau de la mer, de sorte qu'il 
devient évident que les calcaires doivent faire défaut dans les hauteurs 
du domaine du Horiel. Pour expliquer ce fait, nous n'avons plus 
besoin maintenant de failles; le faible plissement des couches suffit. 
Seulement, nous devons considérer comme un fait que le Horiel 
formait un continent lorsque le G. Nona et le terrain de Halérou étaient 
encore sous les eaux. Le Horiel n'a pris presque aucune part au 
plissement et au soulèvement de ces deux terrains. Plus tard se sont 
déposés les produits quaternaires, qui ont aussi été soulevés périodique- 
ment jusqu'à l'altitude de 170 m. environ. Bien que l'inclinaison en 
soit très faible, ils inclinent cependant légèrement vers le sud-sud-est; 
et par suite, du côté nord du G. Horiel ils sont plus élevés que 
du côté sud. Leitimor tout entière présente le long de la côte une 
bordure de ces jeunes matériaux, qui est plus large au nord qu'au 
sud, à raison de la faible inclinaison vers le sud et aussi parce qu'à la 
côte du sud les débris incohérents reposant sur le granité ont été 
çà et là enlevés par les eaux, en tout ou en partie. Une partie de la 
péridotite du Horiel, à la côte du sud, est aussi dépourvue d'une 
couverture de matériaux incohérents, par suite d'érosion par les eaux. 
Jusqu'ici nous n'avons parlé que de soulèvements périodiques, de 
sorte que les calcaires descendent en terrasses vers la mer et que les 
couches inférieures sont aussi les plus récentes. Mais parfois on a 
affaire à une autre disposition. C'est ainsi qu'au dessus du calcaire 
de la rivière Halérou (220 à 230 m.) il y a encore une couche plus 
haute (280 à 300 m.); ces deux couches ne se succèdent pas en forme 
de terrasses, mais la première se trouve sous la seconde dans toute 
son étendue; le même cas se présente à la Waï Jori, où il y a aussi 
deux couches calcaires superposées, à 100 et à 200 m. environ. Cette 
alternance prouve que la couche inférieure a été formée la première, 
la supérieure, la dernière; celle-ci est donc la plus jeune. Il doit donc 
y avoir eu ici tout d'abord une immersion, qui a permis à de nou- 
veaux calcaires coralliens de se constituer au dessus de ceux qui 



151 

existaient déjà; après cela, probablement à l'époque pliocène, le tout 
a été soulevé, le plus souvent sous des inclinaisons de 2° à 5" ; et finale- 
ment, contre ces formations coralliennes se sont déposes les sédiments 
quaternaires, qui ont été soulevés périodiquement et qui à présent 
forment des terrasses sensiblement horizontales adossées aux couches 
anciennes. Là où les calcaires gisent en cercles les uns sous les autres 
et se sont formés successivement autour d'une cime, ou bien là où 
ils sont étages en forme de terrasses, c'est le calcaire situé le plus 
haut qui est le plus ancien; mais s'ils sont disposés les uns au-dessus 
des autres, alternant avec des couches de gravier, de telle sorte que 
la couche supérieure recouvre la couche inférieure, c'est la couche 
inférieure qui doit être la plus ancienne. 

Pour finir, nous allons nous représenter la succession des couches 
des jeunes sédiments à Leitimor, aussi bien de l'ouest à l'est (fig. 61) 
que du nord au sud. 

De Vouest à Vest, nous voyons en premier lieu les couches du G. 
Kapal, qui inclinent légèrement au sud-est; puis celles du G. Rousi 
avec inclinaison au sud-ouest; ensuite les couches du G. Nona, qui 
inclinent au nord-est, ainsi que les calcaires des monts Eri haou, 
Nanahou et Post. Les couches de Halérou inclinent de nouveau au 
sud-ouest, de sorte que, dans cette direction, nous avons affaire à 
deux plis synclinaux successifs avec une interposition d'un seul pli 
anticlinal. 

De nord au sud, l'inclinaison est en général très faible vers le sud- 
sud-est et le sud-est, de sorte que le long de la côte du nord les 
couches tournent leurs têtes vers la baie d'Ambon ; c'est le cas, entre 
autres, à Silali, au nord du cap Batou merah, et en arrière de Halong ; 
près de ce dernier endroit, elles forment à une plus grande distance 
de la côte un bassin peu prononcé; et plus loin encore, elles sont 
sensiblement horizontales, de même qu'aux terrasses derrière Ambon, 
à la colline Batou medja et sur les routes qui mènent du chef lieu 
à Soja di atas et à Kousou kousou sereh. 

La description quelque peu détaillée que nous venons de faire de 
la position des calcaires coralliens et des couches de débris qui les 
accompagnent est légitimée par le grand intérêt théorique que présente 



• 152 

cette question. Jadis cette position était assez généralement considérée 
comme parfaitement horizontale, bien qu'il faille ajouter qu'une partie 
des géologues n'y ont jamais ajouté foi. Ici à Ambon il a été démon- 
tré pour la première fois, par des levés précis, qu'un grand nombre 
de couches calcaires, notamment les plus anciennes, celles qui sont 
situées à la plus grande altitude, ne sont pas horizontales, mais pré- 
sentent une certaine inclinaison ne dépassant cependant pas b^i^° à 
Leitimor. Pour les couches un peu plus jeunes, l'inclinaison diminue 
jusqu'à 3", 2° et 1°, et les couches plus jeunes encore, qui forment 
ici des terrasses jusqu'à 170 m. d'altitude, ont une inclinaison encore 
plus faible. Ces dernières couches, nous les rangeons parmi les dépôts 
quaternaires; les autres, dans le pliocène, ou en général dans le 
terrain tertiaire très jeune, sans qu'il soit possible de séparer nettement 
ces deux dépôts sur le terrain et sur la carte. La position des couches 
est très variable, mais elle n'a rien de commun avec l'allure de la 
côte. La direction des calcaires des hauteurs est, en général, en 
travers de l'axe longitudinal de l'île; celle des jeunes couches des 
terrasses est, il est vrai, parallèle à la côte, mais avec une inclinaison 
opposée à la côte. 

Il est donc tout à fait inexact que jusqu'à ce jour «ausschliesslich — 
gleich manchen Strandbildungen an der Norwegischen Kiiste — eine 
nach dem Meere zu gerichtete Schichtenneigung festgestellt worden 
ist», ainsi que le prétend Wichmann dans un compte-rendu de mon 
mémoire n°. 44 dans Petermann's Geogr. Mittheilungen, Litteratur- 
bericht 1901, p. 51, n". 198. De plus, je ne m'explique nullement 
comment Wichmann s'est procuré les données pour cette hj^pothèse, — 
car son assertion formulée avec tant d'assurance n'est pas autre 
chose — ; du moins, dans mon mémoire n". 44, je n'ai afi&rmé nulle 
part que les calcaires des Moluques inclinent toujours vers la mer; 
et Wichmann n'a constaté absolument aucune inclinaison, ni dans 
les calcaires coralliens ni dans les marnes blanches qu'il a observés 
dans l'Inde, à Timor et à Rôti; d'après sa description, ces couches 
seraient horizontales. Je veux toutefois signaler en passant qu'à Timor 
elles ont une inclinaison et qu'à Houmba l'inclinaison est du sud au 
nord, de sorte qu'ici en réalité «ein Einfallen dem Meere zu, auf der 
einen Seite einer Insel, einem Abfallen auf der entgegengesetzten 



153 

Seite entspricht», exactement comme Wichmann, dans son compte 
rendu, l'attend de couches qui doivent leur inclinaison à un soulève- 
ment. A la côte sud de Soumba, la roche sous-jacente, la diabase, 
apparaît même sous le calcaire corallien; à la côte du nord, nulle 
part. De même, tous les calcaires coralliens de l'île de Saleier, près de 
Célèbes, ont des inclinaisons vers l'ouest, de sorte que leurs têtes peuvent 
s'apercevoir du côté oriental de l'île, en haut contre la montagne. 

L'assertion de Wichmann sera sans doute basée sur le fait que, 
comme Suess, il est partisan d'un abaissement du niveau de la mer ; 
mais cette théorie, au moins en ce qui concerne les Moluques, a été 
renversée une fois pour toutes par mes recherches faites en 1899 
dans les îles nombreuses qui entourent la mer de Banda; et déjà 
même en 1898, ainsi que nous l'avons vu plus haut, par les levés 
précis effectués au Gounoung Nona et ailleurs à Ambon. Partout 
où, comme à Ambon, les couches ont été contournées en forme de plis 
synclinaux et anticlinaux, même si les versants en sont faiblement 
inclinés, la cause en est un plissement et une pression, un soulève- 
ment des couches au-dessus du niveau de la mer, et ce ne saurait 
être la conséquence d'un simple abaissement de la surface des eaux. 

Description de quelques roches. 

N°. 98. Calcaire dense, gris-clair, à la cime G. Batou kapal, à 215 m. 
d'altitude. Au microscope, une masse cristalline fine, gris-clair, de 
calcite avec veines cristallines grossières de calcaire spathique. Des 
sections de teinte claire appartiennent à des foraminifères, dont on 
n'a pu déterminer aucun exemplaire. Présente le caractère d'un cal- 
caire ancien, tout comme tous nos calcaires dont la structure coral- 
lienne a disparu. Calcaire microcristallin. 

N°. 8. Calcaire très tendre, arénacé, farineux, tachant comme la 
craie, du cap Batou kapal; repose sur la péridotite, depuis 20 jusqu'à 
30 m. d'altitude. On ne peut pas tailler de bonnes plaques micros- 
copiques dans cette roche tendre. Au microscope, la poudre laisse 
voir des spicules de spongiaires, des radiolaires, des particules trou- 
bles de calcaire, des morceaux verts de serpentine et un peu de 
minerai de fer (magnétite). Ce calcaire est relativement jeune, et n'a pro- 
bablement jamais renfermé de coraux. C'est un calcaire à radiolaires. 



164 

N°. 66. Calcaire compacte, blanc-bleuâtre, avec veines de calcaire 
spathique, au-dessus de Seri, sur la route de Siwang, à 246 m. d'alti- 
tude. Repose sur la péridotite sur une petite étendue, et il est possible 
que ce soit un calcaire ancien. Au microscope, on voit une pâte 
microçristalline de calcite avec veines cristallines grossières de spath 
calcaire; puis quelques sections de restes organiques impossibles à 
déterminer. Calcaire microcristallin. 

N". 97. Calcaire tendre, arénacé, tachant comme la farine, au kampong 
Siwang, à 408 m. d'altitude. Ressemble absolument au n°. 8 du cap 
Batou kapal, ce qui prouve que ces calcaires à radiolaires n'appar- 
tiennent pas exclusivement à la période la plus récente. La roche 
est trop tendre pour être polie. Au microscope, on peut voir dans 
la poudre de nombreux radiolaires et quelques spicules de spongiaires. 
Calcaire à radiolaires. 

N°. 96. Calcaire compacte, gris-bleuâtre, près de la «maisonnette 
chrétienne» (carte n". III) au G. Nona, à 500 m. d'altitude. Fait 
partie de la couche supérieure, la plus ancienne de cette montagne. 
Au microscope, on voit une pâte microcristalline avec veines de cal- 
caire spathique et des sections de foraminifères et d'autres pétrifi- 
cations qu'on ne saurait déterminer. Calcaire microcristallin. 

N". 95. Enlevé au Gounoung Nona, au nord du refuge, à 450 m. 
d'altitude ; originaire aussi de la couche calcaire supérieure. Ce calcaire 
repose sur des débris de serpentine, et il renferme même un très 
grand nombre de particules de serpentine et des veines épaisses de 
spath calcaire. Il a une teinte gris-brun et forme, dans la partie in- 
férieure de la couche, dont provient notre échantillon, une brèche 
fine. Au microscope, on voit des particules de serpentine qui con- 
stituent au moins la moitié de la roche, cimentées par une pâte 
microcristalline de calcite sans pétrifications. Calcaire avec débris de 
serpentine. 

Nos. 50 et 51. Calcaire de la deuxième couche du G. Nona, recueilli 
à 480 m. d'altitude, au nord de la cime de 513.6 m. (carte n". III). 
Calcaire blanc-jaunâtre, avec particules vert-jaunâtre de serpentine, 
où les eaux creusent des cavités, de sorte que ce calcaire présente 
beaucoup de trous, qui sont tapissés, en partie, de cristaux de spath 
calcaire. On peut y voir quelques restes de coraux et des moules de 



156 

coquilles. Sous les blocs de cette couche, on a trouvé un grand frag- 
ment de tridacne (n". 51) de 15 cm., fortement désagrégé ; si la désa- 
grégation avait été un peu plus avancée, on n'aurait plus du tout 
pu reconnaître la sculpture de la surface; et c'est peut-être pour ce 
motif que dans les calcaires les plus haut placés, les plus anciens 
donc, on a rencontré relativement peu de tridacnes. Au microscope 
on voit que ce calcaire est essentiellement microcristallin ; il contient 
cependant de nombreux restes organiques, des coraux, des lithotham- 
nium, des globigérines et autres foraminifères impossibles à déter- 
miner. Calcaire corallien. 

N^. 49b. Enlevé à la même couche calcaire (2e), mais plus à l'est, 
du versant nord de la montagne, à 422 m. d'altitude. Calcaire blanc 
rougeâtre, dur, un peu poreux avec de nombreux restes coralliens. 
Au microscope, masse microcristalline de calcaire avec sections de 
coraux, foraminifères, radiolaires, spicules de spongiaires et lithotham- 
nium. Calcaire corallien. 

N". 49a. Grande tridacne, de 33 cm., recueillie à 248 m. d'altitude, 
tout près du G. Kramat (255 m. d'altitude), au nord du G. Nona. 
Gisait librement à la surface du sol parmi de nombreux gros blocs 
de calcaire. L'intérieur de la coquille est tout-à-fait rempli de cal- 
caire, et sa surface est altérée et creusée par les eaux, tout comme 
celle des autres blocs de calcaire répandus sur le sol. Tridacne fossile. 

N". 39. Calcaire recueilli au versant ouest du Gounoung Batou 
gouling, à peu près à 150 m. d'altitude. Jaune clair, assez compacte, 
avec quelques trous. Contient beaucoup de petits foraminifères et 
quelques moules de coquilles. Au microscope, on constate la présence 
de divers foraminifères, mais on n'y voit pas d'orbitoïdes, puis encore 
des radiolaires, des spicules de spongiaires et des lithothamnium. 
Calcaire. 

N°. 183. Calcaire du versant sud du G. Nanahou, enlevé à peu 
près à 300 m. d'altitude. Calcaire dense, gris-clair, tout-à-fait com- 
pacte, avec veines de calcite. Au microscope, microcristallin avec 
beaucoup de sections de foraminifères qu'on ne peut déterminer. Cal- 
caire microcristallin. 

W. 94. Calcaire en couches légèrement inclinées à l'est, de la rivière Ba- 
tou gantoung, près de l'endroit nommé Batou pintou, à 95 m. d'altitude. 



156 

Calcaire granuleux, gris-blanchâtre, avec de petits trous. Les granules 
sont de petits forarainifères. Au microscope, un vrai calcaire à fora- 
minifères, avec quelques particules de serpentine brunes et vertes. 
Les foraminifères consistent certainement pour les V5 en globigérines 
de 0.3 à 1 mm. de diamètre ; puis, en petites amphistégines, milioli- 
dées, rotalinidées et d'autres encore; quelques sections de coquilles 
et un peu de lithothamnium ; le tout dans une pâte calcaire micro- 
cristalline. Calcaire à globigérines. 

N°. 44. Calcaire du cours inférieur de la rivière Batou gantoung; 
c'est un banc de calcaire corallien, à une dizaine de mètres d'altitude, 
de couleur blanc-jaunâtre, tant soit peu poreux. Au microscope, une 
pâte microcristalline de calcaire spathique, avec quartz, feldspath 
trouble et morceaux de mica ; aussi un peu d'augite et de la chlorite ; 
dans le calcaire, quelques globigérines et autres foraminifères. Ce 
calcaire corallien renferme donc des débris de granité. Dans les plaques 
on ne voyait pas de restes de coraux, mais on les apercevait dans 
les échantillons. 

N". 189 est le calcaire corallien blanc-jaunâtre du pied oriental du 
Gounoung Karang pandjang, à l'est d'Ambon, sur la route de Rou- 
toung, de 80 à 100 m. d'altitude. Ce calcaire contient une très grande 
quantité de coraux en branches; le calcaire lui-même n'a pas été 
examiné au microscope. 

N°. 82a. Couche calcaire sur des grès, à 124 m. d'altitude, dénudée 
à l'extrémité d'une terrasse au-dessus de Routoung, sur la route 
d'Ambon. Nous n'avons pu observer aucune inclinaison à cette couche, 
qui n'est visible que sur une longueur de 2 m. Nous avons ici un 
petit restant d'une couche, qui était jadis reliée avec les couches 
calcaires de Halérou, inclinées au sud-ouest, ainsi qu'il a été indiqué 
au profil fig. 61. En échantillons, ce calcaire est gris-jaunâtre clair, 
compacte, un peu schisteux, et il ne ressemble pas aux autres jeunes 
calcaires à foraminifères d'Ambon. probablement parce qu'il s'est 
déposé sur des grès argileux. A l'œil nu, on n'y voit pas de pétri- 
fications. Au microscope, on voit, dans une masse très pure, micro- 
cristalline de calcaire spathique, avec quelques grains de minerai 
d'où partent des taches brunes, un très grand nombre de sections 
de petites globigérines dentelées; elles n'atteignent qu'un diamètre 



157 

de '4 mm., tandis que dans d'autres jeunes calcaires d'Ambon elles 
arrivent assez souvent à la taille de '/a ^ 1 ï^^^^- H 7 ^^ encore quel- 
ques autres foraminifères. Calcaire à globiyérines. 

N". 197. Calcaire enlevé au pied méridional de la cime de 286 m., 
à l'ouest de Halérou, à 266 m. d'altitude. En échantillons, il est blanc- 
rosé et plein de petits trous. Pas de restes coralliens visibles. Au 
microscope, une pâte raicrocristalline de calcaire spathique, dans 
laquelle il y a des sections de coraux (?), de coquilles, de globigérines 
et d'autres foraminifères, ainsi que des lithothamnium. Calcaire. 

Le n". 198 est une tridacne, longue de 30, haute de 18 cm., que 
j'ai recueillie moi-même dans le calcaire corallien de la Waï Liha 
(côte est de Leitimor), à peu près à 13 m. d'altitude. Elle était 
solidement fixée au calcaire et devait en être détachée à coups de 
marteau, de sorte que la pétrification se trouvait sans aucun doute 
dans la roche. Tridacne. 

N». 33. Fragment d'une brèche quaternaire, située immédiatement 
derrière la négorie Houtoumouri, à 6 m. d'altitude environ. Dans la 
négorie, à 150 m. au nord-est du pont sur la petite rivière Aâ, git 
près du rivage un bloc de calcaire énorme, haut de 7 m. environ, 
probablement le reste d'un banc de calcaire corallien jadis plus 
étendu qui a été détruit par les flots. C'est là le seul point entre les 
caps Houtoumouri et Riki où le calcaire se montre sur la plage. 
Immédiatement en arrière de Houtoumouri, il y a des brèches d'une 
roche vitreuse, passant par altération à une matière blanche, arénacée, 
avec inclusions de morceaux d'un verre gris-sombre. Un de ces frag- 
ments a été examiné au microscope, et on a vu qu'il consistait en 
une roche vitreuse avec fissures perlitiques, renfermant de nombreuses 
petites baguettes et microlithes d'augite en aiguilles ainsi que de 
grands cristaux de bronzite, de plagioclase, de quartz et de cordiérite 
avec beaucoup d'inclusions de touffes de sillimanite, qui parfois 
remplissent totalement la masse de la cordiérite. C'est donc une 
brèche de perlite andesitique à quartz et à bronzite, et elle ressemble au 
n®. 194 de la Waï Malako. 

N°. 5. Fragment de brèches quaternaires incohérentes au-dessus 
d'Amahousou, à une cinquantaine de mètres d'altitude. Roche altérée, 
gris-sombre, à grands cristaux de quartz (6 mm.) en dihexaèdres, 



feldspaths troubles, blancs (4 mm.), et biotites brunes (4 mm.) dans 
une pâte gris-clair. Au microscope, outre du quartz, du feldspath et 
de la biotite ainsi que du pyroxène rhorabique (bronzite) parmi les 
cristaux porphyriques ; puis du minerai de fer. Pâte de plagioclase, 
de pyroxène altéré, de minerai et d'hydroxyde de fer et un peu de 
verre. Andésite à quartz et à mica. 

N". 105. Brèche quaternaire, au rivage septentrional de Leitimor, 
près du cap Batou anjout. Pâte blanche kaolinique contenant du granité, 
en grands et petits fragments, qui sont en partie devenus blancs par 
altération. La roche n'a pu être taillée. Brèche quaternaire de maté- 
riaux granitiques. 

VII. Sédiments novaires. 

A Leitimor, les terrains modernes n'ont qu'une faible étendue. 

La plus grande plaine est celle où est situé le chef-lieu Ambon. 
Elle n'est pas parfaitement horizontale, mais elle monte depuis la 
côte jusqu'à 12 m. d'altitude, contre le pied des collines quaternaires, 
derrière la maison de la résidence à Batou gadjah. Cette plaine con- 
siste en débris de toutes les roches plus anciennes, principalement 
des matériaux enlevés par les eaux aux collines quaternaires, qui, 
à leur tour, se composent de débris de granité, de diabase, de grès, 
de serpentine, d'andésite et de dacite. On ne trouve pas de calcaire 
corallien dans la plaine elle-même, mais bien au bord méridional, 
au kampong Waï Nitou, depuis 5 jusqu'à 12 m. d'altitude. Il se 
construit d'ailleurs actuellement dans la mer un nouveau récif coral- 
lien; et lorsque, après quelque temps, le fond se sera soulevé de 
quelques mètres seulement, la plaine actuelle d'Ambon formera, contre 
le versant de la montagne, une nouvelle terrasse limitée par deux 
couches calcaires, celle de Waï Nitou et la couche de calcaire coral- 
lien qui se forme à présent dans la mer. Le calcaire de Waï Nitou 
ne continue pas toutefois en arrière d'Ambon; il s'arrête déjà à la 
rivière Batou gantoung; et nous constatons ainsi dans cette couche 
la même irrégularité que nous avons rencontrée dans certaines couches 
calcaires plus anciennes: elles disparaissent parfois brusquement, ou 
bien elles s'amincissent et se terminent en coin. 

On trouve un second dépôt alluvial à Amahousou; il consiste en 



1.^9 

partie en blocs roulés d'andésite à quartz et mica et de péridotite, 
apportés par la Waï lia et ses affluents ; ces blocs atteignent l'altitude 
de 10 mètres et sont limités par des terrasses quaternaires légèrement 
inclinées. Le terrain de péridotite derrière Amahousou est très friable 
et tellement escarpé, qu'après de fortes pluies cet endroit est parfois 
sérieusement menacé par l'énorme masse de débris et de pierres qui 
descendent des montagnes. 

A Eri, à la Labouhan Radja et la Waï Mëmikar il n'existe que 
des bandes étroites d'alluvium. 

Une plaine alluviale, de 7 km. de longueur, s'étend le long de la 
côte du sud, depuis le cap Nousaniwi, par Latou halat et Ajër Lo, 
jusque tout près du cap Hati ari. A Latou halat, la largeur de ce 
plateau est de Vj km. A 1 km. environ à l'ouest de cet endroit 
gisent dans la plaine quelques gros blocs de calcaire corallien, qui 
se sont détachés d'une couche calcaire quaternaire située plus haut; 
la plaine elle-même consiste d'ailleurs en débris et fragments roulés 
de melaphyre et d'andésite et en sable marin. 

Les plaines de la côte du sud, jusqu'à Tandjoung Hihar, sont de 
peu d'importance. Au cap de ce nom commence une bande d'alluvium 
longue de 6 km., qui continue, par Lea hari, Routoung et Houtou- 
mouri, jusqu'à proximité du cap Houtoumouri et dont la largeur 
est de '/î k^^- â. Routoung. Des débris d'andésite et de grès et, au 
kampong Houtoumouri, un grand bloc de calcaire corallien consti- 
tuent cette plaine qui, à 10 m. environ d'altitude, vient buter contre 
les collines quaternaires. 

A la côte de l'est, la rivière Touwi sapo seule a près de son em- 
bouchure une plaine alluviale de '/j ^ï^- ^^ longueur et 1/4 km. de 
largeur. 

La plaine de Paso, qui consiste en gravier et fragments d'andésite 
et de dacite et qui, en moyenne, ne s'élève pas à plus de 8 à 5 m. 
au-dessus de la mer, relie Hitou à Leitimor ; comme limite entre ces 
deux presqu'îles, ou plutôt îles, on peut admettre le canal de Paso, 
qui relie, à peu de chose près, la baie Intérieure à la baie de Bagouala. 
En tant qu'il s'agisse de la portion appartenant à Leitimor, cette 
plaine doit en grande partie son origine à des atterrissements de la 
Waï Jori. 



160 

A Nontetou, Lateri et Lata, on trouve du calcaire corallien, et 
entre Halong et Hatiwi këtjil un peu de brèche le long de la côte. 
D'autre part, une bande étroite d'alluvium s'étend depuis Paso jusque 
tout près du cap Batou merah. La plaine de Lateri est un delta de 
la Waï Rikan ; celle de Gëlala, un delta de la grande rivière Waï Rouhou. 

Des constructions coralliennes s'édifient tout autour de Leitimor; 
la profondeur à laquelle se développent ces récifs coralliens n'est pas 
partout la même; elle varie de 5 jusqu'à 30 et 40 m. sous le niveau 
de la nier. Aux coraux magnifiquement colorés, que l'on peut aper- 
cevoir distinctement dans ces eaux limpides jusqu'à une grande pro- 
fondeur, on a donné le nom de «jardins de la mer». Ceux qui existent 
entre Ambon et Halong sont particulièrement renommés. 

On ne connaît, en fait de pétrifications dans ces jeunes sédiments, 
que celles de la plaine d'Arabon. Elles furent découvertes au com- 
mencement de 1904 en creusant un puits sur le terrain de la nou- 
velle école normale pour instituteurs indigènes à Ajër wolanda, dans 
la partie occidentale de la plaine d'Ambon (feuille 2 de notre carte 
n". II et plan d'Ambon, fig. 54 de l'annexe V), à peu près à o'/j m. 
au-dessous de la surface du sol, qui y est à plus de 5 m. d'altitude. 
J'ai reçu ces fossiles de M. L. Ph. Ch. Roskott, directeur de cette école. 

Le Prof. BoETïGER à Francfort sur le Main a eu encore une fois 
l'obligeance de déterminer ces fossiles et de me communiquer le 
résultat de son examen. Voici la liste de ces pétrifications. 

Verzeichnis der recenten Versteinerungen von AMBON. 

Von Professor Dr. 0. Boettqer. 

(Die mit * verseheucn Arten sind heute uoch ira Meere dort 
besouders hâufig). 

Schnecken: 

1. Pleurotoma (Turris) tigrina Lmk. 

2. » [Gemmula) monilijei'a Pse. 

3. Surcula bijubata (Rve.). 

4. Drillia sp. aus der Verwandtschaft der mioc. Dr. allionii Bell., 
lebend mir unbekannt. 



161 

5. Conus (Punticulis) arenatus Brug. 

6. »> {Coronaxis) papalis Wkff. 

7. Tritonium (Epidromus) concinnum Rve. 
*8. Ranella (Argobuccinum) gyrina L. 

9. Phos textum (Gmel.). 

10. Nassa [Alectryon) hirta Kien. 

11. » (Arcularia) pulla (L.) var. deshayesi'H.. Jacq. 

12. )' » globosa Quoy. 

13. » » nana A. Ad. 

14. » {Hebra) muricata Qu. Gaim. 

15. » » geniculata A. Ad. 
*16. Ricinula (Sistrum) concatenaia Lmk. 

17. • » undata (Chemn.). 

18. Latirus turritus (Gmel.). 

19. Mitra {Cancilla) flammea Quoy. 

20. Mitra (Chrysame) ambigua Swains. 
*21. ■• {Turricula) corrugata Lmk. 

22. » « gruneri Rve. 

23. -> " sanguisuga L. 

24. •' {Costellaria) cruentata Rve. 

25. » " militaris Rve. 

26. Columbella turturina Lmk. 

27. Natica (Mamma) mamilla L. 

28. Strombus (Canarium) dentatus L. 

29. Cypraea cylindrica Born. 

30. '• isabella L. 

31. " erosa L. 

32. » moneta L. 

*33. » (Trivia) oryza Lmk. • 

34. Turbo {Turbo) petholatus L. 

35. » (Senectus) intercostalis Mke var. elegans Phil. 

36. Trochus (Trochus) maximus Koch. 

Dabei die noch (im Seelan Lake und bei Batu gadjah) lebende 
Sûsswasserschnecke : 
*37. Melania (Tarebia) granifera Lmk. 



11 



162 

Muscheln: 

38. Lutraria planata (Chemn.). 

39. Tellina (Tellinella) virgata (L.). 

40. Cytherea (Callista) festira Sow. 

41. » (Dione) philippinarum Hanley. 

42. » (Lioconchd) picta Lmk. 

43. » >» trimaculata Lmk. 

44. Tapes (Textrix) textrix (Chemn.). 
*45. • {Parembolà) literata (L.). 

46. » » araneosa Phil. 

47. >' » hiradiata Desh. 

48. » (Hemitapes) variabilis Phil. 

49. Dosinia histrio (Gmel.). 

50. Chama lingua-felis Rve. 

5J. Lucina {Divaricellà) hicornis Rve. 

52. ylrca (Anadara) scapha Chemn. 

*53. Pecten pallium L. 

54. » asperrimus Lmk. 

55. Lima ^ma (L.). 

*56. Spondylus variegatus Chemn. 
57. Ostrea cf. multistriata Hanley. 

Dazu kommen noch fossiles Holz, wenigstens vier Arten von 
Korallen und ein Krebs (Balanus sp.). 
Da bis auf eine Art (N*>. 4) aile fossil gefundenen Arten mirnoch 
lebend bekannt sind, ist die Ablagerung als ganz jung plistocân 
anzusehen. 

(Gez.) O. BOETTGER. 



F. GEOLOGIE DE HITOU. 

(CARTE N». I). 



La constitution géologique de Hitou est tout à fait la même que 
celle de Leitimor, ce qui n'est pas étonnant de deux îles qui confinent 
l'une à l'autre, et qui d'ailleurs formaient probablement jadis une 
île unique, avant la formation de la baie d'Ambon. Seulement à 
Hitou le terrain gréseux ou bien fait défaut, ou bien est recouvert 
de produits plus récents, car nulle part il n'apparaît à la surface. 

De même que pour un relèvement topographique précis, le temps 
nous a manqué, comme nous l'avons dit plus haut, pour une ex- 
ploration géologique détaillée. L'intérieur de Hitou, qui est une île 
beaucoup grande que Leitimor, est totalement inhabité et couvert d'une 
végétation très dense, de sorte qu'on ne peut voir un bon panorama 
que de quelques cimes seulement. Sur les crêtes montagneuses la 
roche est le plus souvent fort altérée, et de plus, elle est souvent 
recouverte de matériaux quaternaires (ou tertiaires supérieurs) inco- 
hérents. Dans ^e lit des rivières, on peut mieux voir la roche massive, 
mais, dans la plupart des cas, un coup d'œil d'ensemble y est im- 
possible, à cause des bords escarpés; d'autre part, pendant notre 
séjour à Ambon, le niveau des rivières était très élevé. 

Hitou a été explorée géologiquement en 1898, en grande partie 
par l'ingénieur des mines Koperberg et pour une petite partie par 
moi-même. Nous avons alors fait ensemble l'ascension des montagnes 
Touna et Salahoutou. Dans une partie des mois de mars et d'avril 
1899, et d'avril et de mai 1904, j'ai fait encore quelques excursions, 
au G. Kërbau, à Tandjoung Tapi, au Touna, au lac Telaga Radja et 
à la rivière Loï ; à cause de la hauteur des eaux, cette dernière n'avait 
pas pu être explorée suffisamment en 1898, car nous étions alors à 
Ambon durant la saison des pluies (avril à juillet). Les violentes 
averses gênaient fort l'exploration, surtout d'une île aussi boisée que 



164 

Hitou; elles nous empêchaient d'ailleurs de jeter un coup d'œil 
d'ensemble sur l'île. 

Mais, malgré ces circonstances défavorables, notre carte n". I donne 
cependant, dans ses traits principaux, une image exacte de la con- 
stitution géologique de Hitou. Seule la limite entre la roche éruptive 
massive, avec les brèches et les conglomérats qui y appartiennent, 
que nous rangeons parmi nos Ambonites, et les matériaux incohérents 
(tertiaires supérieurs ou quaternaires) qui les recouvrent, n'a pas pu 
être examinée partout en détail. D'ailleurs, par des éboulements et des 
affouillements continuels des matériaux meubles, de nouvelles portions 
de la roche éruptive sont sans cesse mises à nu et deviennent visibles 
à la surface, en des points où auparavant elles étaient recouvertes de 
matériaux plus récents, de sorte que la limite en question subit 
constamment de légères modifications. 

I. Péridotite, gabbro et serpentine. 

L'afïleurement de la péridotite à Hitou est borné aux alentours de 
Liliboï et d'Alang. Au cap >'amakoli, la roche est bien dénudée. 
Plus loin, elle se montre dans les rivières Sëkawiri, à Liliboï, Nama- 
koli et Alang lama ou Waloh, ainsi qu'au cap Mohatok et dans les 
rivières qui ont leur embouchure entre ce cap et Tandjoung Tapi. 
Le terrain quaternaire contient ici partout de nombreux fragments 
de péridotite, la plupart fortement serpentinisés. 

Dans la partie nord-ouest de Hitou, on ne connaît pas de péridotite 
à l'état de roche massive; on a rencontré seulement quelques petits 
fragments roulés de gabbro dans la Waï Ela, en amont de Lima et 
dans la Waï Hé, entre Lima et Saïd ; de sorte que la péridotite existe 
probablement aussi dans le sous-sol ; car le gabbro n'est autre chose 
qu'une variété à plagioclase de péridotite. Dans tout l'Archipel 
oriental, la péridotite est presque toujours accompagnée de gabbro, 
qui y forme soit des traînées, soit des filons. C'est ainsi que, pour 
citer un exemple dans une île du voisinage, j'ai trouvé, dans la pres- 
qu'île occidentale de Céram, nommée Houamoual, les deux roches 
réunies dans la rivière Mangourou, à Louhou, à la côte est. La 
négorie Louhou consiste en trois kampongs, qui sont du nord au 
sud, d'abord Louhou, puis Ija et ensuite Koulour. C'est dans ce 



165 

dernier kampong qu'est l'embouchure de la rivière Mangourou, qui 
charrie, outre des morceaux de schiste, de nombreux fragments roulés 
de péridotite (nos. 27 et 28) ainsi que quelques autres qui contiennent 
des parties à grain grossier, riches en feldspath, du véritable gabbro 
(n". 29); bien que ce gabbro, adossé à la péridotite, soit limité en 
lignes assez droites et donne ainsi l'impression d'un filon, en 
d'autres points cette délimitation est moins régulière; je tiens donc ce 
gabbro, ainsi que tous les autres, non pour de vrais filons, mais pour 
des sécrétions de la péridotite riches en feldspath, lesquelles peuvent 
parfois prendre en apparence la forme de filons. 

Les péridotites de Hitou n'offrent presque pas de différences avec 
celles de Leitimor; seulement, dans quelques-unes on voit un peu 
de plagioclase. 

No. 123. Blocs roulés d'une roche qui existe aussi à l'état massif 
aux bords droit et gauche de la vallée de laSekawiri, de 2 à 2'/2 km. 
en amont de Liliboï. En échantillons, elle est vert-foncé, dense, 
serpentineuse, avec quelques diallages vert-jaunâtre. Au microscope, 
c'est une roche à olivine et à diallage fortement serpentinisée, con- 
sistant essentiellement en fibres polarisantes de serpentine (chrysotile), 
avec un peu de calcaire spathique et une très forte proportion de 
minerai de fer spongieux. Quelques gros cristaux de minerai sont 
transparents, brun-sombre, et appartiennent sans doute à la chromite. 
L'olivine est déjà totalement transformée; la diallage l'est en grande 
partie ; les parties fraîches qui restent encore présentent une extinction 
oblique et n'appartiennent donc pas à de la bronzite, mais à de la 
diallage monoclinique. Péridotite^ passant à la serpentine. 

N°. 9. Enlevé aux roches fermes de la côte, entre Alang et Liliboï, 
à proximité de l'embouchure de la rivière Namakoli. Roche sombre, 
serpentineuse, avec de nombreuses diallages vert-jaunâtre. Au micros- 
cope, un tissu de fibres de chrysotile, avec beaucoup de minerai 
spongieux et de calcaire spathique. Il y a des restes inaltérés de 
diallage, mais en si faible quantité que la roche doit être nommée 
une serpentine. C'est une péridotite presque totalement transformée 
en serpentine. 

N*\ 129. Gros blocs sur le monticule au sud-ouest d'Alang, où se 
trouvait autrefois un poste à signaux, à 63 m. d'altitude. Ce 



166 

monticule consiste en matériaux quaternaires qui renferment, outre de 
la péridotite, encore de petits fragments d'Ambonites. En échantillons, 
c'est une roche vert-grisâtre, assez fraîche, avec quelques diallages. 
Au microscope, une belle roche, fort peu serpentinisée, consistant en 
bronzite en fibres fines à extinction droite, augite commune, ces deux 
éléments parfois en lamelles juxtaposées, olivine, un peu de plagio- 
clase frais et chromite. Les fibres de la bronzite sont souvent recour- 
bées, ce qui indique une compression de la roche. Ce qui est inté- 
ressant, c'est la présence de plagioclase dans cette péridotite, car elle 
indique une relation entre les péridotites et les gabbros à olivine. 
Toutefois, la teneur en plagioclase n'y est pas assez forte pour ranger 
cette roche parmi les gabbros. Péridotite fraîche à plagioclase. 

Nos. 133 et 134. Le n«. 133 est un bloc roulé de la Waï Waloh 
ou Alang lama, une serpentine, en partie blanche par altération 
tandis que le n°. 134 existe, d'après Koperberg, à l'état de roche 
massive dans le lit de la même rivière, et y produit un petit rapide 
à deux kilomètres environ de l'embouchure. C'est aussi une serpentine 
vert-noirâtre avec quelques cristaux de diallage, et transformée sur 
les plans de clivage en une masse serpentineuse blanche et tendre. 
Au microscope, ce sont l'un et l'autre des serpentines, avec quelques 
restes de diallage seulement et où l'olivine est totalement transformée. 
Péridotites^ transformées en serpentine. 

N". 136. Roche vert foncé, tant soit peu schisteuse, en gros blocs 
sur la plage, au cap Mohatok. Au microscope, une serpentine assez 
parfaite. On peut encore y voir les formes fibreuses fines et recour- 
bées des bronzites, mais la matière elle-même est déjà transformée. 
Serpentine, issue de péridotite. 

N\ 145. Bloc roulé de gabbro dans la Waï Ela, en amont de Lima. 
Une roche fraîche, verte, d'un grain moyen, avec pyroxène et plagio- 
clase. Au microscope, un mélange cristallin grenu de plagioclases 
assez limpides, avec extinction jusqu'à 22° de part et d'autre de la 
ligne de suture, de diallage enserrée entre les feldspaths et totalement 
transformée en un feutrage de fibres fines et de petits prismes d'oura- 
lite vert clair. En quelques points, ces fibres se sont rassemblées en 
véritables cristaux de hornblende, dont on voit aussi des sections 
transversales, fortement pléochroïques, avec angles de 124°. De l'il- 



167 

ménite, en quelques gros cristaux entaillés. Pas d'olivine. Gabhro 
{à hornblende). Forme probablement des sécrétions dans la péridotite? 
mais la roche n'a pas été trouvée à l'état massif. 

N". 151. Bloc roulé dans la Waï lié, entre Lima et Saïd, à proxi- 
mité de l'embouchure. C'est aussi une roche fraîche, de grain moyen? 
vert grisâtre, avec pyroxène et plagioclase. Au microscope, une roche 
grenue, cristalline, consistant en plagioclase limpide, comme le n". 145 
Du pyroxène monoclinique, d'une teinte très claire, qui n'a pas ici 
le caractère de diallage mais plutôt d'augite commune, et qui est 
transformé pour une grande partie en ouralite et aussi en hornblende 
compacte. Minerai avec leucoxène. Pas d'olivine. Gabhro, 

II. Diabase. 

Dans la partie nord-ouest de Hitou, les rivières transportent toutes 
de nombreux fragments roulés de diabases qui affleurent dans leur 
cours supérieur. La diabase et principalement à nu dans les rivières 
Soula, en amont d'Asiloulou, Siah, en amont d'Ouring, Ela, en amont 
de Lima, lié, Walawaâ, Bouyang, Houloun, Loï et Wakahouli. Bien 
que la roche se montre principalement dans le lit des rivières et se 
recouvre d'ordinaire bientôt, sur les deux bords, de conglomérats et 
de brèches d'Ambonites, elle apparaît aussi sur les pentes des mon- 
tagnes, entre autres près du petit lac (Telaga) Lana, au-dessus d'Asi- 
loulou, à 415 m. d'altitude, et au mont Touna, jusqu'à l'altitude de 
410 m. Parfois la diabase est accompagnée de tufs et de brèches 
diabasiques vert-grisâtre; et, tant dans ces deux roches que dans la 
diabase ferme, il s'est formé, par dégagement d'hydrogène sulfuré, 
une quantité très considérable de pyrite, ce qui les distingue déjà 
des Ambonites plus jeunes, lesquelles renferment rarement de la 
pyrite en proportion notable. Ces cristaux de pyrite, une combinaison 
du cube et de l'octaèdre, atteignent parfois la taille de 20 mm. 

Dans les brèches et les tufs, les fragments de diabase sont souvent 
agglutinés par une pâte quartzeuse cristalline; il se forme ainsi des 
roches qui ressemblent à des porphyres quartzifères. 

Bien que notre carte ne signale que peu de diabase dans la partie 
sud-ouest de Hitou, il se présente çà et là des fragments roulés alté- 
rés et de l'argile pyritifère, ce qui fait qu'il n'est pas invraisemblable 



168 

que, dans ce terrain, la diabaBe ait une extension assez considérable 
dans le sous-sol. C'est ainsi que dans la vallée de la Waï Lawa, au- 
dessus de Tawiri, Koperberg a trouvé une roche argileuse, gris-clair, 
(n". 111), non disposée en couches, qui est probablement un produit 
d'altération d'une roche éruptive, gris sombre, pyritifère et à grain 
fin, qui affleure en amont de ce point, sans doute une diabase très 
altérée. Le «Hatou assa», un rapide de la Waï Sëkawiri (nommée 
aussi Ajër Besar) en amont de Liliboï, est produit par une roche 
vert-grisâtre, d'un grain fin, (n°. 121) qui appartient à la diabase et 
que l'on peut suivre encore plus loin, sur une grande étendue, dans 
le lit de la rivière; elle apparaît aussi à la montée de la Sëkawiri 
vers l'arête Hatou Lalikoul, en direction occidentale. Dans un petit 
affluent de la Sëkawiri, non loin de Liliboï, on trouve aussi une argile 
pyriteuse blanc- verdâtre, que l'on emploie pour blanchir les maisons 
et qui est probablement un produit d'altération de diabase; celle-ci 
se rencontre aussi, profondément altérée, en fragments dans l'argile. 
Enfin, parmi les blocs roulés de la rivière Alang lama (ou Waï Walohj, 
en amont d'Alang, il y en a quelques-uns qui sont des diabases (n« 131). 
Dans la partie orientale de Hitou, il se présente de la diabase dans 
le ravin de la rivière Taïsoui, au passage de la route de Waë au 
Salahoutou, à 270 m. d'altitude, et plus en amont encore. D'énormes 
blocs sont disséminés en cet endroit (nos. 65, 66, 68). En aval, à 170 m. 
d'altitude environ, à la cascade Batou Embouang, affleure une roche 
éruptive jeune, et en fait de diabase on ne trouve que quelques petits 
cailloux roulés (n°. 166). Il ne paraît pas douteux que, par une ex- 
ploration détaillée de tous les ravins du Salahatou, l'on ne rencontre 
la diabase encore dans le lit d'autres rivières, recouverte par les 
Ambonites de cette montagne. 
Nous décrirons les roches diabasiques de l'est vers l'ouest. 
Chaîne du Salahoutou. Nos. 65, 66 et 68. De très gros blocs roulés 
dans la rivière Taïsoui, à la traversée de la route de Waë au Sala- 
houtou, à 270 m. d'altitude. La roche n'affleure pas en cet endroit, 
mais un peu plus en amont elle doit certainement exister comme 
roche massive, puisque les blocs sont si volumineux. En cet endroit, 
la rivière forme une petite cascade par-dessus une Ambonite qui 
ressemble à du porphyre quartzifère. 



169 

En échantillons, ce sont des roches vert-grisâtre, à grain fin, avec 
particules rondes de calcédoine, mais sans grands cristaux. Au 
microscope, un mélange grenu, microcristallin de piagioclases étroits, 
d'augite et de minerai. La matière de l'augite est enserrée entre les 
piagioclases, et totalement transformée en chlorite et un peu de 
quartz. Le minerai est de l'ilménite, à bord de leucoxène. Comme 
produits secondaires, du quartz, de la calcédoine, du calcaire spathique 
et de la pyrite. Diabases. 

N°. 166. A la cascade Batou Erabouang dans la Waï Taïsoui, à 
170 m. d'altitude. Blocs roulés. En échantillons, roche trouble, vert- 
grisâtre clair, à cavités dans lesquelles il y a de petits cristaux 
rhomboédriques de dolomie qui, d'après l'analyse de M. P. Huffnagel 
à Delft, se dissolvent avec effervescence dans de l'acide chlorhydrique 
concentré et chaud. Au microscope, quelques sections cristallines très 
grandes, remplies de chlorite, de calcaire spathique et de quartz, 
proviennent d'augite. Ces cristaux gisent porhyriquement dans une 
pâte trouble de baguettes allongées de feldspath, de quartz, de 
minerai de fer à bord trouble, de chlorite et de calcite. La pyrite 
y est secondaire, de même que les particules de quartz, la chlorite, 
et le calcaire spathique. Diahase. 

La Waï Loi. Comme nous l'avons dit, la vallée de la Waï Loi" 
fut explorée en 1899. Après avoir passé un peu d'alluvium et puis, 
des terrasses de cailloux roulés quaternaires (nos. I9a, b, c), on trouve 
une roche andésitique ferme (nos. l^d, e, /) jusqu'au delà du petit 
affluent de droite Kapa ; on trouve ensuite dans la rivière un nombre 
de plus en plus grand de fragments roulés de diabase, dont on 
recueillit le n". 19^^; et à 3^4 km. environ de Kaïtetou on arrive à 
une roche blanche, le porphyre quartzifcre n^ 19/t, à l'état massif 
dans la rivière. Le ravin est tout-à-fait comblé de très gros blocs 
roulés de cette roche blanche, qui empêchent de pénétrer plus avant 
dans le lit de la rivière. Aux talus des bords il y a des matériaux 
meubles avec fragments d'andésite. Ce n'est que plus en amont que 
la diabase apparaît comme roche massive. On la trouve entre autres 
à l'embouchure de l'affluent de gauche Touna de la Waï Loi, sur 
le sentier de Saïd au lac Tëlaga Radja, une route que nous décrirons 
plus tard. En ce point, à 269 m. d'altitude, on a recueilli dans la 



170 

Waï Loi la diabase n". 19k; et la même roche affleure aussi dans la 
Waï Touna même et dans un petit affluent de cette rivière, tout 
près de son confluent avec la Waï I>oï. Plus haut dans la Waï Loi 
et dans la Waï Touna, la diabase se recouvre d'Ambonites et de 
brèches de ces roches. 

N". 19g. Bloc isolé dans la Waï Loï, à2'/2 km. environ deKaïtetou. 
En échantillons, une roche vert-grisâtre, fraîche, avec quelques grandes 
augites ouralitisées. Au microscope, un mélange cristallin de plagio- 
clase, à grands angles d'extinction (33°) des deux côtés de la ligne 
de suture, d'augite et d'un peu de minerai. Les augites sont totale- 
ment transformées en une ouralite en fibres fines; les aiguilles sont 
pléochroïques entre le vert-bleuâtre et le vert-jaunâtre, et sont à 
extinction oblique. Il n'y a plus de matière augitique inaltérée. 
Epidiahase. 

N«. 19k. Affleurant dans la Waï Loï et dans le cours inférieur de 
la Waï Touna, non loin de son confluent avec la Waï Loï, à 269 m. 
d'altitude. En échantillons, vert-grisâtre, microcristalline, sans grands 
cristaux; la roche est traversée par de minces veines de calcaire 
apathique avec calcédoine, colorées légr'rement en brun par de 
l'hydroxyde de fer. Au microscope, une très belle roche, car les 
plagioclases y sont encore très frais ; ils forment des individus tabu- 
laires, tant en longueur qu'en largeur; et ils sont très basiques, car 
on y mesure souvent des angles de plus de 30^, (même de 36° et de 
37°). Ils sont très purs, presque sans inclusions; seulement de la 
chlorite a pénétré du dehors dans les fissures des cristaux. De l'augite 
vert-clair, monoclinique, aussi à grands angles d'extinction (35° à 40°) ; 
le pyroxène rhombique manque. Une très forte proportion de parti- 
cules vertes, enserrées entre les autres éléments, polarisant en fibres, 
probablement tous de la chlorite provenant d'augite, qui présente 
aussi des fibres de chlorite sur les bords des cristaux encore frais; 
on n'y aperçoit pas de serpentine provenant d'olivine. Dans la 
chlorite gisent de nombreuses particules jaunes, allongées, de la forme 
d'un boudin ou d'une massue, irrégulièrement délimitées, des agrégats 
microgranuleux, qui appartiennent à l'épidote. Du minerai, en sec- 
tions minces et allongées ou hexagonales, à peu près sans leucoxène, 
mais pourtant du minerai de fer titane, selon toute probabilité, car 



171 

certaines lamelles minces, régulièrement hexagonales, deviennent 
brunes et transparentes. Pas de pâte. Diahase cristalline. 

Cette roche présente une grande analogie avec les gabbros nos. 145 
et 151 décrits plus haut, dont le premier contient de la diallage et 
le second de l'augite commune. La transformation de l'augite en 
matière de hornblende s'observe aussi dans le bloc roulé n°. 1% de 
la Waï Loï. 

Nous trouvons donc ici une transition graduelle de la péridodite 
commune aux diabases cristallines et aux épidiabases n"s. 19À:etl% 
de la Waï Loi, en passant par la péridotite à plagioclase n'^. 129 de 
la montagne à signaux (seinpostberg) près d^Alang, et les gabbros 
nos. 145 et 151 ; cela prouve que nous devons voir dans les péridotites 
et les diabases des membres d'une même famille, qui appartiennent 
probablement à une même période d'éruptions, quoique pas tous 
exactement du même âge. Toutefois, on n'a pas rencontré de filons 
de diabase dans la péridotite, ni réciproquement. 

Le Touna. Deux routes conduisent de la côte du nord vers le Touna ; 
la première commence à mi-chemin entre Saïd et Hila, entre les 
petites rivières Kalouli et Jolang (ou Lola, comme on l'appelle dans 
son cours supérieur). En suivant ce sentier, on traverse la Waï Lola, 
et en montant toujours plus haut sur la même arête, on atteint la 
plus haute cime du Touna, celle de l'est, de 875 m. d'altitude. L'autre 
chemin, plus long et plus difficile, mais beaucoup plus intéressant, 
va de Saïd à la cime moyenne du Touna (861 m. d'altitude), par 
les versants ouest et sud de cette montagne, et de ce point on peut 
facilement arriver au sommet le plus élevé. A partir de Saïd on suit 
d'abord, sur une courte distance, la grand'route de Hila; on prend 
alors à droite (au sud) un sentier qui conduit d'abord par des brèches 
et conglomérats incohérents d'andésite, et qui côtoie le versant orien- 
tal (435 m. d'altitude) d'une petite cime avancée, laquelle porte le 
nom de Wawani et atteint l'altitude de 467 m. Sur cette cime on 
trouve deux canons brisés; c'est sans doute le monticule sur lequel 
on s'est fortement battu en 1643 et que Valentijn (Oud en Nieuw 
Oost-Indien, II, 2, Ambonsche zaken, bdz. 138) mentionne comme 
«l'escarpement sur lequel Kakiali avait placé, dans la déclivité de 
la montagne, une batterie fixe de 3 pièces et de 3 pierriers pour 



172 

balayer la route». C'est à tort que les habitants d'Ambon ont donné 
le nom de ce mamelon à toute la montagne, de sorte que celle-ci 
est appelée -«Touna» par les habitants de Saïd, et ■«Wawani» par ceux 
d'Ambon et des alentours. La première dénomination seule est exacte. 

On reste sur les brèches et les conglomérats incohérents (nos. 13 
et 14) jusqu'à l'altitude de 410 m. environ; ils sont remplacés alors 
par de l'andésite compacte (n". 15), qui apparaît çà et là en blocs de 
la hauteur d'une maison. Dans la petite rivière Tamboro, un affluent 
de droite de la Waï Houloun que l'on passe à 369 m. d'altitude, 
gisent exclusivement des blocs roulés de cette roche (n^. 16). D'ici 
on descend pour remonter ensuite en pente faible jusqu'à 403 m., 
vers un endroit où se dégagent des vapeurs d'hydrogène sulfuré entre 
des fragments blanchis et fortement décomposés d'andésite (n". 17a), 
et où il s'est déposé un peu de soufre (n<*. 17) ; ce lieu se nomme Latahou- 
houlehou. Le gaz ne s'y échappe pas dans un espace cratériforme, 
mais au versant de la montagne, et à l'entrée d'un petit ravin dont 
les eaux coulent vers la Waï Houloun, entre des blocs incohérents. 
Ensuite le sentier monte et descend alternativement jusqu'à l'altitude 
de 395 m., où l'on passe de nouveau un petit affluent de droite de 
la Waï Houloun, la Waniï, qui forme ici une cascade sur de la 
diabase (n". 18). Si l'on suit ce petit cours d'eau jusqu'un peu en 
amont du passage, on trouve bientôt dénudé, à la rive droite, le 
profil représenté dans la fig. 38 (annexe IV), à 410 m. d'altitude 
environ. De l'andésite ferme (n°. 18c), divisée en plaques qui incli- 
nent légèrement vers le nord ou le nord-ouest, repose ici sur la dia- 
base, D (n°. 18a), dont la partie supérieure consiste en brèches et 
tufs de diabase, Dt (n°. 186). La diabase aussi bien que les brèches 
contiennent beaucoup de pyrite. Cette dénudation est remarquable 
parce qu'elle prouve qu'au Touna le sous-sol, qui se compose de 
diabase, atteint une hauteur considérable. 

Si l'on continue à suivre ce sentier, on arrive, non loin au-delà 
de la Wanii, à un point où se dégage de nouveau une forte odeur 
d'hydrogène sulfuré, bien que la vapeur n'en soit pas visible. L'espoir 
d'atteindre d'ici, en montant vers l'est, la cime occidentale du Touna, 
de 804 m. d'altitude, fut déçu par la communication qui nous fut faite 
par les chefs et les indigènes qui nous accompagnaient, que par 



173 

suite du grand escarpement cette cime était inaccessible de cet 
endroit. Nous continuons donc notre route d'abord vers le sud, 
atteignons à 664 m. la ligne de partage des eaux entre la Waï Hou- 
loun et la Waï Loï, descendons sur cette ligne juscju'à 628 m., et 
trouvons ici une petite maison n". 1, d'où l'on a une vue sur la 
pointe sud-ouest de Céram, nommée Tandjoung Sial. Tout près de 
cet endroit, on voit mise à nu une roche altérée (n". ISd) qui, en 
échantillons, fut d'abord prise pour une diabase, mais dont on 
reconnut par l'examen microscopique qu'elle appartient aux Am- 
bonites. Nous descendons d'ici, en pente raide, le flanc méridional 
de la montagne et, dans un petit affluent de la Waï Touna, nous 
trouvons de nouveau une dénudation d'une andésite très altérée 
(n". ISê); dans la Waï Touna elle-même (affluent de gauche de la 
Waï Loï), nous trouvons aussi exclusivement de l'andésite (n". 18/) 
dans un état assez frais, qui s'étend probablement jusqu'au sommet. Le 
sentier de la Waï Touna, au bord duquel nous avons établi, pendant 
notre excursion, un refuge n". 2, à 505 m. d'altitude, conduit d'ici, 
dans une direction sensiblement septentrionale, vers la cime du 
milieu du Touna, élevée de 861 m. A cause des fortes pentes, par- 
fois de 30^ et plus, et des racines des arbres recouvertes de mousse, 
cette ascension est très fatigante et très peu intéressante, car on ne 
jouit qu'à quelques places d'un beau point de vue. notamment dans 
la vallée de la Waï Loï et du côté d'Ambon, entre autres à un 
endroit situé à 650 m. d'altitude environ, où la mesigit (église 
mahométane) d'Ambon est vue dans la direction de 119'/2° (magn.); 
d'ailleurs nous n'avons pu recueillir nulle part des échantillons 
inaltérés de roches. Sur la cime moyenne du Touna, nous avons 
aussi construit un refuge n . 3, ou plutôt un abri sous un toit. De 
cet endroit, on peut facilement atteindre la cime orientale du Touna, 
la plus élevée (875 m.) ; mais ici encore il n'y avait à voir aucune roche 
fraîche; tout était recouvert d'humus et de mousse. A travers les 
nuages nous avions, de temps en temps, une bonne vue sur Kaïtetou, 
où nous pouvions voir l'embouchure de la Waï Loï et son lit de 
blocs roulés. 

Si nous résumons ce que nous avons pu observer dans la Waï Loï 
et au Touna même, nous voyons que le sous-sol de cette montagne 



174 

consiste en porphyre quartzifère, diabase et brèches de diabase, les 
deux dernières jusqu'à l'altitude de 410 m. au moins ; et que là-dessus 
il s'est déposé de jeunes roches éruptives (Ambonites). A en juger 
d'après les fragments roulés dans le lit de la Waï Houloun, à proximité 
de son embouchure, il faut que dans cette rivière, du côté ouest de 
la montagne, la diabase existe aussi comme roche ferme. C'est là 
que fut recueilli l'échantillon n". 152. 

N°. 18. Roche de la cascade de la rivière Waniï, à proximité du 
passage du sentier. En échantillons, c'est une roche vert-grisâtre, à 
grain très fin, avec de nombreux cristaux de pyrite. Elle est en 
partie brécheuse, et elle paraît être plutôt une brèche ou un tuf 
qu'une roche éruptive compacte. Elle fait effervescence avec l'acide 
chlorhydrique chaud, et renferme donc des carbonates. Au microscope, 
on voit un mélange microcristalHn de plagioclase, chlorile, minerai, 
quartz et calcaire spathique. Les plagioclases sont allongés et étroits, 
la plupart troubles par formation de spath calcaire et ils sont cassés 
aux extrémités. La chlorite, issue d'augite qui n'existe plus à l'état 
inaltéré, est serrée entre les feldspaths. Le minerai est du fer titane 
avec leucoxène. Le quartz se montre en cristaux plus grands, qui 
polarisent en mosaïque; ils sont entourés d'un bord de chlorite et 
renferment des inclusions de bulles liquides; ces cristaux sont sans 
doute primaires, mais les petites particules de quartz, irrégulièrement 
délimitées, probablement secondaires. La pyrite a disparu en grande 
partie des plaques par la taille; c'est encore un produit secondaire, 
provenant des émanations de H^ S. Diabase transformée, ou plutôt 
brèche de diabase. 

N". 18a. Roche de la rive droite de la Waniï, située plus haut que 
le n". 18. En échantillons, elle ressemble à la précédente, mais elle 
n'est pas brécheuse ; elle renferme beaucoup de pyrite. Au microscope, 
les éléments sont les mêmes qu'au n«. précédent; mais il y a 
moins de quartz et plus de calcite; la chlorite est vert-brunâtre. 
Diabase altérée. 

W. 18b. Fragment d'une brèche qui recouvre la roche précédente, 
à la rive droite de la Waniï. Renferme beaucoup de pyrite, est de 
teinte vert-grisâtre clair et ressemble à la roche précédente, mais 
contient un grand nombre de particules arrondies de quartz. Au 



175 

microscope, c'est une roche brocheuse, avec fragments d'une diabase 
très altérée, gisant dans une pâte quartzeuse qui polarise en mosaïque 
et contient beaucoup de pyrite. Ce quartz ne renferme pas d'inclusions 
liquides. Brèche de diabase imprégnée de quartz ou silicifiée. La roche 
n^. 186 est recouverte d'andésite (n*^. 18c). 

N". 152. Fragments roulés de la Waï Houloun, à peu près à l'/j km. 
de l'embouchure. Roche vert-grisâtre, d'un grain fin, avec une très 
forte proportion de pyrite. Au microscope, un réseau d'aiguilles de 
plagioclase allongées, troubles, mais encore polarisantes, avec chlorite, 
ilménite avec leucoxène, grains de titanite, un peu de quartz et une 
très grande quantité de pyrite. Diabase transformée. 

Wai Elah. La vallée de cette rivière, qui se jette dans la mer à 
Lima, fut suivie par Koperberg aussi loin que possible; puis, à la 
rive gauche, il fit une excursion au mont Latoua, qui sera décrite 
plus tard. Après avoir traversé l'alluvium à Lima, on trouve bientôt 
l'andésite et les conglomérats de cette roche; puis la diabase (n°. 147), 
qui paraît se prolonger jusque bien haut dans la vallée. Toutefois, 
à 500 m. d'altitude,, on ne voit plus de diabase dans la Waï Elah ; 
on aperçoit seulement des Ambonites plus jeunes. Dans son cours 
inférieur, la rivière charrie aussi de nombreux blocs roulés de diabase. 

N^ 147. Roche affleurant à 3 km. environ de Lima, dans le lit de 
la Waï Elah. Elle est vert-grisâtre, à grain fin et contient de la 
pyrite. Au microscope, on voit qu'elle appartient, comme les diabases 
de la Wai Loï, aux diabases les moins altérées d'Ambon. C'est un 
mélange cristallin, grenu, de plagioclases allongés, d'augite de teinte 
claire et d'ilménite. Comme produits secondaires, beaucoup de chlorite, 
moins de calcaire spathique, peu de quartz; autour du minerai, leu- 
coxène blanc trouble ainsi que des grains limpides de titanite; puis 
de la pyrite. Les plagioclases présentent des angles d'extinction de 
20° et plus de part et d'autre de la ligne de suture. L'augite est 
en partie encore fraîche, d'une teinte verte très claire et trans- 
formée seulement en partie en chlorite, calcite et un peu de quartz. 
Diabase. 

Wai Soulah et Telaga Lana. La Waï Soulah ou rivière d'Asiloulou 
prend sa source au Gounoung Lana (500 m. d'altitude environ), un 
contrefort au sud-ouest du massif du Latoua. Au versant nord de 



176 

Parête du Latoua, entre 250 et 450 m. d'altitude, il y a un terrain 
de diabase, dans lequel est situé à 415 m. un petit lac de 70 m. 
environ sur 50, rempli d'eau froide, couvert de lentilles d'eau, et 
entouré de sagoutiers. Il est presque inutile d'ajouter qu'il n'a rien 
de commun avec un lac de cratère, dont il n'a d'ailleurs pas le 
caractère. Nous y avons recueilli les échantillons nos. 143 et 144 de 
blocs volumineux. De toutes parts la diabase est bornée par des con- 
glomérats et des brèches d'andésite, roche qui existe aussi à l'état 
massif dans le cours inférieur de la rivière. La diabase ne s'y trouve 
qu'en blocs roulés (n^. 142). 

N"^. 142. Blocs roulés de la Waï Soulah, à peu près à 3 km. d'Asi- 
loulou. Roche vert-grisâtre clair, à grain fin. Au microscope, une 
diabase microgranuleuse, avec plagioclases longs et étroits; l'augite 
est totalement transformée en chlorite, calcaire spathique et un peu 
de quartz. Ilménite avec leucoxène; hydroxyde de fer. Diabase. 

N°. 143. Gros blocs près du petit lac Lana, à 415 m. d'altitude. 
Roche gris-verdâtre, à grain fin. Au microscope, moins microgranu- 
leuse que l'échantillon précédent. Ici encore l'augite est totalement 
transformée en chlorite, qui est enserrée entre les plagioclases longs 
et étroits. Beaucoup de minerai, sans leucoxène, mais avec quelques 
taches brunes d'oxyde et, à ce qu'il paraît, en octaèdres réguliers; 
donc de la magnétite probablement. Calcite. Diabase. 

N". 144. Gros blocs du lagon Lana, à 415 m. d'altitude. Roche 
gris-verdâtre clair, à grain fin, analogue au n". 142. Au microscope, 
une diabase altérée comme la précédente, où de nouveau toute l'augite 
est transformée. Très forte proportion d'ilménite, bordée de leucoxène. 
Diabase. 

Waï Alang lama ou Waï Waloh, à Alang. Dans cette rivière gisent 
des blocs roulés de calcaire, de grès, de serpentine brécheuse et quel- 
ques uns de diabase, dont on a recueilli un échantillon (n". 131). La 
roche n'a pas été rencontrée à l'état massif. 

N". 131. Bloc roulé de la Waï Alang lama, à Alang. Roche gris- 
verdâtre à grain fin. Au microscope, elle ressemble au n". 147, car 
ici aussi une grande partie de l'augite, d'un vert très clair, est encore 
fraîche et n'a été transformée en chlorite que pour la plus petite 
moitié. Pour le reste, les éléments ordinaires, de longs plagioclases, 



177 

de l'ilménite avec leucoxène, du calcaire spathique, du quartz, ainsi 
que des cristaux et des grains cristallins jaunes et bruns qui appar- 
tiennent à l'épidote. Diabase. 

Waï Sekawiri (nommée aussi Waï Elah et Ajer hesar) à Liliboï. 
Dans le cours inférieur on trouve du calcaire corallien et puis divers 
petits rapides sur une roche un peu bréctieuse, fort altérée (n^ 121). 
W. 121. Roche du rapide Hatou assa, dans la rivière Sekawiri 
(Ajër bësar), à Vj^ km. environ de Liliboï. En échantillons, roche gris- 
verdâtre foncé, assez tendre, à grain fin, d'apparence tuffeuse. Au 
microscope, on voit des morceaux très altérés de diabase, avec bords 
sombres, riches en grains de minerai de fer, ce qui donne à cette 
roche un aspect brécheux. Plus haut dans la rivière, il doit y avoir 
encore plus de cette roche. Diabase^ fort altérée. 

Wdi Lawa, à Tawiri. Dans la vallée de cette rivière, on trouve 
des andésites riches en verre, parmi lesquelles une roche diabasique 
altérée apparaît çà et là à l'état massif; l'argile pyriteuse gris-clair 
(n". 111) est regardée comme un produit de désagrégation de cette 
diabase, mais elle appartient probablement aux sédiments quaternaires. 
Il n'a pas été recueilli d'échantillons de la diabase de la Waï Lawa. 

III. Roches granitiques. 

A ce groupe appartiennent, à Hitou comme à Leitimor, aussi bien 
les granitites que les porphyres quartzifères. 

Le granité apparaît dans le sud-ouest de Hitou, dans la grande 
négorie Alang, et entre celle-ci et la négorie Liliboï, à la côte. De 
plus, les dépôts quaternaires à l'ouest et au sud-ouest de Liliboï 
renferment beaucoup de fragments de granité. Dans la négorie Alang, 
on a taillé dans le granité altéré un escalier de 52 marches, que 
l'on se propose de continuer jusqu'à 65 marches environ, vers la 
partie de la localité située plus haut. Au nord gisent sur le granité 
des matériaux incohérents; à l'est, la roche confine à l'alluvium de 
la rivière Namakoli, et puis à la péridotite du cap Namakoli. Plus 
au nord-est, il apparaît encore un peu de granité à la côte, et il 
existe de gros blocs le long de la côte jusqu'à proximité de Liliboï. 
Plus à l'est encore, il n'y a plus de granité nulle part à Hitou, pas 
même en blocs isolés. 

12 



178 

Le porphyre quartzifère se rencontre dans le lit de la Waï Loi, et 
dans diverses rivières au pied du Salahoutou. 

N°. 10. Roche d'Alang. Granité grisâtre, d'un grain moyen ou fin, 
avec quartz, feldspaths blancs et ternes et biotite. Renferme beaucoup 
de sécrétions grises, d'un grain très fin, irrégulièrement délimitées. 
Au microscope, on voit que parmi les feldspaths il y a de l'orthoclase 
trouble et encore plus de plagioclase demi-trouble. Ensuite, beaucoup 
de biotite, transformée partiellement en chlorite, un peu de minerai 
et quelques grains de zircone. Quelques gros cristaux, à noyau limpide 
et incolore, sans pléochroïsme, mais transformés d'ailleurs en une 
muscovite vert-clair, en fibres très fines, appartiennent à la cordiérite. 
Granitite. 

N^ 11 est une sécrétion gris-clair, d'un grain très fin, de la granitite 
n°. 10 d'Alang. Des deux plaques microscopiques, l'une est un granité 
commun, confinant à la sécrétion, et semblable au n". 10, mais avec 
beaucoup de plagioclase qui présente des stries croisées, et de nom- 
breuses cordiérites incolores, qui ne sont qu'en partie transformées 
et devenues brun -jaunâtre. Dans les parties limpides de ces cordiérites 
il y a de la sillimanite, parfois beaucoup, mais le plus souvent peu, 
ainsi que des octaèdres de pléonaste d'une belle teinte verte. L'autre 
plaque est la sécrétion fine elle-même, et elle consiste en quartz, 
plagioclase, beaucoup moins d'orthoclase, beaucoup de petites biotites, 
du minerai et des grains de zircone. La cordiérite manque, ainsi que 
la hornblende. C'est donc aussi une granitite, à grain fin. 

N". 127. Enlevé à de gros blocs, au rivage, entre Alang et Liliboï, 
à proximité de la petite rivière Lapiarounout. En échantillons, un 
granité brun d'un grain moyen. Au microscope, du quartz, du plagio- 
clase, encore une fois moins d'orthoclase, de la biotite, du minerai, 
et de nombreux cristaux de cordiérite limpides, transformés en partie 
en une masse brun-jaunâtre, en partie même finement fibreux par 
des agrégats vert-clair de muscovite. Chlorite, limonite. Pas de horn- 
blende. Granitite. 

N". 19h. Roche ferme dans la rivière Loi, à 37^ kni. de Kaïtetou; 
cette roche blanche ne peut se voir que dans le lit de la rivière, 
divisée en bancs épais qui inclinent au nord. Elle offre quelque res- 
semblance avec certaines diabases et tufs diabasiques, blanchis et 



179 

imprégnés de quartz, qui se montrent ailleurs, au Touna. A l'examen 
microscopique, on reconnaît cependant qu'elle n'appartient nullement 
aux diabases, mais fait partie des porphyres quartzifères. Une com- 
paraison minutieuse des plaques microscopiques des diverses roches 
du Touna a fait voir, que la constitution géologique de cette mon- 
tagne est encore plus compliquée que je ne le croyais tout d'abord. 
Aux bords des rivières, le porphyre quartzifère se recouvre de maté- 
riaux roulés; on ne sait pas au juste jusqu'où ceux-ci continuent 
en amont, car le lit de la rivière est comblé de blocs énormes du 
porphyre, qui empêchent d'y pénétrer plus avant, ou du moins en 
rendent l'accès très pénible. Ce qui est certain, c'est qu'à l'/^ km. 
en amont, à l'embouchure de la Waï Touna, à 269 m. d'altitude, 
il n'y a plus à voir de porphyre quartzifère, mais la diabase n°. 19Â;, 
décrite plus haut, y vient au jour. 

En échantillons, le porphyre quartzifère n°. Idh est une roche blanc 
terne, dure, dans laquelle on ne peut voir que des quartz et des 
cristaux de pyrite. Au microscope, on observe une pâte microgranu- 
leuse dans laquelle sont disséminés porphyriquement des grains de 
quartz arrondis et des feldspaths. Ces derniers sont tous troubles; 
quelques-uns polarisent encore comme des cristaux simples ou comme 
des mâcles d'orthoclase ; d'autres présentent distinctement les stries 
des plagioclases. Les quartz contiennent des inclusions de particules 
solides de verre aussi bien que de petites bulles liquides. La pâte 
consiste en particules de quartz et de feldspath, qui forment des 
agrégats irrégulièrement délimités, dans lesquels ces particules sont 
enchevêtrées à la façon du granité graphique. La roche renferme en- 
suite de l'ilménite, non seulement avec bord terne de leucoxène, mais 
encore avec beaucoup de titan ite limpide et polarisante, de teinte 
grisâtre ou jaune-grisâtre. La chlorite n'y existe que dans une faible 
mesure ; l'augite, ou tout autre élément sombre (bronzite, hornblende, 
biotite), pas du tout. La pyrite s'y trouve en cristaux relativement 
volumineux. Porphyre quartzifère granophyrique. 

NO. 64. Fragments roulés dans la rivière Sakowé, affluent de la Selaka 
qui se jette dans la mer au nord de Waë. Les morceaux ont été 
recueillis au point d'intersection de la rivière et du sentier qui con- 
duit de Waë à la cime orientale du Salahoutou, et que nous décri- 



180 

rons plus tard à propos des liparites. En échantillons, c'est une roche 
gris-bleuâtre clair, avec pâte serrée et des quartz porphyriques. Res- 
semble tout à fait au n". 1 de Tg. Batou merah et présente aussi 
la même croûte d'altération jaune-brunâtre. La roche est traversée 
de fissures, dont les parois sont tapissées de cristaux de quartz et 
de petites paillettes hexagonales d'un minéral limpide qui, d'après 
l'analyse de M. P. Huffnagel Pz., étudiant à l'Eole Polytechnique de 
Delft, appartient à la margarite (mica calcaire). Au microscope, elle 
donne sensiblement la même image que le n». 1. En cristaux por- 
phyriques, rien que du quartz et du feldspath, ce dernier en faible 
quantité, car il a été en partie transformé en kaolin qui a disparu 
au polissage. Quelques longs rectangles, primitivement du feldspath, 
sont transformés en un agrégat de grains de quartz. Les quelques 
restants de feldspath qui existent encore sont sans stries, ne présen- 
tent que de petits angles d'extinction et appartiennent à l'orthoclase. 
La pâte consiste essentiellement en particules de quartz limpides et 
en d'autres jaune-brun trouble, plus ou moins arrondies, de feldspath, 
qui, tournées entre niçois croisés, s'éteignent sur toute la surface 
et sont rarement pénétrées de grains de quartz. Dans cette pâte, on 
ne peut observer distinctement un enchevêtrement micropegmatitique 
ou graphogranitique de quartz et de feldspath, comme dans le n". 1. 
Entre les particules, on trouve de belles tables quadratiques et des 
octaèdres aigus d'anatase, transparents, d'un bleu d'acier, résultant 
probablement d'une décomposion de la biotite. Ensuite, la pâte ren- 
ferme encore de petites fibres de muscovite, des grains bruns d'hy- 
droxyde de fer et un peu de pyrite. Porphyre quartzifère. 

N°. 67. Fragments roulés de la rivière Taïsoui, à la traversée du 
sentier de Waë au Salahoutou, à 270 m. d'altitude environ. Une 
masse compacte, gris-bleuâtre, ressemblant presque à un schiste sili- 
ceux, avec quelques petits quartz et des veines de calcédoine. Au 
microscope, on voit une pâte d'un grain fin, qui consiste en de nom- 
breuses particules polarisantes de quartz et de feldspath brun trouble, 
avec beaucoup de calcédoine. Des quartz porphyriques, présentant des 
poches dans lesquelles la pâte s'est introduite. Il s'y trouve quelques 
orthoclases, en cristaux simples ou en mâcles. Certains feldspaths sont 
transformés en quartz ou en calcédoine. Porphyre quartzifère. 



181 

Le porphyre quartzifère n". 64 a été analysé par M. D. Funk, 1er 
assistant au laboratoire de chimie de l'Académie des mines à Freiberg, 
en Saxe. La composition est: 

No. 64. 

SiO^ = 80.94 

APO» = 10.05 

Fe^O^ = 0.50 

FeO = 0.47 

CaO. .......= 0.30 

MgO = 0.10 

K^O . = 5.08 

Na^O ' . . =1 1.73 

H^O = 0.85 

Total . . . = 100.02 
Les roches nos. l et 64 sont donc fort rapprochées par la compo- 
sition ; seulement, le n". 64 est plus riche en acide silicique, par suite 
de la forte teneur en quartz de la pâte. 

IV. Terrain gréseux. 

Le terrain gréseux, qui joue un rôle si important à Leitimor, n'ap- 
paraît pas à Hitou. Il est pourtant probable que ce terrain existe 
aussi dans le sous-sol de Hitou, car on y a rencontré çà et là quelques 
fragments roulés de grès et de calcaire compacte. Ces fragments ont 
été trouvés aux points suivants: 

1. Dans la rivière Sekawiri, à Liliboï, à proximité du rapide Hatou 
assa, qui consiste en diabase (n". 121) et qui a déjà été décrit plus 
haut; on y a trouvé des blocs de calcaire compacte, gris-clair (n°. 122), 
ressemblant à ceux de la vallée de la Batou gadjah, en arrière d'Ambon, 
et qui concordent peut-être avec ces derniers par l'âge. Malheureuse- 
ment, ce calcaire ne renferme pas de fossiles. 

2. A V ouest d'Alang, et aussi à l'est du «mont du poste à signaux» 
(la cime au-dessus de Tandjoung Alang), quelques blocs de calcaire 
compacte, (nos. 128 et 130) gris-foncé et gris-clair, surgissent du sol 
quaternaire; ils ressemblent aussi au calcaire ancien de Leitimor. 
Dans la petite rivière voisine, Titilanang, qui coule à l'est du mont 
du poste, on en a cherché les couches fernies, mais on ne les a pas 
trouvées. 



182 

3. Dans la rivière Alang lamd, qui débouche dans la mer àPouest 
du mont à signaux, on a rencontré des fragments roulés d'un grès 
(n''. 132), passant au conglomérat, et de petits morceaux d'un cal- 
caire compacte, noir, qui ont un caractère ancien. Cependant, aussi 
loin que la rivière a été explorée, on n'a pu voir nulle part des 
couches de grès. Le grès consiste en débris de granité; les petits 
échantillons de calcaire n'ont malheureusement pas été conservés. 

L'âge des calcaires dont il vient d'être parlé n'est pas tout à fait 
certain, non seulement parce que nulle part on ne les a trouvés en 
couches et qu'ils ne renferment pas de fossiles, mais encore parce 
que les calcaires coralliens jeunes deviennent parfois compactes ou 
très finement cristallins, et qu'ils ressemblent alors parfaitement à 
des calcaires anciens. Les fragments roulés qu'on a rencontrés peuvent 
donc parfaitement provenir du terrain de calcaire corallien. Des 
recherches ultérieures devront élucider cette question. 

N". 122. Blocs incohérents de la rivière Sekawiri, à Liliboï, à peu 
près à 10 m. d'altitude. Calcaire compacte, gris-clair, avec de grosses 
veines de spath calcaire. En échantillons il ressemble fort au calcaire 
gris, ancien (nos. 74 et 222) de la vallée de la Batou gadjah. On n'y 
voit pas de pétrifications. Au microscope, on observe uniquement 
des sections de fossiles impossibles à déterminer, probablement en 
grande partie des foraminifères. Les globigérines, si répandues dans 
les calcaires tertiaires et plus récents, manquent ici, de même que 
tous les minéraux qui pourraient provenir de jeunes roches éruptives. 
C'est un calcaire très pur, un mélange microcristallin d'individus de 
calcite. Calcaire cristallin. 

Nos. 128 et 130. Au sud-ouest d'Alang se trouve la petite cime sur 
laquelle il y avait auparavant un poste à signaux et qu'on appelle, 
pour cette raison, le «mont du poste» (seinpostberg). A l'est de ce 
monticule coule la petite rivière Titilanang, et un peu plus loin, à l'est 
de cette rivière, à 45 m. d'altitude, sur la route d'Alang, quelques 
blocs d'un calcaire compacte, gris-clair (n". 130), à parties sombres 
(n°. 128), non des blocs roulés proprement dits, mais usés et arrondis 
et qui paraissent consister en coraux, surgissent du sol quaternaire. 
Un peu plus à l'est, dans la rivière Alang lama, il apparaît, à 42 m. 
d'altitude, du calcaire reposant sur de la serpentine; mais, suivant 



183 

KoPERBERG, c'est du calcaire corallien jeune ordinaire. Au microscope, 
le n^ 130 présente de nouveau une masse très pure de calcaire spa- 
thique, avec des restes de coraux et de foraminifères impossibles à 
déterminer. Calcaire cristallin. 

Les calcaires nos. 122, 128 et 130 ressemblent il est vrai aux cal- 
caires anciens des vallées de la Batou gadjah et de la Batou gantoung, 
mais aussi aux variétés denses, compactes, des jeunes calcaires coral- 
liens, comme ceux du sommet du Gounoung Kapal (n". 98) et du 
Gounoung Nona (n". 96) ; de sorte qu'il est encore possible qu'ils 
fassent partie des jeunes calcaires, car les fossiles ne donnent pas 
de renseignements suffisants. 

N". 132. Bloc roulé de la Waï Alang lama, à 1 km. environ de 
l'embouchure. En échantillons, une roche grise, dure, à feldspaths 
ternes et avec peu de pyrite. Au microscope, roche élastique, avec 
éclats de quartz, orthoclase devenu trouble par formation de mica, 
peu de plagioclase limpide, quelques particules de muscovite, ilménite 
avec leucoxène, pyrite et calcaire spathique qui cimente les éléments. 
Dans les quartz, de nombreuses bulles liquides. C'est un grès calcarifère 
de débris de granité, qui ressemble aux grès anciens des vallées de 
la Batou gantoung et de la Batou gadjah, en arrière d'Ambon. 

V. Les poches éruptives récentes. 

La répartition des Ambonites à Hitou peut se voir sur notre carte 
n°. I. La limite de la roche ferme contre le terrain quaternaire ou 
pliocène, là où ce dernier consiste en brèches des mêmes roches et 
non en matériaux entremêlés, ne peut pas toujours être donnée d'une 
manière précise, surtout parce que les matériaux incohérents, appor- 
tés par les eaux, atteignent à Hitou de très grandes hauteurs. Les 
versants abrupts des montagnes se composent le plus souvent de 
matériaux massifs, tandis que les cimes plates et les collines moins 
accidentées au pied des montagnes sont constituées, en grande partie, 
de produits incohérents; mais ici encore il y a des exceptions. 

Les trois grands massifs du Salahoutou, du Loumou loumou Wa- 
lawaâ-Touna et du Latoua consistent en roches éruptives jeunes. On 
trouve encore celles-ci au Gounoung Kerbau, en divers points de la 
côte et dans le lit d'un grand nombre de rivières, accompagnées 



184 

presque partout de brèches et de tufs arénacés, que l'on ne doit pas 
considérer comme des sédiments, mais comme des produits éruptifs, 
formés simultanément avec l'éruption des matières massives. Une 
partie de ces produits fermes et incohérents paraît cependant s'être 
formée sous la mer, ce qu'indique aussi la présence de beaucoup de 
roches vitreuses ; et ce sont surtout ces produits déposés sous les eaux 
qui rendent souvent difficile d'établir la limite avec les dépôts plio- 
cènes et quaternaires, disposés en couches peu distinctes. 

Sous le rapport pétrographique, nous suivons ici la même division 
que pour la description des Ambonites de Leitimor. 

a. Liparite (et dacite) à caractère de porphyre quartzifère. 

Ces roches ne se présentent qu'au Salahoutou, principalement sur 
la route qui conduit de Waë au sommet de cette montagne. 

Sentier de Wae à la cime orientale du Salahoutou. 

En arrière des bains de Waë, où une source limpide jaillit de des- 
sous le calcaire corallien, on passe d'abord par un peu d'alluvium' 
puis par le calcaire corallien, ensuite par des matériaux roulés, avec 
fragments d'andésite et de liparite. Au passage de la rivière Sakowé 
(117 m. d'altitude;, affluent de droite de la rivière Sëlaka, on trouve 
dans le lit de cet affluent beaucoup de fragments roulés du porphyre 
quartzifère n". 64 décrit plus haut. De l'autre côté de ce ravin, le 
sentier monte graduellement jusqu'à l'altitude de 242 m. La pente 
devient alors plus forte, et l'ascension, qui jusqu'ici pouvait se faire 
en chaises à porteurs, doit se continuer à pied. Une cime avancée 
se nomme G. Katila (834 m.) ; l'arête qui y succède, G. Ketaro 
(430 m. environ). Le sentier descend maintenant rapidement vers la 
rivière Taïsoui, que l'on passe à l'altitude de 270 m. En cet endroit 
gisent de nombreux blocs de diabase (nos. 65, 66 et 68) et quelques 
autres de porphyre quartzifère (n^'. 67'), qui ont déjà été décrits ci- 
dessus. Un peu en aval du gué, la rivière forme une petite cascade 
sur une liparite séparée en bancs épais (n^. 69!. D'ici jusqu'à la 
maisonnette du sommet (985 m.), on ne voit plus çà et là qu'un 
peu de liparite, très altérée, entre l'épaisse couverture de mousse. 
Le sol, où elle affleure, consiste en une argile jaune clair, gluante; 



186 

et sur la, cime, à l'entrée d'un petit ravin, on ne peut voir encore 
que de l'argile jaune, avec quelques petits fragments de quartz. 

On peut voir encore la liparite, à l'état de roche ferme, dans la 
rivière Taïsoui, en aval du point cité plus haut, notamment à la 
cascade Embouang, à 170 m. d'altitude environ. On atteint cette 
cascade en suivant le sentier de Waë au Salahoutou, décrit ci-dessus, 
jusqu'à l'altitude de + 340 m. ; puis, il faut descendre en pente 
raide, d'abord au sud-ouest et ensuite au sud vers la vallée de la 
Taïsoui. On voit ici la roche n°. 164 affleurer en bancs épais, tandis 
que, de toutes parts, des roches d'andésite riches en verre (n^ 165) 
se montrent en fragments roulés, enlevés par les eaux aux brèches. 

Plus loin, au versant sud-est du G. Kadera, il apparaît une roche 
fortement silicifiée (n". 161), qui probablement appartient aussi aux 
liparites; on la trouve en blocs détachés, à 318 m. d'altitude. Cepen- 
dant, la cime de cette montagne se compose, à ce qu'il paraît' 
totalement en roches andésitiques riches en verre, car on rencontre 
celles-ci (n°. 160) à 366 m. et ailleurs aux alentours. A l'altitude de 
371 m., au versant oriental du G. Kadera, et à proximité du cours 
supérieur de la Waï Reuw (affluent de la Waï Routoung), il existe 
un petit lac peu profond, de 15 m. de largeur, à fond marécageux, 
que l'on nomme "Telaga Naraang». C'est une mare ordinaire, de peu 
de profondeur, remplie d'eau froide ; il ne s'y dégage pas de gaz, et, 
d'après Koperberg, elle n'a rien d'un lac de cratère. On peut atteindre 
le Telaga Namang aussi bien de Souli que de Toulehou. Le sentier 
reste assez longtemps sur un terrain quaternaire, faiblement incliné, 
jusqu'au passage de la Waï Reuw, à 178 m. d'altitude; cette rivière 
forme ici une cascade sur des brèches d'une andésite quartzifère à 
mica (n°. 162), une roche qui, avec différents produits riches en verre, 
constitue tout le versant de la montagne. 

Le terrain quaternaire entre la Waï Reuw et la Waï Mamina 
renferme beaucoup de fragments de liparite (n'''. 159); il en est de 
même des environs de la source d'hydrogène sulfuré à l'ouest 
du Telaga Birou, près de Souli (n". 158), qui sont en partie 
recouverts d'une croûte de tuf siliceux (n". 213), provenant de sources 
thermales. 

Enfin, la Waï Tomol, qui charrie les eaux venant du versant nord 



186 

de la montagne, transporte de nombreux blocs de liparite (n**. 170), 
provenant des cimes centrales. 

Il résulte de cette énumération, que les liparites pauvres en éléments 
sombres se bornent au centre de la montagne ; elles sont plus anciennes 
que les produits des points d'éruption qui sont répartis sur les flancs 
du Salahoutou, et qui ont fourni des andésites, dont quelques-unes 
riches en verre. Plus anciens encore sont les porphyres quartzifères 
des rivières Sakowé et Taïsoui et les diabases de la dernière, qui 
forment le sous- sol du Salahoutou, ainsi que celui du Touna. Toute- 
fois, sur le chemin que nous avons suivi, on les trouve, non comme 
roche ferme, mais seulement en gros blocs roulés. 

De la cime orientale (985 m.) que nous avons gravie, se détache 
à l'est une arête vers le G. Lapiarouma (511 m.), au dessus de Liang. 
De notre refuge sur la cime de 985 m., on a une vue sur trois cimes 
plus élevées, situées plus à l'ouest, et qui sont séparées de notre point 
d'observation par un ravin profond de 200 m., la vallée en crevasse 
du cours supérieur de la Waï Routoung. Ces cimes, hautes respec- 
tivement de 989, 1024 et 1027 m., représentées dans la fig. 36 de 
l'annexe IV, sont dessinées d'après une photographie prise par 
KopERBERG, de sorte que les contours en sont exacts. Les deux 
dernières cimes sont les plus hautes de toute la chaîne, et passent 
pour inaccessibles chez les habitants, à cause des parois escarpées de 
la partie supérieure; j'ignore toutefois si vraiment des Européens 
ont jamais fait des tentatives pour atteindre ces sommets. 

Dans nos figures 30, 33, 34 et 35, ce sont les cimes 1 et 2; 
la cime de 989 m. est le n°. 5, et notre refuge se trouvait sur la 
cime no. 7. Sur la fig. 35, prise au nord du kampong Siwang, à 
Leitimor, on peut voir que la cime tout entière peut être considérée 
comme un ancien point d'éruption eff'ondré, un volcan crétacé, dont 
le bord de cratère fort érodé passe par les cimes 5, 2, 1 et 7; la 
Routoung sort de l'ancien cratère. Sur les flancs de cette montagne 
se trouvent diverses élévations que l'on doit considérer comme des 
points d'éruption indépendants; tels sont le G. Kadera (741 m.), le 
G. Sipil (fig. 35) et un petit sommet, désigné par p dans cette figure, 
entre le G. Sipil et les pics les plus hauts du Salahoutou, mais situé 
un peu plus au nord; le G. Setan (567 m.), cime très escarpée à 



187 

proximité de la côte du nord, représentée dans la fig. 50; la chaîne 
du Tomol, au cap Tomol, avec divers sommets (fig. 48), le G. Houhou, 
au cap Houhou (fig. 47) et enfin le G. Lapiarouma (511 m.), déjà 
nommé, au sud de Liang, auquel sont adossés, en forme de terrasses, 
des matériaux incohérents, avec du calcaire corallien jusqu'à 250 m. 
d'altitude (fig. 51). 

Description des liparites (et des dacites). 

Comme les roches que nous allons décrire ici renferment d'ordi- 
naire très peu de feldspaths porphyriques, il se peut que dans le 
nombre il y ait aussi des dacites, ce que l'analyse chimique seule 
peut décider. Les roches qui ont été analysées, et qui au microscope 
renfermaient distinctement du plagioclase, ont cependant une teneur 
en alcalis notablement supérieure à celle de la chaux, et appartiennent 
par conséquent aux liparites. 

N». 161. Blocs du versant sud-est du Gounoung Kadera, à 318 m. 
d'altitude. En échantillons, une masse dense, gris-clair, avec feld- 
spaths transformés en une matière blanc trouble et des cristaux de 
quartz. La croûte est colorée en brun par de l'hydroxyde de fer. Au 
microscope, on voit une pâte jaune-brunâtre, qui ne renferme por- 
phyriquement que des quartz arrondis, dans lesquels il y a des poches 
où la pâte a pénétré; des espaces vides ont été occupés par des 
feldspaths, qui ont disparu en grande partie au polissage; quelques 
restants de cristaux de feldspath se sont transformés en calcédoine. 
La pâte a un aspect tout à fait particulier, par un grand nombre 
d'anneaux et des particules irrégulièrement délimitées, de teinte brune, 
à bord limpide. Ce bord consiste en calcédoine ; la masse brune inter- 
posée est de l'opale, bien qu'elle polarise faiblement, çà et là même assez 
fort, ce qui s'observe surtout lorsqu'on fait usage de la plaque de gypse. 
Ensuite, un peu de minerai. Il ne reste plus rien de la pâte primitive ; 
le tout est totalement silicifié. Liparite silicifiée ou dacite. La transfor- 
mation doit sans doute être attribuée à une source thermale qui existait 
jadis en cet endroit et qui renfermait de l'acide silicique en dissolution. 

N". 69. De la rivière Taïsoui, au gué du sentier de Waë au Sala- 
houtou, à 270 m. d'altitude environ. Roche séparée en bancs épais, 
par-dessus lesquels la rivière forme une petite cascade. En échantil- 



188 

Ions, elle est gris-verdâtre clair, avec quelques cristaux de pyrite. 
Au microscope, une pâte trouble, consistant en particules polarisan- 
tes de quartz, en petites baguettes étroites de feldspath, souvent en 
mâcles à angles d'extinction très petits, et partie aussi en cristaux 
sphériques; de l'ilménite avec leucoxène, pyrite, lamelles vertes de 
chlorite et des grains bruns très fins qui occasionnent le trouble. 
Porphyriquement, rien que des quartz limpides, en formes cristallines 
bien délimitées, et aussi en grains arrondis ; la pâte s'est engagée dans 
des poches dans ces cristaux, qui renferment des inclusions de bulles 
liquides et sont entourés d'un bord quartzeux plus jeune, que nous 
avons déjà désigné au n°. 191 sous le nom de «quartz auréolé», lequel 
s'éteint en grande partie en même temps que le cristal principal; 
seules les particules de feldspath qui pénétrent les cristaux de quartz 
polarisent alors. Liparite, ou dacite. Par sa teneur en chlorite et par 
les feldspaths étroits, la roche rappelle certaines diabases quartzifères. 
La teneur en acide silicique est environ de 74 pet. 

N°. 164. Roche affleurant à la cascade Batou Embouang, dans la 
rivière Taïsoui, à peu près à 170 m. d'altitude. Pâte compacte, gris- 
verdâtre clair, à cristaux de quartz. Au microscope, de grands quartz 
en cristaux nettement limités et en grains arrondis; ils renferment 
de très petites bulles liquides, et présentent en partie un bord de 
jeune quartz. Le plagioclase, en cristaux très limpides à structure 
zônaire, y existe en proportion assez forte ; ces cristaux ne présentent 
pas d'angles d'extinction particulièrement grands, la plupart de 
10° seulement, et au maximum 20° pour quelques individus. Quel- 
ques sections simples, parallèles à la face M, donnaient une extinction 
de 12°. Il se peut que ces sections n'appartiennent pas à un plagio- 
clase, mais à une sanidine sodique. La pâte est brun trouble et 
polarise comme un mélange fin de quartz et de feldspath. Dessphé- 
rolites de calcédoine, irrégulièrement sphériques, y sont disséminés 
en grand nombre; quelquefois cependant, ils ont des contours sen- 
siblement hexagonaux ou en rectangles courts, de sorte qu'on a afi'aire 
ici à de la calcédoine pseudomorphique dans la forme de l'un 
ou l'autre minéral, probablement de la cordiérite; ce minéral, je 
ne l'ai toutefois pas rencontré à l'état frais, ni dans cette liparite-ci, 
ni dans aucune autre liparite d'Ambon. 



189 

La corrosion par l'acide fluorhydrique et le traitement subséquent 
par une matière colorante laissaient tous ces sphérolithes incolores; 
c'est une preuve qu'on a affaire à de l'acide silicique pur, et non à 
du feldspath ou de la cordiérite. La pâte brun trouble contient, à 
côté de feldspath et de quartz, des fibres fines impossibles à déter- 
miner (feldspath ?), de petits grains de minerai et des granules bruns, 
transparents. Le verre paraît faire défaut. 

La prédominance du plagioclase sur les autres cristaux porphy- 
riques donne à cette roche le caractère d'une dacite. Il ressort toute- 
fois de l'analyse, dont nous ferons mention plus loin, que la teneur en 
alcalis est beaucoup plus forte que celle en chaux, de sorte que la 
roche appartient aux liparites. La composition chimique se rapproche 
fort de celle de la liparite n°. 191 de Leitimor. 

N**. 170. Grands blocs roulés du lit de la Waï Tomol, au versant 
nord du Salahoutou, à proximité de la côte. Roche grisâtre, terne, 
â feldspaths altérés et ternes et quelques petits quartz. Au microscope, 
elle ressemble à la roche précédente. En cristaux porphyriques, du 
quartz et du feldspath. Des sections simples, à extinction droite, 
appartiennent à la sanidine ; la plupart présentent cependant les stries 
du plagioclase. T^a pâte renferme de nouveau de petites particules 
de feldspath et de quartz, des fibres de muscovite vert-clair, un peu 
de minerai de fer et des granules bruns, transparents. Très nombreux 
aussi sont des corpuscules ronds, limpides, qui présentent la plupart 
un groupement radial des fibres; ils consistent probablement aussi 
en calcédoine. Liparite. 

N°. 159. Blocs d'un terrain quaternaire, entre la Waï Reuw et la 
Waï lamina, à 104 m. d'altitude. Roche gris-clair, avec quelques 
cristaux de quartz. Au microscope, porphyriquement rien que des 
quartz, gisant dans un mélange de quartz et de feldspath polarisant 
en fibres fines et en filaments, avec fibres de muscovite, minerai de 
fer et hydroxyde de fer. Cette pâte polarise en taches irrégulières, 
et elle est probablement issue secondairement d'une roche vitreuse 
Il n'existe plus de grands feldspaths. Liparite (ou dacite). 

No. 158. Blocs près de la source d'hydrogène sulfuré, à la Waï 
Mëlirang, affluent supérieur de la Waï Wasia. Roche d'une couleur 
grise, légèrement brunâtre, avec quelques quartz. Elle est criblée de 



190 

trous, probablement une conséquence de l'action des vapeurs d'hy- 
drogène sulfuré et de l'enlèvement des éléments décomposés, du 
feldspath sans doute. Au microscope, porphyriquement des cristaux 
limpides de quartz à contours nets, et quelques feldspaths transformés 
en un agrégat quartzeux. La pâte, qui est colorée en brun par de 
l'hydroxyde de fer et par des grains bruns, consiste en particules de 
quartz limpides et en d'autres brunes, troubles, auparavant du feld- 
spath peut-être, ou bien un enchevêtrement de quartz et de feldspath 
qui à présent est probablement transformé tout à fait en calcédoine. 
Liparite (ou dacite). 

b. Andésite à bronzite et andésite quartzifère à bronzite. 

A ce groupe appartiennent uniquement les roches, dont la pâte 
renferme essentiellement des cristaux porphyriques d'un pyroxène 
rhombique avec plagioclase, parfois aussi avec du quartz, mais où la 
biotite et la hornblende ou bien font défaut, ou bien ne sont que fort 
secondaires. Au point de vue géologique, elles sont intimement liées 
aux groupes qui suivent, de sorte que dans la description suivante 
des terrains ces roches seront traitées simultanément. Cette description 
est pour la plus grande partie l'œuvre de l'ingénieur Koperberg; 
l'autre partie, la plus petite, est de moi. 

Le massif du Salahoutou. Nous avons déjà décrit succintement les 
excursions de Waë à la cime du Salahoutou et à la cascade Embouang, 
dans la Taïsoui, ainsi que celle de Souli ou de Toulehou au petit 
lac Tëlaga Namang, au versant oriental du Gounoung Kadera. Trrs 
près de ce lac, on trouve une roche riche en verre, poreuse et par 
là même tant soit peu ponceuse (n"". 160), à 366 m. d'altitude. La 
Waï Reuw coule dans des brèches d'une andésite quartzifère à biotite, 
dans lesquelles on a recueilli l'échantillon n°. 162, un peu au-dessus 
d'une petite cascade, à peu près à 180 m. d'altitude. La roche de 
liparite, qui forme la cascade Embouang dans la Taïsoui (n^. 164), 
est recouverte de brèches quaternaires d'une andésite riche en verre 
(n°. 165), et les rivières au nord de Waë transportent principalement 
des blocs d'andésite quartzifère à biotite (n^. 163), qui proviennent 
également d'un terrain quaternaire. Les brèches quaternaires, avec 
bordures de coraux en forme de terrasses, constituent toute la partie 



191 

orientale de Hitou, depuis Liang jusqu'à Toulehou et Souli. Elles 
sont encore visibles à l'est de Toulehou, aux récifs -Batou Anjout», 
qui ne s'élèvent pas beaucoup au-dessus de la haute mer; de cette 
roche, on a recueilli un échantillon (n°. 31). Il faut qu'il existe ici 
une source thermale ('); mais lors de mon exploration je n'en ai 
rien aperçu, parce que j'ai visité ces écueils au moment de la marée 
haute et que la source se trouvait alors probablement sous la mer. 

Du côté nord du Salahoutou, nous trouvons dans la Waï Houhou de 
grands blocs roulés d'une belle andésite à hornblende (n^ 167), originai- 
res très probablement du monticule Houhou (fig. 47). Un peu plus à 
l'ouest se trouve le rocher « Batou Mètèng », consistant en une roche vi- 
treuse, un peu brécheuse, (nos. 168, 169). Vient ensuite le cap Tomol et la 
rivière de ce nom, avec blocs roulés d'une andésite riche en verre 
(n". 171). A l'ouest du cap Waïlmata, la roche ferme commence à 
la côte, au petit cap Hourouman, où nous avons détaché le morceau 
d'andésite à biotite n". 172. La paroi de ce rocher s'étend le long de 
la côte jusqu'au delà de la Waï Moki, où l'on trouve la même roche, 
mais riche en verre Tnos. 173 et 214); à l'embouchure de la rivière, 
à la rive droite, la roche vitreuse, sombre, en bâtons, se dresse en deux 
aiguilles pointues, presque verticales, avec une inclinaison raide au 
nord-ouest; un conglomérat éruptif de la même roche vient s'y 
adosser (fig. 49). 

On a ensuite le cap Setan, derrière lequel s'élève la cime rocheuse, 
très escarpée, du Gounoung Setan (567 m. d'altitude; voir fig. 50). 
Dans sa partie la plus abrupte, cette montagne consiste aussi en une 
roche sombre, très riche en verre (n". 216), par dessus laquelle un 
petit cours d'eau forme une cascade ; mais de toutes parts elle est 
entourée ou recouverte de conglomérats et de brèches d'andésite 
commune à mica (n". 174) et d'andésite quartzifère à mica et à grenat 
(nos. 30 et 215). Les brèches appartiennent ici sans aucun doute aux 
brèches éruptives, tandis que les conglomérats doivent être rangés 
parmi les dépôts quaternaires. 

Enfin, le mont Eri (465 m.), au nord de Nania, doit aussi être 



(1) Valetsttjn. Oud- en Nieuw-Oost-Tndier!. TI, le g-edeelte 1724, bdz. 106 (Batoe 
Hatoeboe). Wichmann. Tijdschrift v. h. K. N. Aardr. Gen. XV, 1898, p. 211, note 2. 
Kapport de N. A. T. Arriëns. 



192 

compté parmi les contreforts du Salahoutou. Jusque très près du 
sommet, cette montagne consiste en brèches d'une andésite quartzifère 
à mica (n**. 210), tandis que le sommet lui-même se compose de 
calcaire corallien. C'est en même temps le point le plus haut de 
toute l'île de Hitou où l'on trouve du calcaire corallien. Une deuxième 
bordure, plus basse, de ce calcaire se trouve à 222 m. d'altitude. 

Si nous continuons à nous diriger vers l'ouest, nous arrivons dans 
la partie centrale, très étendue de Hitou ; cette partie, la plus 
basse de l'île, s'étend jusqu'au Loumou loumou; elle est constituée 
par des matériaux meubles et du calcaire corallien, où apparaît çà 
et là la roche ferme. 

Sur la route principale à travers Hitou, qui conduit de Roumah tiga 
à Eitou lama, et qui est représentée fig. 8 (annexe II) en projection 
horizontale et en profil, à l'échelle de 1 : 20000, des blocs d'une brèche 
riche en verre surgissent du sol rouge foncé en deux endroits seule- 
ment; d'abord, à la première montée, au-dessus de Roumah tiga, à 
85 m. d'altitude, et puis au nord de la ligne de faîte, à l'altitude de 
195 m. (n". 48). Les dénudations sont fort restreintes, de sorte qu'on 
ne peut pas voir distinctement si la roche existe uniquement en 
fragments dans une brèche ou à Tétat de roche ferme; ce dernier 
cas est le plus vraisemblable, car la même roche vitreuse apparaît 
un peu plus à l'ouest, à la côte du nord. Dans le lit de la rivière 
Maspaït, qui est coupée à 158 m. d'altitude, la roche éruptive n'est 
pas mise à nu; il n'y affleure qu'un calcaire tendre, argileux par 
altération (nos. 46 et 47), qui enclave de nombreux fragments d'une 
andésite riche en verre (n*^. 45). 

De Hitou lama, un chemin conduit en direction ouest vers Hila, Kditetou 
et Sdid en suivant la plage et passant par Wakal. Cette route passe le 
plus souvent par de l'alluvium et des terres basses quaternaires. A 
185 m. à l'est du passage de la rivière Waoulou, on gravit une petite 
colline de 11 m. de hauteur, sur un calcaire quaternaire qui renferme 
beaucoup de fragments d'un verre andésitique et inclut des cristaux 
séparés de cordiérite (n°. 217); on y trouve aussi de nombreux blocs 
volumineux d'un mélaphyre poreux, sombre (n°. 218). En descendant 
ce mamelon, on atteint la rivière Waoulou, et 290 m. plus loin, la 
Waï Loula, à la rive droite de laquelle est dénudée une paroi, de 



6 m. d'épaisseur au moins, formée d'une roche vitreuse et brécheuse 
(nos. 21, 21 bis, 22) analogue à celle citée plus haut au n". 48. Les 
roches de la Waï Loula et de la colline de tantôt sont donc à une 
distance de 290 -f- 185 =r 475 m. l'une de l'autre, et ne sauraient être 
confondues. Cependant, dans son mémoire n^ 37, p. 71, Martin les 
comprend sous le même nom de «Tandjoung Hatelaûwe». La colline 
consiste en brèches quaternaires, tandis que la brèche vitreuse de la 
Waï Loula paraît être une roche massive, bien qu'ici encore l'affleure- 
ment soit fort limité, et que plus avant dans l'intérieur de l'île 
on retrouve du calcaire et des brèches. 

Nous retournons maintenant à la côte sud de Hitou et nous suivons 
la plage à Vouest de Roumah tiga. Entre le hameau Nipa et la dousoun 
Këmiri est l'embouchure de la Waï Ami ; après avoir remonté quelque 
temps le cours de cette rivière, nous gravissons la petite colline, située 
à la rive droite et qui est recouverte en haut de calcaire corallien. 
La constitution de cette colline avancée pouvait être bien observée, car, 
par suite du tremblement de terre de 1898, il s'était produit sur le 
versant un fort éboulement qui a été indiqué sur notre carte n". IV 
et dans la fig. 34 (annexe TV) comme éboulement n°. 2. Ce mamelon 
se compose entièrement de matériaux meubles jusqu'à 134 m. d'alti- 
tude, avec fragments d'une andésite quartzifère à mica (n°. 2); en 
arrière est située une colline plus haute, qui consiste également en 
brèches incohérentes et se recouvre, à 179 m., de calcaire corallien 
(n". 4) avec tridacnes et autres fossiles. Dans le lit de la Waï Ami 
gisait un grand bloc brécheux, détaché de la paroi de la rive gauche, 
dont fut enlevé un fragment d'andésite quartzifère à mica (n". 3). 

Si à partir de Nipa on poursuit sa route vers l'ouest, en suivant 
la plage, on trouve pour la première fois une roche à la côte près 
d'un petit cap situé dans la dousoun Sahourou et nommé Tandjoung 
Batou; il n'apparaît ici que des conglomérats quaternaires d'andésite 
quartzifère à mica (n°. 107a); les blocs roulés sont en partie très 
volumineux, de sorte que la roche éruptive massive ne peut être 
fort éloignée. Viennent ensuite les dousouns Touhoulérou et WaïLaâ, 
d'où part un sentier vers le Gounoung Kërbau; puis, la rivière Laâ 
elle-même; ensuite, le cap Batou koubour, où se montre un peu de 
calcaire corallien jusqu'à 4 m. au-dessus de la mer; enfin on arrive 

13 



194 

â la dousoun Batou koubour, où un banc de roche compacte vient un 
peu au-dessus de la surface de la mer; c'est la roche dont proviennent 
les fragments du conglomérat de Tg. Batou, dont il vient d'être 
parlé; on y trouve aussi une andésite quartzifère à mica (n". 1076), 
séparée en plaques épaisses, qui ont une direction de 290° et une 
inclinaison de 20^ au sud (sud 20° ouest), ce qui indique un point 
d'éruption situé au nord. La partie supérieure de ce banc s'est solidifiée 
en une masse vitreuse, ce qui prouve clairement qu'il existe un 
rapport entre les roches vitreuses et les andésites; la croûte vitreuse 
(n". 107c) a une épaisseur de Vs ne». 

Nous gravissons maintenant le Gounoung Kerbau^ en partant delà 
dousoun Waï Laâ. En passant sur des brèches altérées, on atteint 
une cime avancée, de 300 m. d'altitude, qui consiste aussi en brèches ; 
peut-être même en andésite ferme, mais l'affleurement n'est pas 
suffisant pour établir ceci avec certitude. Au nord de cette cime, 
on descend jusqu'à 268 m.; à 269 m. nous avons détaché d'un grand 
bloc l'échantillon n*^. 108a. Ensuite, le sentier monte vers un petit 
plateau, dont l'altitude moyenne est de 280 m. et la longueur de 
plus de 300 m. ; on n'y voit aucune roche ferme et tout paraît consister 
en matériaux incohérents altérés. On arrive alors à la montée abrupte 
vers la cime proprement dite du Kerbau, depuis 280 jusqu'à 478 m., 
avec des pentes de 25° et même de 30°, en partie le long d'une paroi de 
roche massive, parfois semblable à une brèche ou à un conglomérat, 
dont on a pris divers échantillons ; elle est de couleur plus foncée que 
les andésites, d'ordinaire à cavités rondes et elle donne l'impression d'un 
vieux mélaphyre; pour les raisons données plus haut, nous la regardons 
comme une division basique de nos Ambonites. Déjà au pied de cette 
cime, à 280 m. d'altitude, fut recueilli l'échantillon n°. 1086 ; à 319 m., 
le n\ 108c; à 327 m., le n^ lOSd; enfin, à 332 m., le n». 108. On 
ne voit plus d'autre espèce de roche jusqu'au sommet. A partir de 
ce niveau, des parois d'une roche fixe ne sont plus à nu; mais 
on voit çà et là des fragments de conglomérats et de brèches de 
mélaphyre. Du côté du nord, le G. Kerbau descend jusqu'à 440 m. 
environ, et il s'étend alors à peu près horizontalement vers le G. Damar, 
ainsi qu'on peut le voir sur notre fig. 34 (annexe IV). 

A présent se pose la question de savoir laquelle des deux roches 



195 

est la plus ancienne, le mélaphyre de la cime du G. Kërbau, ou bien 
l'andésite de la cime avancée de 300 m. et de la plage, à la dousoun 
Batou koubour. J'ai cru autrefois que le pied de la montagne, qui 
consiste en andésite quartzifère et mica, était la partie la plus ancienne 
du Kërbau, et avait été percée au centre par le mélaphyre (43, p. 4). 
De nombreuses inclusions de quartz et de cordiérite dans ce mélaphyre 
paraissaient indiquer qu'il en était ainsi, car ces minéraux pouvaient 
provenir de l'andésite, qui renferme presque toujours du quartz et 
souvent de la cordiérite. Mais une nouvelle exploration de la mon- 
tagne, en 1904, m'a donné la conviction que le mélaphyre du Kërbau 
est probablement la roche la plus ancienne, et qu'elle a été percée 
par l'andésite au versant sud. On ne peut indiquer au juste où se 
trouvait le point d'éruption de cette andésite; il est invraisemblable 
que nous ayons à la chercher dans la cime avancée de 300 m., 
d'abord, parce que celle-ci paraît se composer de matériaux quater- 
naires et ne donne pas l'impression d'un point d'éruption ; en second 
lieu, parce que le petit plateau susnommé, situé au nord de cette cime 
à 280 m. environ, et qui est constitué par des matériaux andésitiques 
incohérents, doit probablement être regardé comme une terrasse quater- 
naire, appliquée horizontalement contre le mélaphyre du Kërbau; 
en troisième lieu, parce que l'inclinaison de la coulée de lave dans la 
dousoun Batou koubour, à présent de 20°, serait certes bien plus 
faible, si cette lave avait découlé de la petite cime, qui est éloignée, 
en direction horizontale, de 1750 m. de Batou koubour. Il est donc 
probable que le point d'éruption de cette andésite était beaucoup 
plus rapproché de la côte, qu'il se trouvait à une altitude plus faible, 
et qu'il est maintenant enseveli sous des matériaux quaternaires. 

Malheureusement, on ne peut pas constater sur le terrain s'il en 
est réellement ainsi; on doit se contenter de la probabilité, que le 
mélaphyre est la roche la plus ancienne. Dans ce cas, il s'ensuit 
naturellement que les inclusions de cordiérite et de quartz dans ce 
mélaphyre ne peuvent pas provenir de l'andésite, mais doivent être 
originaires de roches plus anciennes, granité ou gneiss. 

Au commencement de 1898, on pouvait voir du côté nord du 
G. Kërbau une grande masse éboulée, brune vers le haut et d'une 
couleur plus jaune vers le bas; cet éboulement avait été produit par 



196 

le grand tremblement de terre de janvier 1898. La partie supérieure 
s'élevait à 414 m. et consistait en une terre brune, meuble, avec 
fragments de mélaphyre, dans laquelle se trouvait une argile tendre, 
dont la teinte variait du jaune au brun de foie; cet éboulis avait 
glissé jusque dans la Waï Laâ, et avait obstrué cette rivière en 
partie, au-dessus de 278 m.; elle renfermait, en cet endroit, à côté 
de blocs de mélaphyre, un grand nombre de fragments d'une roche 
vitreuse, sombre. De ce point, nous avons fait l'ascension de la rive 
droite de la vallée, et à 382 m. d'altitude nous avons atteint la route 
de Hatiwi besar à Hila. 

Cette route, la seconde route à travers Hitou, commence à la dousoun 
Batou loubang, appartenant à la négorie Hatiwi besar, et aboutit à 
la côte du nord, à la Waï Tilipolo, à l'est de Hila. Elle passe d'abord 
par des conglomérats compactes, puis par des brèches meubles d'an- 
désite et de roche vitreuse. A l'altitude de 176 à 180 m. se trouve 
une couche de calcaire corallien, et au-dessus de 230 m. le sol devient 
plus brun et de grands morceaux de roche vitreuse y font saillie; 
entre autres, à 350 m. environ, où l'on rencontre les gros blocs de 
verre «Tongkou batou» (n°. 154). Quelques indigènes prétendent que 
ces masses ont été apportées jadis de la rivière Laâ en cet endroit, 
pour y faire service «d'autel» (peut-être comme lieu de sacrifices?), 
mais cela me paraît invraisemblable. Un peu plus au nord s'élève 
une petite cime de 400 m., nommée G. Malintang, exactement à 
l'ouest du G. Kërbau; plus au nord encore, à 382 m., est le point 
où débouche le sentier vers le G. Kërbau, dont nous avons parlé 
tantôt; cet endroit se nomme G. Malamang ila. Le sol reste toujours 
brun et renferme des morceaux de verre. Depuis 410 jusqu'à 423 m. 
d'altitude, on trouve deux couches de calcaire corallien, séparées par 
une brèche de roche vitreuse. Vient ensuite le G. Damar, à 469 m., 
le plus haut point de la route, et un peu plus loin, un petit affluent 
supérieur de la Waï Laâ. On arrive maintenant, dans une partie assez 
plate, le plateau du Damar, à 441 m., à la ligne de partage des eaux 
entre les côtes nord et sud, et un peu plus loin, à 410 m., à la Waï 
Hosou, un affluent supérieur de la Waï Tomo; on y voit peu de 
roches ; de temps en temps un petit morceau de verre gisant dans une 
argile jaune ou brune. Cela continue ainsi quelque temps jusqu'à la 



197 

Waï Hatou tëlou, un autre affluent de la Waï Tomo, que l'on tra- 
verse à 330 m. Sur la petite cime, à la rive droite de ce cours d'eau, 
on trouve, depuis 347 jusqu'à 310 m., de nombreux blocs d'une 
andésite riche en verre (n". 153), qui affleure en cet endroit ou existe 
comme roche ferme à une faible profondeur. D'ici jusqu'à la côte du 
nord, tout se réduit à des brèches incohérentes; on ne rencontre 
qu'une seule couche de calcaire corallien, à 90 m. d'altitude, et au- 
dessous de ce point les brèches contiennent aussi de petits morceaux 
de calcaire, mais on ne voit pas de couches proprement dites. 

Nous retournons à présent à la baie d'Ambon et nous suivons la 
côte vers l'ouest. Les lits de la Piah ketjil, de la Piah besar et de la 
Witi contiennent tous des blocs roulés d'andésites, de roches vitreu- 
ses et de brèches. Ces rivières n'ont pas été explorées en détail, à 
cause du niveau élevé des eaux et faute de temps. 

La Wai Lawa fut explorée à partir de Tawiri, d'abord dans la 
vallée même jusqu'à 143 m., puis à la rive droite, parce qu'il était 
impossible de pénétrer plus avant dans le lit de la rivière ; on monta 
jusqu'à l'altitude de 336 m. et on passa la nuit en cet endroit. En- 
suite, on descendit dans la Waï Lawa, on traversa la rivière à 290 m. 
et à la rive gauche on monta vers l'arête Kehouli ; celle-ci fut atteinte 
à 480 m., et alors on fit, dans une direction nord-nord-ouest, l'ascen- 
sion de la cime orientale du Loumou loumou (748 m.). 

Depuis Tawiri, on trouve sur cette route d'abord de l'alluvium 
jusqu'à 12 m. d'altitude; puis des brèches quaternaires incohérentes 
avec morceaux de verre sombre (n^. 109), au milieu desquelles, à 
3 km. environ de Tawiri, une roche ferme sombre, séparée en prismes 
(n". 110), devient visible sur une courte distance. Ce point n'est plus 
qu'à 56 m. d'altitude, et il est représenté sur la fig. 41 (annexe IV). 
Le verre de mélaphyre a parfois un aspect brécheux, rien que par 
altération; parfois ce sont réellement des brèches incohérentes qui 
reposent sur la roche massive. Vient ensuite, dans le lit de la rivière, 
une argile grise quaternaire (n''. 111), non stratifiée, probablement 
le produit de désagrégation d'une roche diabasique, à grain fin, py- 
ritifère, qui affleure çà et là comme roche massive dans le lit, sur 
une faible étendue, mais toujours dans un état de forte altération. 
Plus haut dans la rivière, à 132 m., on trouve de nouveau une roche 



198 

de verre bréchcuse; et, à 143 m., un mélaphyre vert-grisâtre (n^ 112), 
ressemblant à la roche du Kerbau. A cause de la hauteur de l'eau 
et des amas de pierres, il fut impossible de pénétrer plus avant dans 
le lit même du cours d'eau, et on fut obligé de gravir le versant de 
la rive droite, c'est-à-dire le pied sud-est du G. Kadera. On suivit 
celui-ci jusqu'à 336 m. d'altitude, et on passa la nuit près d'un petit 
affluent de la Waï Lawa. Cet endroit est nommé «Batou besar- 
(grande pierre), à cause des très grands blocs brécheux d'une roche 
vitreuse andésitique sombre, dont on a recueilli le n". 118. Lelende* 
main, on descendit vers la Waï Lawa, dans laquelle on rencontra, 
à 290 m., la même roche de mélaphyre que celle trouvée la veille 
à 143 m. (échantillon n". 112). On fit ensuite l'ascension du flanc 
occidental du G. Kehouli, dont on atteignit la crête à 480 m. On ne 
put y voir que peu de roches à cause de la densité de la végétation 
et de la couverture de mousse, et il en fut de même plus loin, à la 
montée vers le Loumou-loumou, ainsi que cela arrive le plus souvent 
sur les arêtes montagneuses de Hitou. A 539 m., on trouva quelques 
blocs d'andésite dans l'argile ; et à 567 m. des morceaux d'une roche 
vitreuse sombre et d'andésite. Il est probable que ces fragments pro- 
venaient de brèches, mais on ne put l'établir avec certitude. La cime 
à l'extrémité orientale de la chaîne du Loumou-loumou, dirigée de 
l'ouest à l'est, a une altitude de 748 m. et elle est plate au som- 
met. Ici encore on n'aurait pu observer la composition du sol si, à 
l'est de ce sommet, le tremblement de terre n'avait produit deux 
éboulements de terrain, au-dessus d'un petit affluent de la Waï Witi, 
nommé Waï Batou medja. De cet endroit, on jouissait d'ailleurs 
d'une vue magnifique sur la partie nord-est de Hitou, le G. Setan, 
la baie de Hitou lama et Wakal. D'après Koperberg, ce sommet 
consiste en matériaux meubles, sable, argile et gravier de roches 
andésitiques ; malheureusement on n'y a pas recueilli d'échantillons. 
A partir de cette cime on en visita une autre, située plus à l'ouest, 
de 782 m., que quelques indigènes désignent sous le nom de G. Telaga 
Radja (c'est toutefois le G. Oulou Kadera). Le projet de visiter 
le petit lac «Telaga Radja», situé au nord-ouest de cette cime, dut 
être abandonné, car le guide qui accompagnait Koperberg préten- 
dait ne pas pouvoir le trouver^ ou du moins ne pas connaître un 



199 

chemin qui y conduisait. On est donc descendu de ce sommet vers 
le sud, par des brèches de la roche vitreuse sombre, pour arriver 
au cours supérieur de la Waï Lawa. A 497 m. il y a ici un petit 
lac, nommé «Telaga Parampouan» ou «Telaga Bounga»- ; ce n'est en 
réalité qu'une mare peu profonde, de 100 m. de diamètre à peine, 
sans aucune trace de phénomènes volcaniques ; la boue en est froide ; 
il n'y avait rien à constater d'un dégagement d'hydrogène sulfuré, 
et sur la boue croissent des lentilles d'eau. A 352 m. on peut voir, 
dans un affluent de la Waï Lawa, une cascade sur la roche brécheuse 
d'andésite que nous connaissons; on regagna alors le bivac de la 
soirée précédente, et on revint à Tawiri par le même chemin que 
la veille. 

Il ressort de cette excursion que le gravier incohérent, apporté 
peut être par les eaux (?), atteint sur la crête du Loumou-loumou 
une altitude de 750 m. environ; sur les versants, il paraît avoir été 
balayé par l'eau pour une grande partie; mais on ne peut le voir 
distinctement à cause de l'exubérante végétation et de la couverture 
de mousse. 

Quelques jours auparavant, le topographe van den Bos, parti de 
Saïd, avait fait l'ascension du sommet du Loumou-ioumou situé un 
peu plus à l'ouest, à 751 m., afin de faire des relèvements. Il a vu 
qu'au nord de la crête du Loumou-loumou il y a encore une arête 
plus basse, avec deux sommets, respectivement de 694 et 635 m. 
(voir carte n". I), et qu'entre ces deux et les deux cimes de 751 et 
782 m. se trouve le lac Telaga Radja, que les indigènes décrivaient 
comme une mare d'eau froide, peu profonde, de faibles dimensions, 
sans dégagement d'hydrogène sulfuré. Faute de temps, il n'a pas 
été levé par lui. 

A Tawiri commence une grande plaine alluviale, qui continue jus- 
qu'à Hatourou et qui a une largeur moyenne de 1000 m. A Laha 
est l'embouchure de la Waï Laha. (N.B. Nous avons donc ici succes- 
sivement 4 rivières avec des noms presque consonnants: W. Lela, à 
Roumah tiga; W. Laâ, à Batou koubour, W. Lawa, à Tawiri et W. 
Laha, à Laha). En arrière de Laha se trouvent des collines quater- 
naires, de 67 m. d'altitude, tout à fait plates au sommet. A Laha, 
il y avait autrefois, au rivage, une fortification qui est complètement 



200 

en ruines à présent. Depuis Hatourou jusqu'à Liliboï, la bande d'allu- 
vium n'a que 100 à 200 m. de largeur; mais en quelques points 
il apparaît une roche ferme à la côte. En premier lieu, tout près de 
Hatourou, on a le «Batou Bëdiri«, consistant en bancs épais, dressés, 
d'une roche andésitique micacée, en partie séparée en prismes (n°. 114); 
la même roche se montre aussi dans le lit de la large rivière Sekoula, 
avant Hatourou, en nombreux blocs roulés, et les deux récifs peu élevés 
"Batou douwa», situés à Hatou, sont constitués par la même roche. 
Au nord de Hatou on trouve, contre les collines quaternaires, deux 
bords de calcaire corallien; le bord inférieur, depuis 130 jusqu'à 
135 m., l'autre, depuis 202 jusqu'à 225 m. environ. A 217 m. on y 
trouve une grotte, nommée «Liang Liawat», dont l'entrée descend 
obliquement; à l'intérieur, il n'y a rien à voir de particulier, sinon 
qu'elle est habitée par de nombreuses chauves-souris. Nous sommes 
revenus d'ici par les Batou douwa; le sentier passe par des brèches 
meubles et du gravier d'andésite micacée. Le bord corallien inférieur 
se trouve ici plus bas que plus loin à l'ouest, à 89 m. d'altitude environ. 
Dans la Waï Hatou, à peu près à ^j^ km. du rivage, se dresse une 
paroi rocheuse massive d'andésite à cordiérite (n°. 116), séparée en 
prismes qui paraissent diverger quelque peu en forme d'éventail. De 
nombreux blocs roulés d'une andésite commune (n^ 115) sont dis- 
séminés en aval dans le lit de la rivière. Au-dessous du point où 
l'on peut voir le n". 116, des grès tendres, bien stratifiés, quaternaires 
ou pliocènes (n°. 117), sont à nu dans la rivière, D =r 43°, 1 = 37° 
au sud-est. Ils sont très fissiles et alternent avec des couches de 
brèche (n". 118), contenant de petits cailloux roulés et aussi de 
grands fragments de verre andésitique (n«. 119); viennent ensuite 
des brèches plus dures avec ciment arénacé, le tout se succédant en 
position concordante. C'est là un des rares points où l'on reconnaît 
une inclinaison notable aux sédiments jeunes. Cependant, l'étendue 
où l'on peut voir ces couches ne dépasse pas 3 m.; et il ne me 
paraît pas impossible que ces couches inclinées ne forment qu'un 
fragment détaché de la roche massive. 

A la côte, la roche ferme apparaît de nouveau au «Hatou Poroh- 
et tout près de là, un peu plus dans l'intérieur de l'île, aux deux 
collines par lesquelles passe la route, qui sont élevées respectivement 



201 

de 29 et 42 m., et sont séparées par la petite rivière Titileh; cette 
roche ferme est recouverte de brèches et de conglomérats. Le Hatou 
Poroh est l'extrémité d'une longue arête, dont le point le plus haut, 
le G. Oupa, a 467 m. d'altitude. Ce G. Oupa est déjà une cime 
avancée de la haute chaîne du Latoua. Le Hatou Poroh (ou Porroh) 
consiste en un banc épais, long de 60 m., d'une andésite compacte 
(n°. 120), reposant sur un conglomérat dur de la même roche, lequel 
a été creusé en tunnel par les flots sur une longueur de 12 m. environ. 
A cette roche massive succède de nouveau le conglomérat ferme; 
puis, des brèches incohérentes et du gravier. Le conglomérat dur 
n'est pas nettement limité à son contact avec la roche compacte, 
il est donc évident qu'ils tiennent ensemble. 

A partir de Liliboï, Koperberg a fait une excursion vers la mon- 
tagne Latoua, mais dans des circonstances très défavorables ; des pluies 
abondantes, qui empêchaient presque tout coup d'œil sur l'île, rendaient 
l'exploration très difficile. On a d'abord suivi la vallée de la Sekawiri, 
qu'on nomme aussi la .(grande rivière» (Waï Elah ou Ajer besar). 
Le rapide Hatou assa, consistant en diabase (n°. 121) a déjà été 
mentionné plus haut, ainsi que la roche de péridotite serpentinisée 
(n°. 123) qui se montre plus haut. A 2'/2 kin- environ de la côte, 
on a quitté la vallée et fait l'ascension de la rive droite, d'abord 
sur de la diabase, et bientôt après sur une andésite à biotite, qui 
constitue le dos étroit du Hatou Lalikoul, ainsi que les contreforts 
peu prononcés, qui portent les noms de G. Lawali (174 m.^, G. Ha- 
tounou (299 m.) et G. Ribou (584 m.). A 577 m. un sentier descend 
au sud vers Tandjoung Namakoli. On a passé la nuit à proximité 
du sommet du Hatou Lalikoul (650 m.), où de gros blocs d'andésite 
à biotite (n°. 124) font saillie dans le sol. A 704 m., sur le versant 
oriental de la cime Sapak aja (718 m.), on a trouvé pour la première 
fois quelques morceaux d'un mélaphyre à grain fin ; mais la cime 
elle-même paraît se composer encore d'andésite micacée, et la limite 
du mélaphyre semble passer au nord de cette montagne; mais on 
n'a pu le constater avec certitude. On a contourné ensuite le Sapak 
aja, du côté ouest; puis, au versant oriental, la cime suivante, qui a 
été indiquée sous le nom de G. Loumou, mais qui, d'après les 
relèvements, doit être ou bien le Hita kapal lui-même (830 m.), ou 



202 

bien son contrefort méridional ; on passe ici plusieurs petits affluents 
de la Sëkawiri. Enfin, on a suivi une petite arête étroite qui aboutit, 
vers le nord, contre la partie supérieure du Latoua, un bloc de pierre 
à parois sensiblement verticales. Cette arête fut suivie jusqu'à 809 m., 
ce qui était une entreprise très pénible, même périlleuse, et on dut 
renoncer à monter plus haut à cause du grand escarpement et de 
la faible largeur de ce dos. La petite cime qui est située au nord 
du terme de cette expédition, et dont on reconnut plus tard qu'elle 
était, non le Latoua proprement dit, mais un contrefort méridional, 
fut alors jugée plus haute d'une soixantaine de mètres; mais les 
relèvements ultérieurs ont montré que ce sommet avancé a une 
altitude de 853 m., et ne s'élève donc que de 49 m. au-dessus du 
point le plus haut qui fût atteint. C'est là qu'on a recueilli le 
mélaphyre n°. 125, analogue à la roche du Kerbau (comparez la 
fig. 42, annexe IV). Au retour, on a suivi partout la crête jusqu'au 
Hatou Lalikoul, de sorte qu'on n'a pas coupé les affluents de la 
Sëkawiri. Ici encore, on n'entendit pas prononcer le nom de Hita 
kapal; il paraît donc qu'il n'est connu que d'une partie de la 
population, comme c'est le cas pour la dénomination Wawani. Au 
Hatou Lalikoul fut recueilli, à 629 m., encore un échantillon 
d'andésite micacée (n". 126); puis on prit à 577 m. le sentier qui 
conduit à Namakoli. On n'y voit pas beaucoup de roche inaltérée; 
dans le sol quaternaire apparaissent des fragments de serpentine, 
laquelle roche (n°. 9) constitue le Tandjoung Namakoli lui-même. 

La région côtière de Liliboï à Alang, avec la péridotite et le granité 
qui y apparaissent, a déjà été décrite plus haut. Entre Alang et 
Tandjoung Tapi, il se montre çà et là, à la côte, du calcaire corallien 
et de la péridotite ; le terrain quaternaire y renferme principalement 
des morceaux de serpentine avec quelques fragments de grès. 

A Tandjoung Tap% le mélaphyre et, un peu plus loin, le calcaire 
corallien affleurent à la côte ; la route y passe par une colline haute 
de 50 m. Le mélaphyre (n". 12 et n''. 12bis) est tout à fait analogue 
à la roche du Tandjoung Nousaniwi, à Leitimor; elle est de même 
séparée en formes irrégulièrement sphériques et présente des croûtes 
vitreuses. La roche est traversée de fissures dans lesquelles il s'est 
déposé du calcaire spathique; elle est parfois recouverte d'un 



203 

conglomérat de la même roche, et d'autres fois de calcaire corallien. 
L'intérieur des boules (d, fig. 68) est un mélaphyre ordinaire, à 
grain fin, de teinte grise ou gris-verdâtre, dans lequel, ainsi qu'on 
le voit au microscope, la base vitreuse de la pâte a été dévitrifiée 
par des microlithes d'augite ; toute l'olivine y est transformée en 
serpentine; c, 6, a, est la croûte vitreuse, dont la richesse en verre 
augmente graduellement vers la périphérie. La partie supérieure 
de d contient déjà des particules sombres, plus riches en verre; 
mais au contact de c la limite est assez nette; c et 6 sont ternes, 
noir foncé, et renferment, comme d, du verre dévitrifié; l'olivine est 
en partie encore fraîche et limpide, en partie serpentinisée ; a est un 
verre noir foncé, brillant, brun pur en plaques minces, où toute 
l'olivine est encore fraîche ; ce minéral existe non seulement en gros 
cristaux, mais aussi en ces microlithes incomplets, élégants (Wachs- 
thumsformen), que A. Bodmer-Beder a représentés d'après les dia- 
bases à olivine de la chaîne du Plessur, dans le canton des Grisons 
en Suisse (Neues Jahrb. f. Min. Xllter Beilage Band. S. 249, Fig. 13 
und 14). L'un d'eux est représenté fig. 64. D'ordinaire, la croûte tout 
entière n'est pas plus épaisse que de 2 à 3 cm. 

Le contact du mélaphyre avec les roches andésitiques n'est mal- 
heureusement pas mis à nu; le mélaphyre est recouvert de conglo- 
mérats quaternaires; viennent ensuite, à la côte, d'abord du calcaire 
corallien, puis de l'alluvium; et ce n'est que passé la Waï Jakaque 
se montre l'andésite. A Tandjoung Tomoltetou ou Batou ajam, cette 
roche est hornblendifère et micacée (n**. 138), et on peut la suivre, 
par Wakasihou, le long de la côte jusqu'au delà de Lariké. Sur elle 
repose un conglomérat de la même roche, se terminant en un mur 
escarpé, dans lequel les rivières ont creusé des lits étroits. Dans ces 
lits on peut voir parfois la roche éruptive; mais les bords consistent 
en gravier et conglomérats incohérents, que nous rangeons dans nos 
jeunes sédiments (pliocène et quaternaire) et qui atteignent une alti- 
tude de 250 m. au moins. Le calcaire corallien ne se montre ni dans 
ce mur ni contre lui ; on ne peut l'observer que sur la plage et seu- 
lement à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. 

Dans la rivière de Lariké, ou Waï Lila, on peut très bien voir ces 
matériaux incohérents (n°. 139), le conglomérat ferme qui se trouve 



204 

en bas appartient probablement à la roche éruptive même ; mais sur 
lui reposent, avec une épaisseur de 200 m. au moins, peut-être davantage, 
des débris et des fragments quaternaires, incohérents, d'andésite, où 
l'on n'observe aucune disposition en couches, et qui, à la rivière, 
forment des bords très escarpés, presque verticaux. 

Dans la négorie Lariké, à la rive droite de la Lila, et un peu en 
aval du pont en pierres, on trouve une petite source thermale, qui 
dégage une forte odeur d'hydrogène sulfuré; une deuxième source 
existe plus au nord, à la rive gauche de la Waï Bouaja, à l'altitude 
de 6 à 8 m.; ici de l'eau froide jaillit avec force d'une ouverture 
d'environ 2 dm. de diamètre; elle dépose un peu d'ocre ferrugineuse, 
mais n'a pas l'odeur du sulfure d'hydrogène. 

Un peu plus loin, très près du rivage, il y a une masse rocheuse 
abrupte, le «Hatou Gëledihou» ou «Watou lajar», qui saute aux yeux 
déjà de loin. Cette roche est représentée sur la fig. 45 de l'annexe IV. 
Elle consiste entièrement en un conglomérat ferme d'andésite, dans 
lequel les flots ont creusé une grotte c en forme de niche. Au rivage 
qui lui est opposé, on observe le même conglomérat, dans lequel 
apparaît, sur une longueur de plus de 6 m., de l'andésite massive 
divisée en plaques (n®. 140). 

Plus au nord, on arrive à la baie Labouhan Laï, où existe, le long 
de la côte et en avant des collines escarpées de conglomérat, un peu 
d'alluvium et de calcaire corallien. La Waï Simé forme la limite de 
Lariké et d'Asiloulou. Avant Asiloulou, les roches pendent vers la 
mer avec une inclinaison si raide qu'on a dû faire passer la route 
par-dessus la colline. Jusqu'à 50 m. d'altitude, elle passe sur de l'an- 
désite ferme, puis sur du conglomérat dur jusqu'à 93 m ; et enfin, 
jusqu'au point le plus haut, à 130.4 m., sur des terres meubles quater- 
naires, dans lesquelles on reste encore à la descente, jusqu'à Asiloulou. 

Les trois îles près d^ Asiloulou, Nousa Eia, Nousa Hatala et Nousa Laïn, 
consistent en calcaire cora lien, sous lequel le conglomérat d'andésite 
apparaît en quelques points. 

D'Asiloulou on a entrepris une excursion dans le lit de la Waï 
Soula, qui coule entre des parois escarpées de conglomérat, sous 
lequel on ne voit qu'en quelques endroits de l'andésite massive à 
biotite et à cordiérite. Mais, même à une assez grande hauteur au- 



205 

dessus du fond de la vallée, se trouvent des couches d'andésite ferme 
interposées dans les conglomérats, de telle sorte que ces roches 
alternent l'une avec l'autre. Comme nous l'avons déjà décrit plus 
haut, les sources de la Waï Soula et le lagon Lana se trouvent dans 
la diabase. 

A la Waï Soula succède la Waï Poula, qui roule aussi des cail- 
loux d'andésite. Vient ensuite la Wdi Metila qui débouche dans 
du calcaire corallien, superposé et adossé à du conglomérat d'andésite, 
dans lequel a été creusée une grotte de 8 m. de longueur (fig. 46 de 
l'annexe IV); comme le point le plus bas de la grotte, à l'entrée, 
se trouve à peu près à 5 m. d'altitude, cet affouillement a eu lieu 
par les eaux de la mer à une époque reculée, dans une période 
quaternaire, lorsque le sol était de 4 à 5 m. plus bas qu'à présent. 
Ici le calcaire corallien ne s'élève pas à plus de 2V2 ou 3 m. au- 
dessus de la mer. 

Tout près de la côte, le conglomérat continue jusqu'à Ouring; de 
cet endroit jusqu'à Lima s'étend une bande d'alluvium, large de 100 
à 300 m., en avant des collines quaternaires; à proximité de Lima, 
à l'embouchure de la Waï Ela, elle atteint même une largeur de 
500 m. La Waï Siah (à Ouring), la Waï Ama, la Waï Koulélou, la 
Waï Moulia et la Waï Siah II charrient toutes les mêmes cailloux 
roulés d'andésite, provenant en partie de terres meubles quaternaires, 
en partie de conglomérats durs qui constituent les cimes escarpées 
G. Këlërihou (417 m.) et G. Héna Kastetou (617 m.), en arrière 
d'Ouring et de Lima. De plus, on trouve dans ces rivières quelques 
fragments roulés d'une diabase altérée, qui, dans leur cours supérieur, 
paraît affleurer en divers endroits, sur une étendue plus ou moins 
grande. 

U ascension du G. Latoua fut faite une seconde fois, en partant de Lima. 
On suivit d'abord le lit de la Waï Ela, où existe, sous le terrain 
quaternaire, un affleurement d'andésite à biotite, qui, avec les con- 
glomérats qui l'accompagnent, forme parfois des parois verticales. 
Environ à 2 km. de Lima, on trouve dénudé, entre ces conglomérats, 
un mélaphyre gris foncé (n°. 146), avec cavités dans lesquelles il 
s'est déposé de la calcédoine et qui, à ce qu'il paraît, ne forme pas 
un filon dans ces conglomérats, mais est recouvert par ces derniers. 



Bientôt on arrive, dans la rivière, à la diabase, dont les gros blocs 
obstruent tout à fait le lit, de sorte qu'on a dû suivre un sentier sur 
la rive gauche de la Waï Ela. A 230 m., on passe la Waï ïïouhoun, 
qui a sa source au mont Hena Kastetou ; on suit alors la rive droite 
de la Waï Sala, affluent de droite de la Waï Houhoun; à 415 m., 
on traverse la petite rivière Waï Lana, affluent de droite de la Waï 
Sala ; ce petit cours d'eau forme une petite plaine marécageuse, dans 
laquelle croissent beaucoup de palmiers sagou. Pour autant qu'elle 
est visible, la roche est demeurée partout andésite et conglomérat; 
au sud, le petit marécage est borné par un mur escarpé de conglo- 
mérat, haut presque de 200 m. ; et tout en haut de ce mur, on peut 
reconnaître de l'andésite séparée en prismes. Cette paroi abrupte est 
le prolongement septentrional du G. Tili (838 m.). A 500 m. d'altitude 
environ, on atteignit le cours supérieur de la Waï Ela et on passa 
la nuit à 511 m. Le lendemain, on remonta le cours de la Waï Ela; 
au confluent de celle-ci avec la Hatou Koï (515 m.i, un affluent de 
droite qui a sa source à la montagne du même nom, on trouve dénudé, 
aussi bien dans l'affluent que dans la rivière principale, du mélaphyre 
(n". 149) par-dessus lequel la Hatou Koï forme une cascade; toute- 
fois, la roche environnante reste une andésite riche en verre, avec 
brèches et conglomérats, dont on put recueillir un échantillon (n°. 148), 
même à l'altitude de 617 m. Bientôt après, à 660 m. environ, commence 
une autre roche, savoir du mélaphyre (n°. 150), à la montée abrupte vers 
le sommet du Latoua proprement dit. A peu près à 50 m. au-dessous 
de celui-ci, on a encore rencontré du mélaphyre, mais en petits frag- 
ments très altérés. L'ascension de la partie supérieure, fort escarpée, 
par-dessus les racines des arbres couvertes de mousse, était excessive- 
ment fatigante; on finit cependant par atteindre le sommet, un dos 
très étroit, plat, dirigé du sud au nord, représenté sur la fig. 44 de 
l'annexe IV; l'extrémité nord a 870 m., celle du sud 882 m. d'alti- 
tude; c'est en même temps le plus haut point de tout l'ouest de 
Hitou, car le Touna n'atteint que 875 m. La descente fut encore plus 
pénible que la montée; elle fut décidée aussitôt, car la vue était de 
suite très bornée et fut bientôt réduite à rien par les nuages qui 
s'étaient formés. Lorsqu'on fut descendu jusqu'à 760 m., on eut pour 
un instant une vue sur le Latoua, qui se présentait tel qu'il est 



207 

dessiné dans la fig. 43 de l'annexe IV. On s'aperçut maintenant que 
le plus haut point qu'on avait atteint en partant du sud (de Liliboï), 
le point C (809 m.), n'était pas situé près du plus haut sommet A 
du Latoua, mais près d'une cime avancée B, dont l'altitude fut fixée 
plus tard, par des relèvements, à 858 m. Le retour fut alors entre- 
pris par la même route, jusqu'au refuge (511 m.) où on passa la 
nuit. Le lendemain, on suivit encore la première route, jusqu'au 
petit affluent marécageux Lana. De ce point, on visita le sommet 
Sëribou éwan (710 m.); puis, on suivit l'arête qui se dirige au 
nord-ouest, et qui aboutit au rivage, à la Waï Moulia, et enfin, on 
revint à Lima par la plage. 

Cette excursion de trois jours au Latoua, qui eut lieu de nouveau 
dans des circonstances très défavorables, contrariée le plus souvent 
par de fortes averses, dans un terrain à végétation épaisse, mise en 
rapport avec celle qui fut entreprise de Liliboï au même Latoua, 
a appris, que les plus hautes cimes consistent en mélaphyre; les 
parties les plus basses, en roches andésitiques avec brèches et conglo- 
mérats, qui, en divers endroits, recouvrent le mélaphyre. 

Nous arrivons finalement au Touna; la route de Saïd au sommet 
de cette montagne, qui a été décrite plus haut en traitant des diabases, 
côtoie les versants ouest et sud. La moitié inférieure du Touna con- 
siste, à l'ouest jusqu'à 410 m., et en certains points, entre autres à 
la petite cime avancée Wawani, jusqu'à 467 m. d'altitude, en conglo- 
mérats, brèches et graviers incohérents d'andésites (nos. 13 et 14) que 
je rattache aux dépôts jeunes (quaternaires et pliocènes). Plus haut, 
s'adosse à la montagne de l'andésite à pyroxène massive (n^ 15), 
qui, dans la petite rivière Wanii (395 m. d'altitude), repose sur de la 
diabase. Dans la rivière Tamboro, affluent de droite de la Waï Hou- 
loun, que l'on passe à 369 m., la roche (n". 16) renferme du grenat. 
Un peu plus loin, on descend et on remonte successivement jusqu'à 
403 m., vers l'endroit nommé «Latahouhoulehou», où, à l'entrée d'un 
ravin, de l'hydrogène sulfuré avec de la vapeur d'eau se dégage 
entre des fragments d'andésite, blancs par décomposition (n**. 17a). 
Les petites branches et les feuilles qui sont répandues sur le sol sont 
revêtues d'une mince croûte de soufre fn". 17). La roche qui, dans 
la rivière Wanii, à 410 m. d'altitude environ, repose sur de la diabase 



208 

et sur du tuf diabasique, est une andésite à biotite (n«. 18c); et à 
peu près la même roche, mais sans mica, apparaît à la ligne de 
partage des eaux entre les rivières Houloun et Loï (628 m. d'altitude ', 
près de la première maisonnette (n". IScZ), et un peu plus à l'est, à 
la descente vers la maisonette n". 2, dans un petit affluent de la 
Waï Touna (+ 550 m.) (n°. 18e); elles sont l'une et l'autre fort 
altérées, ce qui les a fait prendre auparavant pour de la diabase. Le 
dernier échantillon est tellement changé par l'action de vapeurs acides, 
qu'il s'est formé du gypse, et que dans les fissures il s'est même 
déposé une légère couche de soufre, conséquence évidente d'un dégage- 
ment d'hydrogène sulfuré qui a été décomposé par de la vapeur 
d'eau chaude. Dans le petit cours d'eau Touna, affluent de la Waï 
Loï, à la maisonnette n". 2 (505 m.), on trouve aussi de l'andésite à 
l'état de roche massive (n». 18/); et d'ici jusqu'au sommet du Touna 
on ne voit rien d'autre que de petits morceaux altérés de la même 
roche; mais nulle part des échantillons frais. 

Le terrain entre le Touna et le Loumou-loumou fut visité en 1904. 
C'est dans ce terrain qu'est situé le lac Tëlaga Radja. Pour l'attein- 
dre, on prend à Saïd le sentier cité tantôt, d'abord à l'ouest, puis 
au sud du Touna, jusqu'à la maisonnette n''. 2 à la rivière Touna, 
à 505 m. d'altitude. Ensuite, on descend par la rive gauche de ce 
cours d'eau, jusqu'à son confluent avec la Waï Loï. Déjà avant d'at- 
teindre ce point, dans un petit affluent de la Waï Touna, on trouve 
de la diabase; et dans la Waï Loï même affleure la magnifique 
diabase cristalline n°. 19k, décrite plus haut ; pour le reste, le versant 
du Touna se compose entièrement d'andésite ou de brèches et con- 
glomérats de roches andésitiques. Le sentier coupe maintenant la 
Waï Loï; puis, à la rive droite, il monte en pente raide le long 
du versant occidental du G. Koukousan et du G. Setan (Loumou 
loumou), jusqu'à 573 m. d'altitude. Ici le terrain devient plus plat; 
le plus haut point est à 633 m.; et puis, en descendant légèrement, 
on arrive bientôt à un espace en forme de cuve entre les cimes de 
782 m. (Oulou Kadera) et 751 m. (Loumou-loumou) de la chaîne 
du Loumou-loumou et les cimes, situées plus au nord, de 694 et 
685 m. C'est dans cet espace en cuve que se trouve le Tëlaga Radja, 
à 619 m. d'altitude. D'après les levés efîectués par M. de Corte, qui 



20§ 

m'accompagnait dans mon excursion, ce petit lac (fig. 66 de l'annexe V) 
est de forme irrégulière; il n'a que 88 m. de longueur et 35 m. de 
largeur dans la période de sécheresse. Comme il n'a pas de décharge, 
le niveau de l'eau monte à l'époque des pluies et il inonde alors la 
partie plate de la vallée, qui s'élève au bord du lac à 3 m. au-dessus 
du niveau de l'eau. Le lac atteint alors plus de 100 m. en longueur 
et une largeur de 60 m. au milieu. La profondeur n'en a pas été 
déterminée, mais elle paraît être peu considérable. De tous les lacs 
de Hitou, il a seul quelque apparence d'un lac de cratère, car il est 
entouré d'une ceinture de montagnes et est enfermé dans un cirque. 
Le bord de ce cirque est le plus bas du côté de l'est, au point de 
633 m. nommé plus haut, sur le sentier de Saïd. Toutefois, il n'y a 
aucune trace d'action volcanique ; il n'y a pas de dégagement de gaz 
et l'eau du lac est froide et potable. Nous l'avons employée pour 
préparer nos mets. 

Comme c'est ordinairement le cas à Hitou, on ne rencontre que 
très peu de roches fraîches dans le sentier de la Waï Loi au Telaga 
Radja. Le sol consiste en argile brune et brun-jaunâtre, couverte de 
mousse, dans laquelle apparaissent çà et là des fragments d'andésite 
et même, à proximité du lac, d'andésites très riches en verre. Les 
cimes qui entourent le lac paraissent consister toutes en matériaux 
incohérents, conglomérats et brèches de ces andésites vitreuses; sur 
notre chemin, nous n'avons pas trouvé de coulées de lave. Le fond 
de la cuve, où se trouve le Telaga Radja, se compose aussi de brèches 
d'une roche andésitique noir- foncé, à éclat résineux; le n°. ISg a 
été recueilli entre le lac et notre refuge, la « maisonnette « indiquée 
sur la carte fig. 66. Cette roche est tout à fait analogue aux brèches 
que KoPERBERG a trouvées plus au sud, sur les versants des monts 
Kadera et Kehouli. Le «Batou bësar» p. ex., dans un petit affluent 
de droite de la Waï Lawa, à 336 m. d'altitude, consiste aussi en 
brèches d'une roche vitreuse sombre, dont on a recueilli le n**. 113. 
Nous pouvons donc admettre que le Loumou loumou se compose 
essentiellement de roches vitreuses, et le Touna, d'andésites moins 
riches en verre. 

Malgré cette différence dans le caractère pétrographique, il est 
possible cependant que ces deux montagnes ou arêtes appartiennent 

14 



210 

à un seul et même point d'éruption ancien. Le bord du cratère (voir 
carte n". I) s'étendrait alors du G. Koukousan (657 m.) vers les trois 
sommets du Touna (804, 861 et 875 m.), en passant par le G. Setan 
ou Loumou loumou I (748 m.), le G. Oulou Kadera (782 m.), le G. 
Loumou loumou II (751 m.), la cime de 742 m., le G. Walawaâ 
(815 m.), le Hatou Seliin et le collet à 623 m. du sentier de Saïd. 
Cette ligne enferme un espace en fer à cheval, ouvert au nord-est, 
d'un diamètre de 3 km. Dans cet espace sont les sources de la Waï 
Loï et d'un grand nombre de ses affluents; on peut y voir la roche 
sous-jacente, porphyre quartzifère et diabase, tandis que les versants 
consistent partout en roches andésitiques, dans la partie nord en 
andésites à cordiérite et à grenat, dans la partie sud, surtout en 
brèches riches en verre. 

Dans la partie méridionale de ce fer à cheval se trouve le point 
d'éruption le plus récent, le Telaga Radja, auquel on peut encore 
observer un bord de cratère qui passe par les sommets de 751, 782, 
635 et 694 m. d'altitude. Le petit lac de ce nom doit être considéré 
comme un ancien lac de cratère, et il importe de faire remarquer 
que, même à ce point d'éruption le plus récent, on ne constate plus 
nulle part de trace d'action volcanique; l'eau du lac est même potal^le. 
Aussi, les sources d'hydrogène sulfuré du Touna ne sont-elles pas 
situées dans l'espace en fer à cheval, mais en dehors, et tout près de 
la diabase, qui est cachée sous l'andésite et qui est partout riche en 
pyrite par suite de ces émanations. Je suis donc tenté de mettre ces 
sources gazeuses en rapport avec l'éruption de la diabase plutôt 
qu'avec celles des jeunes andésites du Touna. L'absence même des 
derniers symptômes d'activité volcanique dans le Telaga Radja indique 
un âge avancé, même pour ce point d'éruption le plus jeune, donc, 
à plus forte raison, pour le cône plus ancien Touna- Walawaà Loumou- 
loumou. La forme essentiellement plate des dos du Loumou-loumou, 
du Walawaà et même du Touna, semble prouver que l'éruption du 
cône le plus ancien a eu lieu sous la mer; comme les crêtes de 
ces montagnes sont constituées par des matériaux meubles, Koperberg 
se crut autorisé de regarder la partie supérieure du sommet Setan 
du G. Loumou-loumou, élevé de 748 m., comme formé de matériaux 
quaternaires apportés par les eaux. J'ai cru devoir admettre auparavant 



la même hypothèse pour les sommets du Touna, où l'on voit sipeii 
de roche massive. Cependant, après avoir examiné le Telaga Radja, 
qui est situé beaucoup plus bas et qui n'a rien d'un point d'éruption 
sous-marin, je pense maintenant qu'il est plus probable, que l'ancien 
bord de cratère, dont les fragments Touna, Walawaâ et Loumou 
loumou sont, par la nature des choses, plus ou moins horizontaux, 
se compose de déjections volcaniques anciennes, meubles, qui ont été 
formées au-dessus de la mer. Ces déjections incohérentes, qui recou- 
vrent les brèches et les conglomérats plus fermes, peuvent avoir fourni 
par une forte désagrégation les terres meubles, très pauvres en roches 
dures, tout aussi bien que l'auraient fait des matériaux quaternaires. 

Waï Ela. La Waï Ela, qui a son embouchure à 1100 m. à l'est 
de Saïd, et sa source au versant nord du Touna, transporte de nom- 
breux blocs roulés d'une très belle andésite à grenat et à cordiérite 
(n». 19), La roche renferme un grand nombre d'enclaves sombres, qui 
ont été examinées dans l'espoir de trouver parmi elles des granités ou 
des gneiss à cordiérite, d'où aurait pu provenir la teneur en cordiérite 
des andésites, par fusion et recristallisation de ce minéral. Mais j'ai 
reconnu que ce sont toutes des andésites cristallines riches en cordiérite. 

Wdi Loi. Dans la Waï Loï, déjà décrite plus haut, on trouve d'abord 
de l'alluvium avec cailloux roulés d'andésite (n". 19a); puis des 
terrasses inclinées, quaternaires, formées de cailloux roulés, avec 
fragments de la même roche (nos. 195 et 19c); à l'affluent Kapa, à 
peu près à l'/^ km. de Kaïtetou, l'andésite affleure (nos. 19^^ et 19e) 
et renferme parfois de gros cristaux de quartz (n^. 19/). Dans le lit 
de la rivière, on trouve de la diabase en fragments roulés de plus 
en plus nombreux; et dans son cours supérieur, entre autres à son 
confluent avec la Waï Touna (voir plus haut), cette roche existe à 
l'état massif. Au point extrême où la rivière put encore être explorée, 
on trouve une roche blanche, pyritifère (n". 19/^), qui appartient aux 
porphyres quartzifères. 

En ce qui concerne maintenant le mode de formation de ces roches 
éruptiveSj ainsi que des brèches et conglomérats qui les accompagnent, 
on doit les considérer en grande partie comme sous-marines; car, 
parmi les roches compactes, il se présente beaucoup de produits 



212 

vitreux, parfois à l'état de croûtes sur les andésites communes. Les 
brèches et aussi les conglomérats durs doivent être considérés, en partie, 
comme des produits d'éruptions simultanées, car ils se recouvrent 
parfois de plaques de roche compacte ou alternent avec celles-ci. 
Une autre partie cependant est plus jeune et s'est formée incontesta- 
blement plus tard dans la mer; à cette dernière appartiennent non 
seulement des brèches et graviers incohérents, mais aussi des conglo- 
mérats qui atteignent parfois une grande solidité; c'est pourquoi 
leur distinction avec les brèches et conglomérats «eruptifs:» est 
extrêmement difficile, dans ce terrain très boisé et mal dénudé, parce 
que rarement ces roches ont été déposées en couches. Ce n'est que 
là où elles alternent avec des roches arénacées, d'un grain fin, comme 
dans la Waï Hatou, où l'on a pu reconnaître la direction et l'incli- 
naison à des grès, que l'on doit regarder comme des produits tufifeux, 
que leur origine sédimentaire ne souffre pas le moindre doute. Sur 
notre carte n". I, on a essayé d'étabhr une séparation, d'une part 
entre les roches éruptives et les brèches et conglomérats qui les 
accompagnent, et d'autre part les produits sédimentaires que nous 
rangeons dans les formations quaternaires et tertiaires très jeunes 
(pliocènesU Toutefois, cette séparation n'est exacte qu'en principe, et 
on ne pouvait attendre davantage d'une simple excursion de recon- 
naissance. Un relèvement détaillé, topographique et géologique, de 
ïïitou exigerait beaucoup plus de temps que nous ne pouvions 
consacrer, durant notre séjour à Ambon, à l'exploration de cette île. 
La position des points d'éruption, qui ont fourni les produits 
andésitiques, ne peut être indiquée avec certitude que dans quelques 
cas, car il n'est pas rare qu'ils se recouvrent de matériaux quater- 
naires, ainsi que cela a lieu, entre autres, pour le point d'éruption 
au sud du G. Kërbau. Je considère comme des points d'éruption : 
le Salahoutou, avec de nombreux points d'éruption plus jeunes 
disséminés sur son manteau ; le Touna-Walawaâ-Loumou loumou, avec 
le Tëlaga Radja, plus récent; l'espace en cuve, où coule la rivière 
Sëkoula (à Hatourou), que domine un bord auquel appartiennent 
le G. Kadera, le G. Waleateh et une cime aiguë de 617 m.; l'arête 
Sapak aja-Hatou Lalikoul, qui paraît représenter un bord de cratère 
s'ouvrant vers le nord; le Sëribou Evvan-Tili, difficile à reconnaître, 



213 

avec de nombreuses cimes avancées (G. Këlerihou e. a.) en arrière 
d'Ouring. Il doit exister encore un grand nombre d'autres points 
d'éruption, ensevelis à présent sous une couverture quaternaire. 

Nous revenons maintenant à la description des andésites à hronzite 
et des andésites quartzifères à hronzite. Elles renferment assez souvent, 
à côté de plagioclase, de la bronzite (ou de l'hyperstliène) et du 
quartz, des cristaux de cordiérite bleue et de grenat rouge brunâtre. 
Il s'y présente souvent des roches riches en verre, à aspect d'obsi- 
dienne ou de rétinite. 

N. 31. Fragment d'une brèche (quaternaire) du rocher Batou Anjout, 
que l'on appelle aussi Batou Tembaga et Batou Hatoubou ; ce sont 
des récifs au nord du cap Batou lompat, qui s'élèvent peu au-dessus 
de la haute mer. La source thermale, qui y existe d'après Valentyn 
et Arriëns, était couverte par les eaux durant mon exploration, car 
la marée était haute à ce moment. 

La roche a une pâte gris-clair, demi-vitreuse, avec des parties 
altérées, jaune trouble, poreuse çà et là ou à cavités irrégulières. 
En cristaux porphyriques, quelques quartz, des plagioclases et des 
cordiérites bleues, en grains ou en petits piismes. Au microscope, 
c'est le plagioclase qui prédomine tout-à-fait parmi les feldspaths; 
la présence de sanidine est fort incertaine; elle manque peut-être 
complètement. De la bronzite avec inclusions de minerai de fer, 
pléochroïque entre le brun-clair et le vert- clair. Du quartz, avec 
quelques inclusions de verre de la forme du cristal. De la cordiérite 
en grains irrégulièrement limités, avec baguettes de sillimanite, bleu- 
clair en section. Ces cristaux gisent dans une pâte abondante qui 
consiste en un verre limpide avec particules de plagioclase et une 
très forte proportion de bronzites vert-clair, en petites lamelles et 
baguettes de teinte verte; il y a en outre des granules de minerai 
de fer. La roche est aussi fraîche que certaines andésites à hypersthène 
tertiaires, riches en verre; toutefois, dans ces dernières, l'absence 
d'augite parmi les cristaux porphyriques est très rare. Certaines 
parties du verre sont modifiées en une masse blanc-clair, qui polarise 
comme la calcédoine. Ces parties ne présentent que des limites 
irrégulières avec la pâte limpide ; cette modification doit probablement 



214 

être attribuée à la source thermale. Andésite quartzifère à bronzite, 
riche en verre. 

N^ 174. Du pied du Gounoung Setan, côté est, à la rivière qui 
se nomme Waï Nitounahaï suivant Koperberg. On trouve ici, outre 
des roches vitreuses, des andésites à pâte plus lithoïde (n". 174), de 
teinte gris-brunâtre, avec cavités nombreuses ; les seuls cristaux visibles, 
ce sont des cordiérites et des quartz. Au microscope, des plagioclases, 
en partie à extinction de 30'', de la bronzite, du quartz, de la cordiérite, 
du minerai, le tout dans une pâte de particules de feldspath et de 
verre dévitrifié en microlithes. Les bronzites sont en partie trans- 
formées en chlorite trouble. La dévitrification a été opérée par des 
baguettes étroites de pyroxène, des filaments minces de minerai, 
droits ou courbes, des grains de minerai et des granules bruns par 
transparence. Andésite quartzifère à bronzite, riche en verre. 

N". 153. Blocs de la petite cime à la rive gauche de la rivière 
Hatou tëlou, depuis 347 jusqu'à 310 m. d'altitude, sur la route de 
Hatiwi bësar à Hila. En échantillons, c'est une roche dense, à éclat 
demi-vitreux; des fragments noirs gisent dans une pâte brune, nette- 
ment séparés, ce qui rend la roche brécheuse. Au microscope, la pâte 
brune devient de teinte très claire et translucide. En cristaux por- 
phyriques, rien que du plagioclase, du pyroxène vert clair, exclu- 
sivement rhombique (bronzite), des grains cristallins de cordiérite, 
irrégulièrement délimités, à demi fondus dans la masse, avec baguet- 
tes de sillimanite; puis quelques grains de minerai de fer. La pâte 
renferme un verre limpide et incolore, rempli de bâtonnets de bronzite, 
quelques microlithes de plagioclase, des taches brunes nombreuses 
et des grains d'hydroxyde de fer, qui produisent la teinte jaune ou 
brune des échantillons. Certaines bronzites sont sujettes à un com- 
mencement de décomposition, et présentent, dans des fissures, des 
dépôts de chlorite et d'hydroxyde de fer; ces derniers dépôts pro- 
viendront donc, ici et ailleurs encore, non seulement du minerai de 
fer, mais aussi de la bronzite. 

Les fragments noirs, qui existent dans la masse jaune comme des 
corps anguleux ou arrondis, franchement délimités, deviennent trans- 
parents en plaques minces; ils renferment les mêmes éléments que 
le verre clair, notamment du plagioclase, de la bronzite et de la 



215 

cordiérite corrodée; mais la pâte consiste ici en un verre brun-clair, 
avec microlithes de bronzite, minerai de fer et beaucoup de taches 
d'hydroxyde de fer dans les cassures et les crevasses. Aux bords des 
morceaux sombres, il s'est déposé une quantité énorme d'hydroxyde 
de fer en grains bruns, ce qui fait ressortir davantage leur limite 
avec le verre de teinte claire; mais tous les deux sont d'ailleurs 
étroitement unis. Je crois pouvoir admettre que le verre sombre est 
le plus ancien, et que par une nouvelle fusion partielle il a fourni 
le verre clair, l'élément colorant s'étant en môme temps condensé 
dans les granules de minerai de fer. Ces brèches et conglomérats, et 
d'autres analogues, jouent à Hitou un grand rôle, et sont sans aucun 
doute étroitement liés aux roches éruptives. Andésite à bronzite très 
riche en verre^ brécheuse. 

N°. 116. Roche affleurant dans la Waï Hatou, à V4 km. du rivage, 
séparée en prismes. Roche terne, gris-clair, avec beaucoup de cordiérite, 
des feldspaths ternes et quelques quartz ; la cordiérite est en cristaux 
prismatiques courts nettement limités. Cette roche renferme des cavités 
d'une forme irrégulière, dans lesquelles se sont déposés de petits cristaux 
qui appartiennent à la tridymite^ d'après l'analyse de M. Huffnagel, 
à Delft. Au microscope, de grands plagioclases, quelques-uns limpides, 
mais la plupart totalement remplis de particules brunes d'un verre 
trouble. Bronzite. Quelques cordiérites à délimitation irrégulière, avec 
inclusions de sillimanite, et entourées parfois de cristaux de feldspath. 
Du minerai, peu de quartz, quelques rares cristaux de biotito à bords 
sombres. Ceux-ci gisent dans une pâte floconneuse qui contient, outre 
des microlithes de plagioclase et du minerai, un verre qui a été dévitrifié 
par des baguettes, fibres et lamelles extrêmement fines de bronzite, 
de teinte verte très claire. Andésite à bronzite, avec biotite et quartz. 

N". 115. Blocs roulés de la Waï Hatou, en aval du n". 116. Roche 
gris -foncé, avec quelques quartz et des feldspaths ternes. Au micros- 
cope, cristaux porphyriques de quartz limpide en sections nettement 
hexagonales, sans inclusions liquides, et de plagioclase clair. Pas de 
grandes bronzites. Pâte de teinte claire, totalement remplie de cristaux 
de feldspath irrégulièrement limités, groupés parfois en sphéroïdes; 
cristaux de bronzite, transformés en partie en une masse brune; puis 
du minerai. Andésite quartzifère à bronzite. 



216 

N". 120. Du rocher Hatou Poroh, qui affleure dans la mer, au 
nord-est de Liliboï. Roche grisâtre, sombre, avec cordiérites et quel- 
ques gros quartz qui atteignent jusqu'à 20 mm. La croûte d'altération 
est jaune-grisâtre clair. Cette roche n'a pas été polie. Andésite quartzifère 
à bronzite. 

N°. 14. Au Gounoung Touna, côté ouest, à 364 m. d'altitude. 
Probablement encore originaire de brèches grossières. Roche gris-clair, 
à grain fin, à petites taches blaches, formées par des feldspaths 
altérés de 1 mm. et moins encore. Çà et là poreuse. Au microscope, 
on voit qu'elle est altérée, car les pyroxènes sont totalement trans- 
formés en chlorite et en hydroxyde de fer, que le polissage a fait 
disparaître en grande partie, de sorte qu'on n'observe plus que des 
trous à bords granuleux bruns. En cristaux porphyriques, rien que 
du plagioclase et un peu de minerai. Dans la pâte, un très grand 
nombre de feldspaths, en partie en masses arrondies, sphéroïdales ; 
puis du verre incolore, dévitrifié par des baguettes et des aiguilles 
très fines de pyroxène vert-clair, ainsi que des granules bruns trans- 
lucides. Andésite à pyroxène, altérée, riche en verre. 

N°. 15. Blocs de la hauteur d'une maison, au versant ouest du 
Gounoung Touna, à 410 m. d'altitude. Roche gris-bleuâtre, à feldspaths 
blanc terne, grands quartz (12 mm.), grands grenats brun-rougeâtre 
et petites cordiérites bleues. Au microscope, on observe que cette 
roche aussi n'est plus fraîche, car les feldspaths sont tout-à-fait 
transformés en une matière kaolinique trouble, blanc-jaunâtre. Les 
plaques de cette roche friable ne contiennent plus ni cordiérite, ni 
grenat, mais uniquement des bronzites longues, étroites, pléochroï- 
ques, qui sont encore fraîches et qui ne présentent un commencement 
de transformation en une matière trouble que sur les contours et 
dans des fissures, perpendiculaires à c. Puis, de gros quartz, dans 
lesquels la pâte s'est engagée; enfin de la pyrite et fort peu de 
lamelles de biotite. Ces éléments gisent dans une pâte trouble, 
qui renferme un verre incolore, tout-à-fait rempli de paillettes et 
fibres de pyroxène, des particules de feldspath troubles par décom- 
position et de la pyrite. Cette roche a été probablement décomposée 
par les vapeurs d'hydrogène sulfuré. Andésite quartzifère à bronzite, 
altérée. 



217 

N°. 16. Gros blocs de la petite rivière Tamboro, côté ouest du 
Gounoung Touna, à 869 m. d'altitude. Ces blocs n'auront pas roulé 
fort loin, car ils sont volumineux et anguleux, tandis que la rivière 
est fort petite. C'est une roche gris-clair, à grain fin, un peu poreuse, 
avec cristaux porphyriques de cordiérite bleue (6 mm.), des grenats 
rouge-brunâtre (8 mm.), souvent nettement délimités en hexagones 
dans les sections et beaucoup de feldspaths ternes (2 à 3 mm.). De 
plus, quelques quartz limpides, en très petit nombre mais de dimen- 
sions colossales, 20 mm.; mais ils se présentent d'une façon très 
irrégulière dans la roche, de sorte qu'il y a des échantillons qui 
n'en contiennent pas; ce sont des fragments d'origine étrangère, qui 
ont été inclus dans la roche par fusion. Au microscope, c'est la même 
roche que le n". 15, mais à l'état frais. Parmi les cristaux porphy- 
riques, il y a beaucoup de plagioclase basique, à stries nettes, et 
beaucoup d'inclusions de particules brunes de la pâte ; puis, quelques 
cristaux limpides, simples, en rectangles allongés, à petit angle 
d'extinction (4°) et qui appartiennent peut-être à la sanidine, mais 
plus probablement à un plagioclase acide (oligoclase ou andésine). 
Le quartz n'est pas fortement représenté dans les plaques; il est en 
grains limpides, arrondis. De grandes cordiérites, qui ont jusqu'à 
8 mm. de longueur, pléochroïques de bleu-clair à incolores, troubles 
en partie par suite de la présence de touffes épaisses de sillimanite 
et de petits cristaux verts de pléonaste. Des parties fraîches dans les 
cordiérites, consistant en plagioclase basique, grenat, bronzite, biotite 
et minerai, ne sont pas des inclusions, mais appartiennent probable- 
ment à la pâte au-dessus ou au-dessous des cristaux de cordiérite. 
De grands grenats, de teinte légèrement rosée, à bord gris, trouble 
(kélyphite), qui, vu à un fort grossissement, consiste en petites fibres 
de pyroxène d'un vert très clair et en granules de pyrite ; des in- 
clusions apparentes de plagioclase, de bronzite, de biotite et, dans 
les fissures, de la pyrite, font encore probablement partie de la pâte, 
qui est irrégulièrement délimitée au contact des grenats et a été 
coupée lors de la taille des plaques. De nombreuses bronzites avec 
inclusions de minerai et en partie brunes par transformation. Pyrite. 
La pâte trouble contient beaucoup de particules de feldspath, des 
microlithes de pyroxène, des grains noirs de minerai et des granules 



218 

bruns, translucides, ainsi qu'un verre limpide. Andésite à bronzite^ 
avec quartz, cordiérite et grenat. La roche contient quelques fragments 
nettement limités, qui sont tout-à-fait cristallins, et qui consistent 
essentiellement en cristaux limpides de plagioclase, avec quelques 
bronzites et de la pyrite. On doit les considérer certainement comme 
des sécrétions un peu plus anciennes du magma, et appartiennent 
aux andésites cristallines. 

N''. 17a. Fragments situés à l'endroit appelé Latahouhoulehou, 
versant ouest du Gounoung Touna, à 403 m. d'altitude. Entre ces 
fragments, il se dégage, en divers points, de Thydrogène sulfuré qui 
a rendu blanche et farineuse la surface des blocs environnants. Ces 
fragments contiennent de petits quartz, des feldspaths blancs et 
troubles par décom230sition, des cordiérites bleues et de grands 
grenats, de 5 mm. Au microscope, la roche ressemble fort à la précé- 
dente; le plagioclase et la bronzite sont plus frais qu'on ne l'aurait 
attendu d'une telle roche. Elle renferme aussi des inclusions cristal- 
lines, consistant en plagioclase, bronzite, cordiérite, minerai, pyrite 
et pléonaste, ce dernier en octaèdres bleu-verdâtre et violets, qui 
parfois sont réunis en cordons ; les cordiérites ont été fondues sur les 
bords, et c'est dans leur voisinage que gisent principalement les 
autres minéraux, même les pléonastes bleus, comme preuve qu'il y 
existait auparavant de la matière de cordiérite; dans quelques frag- 
ments, on peut voir aussi du grenat. Andésite à bronzite décolorée. 
Certains fragments sont revêtus, comme les rameaux et les feuilles 
qui jonchent le sol, d'une croûte jaune-grisâtre de soufre (n°. 17 , 
provenant de la décomposition de l'hydrogène sulfuré par les vapeurs 
d'eau chaude. L'abondance de pyrite dans les diabases et dans ces 
andésites doit être attribuée à l'hydrogène sulfuré. Cependant, dans les 
andésites, les pyrites n'acquièrent jamais ni la taille, ni les belles formes 
cristallines de celles des diabases. Nous avons déjà dit plus haut que ces 
émanations gazeuses n'ont pas lieu dans une dépression cratériforme, 
mais au versant de la montagne et qu'elles n'ont rien de commun avec 
une activité volcanique. En Europe aussi l'hydrogène sulfuré se dégage 
bien plus dans des régions sans volcans que dans les terrains vol- 
caniques. En d'autres endroits de Hitou, entre autres au nord de Souli, 
ce gaz se dégage dans un terrain plat, quaternaire, loin du Salahoutou. 



219 

N^. 152a. J'iii reçu du régent de Saïd un échantillon d'une roche 
altérée, probablement de l'andésite, à cristaux nonabreux de pyrite^ 
dodécaèdriques pentagonaux, de la taille de 1 à 8 mm. ; il a été 
trouvé à l'état de bloc roulé dans la Waï Houloun, et provient pro- 
bablement de l'endroit nommé Latahouhoulehou. 

N^ 18d. Gros blocs à la maisonnette n". 1, à 623 m. d'altitude, 
versant ouest du Gounoung Touna. Roche gris terne, à grain fin, 
avec feldspaths blancs troubles. Ressemble en échantillons à certaines 
diabases, mais au microscope on voit que c'est une andésite. En 
cristaux porphyriques, du quartz à inclusions de verre; de grands 
plagioclases, totalement transformés en opale limpide, et qui restent 
éteints quand on les fait tourner entre niçois croisés: des bronzites, 
transformées aussi en opale brune. Minerai de fer avec leucoxène et 
pyrite. La pâte consistait primitivement en particules de quartz et 
de feldspath avec microlithes de pyroxène. Mais le feldspath y est 
à présent totalement transformé en opale ou en quartz, et le pyroxène 
en un minéral chloriteux. Puis, des granules de minerai et une base 
non polarisante, soit verre, soit opale. Andésite quartzifère à bronzite, 
opalisée par l'action de liquides. 

W, 18e. Roche affleurant dans un affluent de la Waï Touna, à peu 
près à 550 m. d'altitude, côté sud du Gounoung Touna. En échan- 
tillons elle est à grain fin, avec du gypse dans les fissures et çà et 
là avec un enduit de soufre. Au microscope, de grands plagioclases, 
blanc trouble, transformés en particules polarisantes de quartz et de 
calcédoine. Pâte de plagioclases étroits, troubles, un peu de quartz 
et cristaux de pyroxène, entièrement transformés en fibres brunes de 
chlorite ; minerai, pyrite et base de verre incolore avec quelques petits 
grains bruns. Andésite à pyroxène transformée. 

N°. 19. Blocs roulés de la Waï Ela, côté nord du Touna. Roche 
gris-clair, avec cristaux porphyriques de grenat (6 mm.), de cordiérite 
(5 mm.) en prismes, du quartz, feldspaths troubles et quelques pail- 
lettes noires de biotite. Au microscope, elle ressemble encore fort au 
n°. 16; elle renferme seulement un peu plus de biotite ainsi qu'un 
peu de hornblende. En cristaux porphyriques : du quartz, en cristaux 
limpides, pas très nombreux, de la grosseur de 2 mm.; beaucoup de 
plagioclase, en larges cristaux tabulaires, à grands angles d'extinction 



220 

et avec des inclusions de verre brun, de minerai et de cristaux de 
pyroxène ; certains plagioclases sont finement poussiéreux. La sanidine 
est probablement absente ; les petits feldspaths simples appartiennent 
aussi au plagioclase. De grandes bronzites, en sections allongées, à 
fissures nombreuses et inclusions de minerai; des cordiérites bleu 
clair, souvent en cristaux corrodés, avec des plagioclases et des bron- 
zites sur les bords, et avec des inclusions de toufîes de sillimanite, 
de minerai et de verre; puis, du minerai et des grenats de teinte 
rosée. Ensuite, quelques paillettes de biotite, criblées par de l'apatite, 
et quelques sections brunes de hornblende, peu allongées, à bords 
noirs, grenus. Par ces deux derniers minéraux, la roche forme la 
transition aux andésites à mica et à hornblende. La pâte contient 
une base vitreuse limpide, à microlithes de bronzite, du plagioclase 
et du minerai. Andésite quartzifère à bronzite, contenant du mica et 
de la hornblende. 

N". 19a. Fragment roulé de la Waï Loï, un peu en amont de Kaï- 
tetou. Roche gris-clair, dont quelques parties sont poreuses et renfer- 
ment de l'hydroxyde de fer. Sécrétions de grenats et de cordiérites, 
ainsi que des quartz; au demeurant, d'un grain fin. Au microscope, 
c'est une andésite quartzifère à bronzite commune. Par le polissage, 
les grands cristaux de quartz, de cordiérite et de grenat ont disparu 
de cette roche friable et tant soit peu altérée ; par suite, ils n'existent 
pas dans les plaques. 

N°. 19b. Roche gris-verdâtre, très altérée; c'est un fragment de 
couches quaternaires incHnées des terrasses de la rive gauche de la 
Waï Loi, au dessus de Kaïtetou. Au microscope, c'est une andésite à 
pyroxène fort décomposée ; dans la pâte, il y a beaucoup de particules 
de feldspath, groupées partiellement en agrégats rayonnes; puis de 
la chlorite et de l'hydroxyde de fer. 

N°. 19c. Grand bloc roulé des mêmes terrasses inclinées de la Waï 
Loi. Roche gris-clair, avec quartz et cordiérite. Il s'y trouve de gran- 
des cavités irrégulières, dans lesquelles il s'est déposé une croûte de 
paillettes cristallines jaunâtres, qui consistent, d'après l'analyse de 
M. HuFFNAGEL, de nouveau en tridymite avec quelques petits cristaux 
de quartz. Au microscope, andésite quartzifère à bronzite, commune. 

.N°. 19d. Roche gris-clair, avec des grenats et des cordiérites de la Ion- 




Fig. 75^. Cristal de cordiéiite, de l'andésite à bronzite N. 19^ de la rivière Loi. 

Liiniu're ordinaire. 



q. qumiz, . 

ff. ^rtmi^ 

m. wia^éiite. 

i. jiilUmmdte, 

c cristal de cordiérite. 




Fig. 75<^. Cristal de cordiérite, de Tandésite à bronzite N. 19^^ de la rivière Foi. 

Lmtîière polarisée. 



220 



et avec des inclusions de verre brun, de minerai et de eristanx de 
pyroxène ; certains plagioclases sont ftnfe^ient poussiéreux. La sanidine 
est probablement absente; les^'pA^;it^el4|J>ati5ft> simples appartiennent 
aus3i au plagioclase. De gr{^iTâéte,bronzites,.ëS^eciions allongées, à 




lombreuses et 
r, som^mt en crista 
zites^sxir. les^i 
dé, Th»mt3¥îii- 
rosée! 

et quelques 
noirs, grenus. 



bleu 
'on- 
lite, 
:^HÇi]»^i/r^nte 
ç^^tû^jatite, 
i'és^h bords 
i^.Xpene forme la 
transition aux àSt^^i^s à mica et à hornblende. La pâte contient 
une base vitreuse limpide, à. microlithes de bronzite, du plagioclase 
et du minerai. Andésite quarizifère à bronzite, contenant «lu mica et 
de la hornblende. 

N". 19a. Fragment roulé de la Waï Loï, un peu en amont de Kaï- 
tetou. Roche gris-clair, dont quelquÉk^.«)wMJ^e4 sont poreuses et renfer- 
ment de Phydroxyde de fer. Secrétlofi^Ti^ i?renats et de cordiérites, 
ainsi que des quartz; au demenraîiiM«it*ia^ï^]Miin fin. Au microscope, 
c'est une andésite 7war<zt/M!*^Vt^?#?^?^iïîmune. Par le polisgage, 
les grands cristaux de quartz, de cordiérite et de grenat ont disparu 
de cette roche friable et tant soit peu altérée ; par suite, ils n'existent 
pas dans les plaques 

N«. 19b. Roche gris- verdâtr^^ Atrès/aTÎ?Bej c'est un fragment de 
couches quaternaires inclinées fih^ terra?*aè^*^dé;Jt\_rive gauche de la 




Loï. Roche gris-cfa 
des cavités irréo:kJl||^|^ iru,WiesqU"çi(é^ s'est dcp^^^sff^AjT^croûte de 
paillettes crrstalliiii^^Tyrnâtres, qui consistent, d'après l'analyse de 
M. HuFFNAGEL, de nouveau en tridymite avec quelques petits cristaux 
de quartz. Au microscope, andésite quartzifère à bronzite, commune. 
N°. 19d. Roche gris-clair, avec des grenats et des cordiérites de la Ion- 



.f^SS:2?ii> 




i-^'^O 



Fig. 75^7. Cristal de cordiérite, de l'andésite à bronzite N. 19^ de la rivière Loi. 

LiiMiière ordinaifc. 




ï^ig- 75^^' Cristal de cordiérite, de l'andésite à bronzite N. 19e de la rivière I.oï. 

LiDuière f>olarisce. 



221 

gueur de 15 mm.; on y observe aussi quelques paillettes de mica 
noir Elle affleure à la rive gauche de la Waï Loi, à 1 '/a km. environ 
de Kaïtetou. C'est apparemment la même roche que celle dont pro- 
vient le n». 19c; comme cette dernière, elle contient de grandes cavités 
où s'est déposé de l'hydroxyde de fer. Elle n'a pas été examinée 
au microscope. Andésite à bronzite biotitifère. 

Nos. 19e et 19f. Roche noir foncé, à pâte dense, présentant de 
grandes cavités et affleurant dans la Waï Loï, à proximité du n''. 19c?. 
En sécrétions, uniquement quelques cristaux de quartz de 2 à 10 mm. 
qui, dans certains échantillons (n". 19/), atteignent même 65 mm. 
de longueur et 20 mm. d'épaisseur. Ces cristaux sont de nouveau 
d'origine étrangère. Au microscope, le n°. 19e présente une pâte très 
riche en verre, avec de nombreux microlithes de bronzite, des parti- 
cules de feldspath en plus petit nombre et de petites cordiérites, 
dont nous parlerons plus loin. Le verre lui même est incolore, mais 
à grains bruns excessivement fins. Les bronzites brunes sont par- 
fois décomposées, sur les bords et dans les cassures, en hydroxyde 
de fer brun, qui s'est déposé également dans les crevasses de la 
roche. En cristaux porphyriques, de la bronzite, presque pas de 
plagioclase, du minerai, et de très grands cristaux de cordiérite, qui 
ont jusqu'à 10 mm. de longueur et auxquels on peut voir très 
distinctement que çà et là ils ont été fondus sur les bords et 
mélangés à la pâte. A l'un de ces cristaux, représenté fig. 75, 
on peut observer qu'en certains points la pâte est très irrégulière- 
ment délimitée au contact de la substance de la cordiérite. Or, ce 
qui est remarquable, c'est qu'autour de ce grand cristal la pâte 
contient de petits cristaux limpides de cordiérite, en rectangles et 
en sections hexagonales; ces dernières sont des mâcles répétées, 
consistant en 6 secteurs, dont deux secteurs opposés s'éteignent toujours 
ensemble lorsqu'on tourne la préparation entre niçois croisés, ce qui 
indique qu'ils correspondent. Comme on les trouve dans le voisinage 
des grandes cordiérites corrodées, il est naturel d'attribuer leur pré- 
sence à une recristallisation de la matière de la cordiérite fondue 
dans la pâte. Ces grandes cordiérites corrodées contiennent en in- 
clusions des grenats et de la magnétite, ainsi que de nombreux grains 
de quartz, disposés en cordons dans l'intérieur du cristal, et autour 



â2â 

desquels les petits cordons de sillimanite se recourbent régulièrement. 
En la tournant entre niçois croisés, la substance de la cordiérite s'éteint 
à la fois sur toute la surface ; par conséquent, lors de sa cristallisation, 
elle a emprisonné les cordons déjà recourbés de quartz et de sillimanite. 
D'après Rosenbusch, ces formations et d'autres analogues sont des 
fragments originaires de gneiss; c'étaient primitivement des marnes, 
qui sont devenues cristallines par pression ; il s'est formé de la sorte 
du quartz, de la sillimanite et du grenat ; et en même temps s'opérait 
la cristallisation de la cordiérite, qui enfermait les éléments de la 
roche plissée, dont nous venons de parler. Une portion de la substance 
de la cordiérite s'est refondue dans la masse de la roche éruptive. 
et par là les cristaux ont pris une forme irrégulière. Plus tard, par 
une modification dans les conditions chimiques et physiques, le 
magma était sursaturé de AP 0%- alors, en présence de magnésie, 
d'oxydule de fer et de beaucoup d'acide silicique, il s'est séparé de 
nouveau de la cordiérite, en partie en cristaux réguliers et en mâcles 
(triplets) libres dans le magma, en partie comme accroissement de 
l'ancien cristal corrodé; par là, celui-ci présente sur les bords des 
parties cristallographiquement bien délimitées et qui, au point de vue 
optique, sont orientées de la même manière que l'ancien cristal ; de 
cette manière la masse du cristal de cordiérite, qui est représenté 
fig. 75, s'éteint toute entière. Seulement, la nouvelle substance est 
un peu plus pure et un peu moins biréfringente que l'ancien grain 
de cordiérite, et on y trouve aussi çà et là de larges stries plagio- 
clastiques, des lamelles qui, lorsqu'on tourne la préparation entre 
niçois croisés, deviennent visibles dans certaines positions, mais qui 
s'éteignent aussi simultanément, ce qui les distingue de suite des 
plagioclases. Les gros quartz, dont il a été fait mention ci-dessus, sont 
aussi des inclusions étrangères, probablement issues de gneiss. Andésite 
à bronzite riche en verre, avec cordiérite. 

c. Andésite à hornblende. 

Les roches à hornblende sont très rares à Hitou et elles peuvent 
difficilement prétendre à former un groupe distinct, car on peut les 
classer soit dans les andésites à bronzite communes, soit dans les 
andésites à biotite avec une teneur plus ou moins forte en hornblende. 



223 

N'. 10. Bloc roulo de la Waï Ela, côté nord duTouna. Cette roche 
a déjà été décrite plus haut; c'est une andésite quartzifère à bronzite 
avec hornblende et un peu de biotite. 

N°. 138. Roche affleurant dans la tranchée de la route entre Alang 
et Wakasihou, à Tandjoung Tomoltetou, nommé aussi Tg. Batou 
ajam, à 20 m. d'altitude; elle est fendue en parallélépipèdes. En 
échantillons, elle est gris-clair, avec quelques cavités. Sécrétions de 
quartz, de cordiérite et de biotite, ainsi que de feldspath blanc trouble. 
Au microscope, en cristaux porphyriques, de grands plagioclases, 
souvent troubles à l'intérieur par suite d'un grand nombre d'inclusions 
de particules de la pâte; de la bronzite, en cristaux relativement 
petits, du quartz, en grains arrondis, de grandes cordiérites avec 
sillimanite, en partie troubles par décomposition. De la biotite et 
quelques belles sections de hornblende, avec bordure de grains noirs ; 
aux sections transversales on peut voir non seulement les faces du 
prisme m, se coupant sous un angle de 124°, mais aussi les deux 
pinacoïdes, de sorte que ces sections ne sont pas hexagonales, mais 
octogonales. Pâte de feldspath, pyroxène, minerai et verre. Andésite 
quartzifère à bronzite et à mica^ avec hornblende. 

W. 167. Blocs roulés de la Waï Hou hou, originaires du monticule 
Houhou, au nord du Salahoutou, à l'ouest de Liang. Roche gris-clair, 
avec de nombreuses cavités allongées, dans lesquelles s'est déposée 
une croûte d'hydroxyde de fer. En cristaux porph3Tiques, rien que 
de petits feldspaths altérés et quelques petits prismes noirs de horn- 
blende. Au microscope, de gros cristaux de plagioclase, beaucoup de 
bronzite, moins de hornblende brune, mais en gros cristaux; de la 
cordiérite fort corrodée, entourée de plagioclases limpides, que l'on 
reconnaît aux inclusions de pléonastes verts; des grains de minerai 
en petite quantité; le tout dans une pâte de feldspath, de pyroxène 
et de particules de minerai, ainsi que du verre limpide. Les horn- 
blendes ont des bords noirs, grenus, enserrent de la bronzite et du 
minerai, et sont criblés d'apatite. Le quartz et la biotite font défaut. 
Dans cotte roche aussi la teneur en hornblende n'est pas assez forte 
pour la ranger dans les roches à hornblende proprement dites; c'est 
plutôt une andésite à bronzite^ hornblendifère. 



224 



d. Andésite à mica et andésite quartzifère à mica. 

Ce groupe est fort répandu, mais il n'est pas franchement séparé 
des andésites à bronzite, car celles-ci renferment parfois un peu de 
biotite, ainsi que nous l'avons vu aux nos. 19 et 116, et au n". 138 
qui est à hornblende. 

N". 162. Originaire d'une brèche dans le lit de la Waï Reuw, affluent 
de droite de la Waï Routoung, à 180 m d'altitude; massif du Sala- 
houtou. Roche jaune brunâtre, un peu poreuse, dans laquelle on n'ob- 
serve que des grains de quartz et des lamelles noires de biotite. Au 
microscope, cette roche est tW's friable et fournit de mauvaises plaques, 
dans lesquelles p. ex. la plupart des quartz ont disparu par polissage. 
Du quartz, du plagioclase, de la biotite et du minerai en cristaux 
porphyriques dans une pâte trouble, composée de particules de feld- 
spath et de quartz avec des grains bruns, et colorée en jaune par 
de l'hydroxyde de fer. Andé'site quartzifère à mica. 11 n'existe pas 
de bronzite dans les plaques. 

N°. 163. Gros blocs au rivage, à un bon kilomètre au nord de Waë, 
apportés du Salahoutou par les rivi(;res Sëlaka, Toua, et autres. Roche 
gris-clair, un peu poreuse, avec un très grand nombre de cordiérites 
en beaux petits prismes et des grains de quartz. Au microscope, 
grands cristaux de plagioclase, une très grande quantité de quartz, 
de la cordiérite en rectangles bien limités, mais aussi en grains irré- 
guliers, et, dans ce cas, entourés de cristaux de plagioclase; de la 
bronzite, un peu de biotite et du minerai gisent dans une masse 
abondante de verre, qui est dévitrifié par des cristaux d'une finesse 
extrême, principalement des particules de pyroxène et des granules 
de minerai. Puis, de l'hydroxyde de fer. Les belles cordiérites bleues 
renferment, en inclusions, quelques petits prismes de zircone, du 
pléonaste vert foncé et un très grand nombre de petites baguettes 
de sillimanite, lesquelles s'y trouvent parfois disposées en belles zones, 
parallèles aux limites du cristal, tandis que l'intérieur et le bord 
extérieur du cristal sont totalement dépourvus de sillimanite. Ces 
cristaux de cordiérite, à limites régulières, avec la sillimanite et le 
pléonaste, sont incontestablement des sécrétions du magma, qui était 
sursaturé de AP 0^ à la suite de la fusion de fragments à cordiérite. 



ÂncUsite quartzifère à bronzite^ avec mica. Par la faible proportion de 
biotite, la roche ne fait pas partie des vraies andésites à biotite, mais 
elle se rattache au numéro suivant. 

N°. 172. Roche affleurant au Tandjoung Hourouman, à la côte nord 
de Hitou. En échantillons, elle est tout-à-fait analogue au n°. 163, 
mais elle renferme plus de biotite. Elle est également de teinte gris- 
clair, et contient un très grand nombre de prismes de cordiérite, du 
quartz, ainsi que des paillettes de mica noir. Au microscope, du 
quartz, du plagioclase, de la bronzite, beaucoup de biotite et de la 
cordiérite avec un très grand nombre d'inclusions de grains de pléo- 
naste, situés en cordons les uns derrière les autres. La pâte trouble 
renferme beaucoup de verre, qui est dévitrifié, principalement par 
des lamelles de pyroxène. Andésite quartzifère à mica. 

Nos. 173 et 214. Le premier échantillon a été recueilli par l'ingénieur 
KoPERBERG, le second, par moi-même, à la masse rocheuse située à 
la rive droite de la Waï Moki, côte nord de Hitou, représentée fig. 49 
de l'annexe IV. Ces deux roches sont gris foncé, et renferment des 
feldspaths blanc terne; le n°. 214 contient aussi quelques quartz; le 
n°. 178 est séparé en bâtons. Au microscope, plagioclases abondants, 
toujours à grands angles d'extinction qui prouvent que les feldspaths 
sont très basiques, la plupart assurément de Vanorthite, parfois peut- 
être de la bytownite ; bronzite, quartz, biotite à bords de minerai en 
grains noirs et ressemblant par là fort à de la hornblende; puis du 
minerai. Dans le n°. 214, la cordiérite est en cristaux très irréguliers, 
corrodés, avec bordure de cristaux de plagioclase et de bronzite. La 
pâte renferme un verre, qui le plus souvent est limpide et incolore, 
mais qui est coloré en brun à certains endroits et rempli de micro- 
lithes de pyroxène et de plagioclase, les derniers en proportion plus 
faible, ainsi que de grains de minerai. Ces roches, comme l'andésite 
à hornblende voisine, n^ 167, de la Waï Houhou, sont très fraîches 
et donnent ainsi l'impression de roches éruptives tertiaires. Andésite 
quartzifère à biotite. 

N". 30. Fragment recueilli dans des brèches et conglomérats, au 
pied du Gounoung Setan, à proximité de la côte nord de Hitou. 
Roche gris-clair, très riche en mica, à plagioclases ternes, quartz blancs 
et jaunes, avec beaucoup de biotite et quelques grenats, qui atteignent 

15 



226 

jusqu'à 6 mm., et dont les cristaux sont nettement limités. Au 
microscope, on reconnaît que la roche est tant soit peu altérée. Les 
cristaux en question gisent porphyriquement dans une pâte trouble, 
contenant des microlithes de plagioclase et de bronzite, ces derniers 
bruns par décomposition ; des grains noirs de minerai, d'autres grains 
bruns et un peu de verre. Andésite quartzifère à mica, avec grenat. 

N". 215. C'est la même roche que le n". 30, un fragment arrondi 
des brèches du Gounoung Setan, mais encore plus altéré. Elle est 
aussi riche en mica et renferme de beaux grenats. Andésite quartzifère 
à mica, avec grenat. 

N". 210. Enlevé à de gros blocs, dans des brèches grossières, au 
Gounoung Eri, près de Negri lama, à 178 m. d'altitude. Roche gris- 
clair, à grain fin, avec beaucoup de cristaux de cordiérite, des 
feldspaths, du mica et du quartz. Au microscope, les cristaux por- 
phyriques que nous venons de nommer et des bronzites, dans une 
pâte qui renferme du verre, des grains de minerai, du plagioclase et 
des microlithes de bronzite, les derniers en proportion moindre. 
Andésite quartzifère à mica. 

N". 45. Fragments d'un calcaire tendre de la rivière Maspaït, sur 
la route de Hitou lama à Roumah tiga. Roche gris-clair, poreuse, à 
cristaux porphyriques de quartz, plagioclase, cordiérite et biotite. 
Au microscope, on observe en outre quelques petites bronzites et du 
minerai. La pâte de la roche consiste en un verre incolore, dévitrifié 
par des particules de pyroxène. Andésite quartzifère à mica, riche 
en verre. 

Nos. 2 et 3. Fragments de matériaux incohérents quaternaires de 
la rive droite et de la rive gauche de la Waï Ami, à Nipa, vis-à-vis 
d'Ambon. Le n". 2 est de teinte blanche et renferme de nombreuses 
biotites et quelques grains de quartz. Le n". 3 est moins altéré, gris- 
clair, et contient également des paillettes de mica et des grains de 
quartz; de plus, des plagioclases. Au microscope, on constate l'absence 
de grandes bronzites, de sorte que seuls du quartz, du plagioclase, 
de la biotite et du minerai y existent en cristaux porphyriques. La 
pâte renferme un verre limpide, çà et là brun-clair cependant, 
dans lequel gisent de nombreuses particules de plagioclase, souvent 
groupées radialement, et qui présentent parfois une croix d'interférence 



227 

peu distincte entre niçois croisils, mais s'éteignent le plus souvent 
en secteurs. Puis, de petites bronzites, en partie brunes par décom- 
position, et des grains de minerai de fer. Andésites quartzif ères à mica. 

N^. 107a. Gros blocs de conglomérats et brèches quaternaires de 
Tandjoung Batou, dans la dousoun Sahourou. Roche gris-clair, çà et 
là poreuse, avec quartz, mica, plagioclase et de grandes cordiérites 
(9 mm.) en cristaux bien limités. Au microscope, elle n'offre pres- 
que rien de nouveau Les minéraux que nous venons de nommer y 
existent en cristaux porphyriques avec de la bronzite et du minerai ; 
la pâte renferme un verre limpide, avec microlithes de bronzite, 
plagioclase et minerai. Andésite quartzifère à mica. 

N". 107b. Roche affleurant au pied du Gounoung Kerbau, au hameau 
Batou koubour, à l'ouest de Tandjoung Batou koubour, au rivage. La 
roche est gris-clair, à grain fin, et ne présente, en échantillons, que 
quelques sécrétions de lamelles de mica; elle fait voir aussi, en grand, 
une texture fluidale, par une alternance parallèle de couches plus ou 
moins riches en verre. Au microscope, du quartz, des plagioclases 
limpides et de la biotite; ce sont là les seuls cristaux porphyriques. 
La bronzite manque. La pâte abondante offre un aspect particulier, 
car dans une masse vitreuse, grenue, gisent un très grand nombre 
de particules de feldspath, la plupart en agrégats de forme ronde, 
sphéroïdale, qui présentent parfois, entre niçois croisés, une croix 
d'interférence peu distincte; il y a ensuite des particules vertes de 
chlorite, provenant probablement d'une décomposition de la bronzite. 
Le verre proprement dit est limpide et incolore; mais il renferme 
des baguettes et des fibres de pyroxène vert-clair extrêmement petits, 
des grains de minerai bruns et noirs et puis un très grand nombre 
de très petits corps ronds, bruns par transparence, à bords noirs, et 
qui sont probablement des pores gazeux. Andésite quartzifère à mica, 
riche en verre. La partie supérieure de ce banc rocheux s'est solidifiée 
à l'état de verre; elle sera décrite avec les roches vitreuses. 

Nos. 108a et lOSabis. Le premier a été recueilli en 1898; le second, 
en 1904, au versant sud du Gounoung Kerbau, à 269 m. d'altitude; 
ils sont probablement originaires de brèches grossières. Roche gris 
blanchâtre à texture parallèle et à bandes vitreuses sombres ; contient 
des lamelles de mica, des cristaux de quartz et quelques feldspaths. 



228 

En échantillons, elle est analogue au n". 1076, et elle donne aussi, 
au microscope, la même image. Cristaux porphyriques de quartz, en 
partie nettement limités; pour une autre partie, en formes très cor- 
rodées; des plagioclases très frais, avec un angle d'extinction maximum 
de 26° des deux côtés de la ligne de suture; de la biotite, en lon- 
gues sections, traversées par de l'apatite. La bronzite manque; elle 
est probablement transformée en chlorite et en grains bruns de 
limonite qui sont disséminés partout, parfois en formes qui rappellent 
l'augite. La pâte renferme un verre limpide et incolore, rempli de 
sphéroïdes arrondis de particules de feldspath, qui sont parfois grou- 
pés radialement d'une manière irrégulière, et des fibres de bronzite 
vert clair extrêment fines, ainsi qu'un peu de grains de minerai. 
Andésite quartzifère à mica, riche en verre. Se rattache au n*. 1076 
déjà décrit et au n". 107c que nous allons décrire plus loin. 

Quelques parties, enclavées dans le n*^. 108, consistent en une 
andésite presque entièrement cristalline. Elles renferment du quartz, 
du plagioclase, de la bronzite, de la biotite, de la cordiérite avec 
sillimanite et beaucoup de pléonaste vert-foncé, puis du minerai. On 
peut voir çà et là entre ces éléments un peu de verre avec quelques 
microlithes de bronzite. C'est aussi une andésite quartzifère à mica^ avec 
bronzite et très peu de pâte. 

N°. 114. Récifs Batou Bëdiri, à l'est de Hatourou, à la côte, séparés 
en prismes. Roche altérée, gris jaunâtre clair, avec mica, quartz, 
feldspaths ternes et quelques grandes cordiérites. Au microscope, pas 
de cordiérite. La pâte trouble renferme un verre incolore, rempli de 
lamelles de pyroxène d'un vert très clair. Andésite quartzifère à mica. 

N°. 124. Gros blocs de pierre au sommet de l'arête Hatou Lalikoul, 
à 648 m. d'altitude. Roche tant soit peu altérée. Dans une pâte gris- 
clair, à grain fin, du quartz, de la cordiérite, de la biotite et des feld- 
spaths ternes. Au microscope, une andésite quartzifère à mica ordiiisiire. 

N°. 126. Originaire également du Hatou Lalikoul, mais recueilli 
un peu plus à l'est, à 629 m. d'altitude. En échantillons, gris-clair, 
compacte, avec de petites biotites noires et quelques quartz. Au mi- 
croscope, andésite quartzifère à mica ordinaire. 

N". 140. Du Hatou Gëledihou ou Watou lajar, près de Lariké; roche 
éruptive séparée en plaques, à la côte (voir fig. 45 de l'annexe IV). 



229 

Roche gris-jaunâtre, altérée, à feldspaths ternes, quartz et biotite. Au 
microscope, beaucoup de pyrite ; les bronzites sont totalement décom- 
posées. Andésite quartzifère à mica, altérée. 

N". 18c. Du Gounoung Touna, côté est, dans la rivière Wanii, repo- 
sant sur de la diabase. Roche gris-clair, à feldspaths ternes, biotite, 
grenats, et cordiérite. Au microscope, on voit que la roche renferme 
de la bronzite, mais peu ou point de quartz et un peu de biotite 
seulement. Les grenats et les cordiérites n'existent pas dans les plaques. 
Andésite à bronzite^ biotitifère. 

N'*. 18f. Du Gounoung Touna, versant sud, dans la rivière Touna, 
à la maisonnette n". 2. Roche gris-clair, avec beaucoup de feldspaths 
ternes, quelques gros quartz, peu de biotite, du grenat et de la cor- 
diérite. Au microscope, andésite quartzifère à mica^ mais avec peu de 
mica. Dans les plaques, il n'y a encore une fois ni cordiérite ni grenat. 

e. Roches vitreuses des andésites et des dacites. 

Plusieurs des roches qui viennent d'être décrites sont plus ou moins 
riches en une pâte à base vitreuse. Nous ne décrirons à présent que 
celles qui, déjà à l'œil nu, présentent un éclat vitreux ou résineux 
plus ou moins net. 

N°. 160. Du versant est du Gounoung Kadera (massif du Salahoutou\ 
à 866 m. d'altitude, à proximité du petit lac Telaga Namang. ï]n 
échantillons, c'est une roche vitreuse, altérée, gris-blanchâtre, très 
poreuse, avec des morceaux de verre gris-foncé, moins altérés, dans 
lesquels il y a des feldspaths ternes. Au microscope, on voit un verre 
ponceux, à cristaux porphyriques de quartz et de plagioclase. Le 
verre est limpide comme de l'eau; il contient d'abord des baguettes 
et des filaments très nombreux, extrêmement fins et vert clair, d'un 
minéral qui fait partie du groupe des pyroxènes. Ensuite, un grand 
nombre de pores gazeux, la plupart allongés, aigus ou ovales, dont les 
parois sont parfois enduites d'un pigment brun. Ces pores sont dis- 
posés les uns derrière les autres avec leurs grands axes orientés de 
la même façon ; ils donnent à cette roche une texture fluidale nette. 
Ponce d^andesite quartzifère.] 

W. 165. Fragment de brèches quaternaires, à la cascade Embouang, 
dans la rivière Taïsoui; bloc roulé dans cette rivière. Les fragments 



230 

très riches en verre, de teinte gris-clair, contiennent beaucoup de 
lamelles de mica et passent, par altération, à une argile sableuse, 
blanc-jaunâtre. La roche n'a pas été polie. Verre d'andésite à mica. 
N°. 168. Récif peu élevé «Batou Mètèng», à la côte, pied nord du 
Salahoutou. Une brèche, composée de fragments d'une roche vitreuse 
noir terne, dans des débris plus fins des mêmes matériaux. Non taillé 
en plaque. Brèche de verre d'andésite à bronzite. 

N". 169. Roche vitreuse, séparée en bâtons, du même gisement que 
le n°. 168 et originaire aussi de la même brèche. Le fragment gisait 
librement sur la plage. La roche a un éclat résineux et contient des 
feldspaths blanc terne. Au microscope, beaucoup de plagioclase limpide, 
de petites bronzites et du minerai en cristaux porphyriques dans un 
verre limpide, tout-à-fait rempli d'un réseau de baguettes et de fila- 
ments extrêmement fins d'un pyroxène vert-clair avec granules de 
minerai adhérents. Toutefois, le verre, inclus dans les plagioclases, 
est légèrement brun. Verre d'andésite à bronzite qu'il faut ranger parmi 
les rétinites (pechstein), car tous les verres de Hitou contiennent de 
l'eau, et de plus cette roche présente un éclat résineux. 

N". 171. Bloc roulé de la Waï Tomol, au cap Tomol. Brèche avec 
morceaux de verre gris foncé, comme le n". 168. N'a pas été polie. 
Brèche de verre d'andésite à bronzite. 

N". 216. Paroi escarpée du Gounoung Setan, au versant nord-ouest; 
au-dessus de cette roche une petite rivière forme une cascade. Roche 
vitreuse grisâtre sombre, à cavités où s'est déposé de l'hydroxyde de 
fer. Au microscope, un verre limpide qui est jaune clair le long des 
fissures, probablement par dépôt d'un peu d'hydroxyde de fer, et qui 
est entièrement rempli de filaments de pyroxène excessivement fins 
et de grains de minerai, forme la pâte de cette roche. Dans celle-ci 
sont distribués, en petite quantité, quelques quartz, plagioclases, 
bronzites, minerai et cordiérites; ces dernières en partie en cristaux 
bien délimités à inclusions de pléonaste, mais en partie aussi en 
grains irrégulièrement limités et fortement corrodés, riches en sillima- 
nite, qui se sont fondus partiellement dans la masse vitreuse environ- 
nante, laquelle est légèrement colorée en jaune dans leur voisinage. 
Verre d'andésite à bronzite (rétinite). Contient, d'après l'analyse de 
l'ingénieur Koperberg, 5.57 pet. H- 0. 



231 

N". 48. Gros blocs dans de l'argile brune, sur la route de Roumah 
tiga à Hitou lama, au nord de la ligne de faîte, à 195 m. d'altitude. 
Roche vitreuse tout-ù-fait compacte, de teinte gris-clair, mais rendue 
brécheuse par des morceaux de verre plus foncés qui sont intimement 
unis à la roche principale. Il y existe aussi des morceaux ponceux 
et des fragments d'une andésite à bronzite (n'. 48*) terne, gris-clair. 
La roche a un éclat vitreux et ressemble à de l'obsidienne, quand 
on fait abstraction de sa structure brécheuse. Au microscope, divers 
fragments de verre gisent les uns contre les autres et sont intimement 
liés par de minces couches d'un minéral limpide. Parmi ces fragments, 
quelques-uns sont tout-à-fait limpides, incolores et presque dépourvus 
d'interpositions ; seulement, on y remarque de très grandes inclusions 
liquides, qui ont jusqu'à 29 microns en diamètre, à libelle mobile, 
ce qui constitue une inclusion assez rare dans une masse vitreuse. (') 
D'autres fragments sont dévitrifiés par des microlithes, notamment 
des filaments de pyroxène; d'autres encore renferment des pores ga- 
zeux, parfois en formes allongées, et sont par là ponceux; d'autres 
enfin sont troubles, par un amas de fines particules de feldspath et 
de pyroxène, ces derniers parfois en agrégats floconneux, brun-clair, 
excessivement ténus; ce sont les fragments n°. 48*. La plupart 
renferment des cristaux porphyriques de plagioclase et de bronzite, 
ainsi que des cordiérites corrodées à inclusions de sillimanite. Tous 
ces morceaux de verre sont entourés d'une bordure limpide étroite, 
qui polarise en fibres, et consiste en calcédoine (les fibres ont un 
caractère optique négatif], un minéral qui s'est déposé aussi dans 
les fissures du verre. Tuf vitreux silicifie ou sable vitreux. 

Nos. 21, 21bis et 22. Mur rocheux à la rive droite de la Waï Loula, 
à proximité de son embouchure. En échantillons, la même roche 
vitreuse et brécheuse, gris-clair, que le n". 48; mais les morceaux 
de verre sont plus petits. Au microscope aussi, elle est analogue au 
n"". 48; quelques éclats de verre sont de teinte jaune-clair. Il existe 
aussi dans le verre des inclusions liquides, mais plus petites que 
celles du n^. 48. Dans les fissures et autour des fragments, on trouve 



(1) Dans les roches de ce g-isement (nO. 48) et du „cap Hatelauwé", analog-ues à nos 
numéros 21 et 22 de la Wai Loula, des inclusions liquides ont déjà été signalées antérieure- 
ment par ScHROEDER v.\N DER KoLK (Mémoire 84, pp. 117 et 119), 



232 

de nouveau des bandes étroites de calcédoine polarisant en fibres. 
Parmi les cristaux porphyriques, du plagioclase et de la bronzite 
ainsi que quelques cordiérites. D'après l'analyse chimique, elle ren- 
ferme 5.36 pet. H^ 0. Tuf vitreux silicifié. 

N". 217. Petite colline, de 11 m. d'altitude, située à 185 m. à l'est 
de la rivière Waoulou, dans le sentier qui s'étend le long de la côte 
nord de Hitou. Ce mamelon consiste en un calcaire dolomitique gris- 
brunâtre, qui fait avec l'acide chlorhydrique une effervescence faible 
à froid mais forte à chaud. Ce calcaire contient une très forte pro- 
portion de gravier fin de roches éruptives, des cordiérites libres, 
ainsi que de gros morceaux d'un verre brécheux, grisâtre-clair (n°. 217), 
tout-à-fait analogue au n . 21. Tuf vitreux silicifié, en fragments dans 
un calcaire quaternaire. 

NO. 107c. Ceci est la croûte vitreuse, de '/s °^- d'épaisseur, de 
la roche n\ 1076, décrite plus haut, du hameau Batou koubour, à 
l'ouest de Tandjoung Batou koubour. En échantillons, c'est un verre 
à éclat résineux, gris-verdâtre clair, avec paillettes de biotite, qui 
devient blanc-jaunâtre et farineux par altération. Au microscope, un 
verre limpide, alternant avec des traînées de verre jaune et sombre 
par des interpositions brunes et noires comme au n**. 1076. Ces 
interpositions sont en partie des grains de minerai de fer ou d'un 
composé de fer, en partie des espaces creux, des pores gazeux, à parois 
brunes. Dans le vei^re limpide on n'observe pas ces particules brunes, 
mais uniquement des microlithes de bronzite et des agrégats de 
feldspath arrondis en sphéroïdes irréguliers. Les seuls cristaux por- 
phyriques sont du plagioclase et de la biotite. Verre d^ andésite quartzi- 
fère à mica. 

W. 154. Grosses pierres «Tongkou batou ><, à 350 m. d'altitude 
environ, sur la route de Hatiwi à Hila. Roche vitreuse gris foncé, 
semblable au n". 21, mais non brécheuse. Au microscope, c'est un 
verre décoloré par places, mais le plus souvent brun-clair, et tout- 
à-fait rempli de fins microlithes de pyroxène et de quelques grains 
de minerai. Cristaux porphyriques de plagioclase, de bronzite et de 
minerai; hydroxyde de fer secondaire. Les plagioclases ont parfois 
beaucoup d'inclusions de verre brun. Verre d"* andésite à bronzite {rctinite). 
N". 113. Fragment d'une brèche, enlevé près du refuge, dans un 



233 

affluent de droite de la Waï Lawa, à 336 m. d'altitude. Roche 
vitreuse, à éclat résineux, noir sombre, à feldspaths blancs et ternes. 
En échantillons et au microscope elle ressemble parfaitement au n°. 18^ 
(voir plus bas). Seulement, elle est moins fraîche: dans des fissures 
ont pénétré de l'hydroxyde de fer et de la calcédoine; ce dernier 
minéral remplit aussi des cavités de la roche. Le verre brun, que les 
feldspaths contiennent en petites particules très nombreuses, est brun 
trouble et parfois fibreux par altération Le verre brun de la pâte 
est rempli de baguettes étroites de bronzite, mais le tissu en est 
moins serré qu'au n°. 18^. Voir plus loin la description de cette 
roche. Verre d'andésite à bronzite. 

N". 119. Fragment de couches inclinées (quaternaires ou pliocènes) 
de grès et de brèches, nos. II7 et 118, dans la Waï Hatou. Roche 
vitreuse gris-clair à feldspaths ternes et cordiérites bleues. N'a pas été 
polie. Verre d'andésite à bronzite. 

N°. 148. Echantillon de brèches de la Waï Ela, au sud de Lima 
et au nord du Latoua, à 617 m. d'altitude. Brèche gris-clair à mor- 
ceaux de verre gris foncé. Au microscope, une pâte trouble avec 
quelques cristaux porphyriques de quartz et de plagioclase. Le trouble 
de la pâte est produit par des fibres très fines de pyroxène et des 
granules bruns; le verre lui-même est incolore. Verre d'andésite 
à bronzite. 

N°. 18g. Fragment d'une brèche, recueilli en 1904 au lac Telaga 
Radja, à 619 m. d'altitude. Cette brèche forme le fond de l'espace 
cratériforme dans lequel est situé le lac. La roche est noir foncé et 
à éclat résineux. A l'œil nu on ne voit que de petits feldspaths; 
dans des cavités, il s'est déposé du gypse. Au microscope, une roche 
très fraîche. En cristaux porphyriques, du plagioclase, à grand angle 
d'extinction et un très grand nombre d'inclusions de particules brunes 
de verre; de la bronzite, avec inclusions de globules de verre et de 
magnétite. La pâte abondante consiste en un verre brun clair, qui 
est lui-même bourré de microlithes de bronzite et de plagioclase, 
les derniers en quantité moindre ; il y a aussi un peu de minerai et 
çà et là quelques granules bruns excessivement fins. Verre d'andésite 
à bronzite. 



234 



f. Mclaphyre et verre. 

Les roches de ce groupe se distinguent, déjà à l'œil nu, par leurs 
teintes grisâtres foncées, des andésites à bronzite qui ont la plupart 
une couleur claire. Elles contiennent des cavités qui sont la plupart 
parfaitement rondes ou à peu près, contrairement aux cavités allon- 
gées et irrégulières des andésites à pyroxène. Les parois de ces cavi- 
tés sont parfois tapissées de calcite et de zéolithes. Ces roches n'ont 
aucune ressemblance avec les basaltes tertiaires ou plus jeunes de 
Java et de Sumatra; elles rappellent plutôt les anciens mélaphyres 
d'Europe. 

N". 218. Trouvé uniquement en blocs isolés, au même endroit que 
le n". 217, la roche vitreuse qui apparaît en fragments dans le cal- 
caire, sur la route de Wakal à Hila, dans la petite colline de 11 m., 
à 185 m. à l'est du passage de la rivière Waoulou. Il est probable 
que le n''. 218 existe en fragments non dans du calcaire, mais dans 
une brèche quaternaire; on n'en a trouvé que des blocs incohérents 
sans brèche environnante, aussi au versant du mamelon jusqu'à la 
mer. En échantillons, c'est une roche à grain fin, grisâtre sombre, 
sans gros cristaux, mais à cavités rondes nombreuses (bulles) qui 
sont ou vides, ou remplies en tout ou en partie de calcaire spathi- 
que. Au microscope, beaucoup de petits cristaux d'olivine, tous trans- 
formés en serpentine vert-jaunâtre terne et h3^droxyde de fer brun 
foncé; il n'y existe plus de matière d'olivine inaltérée. Ce sont là les 
seuls cristaux porphyriques. La pâte est un mélange microgranuleux 
de plagioclases longs et étroits, de baguettes courtes, vert-clair, de 
pyroxène, dont les plus grandes sont nettement pléochroïques et à 
extinction droite, appartiennent à la bronzite, et sont parfois juxtaposées 
à de l'augite; mais la plupart des baguettes présentent une extinction 
oblique et appartiennent à l'augite; il y a encore du rainerai. Entre 
ces cristaux on peut voir un verre grenu, noir ou brun foncé. Le 
caractère de cette roche est tout autre que celui des andésites; elle 
contient, d'après l'analyse du Professeur S. J. Vermaes à Delft, 
60.32 pet. de Si 0^ seulement, tandis que les andésites ont une teneur 
en acide silicique de 61 à 75 pet. Melaphyre. 

N^. 108b. Du Gounoung Kërbau, à 280 m. d'altitude. En échantillons, 



235 

gris, à grain fki, avec des taches altérées, jaunes. Pas de sécrétions 
de cribtaux, mais de nombreuses cavités qui, par altération, ont pris 
une forme irrégulière. Au microscope, la roche n'est plus très fraîche ; 
dans la pâte beaucoup de chlorite, à côté d'augite, de plagioclase et 
de minerai, ainsi que du verre grenu, foncé, qui contient de petits 
cristallites courbes (pyroxène?). Quelques gros cristaux, tranformés 
en serpentine, proviennent d'olivine. Mélaphyre. 

W. 1081)*. En 1904 on a recueilli encore une fois, en ce point ou peut- 
être un peu plus haut, à 290 m. d'altitude, du mélaphyre dans lequel on 
a trouvé un petit fragment d'une roche jaune grisâtre, arénacée et quel- 
que peu schisteuse (n*^. 1086*), long de 7 cm. et de 1 cm. d'épaisseur. 
Au microscope, on a reconnu que c'était une roche élastique consistant 
en beaucoup de quartz, plagioclase et augite en grains cristallins 
irrégulièrement délimités, avec minerai de fer titane et de la titanite 
rouge clair, pléochroïque, en grains allongés et pointus. L'augite verte, 
de teinte très claire, n'est pas pléochroïque et contient de petits 
globules de verre et des granules de minerai de fer. On a mesuré 
des angles d'extinction de 42°. Les plagioclases sont très frais; 
quelques-uns ont des angles d'extinction de 29 et de 32° ; par contre, 
d'autres n'ont qu'une extinction maxima de 19 et 22°. Entre ces 
particules cristallines se trouve une masse jaune ou d'un brun très 
léger, qui parfois ne polarise pas distinctement et pourrait être prise 
alors pour du verre; en d'autres places, elle offre une polarisation 
nette en grains fins ; il est probable que c'est de l'opale, un minéral 
qui polarise assez souvent distinctement, ce qu'il faut attribuer à 
des tensions qui se sont produites lors de la dessiccation de la gelée 
d'acide silicique. L'opale enveloppe les grains cristallins comme une 
bordure mince et elle comble aussi partiellement les espaces entre 
les particules; aux bords de ces espaces, il y a alors de l'opale 
limpide, tandis que le centre est occupé par des particules brunes, 
troubles, probablement des particules d'argile ferrugineuse, et par de 
petits grains noirs de minerai. La forte teneur en quartz rend 
invraisemblable que ce sable soit un produit d'éruption du Kerbau 
lui-même, que le mélaphyre aurait englobé dans sa masse. Je le tiens 
pour un morceau de grès, qui a été transformé par métamorphisme 
de contact lorsqu'il a été enclavé dans le mélaphyre, et qu'ainsi il 



236 

s'est formé du plagioclase et de l'augite, aussi bien que de la titanite 
rouge. Bloc de grès transformé par métamorphisme de contact. 

N^. 108c. Du Gounoung Kerbau, à 319 m. d'altitude. Roche gris- 
bleuâtre, à grain fin, avec de grandes cavités rondes et une croûte 
d'altération jaune. Au microscope, cristaux porphyriques de plagio- 
clase, souvent à bords ternes, quelques olivines transformées en ser- 
pentine vert-brunâtre, longues bronzites pléochroïques et quelques 
cordiérites fort corrodées, irrégulièrement limitées, rendues troubles 
par des amas de sillimanite et renfermant un nombre extraordinai- 
rement grand de cristaux de pléonaste. Cette cordiérite a apparem- 
ment été englobée dans la roche en fusion et provient d'autres roches 
plus anciennes, du gneiss (qui toutefois n'apparaît nulle part à Ambon) 
ou du granité, que le mélaphyre a percées. La pâte est la pâte ordi- 
naire; elle renferme du plagioclase, de l'augite, un peu de bronzite, 
du minerai et du verre brun ou du verre grenu foncé, ainsi que de 
la chlorite. Mdaphyre à bronzite, avec inclusions de cordiérite. 

N**. 108d. Gounoung Kerbau, à 327 m. d'altitude. En échantillons, 
tout-à-fait analogue au n°. 108c. Au microscope, encore exactement 
la même roche que la précédente; elle contient aussi de grands py- 
roxènes, qui appartiennent à la bronzite, des olivines décomposées, 
et des fragments, à limites irrégulières, d'agrégats cristallins de quartz 
et de cordiérite enclavés par fusion dans la roche, qui ont fait monter 
la teneur en silice jusqu'à 60 pet. à peu près. Mélaphyre, avec bron- 
zite, quartz et cordiérite. 

N^ 108. Gounoung Kerbau, à 332 m. d'altitude. En échantillons, 
la même roche que les deux précédentes, aussi avec des cordiérites 
bleues et des fragments de teinte gris-jaunâtre, qui sont de la cor- 
diérite, avec inclusions de grains de quartz. Au microscope, les mêmes 
cristaux porphyriques, olivine (décomposée), plagioclase, bronzite et 
augite à la fois, minerai et grandes cordiérites corrodées, qui con- 
tiennent de nombreux grains de quartz. Les deux derniers minéraux 
se ressemblent fort, mais sous le rapport optique on peut aisément 
les distinguer. Quelques cordiérites présentent distinctement des stries 
de mâcles répétées. Dans la pâte, du plagioclase, de l'augite, du 
minerai et du verre en grains bruns ou foncés. Mélaphyre à bronzite. 

N°. 109. De la Waï Lawa, en amont de Tawiri, à 49 m. d'altitude. 



23? 

Bloc originaire d'une brèche. En échantillons, une brèche formée de 
morceaux brun-foncé à éclat demi-vitreux, tant soit peu poreux, gisant 
dans une pâte altérée brun-jaunâtre des mêmes matériaux, mais plus 
fins. Au microscope, un verre brun de chocolat, transformé dans les 
fissures en une matière brun-jaunâtre, trouble. Ce verre renferme de 
très petites baguettes de pyroxène, qui se groupent parfois en étoiles, 
et des granules de minerai. Grands pores gazeux. Les cristaux porphy- 
riques manquent; la roche a d'ailleurs tont-à-fait le caractère d'un 
verre de mHaphyre, comme on le rencontre en d'autres endroits, avec 
une teneur nette en olivine et se transformant aussi en un produit 
hydrofère brun-jaunâtre. 

N^. 110. De la Waï Lawa, affleurant dans le lit du ruisseau ; roche 
se séparant en prismes (fig. 41 de l'annexe IV). Roche grise, à grain 
fin, sans gros cristaux et aussi sans cavités. Au microscope on n'ob- 
serve, parmi les grands cristaux porphyriques, que quelques bronzites 
et augites, assez bien d'olivines qui, 1res exceptionnellement, sont 
encore inaltérées en partie, et de temps en temps un cristal de quartz 
corrodé, évidemment une inclusion étrangère. Pâte de plagioclase, 
pyroxène (le plus souvent de l'augite), minerai et verre grenu, foncé. 
Comme produits secondaires, de la calcite, de la serpentine et de la 
pyrite. Melaphyre, quartzifère. 

N°. 112. Roche affleurant dans le lit de la Waï Lawa, à 143 m. 
d'altitude. Gris-verdâtre, altérée, à grain fin. Dans les fissures, du 
quartz; dans les cavités, du calcaire spathique et de la calcédoine. 
Au microscope, roche fort altérée; à la place des olivines on trouve 
de l'opale, entourée de carbonates; l'opale polarise faiblement, en 
taches irrégulières, ainsi que c'est souvent le cas; pour de la calcé- 
doine la polarisation est beaucoup trop faible. Les carbonates, qui 
se sont déposés en formes sphériques, montrent, en sections, des an- 
neaux alternativement incolores et bruns: les premiers consistent en 
calcaire spathique, les autres, en dolomie, peut-être ferrugineuse, ce 
que l'on constate déjà à leur difîerence de solubilité et d'efîervescence 
par l'action de l'acide chlorhydrique à froid. Dans l'acide chaud, les 
anneaux bruns aussi se dissolvent rapidement. Les petites augites 
de la pâte sont en grande partie transformées en calcite et en chlo- 
rite. Les rectangles et les baguettes de plagioclase sont encore 



238 

limpides. Il y a encore du verre brun clair, mais en petite quantité. 
MHaphyre, altéré. 

N°. 125. Du Gounonng Latoua, cime avancée méridionale, à 809 m. 
d'altitude. Roche gris foncé, à grain fin, avec grandes cavités rondes, 
dans lesquelles s'est déposée une croûte d'une matière blanche, kaoli- 
neuse. Ressemble complètement aux roches du Kerbau. Au micros- 
cope, de l'olivine, encore une fois transformée entièrement en calcaire 
spathique, coloré en brun par de l'hydroxyde de fer ; du plagioclase; 
à la fois de la bronzite et de l'augite, parfois juxtaposées; tous ces 
éléments forment des cristaux porphyriques dans une pâte sombre, 
dans laquelle il y a des lamelles allongées et étroites de plagioclase 
limpide, et un verre brun clair, entièrement rempli de petites 
baguettes d'augite avec granules de minerai adhérents. Selon le 
Dr. P. H. VAN DER Meulen, assistant à Delft, la teneur de cette 
roche en acide silicique est de 50.31 pet. Mélaphyre. 

W. 150. Du Gounoung Latoua, pied nord, 660 m. d'altitude. Roche 
gris-clair, altérée, à cavités, analogue à la précédente. Au microscope, 
la même roche, avec beaucoup de chlorite dans la pâte et une masse 
de verre dévitrifiée par des cristallites, avec des baguettes et des fila- 
ments vert clair, auxquels sont suspendus des grains et des baguettes 
de minerai. Parmi les pyroxènes porphyriques, il y a plus d'augite 
que de bronzite, ces deux éléments sont parfois juxtaposés. M<?kp/i7/re. 

N". 149. Roche affleurant dans le lit de la Waï Ela, au confluent 
d'un petit cours d'eau, la Hatou Koï, à515m. d'altitude. Roche grise, 
à grain fin, avec cavités rondes où se sont déposés du calcaire spathi- 
que et de l'hydroxyde de fer. Au microscope, elle ressemble un peu 
à certaines diabases, mais le feldspath est beaucoup plus frais que 
dans ces roches anciennes, le n''. 147 p. ex. Quelques formes ap- 
partenant nettement à de l'olivine, remplies de spath calcaire et de 
chlorite; de l'augite, sans bronzite. Pas de gros plagioclases. Les 
cavités sont comblées par de beaux anneaux de spath calcaire alter- 
nativement bruns et ferrugineux ou blancs et purs. Par l'action de 
l'acide chlorhydrique froid, les derniers seuls font effervescense et se 
dissolvent rapidement; les autres ne se dissolvent que dans l'acide 
chaud. Outre l'hydroxyde de fer, ils renferment peut-être aussi de la 
magnésie, de sorte que ce seraient des anneaux de dolomie ferru- 



239 

gineuse alternant avec des anneaux de calcaire spathique. Il n'a pas 
été fait d'analyse spéciale des anneaux bruns. La pâte contient des 
baguettes de plagioclase très limpides, de l'augite, des grains de 
minerai, de la chlorite et du verre grenu, foncé. Mélaphyre. 

N''. 146. Paroi rocheuse à la rive droite de la Waï Ela, à 2 km. 
de Lima; à ce qu'il paraît, elle est recouverte de conglomérats et de 
br«>ches d'une andésite à biotite. En échantillons, cette roche est 
tout-à-fait analogue au n". 149; elle contient des cavités rondes, 
remplies sur les bords de minerai de fer brun ; au centre, des fibres 
de calcaire spathique, groupées en rayons, qui donnent une croix 
noire entre niçois croisés. Au microscope, elle contient uniquement 
quelques gros plagioclases, dans une pâte de baguettes de plagioclase, 
d'augite, de minerai et de verre sombre, grenu. Comme produits 
secondaires, du calcaire spathique, de la calcédoine et beaucoup 
d'hydroxyde de fer. Mélaphyre. 

W. 12 (recueilli en 1898) et n°. 12bis (recueilli en 1899). Roche 
de Tandjoung Tapi, décrite en détail plus haut (voir aussi fig. 63). 
En échantillons, roche de teinte grise ou gris-verdâtre ; à proximité 
de la croûte, elle est cependant plus foncée, par suite de la présence 
de particules riches en verre. Les parties inférieures de la croûte 
(c et b, fig. 63) sont ternes, noir foncé, et renferment déjà beaucoup 
de particules de verre; par suite d'une solidification brusque, la 
portion extérieure a s'est solidifiée comme du verre; cette couche 
extérieure, qui d'ordinaire n'a pas plus d'épaisseur que 2 mm., est 
d'un noir brillant et a l'éclat résineux. 

N°. 12, partie a de la fig. 63. Croûte de verre extérieure. Au mi- 
croscope, un verre pur, couleur chocolat, avec cristaux porphyriques 
d'olivine et des toufi*es brunes de criytallites. Les olivines, à peu près 
incolores, sont d'une fraîcheur idéale; dans les fissures seules il y a 
un commencement de décomposition en une matière brune; elles 
renferment en inclusions de petits octaèdres bruns, transparents, de 
picotite et des globules de verre brun-clair avec bulle d'air adhérente. 
Ces olivines se présentent non seulement en cristaux bien développés, 
limités par des faces places, mais encore en microlithes incomplets, 
très élégants, dont l'un d'eux est représenté dans la fig. 64. Le 
plagioclase et le pyroxène font complètement défaut. Les touffes 



240 

brunes consistent en filaments excessivement fins, qui sont entremêlés 
et superposés dans tous les sens et qui, à un fort grossissement, 
deviennent verdâtres et transparents II est probable qu'ils se com- 
posent de substance pyroxénique (augite) et que la couleur franche- 
ment brune des touffes doit être attribuée en partie au verre brun 
dans lequel elles gisent, et qui est vraisemblablement interposé aussi 
entre les cristallites les plus fins. Il se peut encore, que la teinte 
des filaments même soit d'un vert-brunâtre très léger, ce qu'on ne 
peut pas constater avec certitude au microscope. Le verre brun pur 
n'est altéré que très localement en une matière jaune terne qui, 
comme nous le verrons lorsque nous parlerons de la composition 
chimique, contient beaucoup d'eau et se comporte vis à vis du 
verre comme la palagonite par rapport à la tachylyte. Verre de 
meiaphyre. 

No. 12. Parties h et c de lafig. 63. Dans une section transversale, faite 
radialement à travers les sphères de mélaphyre, et par laquelle on 
coupe successivement a, h^ c Qi d dans la même plaque, on remar- 
que que de a vers h les touffes de cristallites augmentent en nombre, 
se rapprochent les unes des autres et finissent par être si serrées, que 
toute la pâte en devient trouble et qu'on ne voit plus nulle part de 
verre pur. Une section longitudinale par cette roche (h et c donnent 
la même image microscopique) fait voir seulement des olivines por- 
phyriques dans le verre dévitrifié ; elles sont en grande partie encore 
fraîches, mais une partie cependant en est déjà transformée et devenue 
jaune et brune. Les cristallites se sont disposés en forme de peigne 
ou de brosse autour de microlithes limpides, en forme d'aiguilles, 
qui paraissent appartenir à l'augite; car l'extinction en est parfois 
droite, mais le plus souvent oblique, et elles ont une teinte verte 
très claire, ainsi qu'on le verra mieux dans la roche suivante. Croûte 
de mélaphyre. 

N®. 12. Partie d de la fig. 63. Ceci est la roche principale, car la 
croûte, a, 6 et c ensemble, a à peine 3 cm. d'épaisseur; c'est seule- 
ment dans la croûte que l'on trouve l'olivine à l'état inaltéré; dans 
la roche principale toute l'olivine est complètement décomposée. Ici 
encore la pâte est un verre dévitrifié par des cristallites, qui contient 
de petits pyroxènes, en baguettes, filaments et grains, des grains de 



241 

rainerai et de longs microlithes de feldspath, en forme d'aiguilles, 
auxquels se sont fixés, à la façon d'une brosse, des microlithes encore 
plus petits. Ces longs microlithes de plagioclase sont limpides et in- 
colores, à extinction oblique, et ils ont une disposition radiale irré- 
gulière; entre ces rayons se sont déposés les cristaux de pyroxène 
et les cristallites. Quelques pyroxènes sont un peu plus grands, vert 
clair, renferment du minerai de fer et appartiennent à l'augite. En 
cristaux porphyriques rien que de l'olivine, totalement transformée 
en un hydroxyde de fer brun foncé, et qui paraît donc appartenir 
à une variété très riche en fer (hyalosidérite). Cette roche a tout-â- 
fait le caractère des roches du Kerbau et du Latoua, qui, elles aussi, 
ne contiennent plus d'olivine inaltérée. Mélaphyre. 

JVo. i2bis de la collection de 1899. La roche n°. 12bis^ recueillie en 
1899 à Tandjoung Tapi, est tout-à-fait analogue au n". 12 de 1898. 
Les plaques préparées de la croûte vitreuse du n". 12'jis sont iden- 
tiques à celles du n". 12, partie a. Elles contiennent, à côté de grands 
cristaux d'olivine, de nombreux microlithes incomplets d'olivine, dont 
on a représenté deux spécimens dans la fig. 65. En outre, cette roche 
renferme quelques plagioclases et augites porphyriques. Les cristalli- 
tes s'y sont réunis en partie sous forme de masses sphériques ou 
spheroïdales, dans lesquelles les filaments sont groupés plus ou moins 
radialement; quelques-uns de ces sphéroïdes contiennent au centre 
un cristal de feldspath. 

Composition chimique des Amboiiites. 

Les analyses chimiques suivantes de diverses Ambonites de Leitimor 
et de Hitou, j'en suis redevable à la bienveillance toute spéciale du 
Prof. Dr. Cl. Winkler (actuellement décédé), du Prof. Dr. 0. Brunck 
à Freiberg en Saxe, et de mon ancien collègue S. J. Vermaes, à 
présent professeur à Delft, lesquels ont fait en partie ces analyses 
eux-mêmes et ont fait exécuter les autres, sous leur direction, dans 
les laboratoires de chimie de l'Académie des mines à Freiberg en Saxe 
et de l'Ecole Polytechnique à Delft. 

En ce qui concerne la composition des andésites, il importe de 
faire observer que certains éléments, notamment le quartz, la cordié- 
rite et le grenat, qui sont en partie d'origine étrangère, sont distribués 

16 



242 

dans ces roches d'une manière tellement irrégulière, que non seule- 
ment des échantillons différents d'un même gisement, mais parfois 
même des parties différentes d'un seul et même échantillon contien- 
nent des quantités variables de ces minéraux, et doivent donc néces- 
sairement présenter une composition différente. C'est pourquoi, on a 
toujours réduit en poudre fine des morceaux volumineux et aussi 
frais que possible, et de cette poudre on a pris un échantillon pour 
le soumettre à l'analyse. 

Quant aux mélaphyres, il faut faire une distinction entre deux 
groupes: d'abord ceux de Tandjoung Nousaniwi, Tandjoung Tapi, du 
Gounoung Latoua et de la Waï Ela, qui ne renferment ni quartz ni 
cordiérite; en second lieu, ceux de la Waï Leleri, à Leitimor, du 
Gounoung Kerbau et de la Waï Lawa à Hitou, qui contiennent ces 
minéraux en formes très corrodées, lesquelles doivent être considérées 
comme des inclusions étrangères, enlevées à du gneiss ou à du granité, 
lorsque ces roches ont été percées par le mélaphyre. Ce dernier groupe 
est naturellement beaucoup plus acide que les mélaphyres sans quartz, 
de sorte que leur teneur en acide silicique peut se rapprocher de 
celle de certaines andésites à bronzite. Toutefois, ce mélaphyre se 
distingue nettement, dans ce cas, de l'andésite à bronzite, par la 
teneur beaucoup plus faible en alumine et la proportion plus forte 
de chaux et de magnésie. 

La sécrétion de cordiérites dans les andésites à bronzite, qui sans 
doute avait lieu partiellement dans le magma lui-même, est une 
conséquence d'une sursaturation de ce magma par de l'alumine, 
probablement à la suite de la fusion de schiste argileux ou de frag- 
ments à cordiérite provenant de roches anciennes (granité ou gneiss), 
suivie d'une recristallisation dans le magma de cordiérite avec silli- 
manite et pléonaste, par suite d'une modification dans les conditions 
chimiques et physiques. Il me semble aussi qu'une partie du grenat, 
savoir les cristaux qui ont une forme cristalline franche et qui ne 
présentent pas de bord trouble de kélyphite, s'est cristallisée dans 
l'intérieur du magma. 



24È 





N' 


\ 164. 


N". 191 (a). 


N". 191(6) 


SiO' 


r= 


75.62 


76.51 


78.01 


APO^ 


— 


11.50 


12.37 


12.10 


Fe^O^ 


=r 


— 


0.48 


0.77 


FeO 


= 


1.39 


1.58 


0.93 


MgO 


= 


0.39 


traces 


0.20 


CaO 


= 


1.95 


0.95 


0.70 


K^O 


— 


4.68 


4.96 


3.66 


Na'-O 


:=: 


3.17 


4.21 


2.82 


H^O 


:z^ 


1.65 


1.43 


0.65 








TiO^ = 0.03 


Ti02 = traces 


Total 


100.35 


102.52 


99.84 



Le n». 164 est la liparite de la cascade Embouang, dans la rivière 
Taïsoui, à Hitou ; elle a été analysée par M. D. Funk, premier assis- 
tant au laboratoire de l'Académie des mines à Freiberg, en Saxe. 

Le n\ 191 est la liparite de la Waï Polang, à Leitimor; (a) a été 
analysée par le Prof. S. J. Vermaes, à Delft, et (b) par M. D. Funk 
à Freiberg en Saxe. 

La composition de ces deux roches est à peu près la même. La 
forte teneur en potasse montre qu'on a affaire à des liparites et non 
à des dacites, bien que le plagioclase prédomine parmi les cristaux 
porphyriques. La comparaison de ces analyses avec celles des anciens 
porphyres quartzifères nos. i et 64, données plus haut, fait voir que 
les premières roches présentent non seulement une teneur plus forte 
en alumine et en chaux, mais surtout en soude; pour le reste, elles 
correspondent assez bien. Le morceau du n°. 191 analysé à Delft, 
provenant d'une roche très pauvre en biotite, paraît ne pas avoir 
contenu de biotite du tout, car on n'y a trouvé que des traces de 
magnésie. 

N". 16. Andésite à bronzite^ du flanc ouest du mont Touna, à Hitou ; 
enlevée à de gros blocs dans la petite rivière Tamboro, à 369 m. 
d'altitude. Renferme de la cordiérite avec inclusions de sillimanite 
et de pléonaste, du grenat, ainsi qu'un peu de quartz. Quelques 



244 

échantillons contiennent de gros cristaux de quartz, longs de 20 mm, 
mais ces morceaux là n'ont pas été choisis pour l'analyse. 

Poids spécifique = 2.524. 

SiO^ = 60.94. 

APO^ = 17.80. 

FeO = 5.20 (et Fe^O^). 

MgO = 2.33. 

CaO = 3.35. 

K^O = 4.88 (2.46). 

Na'-O = 1.29 (2.77). 

H^O = 3.21. 



Total . . . = 99.00. 

Analysée par M. Ernst Curt Sieber de Schneeberg, en Saxe. 

La teneur en potasse (4.88) m'a paru trop élevée, car, d'après l'ana- 
lyse microscopique, il n'existait pas de sanidine dans la roche, ou 
du moins il n'y en avait que fort peu. Aussi, une nouvelle analyse, 
faite par M. F. A. Unger, caiididat-ingénieur des mines à Delft, a-t- 
elle donné K' O = 2.46, Na^ O = 2.77, chiffres dont on a fait usage 
dans le calcul ci-dessous. 

Il importe d'examiner si nous avons encore affaire ici à un magma 
sursaturé d'alumine, ainsi qu'on l'a déjà fait voir pour diverses an- 
désites contenant de la cordiérite. 

Dans le mémoire trrs remartiuable de Jozef Morozewicz, Experi- 
mentelle Untersuchungen uher die Bildung der Minérale im Magma 
(Tschermak's Mineralogische und Petrographische Mittheilungen, XVIII 
1899, S. 1—90 und 105—240) l'auteur donne, à la page 69, trois 
analyses de roches à cordiérite qui sont en même temps riches en 
acide silicique et qui, d'après les rapports moléculaires de K' -f- 
Na'0-i-CaO, MgO, AP-O-^ et Si O^, sont toutes les trois sursaturées 
d'alumine relativement aux bases de silicate d'alumine. Un calcul 
analogue, fait pour notre roche n". 16, fait voir qu'elle fait tout-à-fait 
partie du même groupe. Je réunis ici les quatre analyses. 



245 



Fe'0= 





I 


II 


III 


IV 


SiO^ 


1= 60.14 


64.54 


63.75 


60.94 


TiO^ 


:= 


0.79 


— 


— 


Al'O^ 


= 18.10 


19.16 


17.62 


17.80 


FeO 


= 6.80 


7.28 


6.26 


5.20 


CaO 


— 5.80 


2.47 


2.50 


3.35 


MgO 


= 5.15 


3.89 


3.41 


2.33 


K^O 


= 1.18 


1.13 


2.40 


2.46 


Na^O 


= 2.89 


0.57 


1.75 


2.77 


H^O 


:= — 


2.25 


2.77 


3.21 



Total. . 99.56 101.53 100.46 98.06 
I est un produit artificiel de fusion, où .s'est séparé delacordié- 
rite (MoRozEWicz). 
II est une vitrophyrite à cordierite de l'Afrique du Sud, d'après 

MoLENGRAAFF (Neues Jahrb. f. Min. 1894 1, p. 79). 
m est une andésite à mica, à cordierite et riche en verre, de la 
colline Hoyazo (Cabo de Gâta), d'après Osann. (Zeitschr. d. d. 
geol. Gesellschaft XIv, 1888, S. 701). 
IV est notre andésite à bronzite n°. 16 du mont Touna à Ambon, 
renfermant de la cordierite et du grenat (les alcalis, d'après 
M. Unger). 
Les rapports moléculaires de ces roches sont: 



KK) H- Na'O 4- CaO : MgO 



I . . . . 0.87 : 0.72 

II ... . 0.35 : 0.45 

m . , . . 0.57 : 0.49 

IV ... . 0.75 (^) : 0.33 

On voit donc, que dans ces quatre roches le magma était 

sursaturé d'alumine par rapport aux bases de silicate d'alumine. Dans 

un tel magma il se peut que, dans diverses circonstances, dépendant 



APO^rSiO 



1 :5.62(') 

1 : 5.70(0 

1 :6.12('^ 

1 : 5,80 



(1) Les chiffres trouvés pour I, II et 111 présentent de légers écarts avec ceux donnés 
par MoROZEAvicz, probablement parce que, en reprenant les calculs, j'aurai fait usage de 
poids atomiques un peu différents. Je me suis servi de ceux admis par F. W. Clarke 
(The constants of nature, Part V, 1897). 

(2) Quand on se sert des quantités d'alcali trouvées par M. Sieber, ce chifïre se 
change en 0.76. 



246 



principalement des proportions relatives de MgO et de SiO- données 
par MoRozEWicz, il cristallise un ou plusieurs des minéraux : spinelle 

(pléonaste) ( j ^Iq, APO^) , sillimanite (APO^ SiO^), et, en présence 

de MgO, FeO et beaucoup d'acide silicique, aussi de la cordiérite 

(2R0, Si02-}-2R20^ 3 SiO^ où R = Mg, avec plus ou moins de Fe). 
No. 21. Roche vitreuse et brecheuse, ressemblant à de l'obsidienne; 

tuf vitreux silicifié ou sable vitreux d'andésites, de la Waï Loula, 

côte nord de Hitou. Poids spéc. z^ 2.296. 

Acide silicique . . . . z= 75.84 
Oxyde d'aluminium . . := 9.96 

Oxyde de fer = 0.49 

Oxydule de fer . . . . = 1.71 
Oxyde de calcium . . := 1.11 
Oxyde de magnésium . . = 0.18 
Oxyde de potassium . . =r 2.26 
Oxyde de sodium . . . =: 1.82 
Eau = 5.36 

Total . , 

été faite par le Prof 



= 98.73 
Dr. Otto Brunck, à Freiberg 



L'analyse 
en Saxe. 

N". 101. Melaphyre de la côte de Leitimor, au nord-est du cap 

Nousaniwi. Séparée en formes sphériques et présentant des croûtes de 

verre, que l'on enleva avec soin avant de pulvériser l'échantillon. 

Poids spécif. =: 2.404. 

Acide silicique .... = 47.03 

Oxyde d'aluminium . . := 16.10 

Oxyde de fer = 5.55 

Oxydule de fer . . . . = 3.03 
Oxyde de calcium . . . =z 9.60 
Oxyde de magnésium . = 7.08 
Oxyde de potassium . . = 0.98 
Oxyde de sodium . . . = 3.79 
Eau = 7.16 



Total . . . — 100.32 
Analysé par M. Franz Jaronski, de Kielce en Russie. La teneur en 
eau doit être mise sur le compte de la serpentine et de la chlorite 
de cette roche. 



247 



N**. 102. Croûte vitreuse foncée du melaphyre 


n". 101. 




Poids spécif. = 


2.642 






Acide silicique . . . 


. = 


50.18 




Acide titanique . . . 


:= 


1.53 




Oxyde d'aluminium . 


= 


16.19 




Oxydule de fer . . . 


. = 


8.47 




Oxyde de calcium . . 


zn 


10.56 




Oxyde de magnésium 


=: 


7.41 




Oxyde de potassium . 


. = 


0.59 




Oxyde de sodium . . 


. = 


2.43 




Chlorure de sodium . 


. =: 


0.08 




Acide sulfurique. . . 


= 


0.17 




Eau . 

Total . . 


. — 


2.60 




— 


100.21 



Analysée par M. Theodor Doring, Assistent-Hûtteningenieur à 
Freiberg. 

Cette croûte vitreuse a donc, en général, la même composition que le 
melaphyre n**. 101 ; elle est seulement un peu phis acide et contient 
beaucoup moins d'eau, parce que les minéraux du verre sont encore 
très frais. 

N°. 102*. Produit de décomposition jaune du verre n". 102. 

Poids spécif. = 2.258. 

Acide silicique . . . . = 40.00 

Acide titanique . . . . = 1.65 

Oxyde d'aluminium . z=z 15.53 

Oxyde de fer ^= 3.54 

Oxydule de fer .... = 1.27 

Oxyde de calcium . . . — 7.76 

Oxyde de magnésium. . = 0.58 

Oxyde de potassium . . = 3.39 

Oxyde de sodium . . . = 3.97 

Acide carbonique . . = 3.37 

Eau = 19.44 



Total 



= 100.50 

tie par l'acide chlorhydrique. 
Analysé par M. Theodor Doring, Assistent-Hûtteningenieur à Freiberg. 



La matière se décompose en grande par 



248 



N*^. 103. Melaphyre de Tandjoung Nousaniwi, couche supérieure, 


ns croûtes vitreuses. 






Poids spécif. = 2.576 




Acide silicique . . . 


z=: 


48.48 


Oxyde d'aluminium 


— 


15.68 


Oxyde de fer . . . . 


= 


4.13 


Oxydule de fer . . . 


z^. 


3.29 


Oxyde de calcium . . . 


zzz 


11.00 


Oxyde de magnésium. 


:= 


7.17 


Oxyde de potassium . 


. =1 


0.63 


Oxyde de sodium . . 


ZZIZ. 


3.55 


Eau . 


= 


6.05 


Total . . 


— 


99.98 



Analysé par M. Johann Sigismund von Winarski, à Jekaterinoslaw, 
en Russie. 

La composition ne diffère que fort peu de celle du melaphyre n*^ 101. 
Ici encore la teneur en eau doit être attribuée en grande partie aux 
produits de décomposition de l'olivine et du pyroxène. 

N°. 108d. Melaphyre du Gounoung Kërbau, à Hitou, avec quartz et 



cordiérite fondus dans la roche et provenant de roches plus anciennes. 


Poids spécif. = 


- 2.596 




Acide silicique . . . 


. = 


59.01 (') 


Oxyde d'aluminium 


zzz 


12.93 


Oxyde de fer . . . 


=: 


■ 2.77 


Oxydule de fer . . 


. = 


6.36 


Oxyde de calcium . 


=^ 


6.32 


Oxyde de magnésium 


=:: 


4.78 


Oxyde de potassium 


. . = 


2.50 


Oxyde de sodium . 


. ~ 


0.92 


Acide phosphorique 


= 


traces 


Eau 


. . = 


4.48 



Total . . . = 100.07 
Analysé par M. Iwan Balbareff de Tatar-Baurtschi, en Bessarabie. 
Bien que par suite de la fusion de fragments acides dans la 
masse, la teneur de la roche en acide silicique soit à peu près 



(1) Dans un autre échantillon, la teneur en acide silicique était de 59.88 pet., d'après 
la détermination du Dr. P. H. van der Meulen, assistant à l'Ecole polytechnique de Delft. 



249 

aussi forte que celle de l'andésite k bronzite n". 16 du Touna, nous 
avons néanmoins affaire à une tout autre roche. C'est ce que montre 
la proportion bien plus faible d'alumine et la teneur beaucoup plus 
forte en chaux et en magnésie; ce qui a pour conséquence que les 
rapports moléculaires K^O + Na^O + CaO: MgO : AP O' : SiO^ sont 
tout à fait différents de ceux de la roche n°, 16. En effet, nous trouvons 
ici 1.22 : 0.94 : 1 : 7.73, de sorte que le magma n'est pas sursaturé 
d'alumine par rapport aux bases de silicate d'alumine. Il ne pouvait 
donc cristalliser, dans ce magm.a, ni cordiérite, ni sillimanite, ni spi- 
nelle (pléonaste). La cordiérite, qui existe dans la roche, appartient 
exclusivement à des fragments plus anciens, d'origine étrangère; et 
il en est de même du quartz. 

N°. 125. Mélaphyre du contrefort méridional du Gounoung Latoua, 
à 809 m. d'altitude. 

Si 0^:= 50.81 pet. 

Détermination du Dr. P. H. van der Meulen, assistant à l'Ecole 
polytechnique de Delft. 

N°. 218. Mélaphyre en gros blocs à la côte nord de Hitou, à 185 m. 
à l'est de la petite rivic're Waoulou. 

Si 02 — 50.32 pet. 

Détermination du Prof. S, J. Vermaes, à Delft. 

N'*. 69. Liparite de la rivière Taïsoui, sur la route de Waë au 
Salahoutou. Deux échantillons de cette roche ont été analysés au 
point de vue de leur teneur en acide silicique. 

Si 0^=74.15 pet. d'après le Prof. S. J. Vermaes à Delft. 

Si 0^ = 73.58 pet., après dessiccation à 110° C, d'après le Dr. F. 
Beijerinck à la. Haye. 

IV. Dépôts tertiaires supérieurs et quaternaires. 

Sur la carte n". I, on peut voir la répartition des jeunes sédiments 
à Hitou. Ils forment une grande partie de la surface de l'île, et recou- 
vrent et environnent toutes les autres formations, à l'exception de 
l'alluvium. La limite avec les Invches et conglomérats éruptifs, qui 
par altération ressemblent souvent fort à de jeunes sédiments, n'a 
pu être indiquée qu'imparfaitement à cause de la végétation épaisse 



250 

et des dénudations rares ; elle ne pourrait être déterminée exactement 
que par une exploration détaillée, faite avec beaucoup de soin. 

La hauteur à laquelle arrivent ces sédiments est très considérable 
à Hitou, et peut être évaluée à plus de 500 m.; en quelques points 
elle est plus grande, en d'autres moins grande, car le soulèvement 
s'est produit d'une manière irrégulière. Les parties supérieures du Touna 
(875 m.), du Walawaà (815 m.) et du Loumou loumou (748 à 782 m.), 
nous ne les rangeons plus parmi les sédiments, mais nous les consi- 
dérons comme des projections incohérentes, altérées, d'un ancien point 
d'éruption. A Hitou, le calcaire corallien n'atteint pas l'altitude de 
500 m., mais il s'en rapproche cependant; dans la partie occidentale, 
le calcaire jeune arrive jusqu'à 423 m., dans la partie orientale, 
jusqu'à 465 m. d'altitude. Le long de la côte, entre Asiloulou et Saïd, 
on trouve du calcaire jusqu'à 10 m. d'altitude; entre Saïd et Hila, 
à 90 m.; à Alang, dans la rivière Alang lama, à 42 m. et au-dessus 
de Hatou, en deux couches, respectivement de 180 à 135 et de 202 
à 225 m. Dans la couche supérieure existe la grotte oLiang liawat». 
Dans le sentier qui conduit à la roche -Batou douwa", la couche 
inférieure n'atteint qu'une altitude de 89 m., ce qui indique un 
écart de la position horizontale. 

Toute la partie centrale de Hitou consiste en matériaux incohérents 
et en calcaire corallien, entre lesquels la roche éruptive n'apparaît 
que dans le lit des rivières et en quelques autres points encore. Le 
mélaphyre du Kerbau se recouvre aussi de matériaux meubles jusqu'à 
414 m. du côté nord-nord-ouest ; une partie de ces matériaux a glissé 
jusqu'en bas lors du tremblement de terre de 1898. 

Le plus haut point de cette portion moyenne est le Gounoung 
Damar, à 469 m. d'altitude, sur la route de Hatiwi besar à Hila. 
A proximité de ce point, le calcaire corallien forme deux couches, 
entre 410 et 423 m. d'altitude, séparées par des brèches d'une roche 
vitreuse ; une troisième couche est située dans le même sentier, mais 
plus au sud, à l'altitude de 176 à 180 m., tandis que près de la côte 
du nord le calcaire corallien ne se rencontre pas à plus de 90 m. 
au-dessus du niveau de la mer. 

La position des couches sur la route de Roumah tiga à Hitou lama 
mérite une description spéciale. Cette route est représentée dans la 



251 

tig. 8 A, annexe II, à l'échelle 1 : 20000, d'après notre nouveau relève- 
ment. La fig. 8 B donne un profil de cette route suivant la ligne 
nord-sud; les distances et les altitudes sont à la même échelle 
1 : 20000, tandis que dans le profil fig. 8 C les hauteurs ont été 
agrandies 4 fois relativement aux longueurs, afin de mieux faire 
ressortir les difi'érences d'altitude. Enfin, la fig. 8 D donne une section 
transversale des couches à proximité de la rivière Maspaït, dans la 
petite cime située au sud du passage de ce cours d'eau, que quelques- 
uns nomment G. Maspaït et qui atteint 217 m. d'altitude. 

En arrière de la plaine alluviale de Roumah tiga, large de 1200 m., 
la route monte immédiatement, en pente raide, sur des brèches in- 
cohérentes, du sable avec enclaves de fragments d'andésite; cette 
montée a lieu en terrasses, mais celles-ci ne sont ni aussi belles 
ni aussi bien limitées qu'en arrière d'Ambon. La première couche 
de calcaire corallien atteint l'altitude de 56 à 60 m.; à 85 m. on 
rencontre des blocs d'une brèche compacte de roche vitreuse; de 
119 à 136 m. vient une deuxième couche de calcaire, épaisse; 
de 156 à 168 m. la troisième couche calcaire. La route monte à 
présent très légèrement, sur du gravier de matériaux éruptifs, et 
arrive à une terrasse faiblement inclinée jusqu'à 180 m. d'altitude. 
En cet endroit commence une marne calcaire, tendre, argileuse, 
blanche par altération, qui continue jusqu'à l'altitude de 207 m. et 
se recouvre ensuite, jusqu'à la cime du monticule Maspaït (217 m.), 
de calcaire corallien ordinaire, compacte et dur. 

En descendant vers la rivière Maspaït, on reste sur ce calcaire 
corallien jusqu'à 187 m.; plus bas, il fait place au calcaire marneux 
tendre, qui affleure aussi dans le lit de la rivière Maspaït, à 158 m. 
d'altitude. La roche s'est déposée en couches peu distinctes, dont 
Dr=355°, 1 = 9 à 12° vers l'ouest; elle contient beaucoup de gravier 
ainsi que des fragments d'une andésite riche en verre (n". 45), que 
nous avons décrite plus haut, et on peut la suivre, tant en aval 
qu'en amont du pont jeté sur la rivière, dans le lit de celle-ci A la 
montée sur la rive droite, on reste sur le calcaire tendre jusqu'à 
189 m. d'altitude; au-delà, il ne se recouvre pas de calcaire corallien, 
mais d'argile rouge avec de petits fragments de roche éruptive; et 
c'est seulement à l'altitude de 227 à 233 m. qu'on observe de nouveau 



252 

du calcaire corallien rcpudant sur Targile brune; c'est en même temps 
le dernier calcaire situé de ce côté de la ligne de faîte. C'est pro- 
bablement la même couche que celle du mamelon Maspaït, qui a 
été enlevée partiellement par la rivière Maspaït; cette couche aurait 
ainsi une inclinaison très faible de 0° 50' vers le sud (voir fig. 8 C). 
Jusqu'à la ligne de faîte, qui se trouve à 283 m. d'altitude, et qui 
se nomme G. Tanah Tjoupak ou Pohon pisang, on ne voit sur la 
route que de l'argile brun rouge, parfois avec un petit morceau 
de roche vitreuse. A la descente vers la côte nord, on passe par la 
petite cime Helat (264 m); puis on descend rapidement jusqu'à 
230 m. et l'on arrive à une terrasse, qui a une pente légère vers le 
nord et se prolonge jusqu'à 210 m. A 195 m., on rencontre de 
nouveau des blocs de la roche vitreuse et brécheuse (n^'. 48), décrite 
plus haut, à laquelle succède la couche de calcaire corallien la plus 
haute, de 169 à 142 m., divisée en 5 parties, entre lesquelles apparaît 
de l'argile brune, par suite de l'altération et de l'affouillement du 
calcaire, qui peut d'ailleurs s'être déposé sur une surface inégale. 
L'inclinaison de cette couche est de 2° 86' au nord; elle est exacte- 
ment de même grandeur que la pente de la terrasse, de 230 à 210 m., 
dont il vient d'être question (voir fig. 8 C'), ce qui indique bien un 
soulèvement du terrain. En dessous de cette première couche calcaire, 
depuis 141 jusqu'à 54 m., vient une couche très épaisse, ou plutôt une 
série de couches calcaires, alternant avec des débris de coraux en branches 
et de coquilles, et un peu de sable de roches éruptives ; puis vient la 3e, 
de 42 à 38 m. ; la 4e, depuis 31 jusqu'à 26 m. et enfin la 5^ couche de cal- 
caire corallien, depuis 17 jusqu'à 9 m. Ces couches sont séparées par de 
l'argile brune et du gravier quaternaires, auxquels on ne peut reconnaître 
aucune inclinaison. Là commence la plaine alluviale de Hitou lama. 

On peut donc constater ici, du côté nord de la ligne de faîte, une 
inclinaison des couches supérieures de 2V2° environ dans une direc- 
tion sud-nord; du côté sud, le redressement est plus faible, et n'atteint 
pas même 1°. 

Comme le calcaire corallien du monticule Maspaït occupe ainsi 
une position sensiblement horizontale, et que par contre le calcaire 
marneux, tendre, sous jacent présente une inclinaison de 9 à 12° vers 
l'ouest, la première roche repose en stratification discordante sur la 



253 

seconde; nous avons peut-être affaire ici de nouveau à du calcaire 
pliocène recouvert de calcaire quaternaire, distinction que nous avons 
pu faire aussi à I^eitimor. S'il en était ainsi, le calcaire quaternaire 
s'élèverait, à ïiitou, jusqu'à 233 m.; les terrasses quaternaires, du 
côté du nord, aussi jusqu'à 230 m., tandis qu'à Leitinior l'altitude 
de ces dernières ne dépasse pas le plus souvent 170 m. ; cependant, 
en arrière de Jjata, elles montent jusqu'à 211 m. Ces dififérences sont 
si faibles qu'on peut les expliquer aisément par une diâérence dans 
le degré de soulèvement et une différence d'inclinaison des dépôts, 
qui ne sont pas parfaitement horizontaux. 

Lors du tremblement de terre de janvier 1898, il s'était produit, 
dans la paroi abrupte quaternaire au sud-est de Wakal, un grand 
éboulement qui permit de bien observer la composition de ce mur. 
La fig. 37 de l'annexe IV donne une représentation de cet éboule- 
ment. La partie supérieure k h consistait, pour les 10 à 15 m. les 
plus élevés, en une couche massive de calcaire corallien, correspon- 
dant à la couche supérieure au-dessus de Hitou lama, sur la route 
de Roumah tiga (de 169 jusqu'à 142 m.); la partie supérieure de 
l'éboulement est à 166 m. d'altitude. Sous cette couche calcaire 
viennent des couches alternatives de gravier, principalement des débris 
de branches de corail et de coquilles, entremêlées d'un peu de sable 
et de gravier plus grossier de roches éruptives; ces couches doivent 
correspondre à celles qui existent au-dessus de Hitou depuis 141 
jusqu'à 54 m. d'altitude, que nous avons décrites ci-dessus, et qui se 
composent aussi de couches alternatives de calcaire et de débris de 
calcaire. Le mur escarpé, haut de 46.5 m., s'est éboulé et a recou- 
vert d'une avalanche de pierres le versant de la montagne, de h en 
(X, depuis 119 5 jusqu'à 63.7 m. De gros blocs calcaires forment, avec 
des fragments d'une brèche de coraux en branches et de coquilles, 
la masse principale des décombres. Entre cet éboulis et la côte, il 
y a de nouveau des brèches de coraux et aussi des couches com- 
pactes de calcaire; le long de la côte existe une bande étroite d'alluvium. 

Nous continuons maintenant notre route vers l'est, et nous ren- 
controns le premier calcaire corallien des hauteurs sur le sommet 
du G. Eri, à l'altitude de 438 à 465 m. ; ce sont peut-être deux 
couches calcaires voisines, séparées par des brèches, ce dont on ne 



254 

pouvait s'assurer à cause d'un éboulis de blocs de calcaire et par 
la végétation. Une deuxième couche se trouve plus bas, de 218 à 
222 m. d'altitude. Il est tout naturel d'admettre que ces deux couches 
sont les mêmes que les 2 couches de calcaire du sentier de Batou 
loubang à Hila, qui se trouvent respectivement aux altitudes de 
176 à 180 m. et de 410 à 423 m. Si l'on considère les dernières 
comme le versant gauche, et les premières comme le versant droit 
d'un pli synclinal (fig. 62), il suffit d'une inclinaison très faible 
pour mettre les deux couches calcaires supérieures en rapport 
avec la couche la plus haute, qui affleure à 233 m. (au nord de la 
Waï Maspaït), sur la route de Roumah tiga à Hitou lama. J'ai 
calculé qu'une inclinaison de 1° 53' du G. Damar au calcaire de 
233 m., et de 2° 7' depuis ce calcaire jusqu'au G. Eri, est suffisante. 
Ces valeurs sont si faibles, et une légère inflexion des dépôts, en 
forme de bassin, est, d'après la configuration du terrain, si vraisem- 
blable, que je n'hésite pas à considérer ces divers calcaires comme 
appartenant à une seule et même couche. Une grande partie de 
cette couche a été enlevée dans la suite des siècles; on en trouvera 
peut-être encore d'autres parties que celles qui sont indiquées sur 
notre carte, quand le terrain sera relevé et exploré géologiquement 
dans tous ses détails. La couche calcaire située plus bas, de 176 à 
180 m., au-dessus de Batou loubang et de 218 à 222 m., adossée au 
G. Eri, peut correspondre à l'une des trois couches plus basses situées 
au-dessus de Roumah tiga; on ne sait pas au juste avec laquelle, 
car les deux autres manquent aux versants droit et gauche. Si l'on 
admet qu'elle correspond à la couche calcaire la plus basse, qui, 
au nord de Roumah tiga, se trouve à 60 m. d'altitude, la pente devient 
1° 7' au versant ouest et 1'' 12' au versant est, valeurs moindres, 
comme on voit, pour cette jeune couche que pour la couche plus 
âgée située plus haut. Nous avons observé la même chose à Leitimor, 
et il en doit-être ainsi, si notre théorie des soulèvements périodiques 
est exacte. Les chiffi-es donnés pour les inclinaisons des couches sont 
naturellement approximatifs, puisqu'il a été admis que l'érosion a 
été également active en divers points de la même couche; une 
hypothèse qui ne peut pas s'écarter beaucoup de la réalité, mais 
qui toutefois peut ne pas être tout-à-fait exacte. On doit se rappeler 



255 

aussi que dans la partie la plus basse du pli, qui coïncide sen- 
siblement avec la route de Roumah tiga à Hitou lama, les couches 
ne sont pas complètement horizontales, mais qu'elles forment un 
pli anticlinal fort peu prononcé, ainsi qu'on l'a vu plus haut. 

Le long de la côte du nord -est il n'apparaît que fort peu de cal- 
caire corallien; à Tandjoung Morela, il y a une couche calcaire 
reposant sur des brèches, à peu près de 90 à 100 ra. d'altitude; à 
la côte même on trouve çà et là un peu de calcaire, entre autres à 
Tandjoung Hatou memanou et à Tandjoung Moki. 

A partir de Roumah tiga, en allant vers l'est, on rencontre, en 
arrière de la plaine alluviale, le plus souvent immédiatement du 
calcaire corallien, qui parfois arrive jusqu'à la mer, p. ex. entre les 
petites rivières Gourou gourou këtjil et Gourou gourou besar, où le 
sentier fort inégal monte jusqu'à l'altitude de 35 m. sur du calcaire ; 
plus loin, à Dourian patah (13 à 17 m. d'altitude); à l'ouest de 
Souli, où la route s'étend sur une le terrasse, formée par la surface 
de la couche calcaire la plus basse (23 m. d'altitude); enfin, à 
l'ouest de Tial, où la route monte sur du calcaire jusqu'à 30 m., et 
à Tandjoung Tial, où le calcaire corallien descend dans la mer par 
un mur escarpé, de 5 m. de hauteur. 

A Tëngah tëngah, on trouve des parois abruptes de conglomérats 
d'andébite à bronzite, et là-dessus diverses bordures de calcaire qui, 
plus au nord, arrivent à la côte. Le rocher «Batou anjout>', où jaillit 
une source thermale, consiste aussi en conglomérats et non en calcaire. 

Les deux pointes, dans lesquelles Hitou se termine à l'est, se com- 
posent tout-à-fait de jeunes sédiments, conglomérats et brèches, ainsi 
qu'un gravier fin d'andésites avec de nombreuses bordures de corail, 
dont quelques-unes, vues de la mer, se reconnaissent distinctement 
comme des terrasses; elles ont d'ailleurs été observées déjà par diffé- 
rents voyageurs, entre autres par Forbes et Semon. 

Dans le monticule situé au sud-est de Liang, à proximité du cap 
Batou item, on peut reconnaître 5 bordures différentes de corail, 
depuis l'altitude de 50 m. jusqu'au sommet, qui s'élève jusqu'à 213 m.; 
et au-dessous de 50 m. on peut en observer encore quelques-unes, 
mais le nombre en est variable, car elles sont séparées par des cou- 
ches de brèches et de conglomérats d'épaisseur inégale et se réunissent 



256 

de temps en temps. Les contreforts du Gounoung Lapiarouma (511 m.) 
présentent aussi des bordures de corail jusqu'à 160 m. d'altitude 
environ et des brèches incohérentes à peu près jusqu'à 250 m. Si 
l'on observe de la mer cet angle nord-est de Hitou, c.-à-d. du nord- 
ouest, la structure en forme de terrasses saute immédiatement aux 
yeux, ainsi qu'on peut le voir à la fig. 51 de l'annexe IV, où 4 degrés 
sont nettement reconnaissables. 

A l'angle sud est de Hitou sont situées les deux montagnes cal- 
caires Eri wakang (263 m.) et Houwé (348 m.), avec la cime avancée 
Paoung au sud-est. Elles sont représentées dans la fig. 52 de l'an- 
nexe IV. Entre l'Eri wakang et le Houwé passe le sentier qui con- 
duit de Souli à Toulehou, et qui, au point le plus haut, n'atteint 
que 77 m. d'altitude. On peut distinguer ici 7 couches calcaires, al- 
ternant avec des conglomérats de blocs éruptifs; les sommets des 
deux montagnes se composent entièrement de calcaire. 

En ce qui concerne la position de ces couches, je n'ai pu obtenir 
des données suffisantes; le tout paraît être horizontal. Néanmoins, 
je considère comme probable que les couches de l'Eri wakang et du 
Houwé, ainsi que celles du Lapiaroiuna et du cap Batou item forment 
de faibles plis synclinaux; qu'elles tournent donc leurs têtes vers la 
mer; et, qu'à la côte est de Hitou il existe une faille, tout comme à la 
côte orientale de Leitimor, à Touwi sapo. Cependant il faudrait des 
mesures et des explorations faites avec beaucoup de soin pour l'éta- 
blir avec certitude. 

Les îles près d'Asiloulou, Ela, Hatala et Laïn, consistent en pro- 
duits quaternaires, principalement en calcaire corallien; néanmoins, 
du côté de l'est, il y a aussi çà et là des conglomérats et des brèches 
de roches éruptives. Poulou Pombo, à hi côte orientale, est un banc 
de sable qui s'élève peu au-dessus de la mer; mais au-dessous de 
lui il y a probablement du calcaire corallien ou de la brèche, à une 
faible profondeur. 

La composition des dépôts pliocènes et quaternaires à Hitou est 
tout-à-fait la même qu'à Leitimor; la roche prédominante est formée 
par des conglomérats, des brèches et du gravier incohérent d'andé- 
sites et de mélaphyres, renfermant aussi çà et là des fragments de 
granité, de diabase et de péridotite, là où ces roches existent à proxi- 



û6i 

mité. Il vient s'y joindre des calcaires, en partie tendres, marneux:, 
avec fragments d'andésite, en partie des calcaires durs, parfois du 
vrai calcaire corallien, et d'autres fois, plutôt du calcaire à fora- 
minifères ; ces calcaires renferment aussi des fragments et du gravier 
de roches éruptives. 

Nous avons déjà traité plus haut de la direction et de Vinclinaison 
des couches; bien que les brèches et les calcaires ne se soient jamais 
nettement déposés en couches, et donnent d'ordinaire l'impression 
d'être en position horizontale, il faut cependant considérer comme 
probable qu'ils présentent ici aussi une inclinaison de quelques degrés. 
Ce n'est que localement, et sur une étendue fort restreinte, que l'in- 
génieur KoPERBERG a pu obscrvcr une stratification évidente et une 
inclinaison relativement forte, notamment dans des grès tendres très 
fissiles (n". 117) de la Waï Hatou, où D = 43° et 1 = 37° au sud- 
est; ces grès alternent avec des couches de brèches (n". 118), ren- 
fermant des fragments de verre andésitique (n". 119) ; viennent ensuite, 
en stratification concordante, des couches brécheuses plus dures à 
ciment arénacé. Ces couches n'apparaissent que sur une distance de 
3 m.; la forte inclinaison pourrait bien être ici la conséquence d'un 
affaissement ou d'un glissement local. 

J'ai constaté moi-même, en 1899, une inclinaison dans les conglo- 
mérats quaternaires de la Waï Loï. A ^/^ km. de Kaïtetou la vallée, 
large de 200 m., se rétrécit et des deux côtés apparaissent des terrasses 
qui, bien que coupées à peu près horizontalement vers le haut, se 
composent cependant de couches inclinées de cailloux roulés, alter- 
nant avec du gravier fin. Elles ont une inclinaison de 23° vers le 
nord; et plus au nord, il vient s'y rattacher des dépôts de cailloux 
roulés plus jeunes et sensiblement horizontaux. Les terrasses incli- 
nées, qui contiennent des fragments roulés des andésites nos. 195 et 
19c, décrites plus haut, sont évidemment des dépôts de l'ancien delta 
de la Waï Loï, qui ne doivent pas leur inclinaison à un soulèvement 
ultérieur, mais qui ont été formés là à proximité de l'embouchure 
de la rivière. D'après le levé, la hauteur de la terrasse à la rive 
gauche de la Waï Loï est de 12.86 m.; cette terrasse est représentée 
fig. 39 de l'annexe IV. 

A 3^4 kna. de Kaïtetou, là où apparaît le porphyre quartzifère 

17 



2Ô8 

n". 19/i, on peut voir à la position de petits bancs de cailloux roulés, 
aux troncs d'arbres et aux branches des bords escarpés de la rivière, 
que ce cours d'eau, large à peu près de 10 m., monte encore à présent, 
à l'époque des pluies, de 5 à 6 m. au-dessus du niveau ordinaire 
(voir fig. 40 de l'annexe IV). Mais, dans la période actuelle, l'eau 
ne s'élève plus jusqu'à la face supérieure des terrasses quater- 
naires (13 m.). 

Uépaisseur de la formation est partout dififérente et il est difficile 
de l'indiquer exactement, car le noyau des montagnes se compose 
d'autres roches, autour desquelles s'est déposée une croûte de 
matériaux incohérents, non en une seule fois, mais successivement, 
en même temps que le fond de la mer se soulevait lentement et 
périodiquement. Au centre de Hitou, p. ex., on trouve des matériaux 
meubles depuis la côte jusqu'au point le plus élevé (283 m.). Mais 
en deux points apparaît, sous l'argile rouge, une roche de verre 
brécheuse, et il est fort bien possible que cette roche existe, à une 
faible profondeur, à l'état de roche massive, en quel cas l'épaisseur 
des dépôts meubles serait naturellement bien inférieure à 283 m. 
Au G. Touna, on trouve des brèches jusqu'à plus de 400 m. d'altitude; 
et au G. Eri, des brèches et du calcaire corallien jusqu'à 465 m. 
Mais ici encore on est dans l'incertitude, si on doit considérer ces 
brèches entièrement comme sédimentaires ou bien en partie comme 
éruptives. Toutefois, les brèches de la pointe sud-est, à Tengah 
tëngah, semblent appartenir en majeure partie aux dépôts sédimen- 
taires, et l'épaisseur des dépôts du G. Houwé paraît donc atteindre 
au moins 350 m. Une épaisseur de 400 m., en quelques endroits, 
me paraît être le maximum pour ce terraifi. 

Description de quelques roches. 

Les nos. 217 et 218 ont déjà été décrits plus haut. Le premier est 
un calcaire dolomitique avec fragments et gravier fin d'une roche 
vitreuse à cordiérite ; le second est un mélaphyre, probablement enlevé 
par les eaux à des brèches; les deux roches proviennent du même 
gisement, à proximité de la côte du nord, à 185 m. à l'est de la 
rivière Waoulou. 

N*'. 13. Fragment d'une brèche, du pied septentrional du Touna, 



259 

à 24 m. d'altitude et à 1 km. environ de Saïd. Roche gris-brunâtré, 
à éclat vitreux faible, avec des fragments de cordiérite. A la loupe, 
on voit que la roche est brécheuse, car il y a des particules diverse- 
ment colorées, et que çà et là elle présente des cavités irrégulières 
qui la rendent poreuse. Au microscope, on reconnaît en effet une 
brèche fine, consistant essentiellement en petits morceaux de verre 
andésitique, clairs ou troubles, avec ou sans microlithes, en éclats 
de quartz, cordiérite, grenat, biotite, minerai et pyrite. Il s'y trouve 
aussi des fragments d'andésite, avec bronzite, plagioclase et une base 
vitreuse avec microlithes. Entre ces morceaux de verre, on observe 
non seulement une masse limpide de calcédoine, mais encore des 
particules calcaires troubles, gris-brunâtre, qui présentent des sections 
de globigérines et de radiolaires. Quelques globigérines atteignent 
un diamètre de 0.7 mm. Les fragments de calcaire font voir qu'on 
a affaire à une brèche sédimentaire ordinaire, qui contient beaucoup 
de matériaux riches en verre, un sable vitreux Brèche de roche 
vitreuse et de calcaire. 

W. 139. Fragment de la brèche qui forme les bords verticaux de 
la rivière Lariké. Les fragments sont grisâtre clair, vitreux et gisent 
dans une pâte fine, non altérée, des mêmes matériaux. N'a pas été 
poli. Brèche d^ andésites riches en verre. 

Nos. 117, 118 et 119. Ce sont là les couches inclinées de grès gris- 
jaunâtre tendre, tuffeux (n°. 117) et de brèche fine (n^. 118) de la 
Waï Hatou, près de Hatou, dont il a déjà été question plusieurs fois. Les 
gros fragments (n». 119) consistent en une roche vitreuse à cordiérite 
et ont déjà été décrits ci-dessus. Les nos. 117 et 118 sont trop friables 
pour en faire des préparations; ils consistent en un sable fin du 
n°. 119 et ne font pas effervescence avec les acides. Grès et brèches 
de matériaux de verre andésitique. 

N". 111. Argile ou argilolite tendre, gris-clair, du lit de la Waï 
Lawa, à 4 km. environ de Tawiri et originaire probablement d'une 
diabase altérée qui affleure plus haut dans la vallée, fort décomposée 
et pyritifère. L'épaisseur de cette argile non stratifiée est insignifiante. 
Argilolite. 

Nos. 46 et 47. Calcaire de teintes gris-clair, du lit de la rivière 
Maspaït, enlevé à deux couches différentes en amont du pont, sur 



260 

la route de Roumah tiga à Hitou lama, à 158 m. d'altitude. Appa- 
raît en couches inclinées qui ont une inclinaison vers l'ouest. Ces 
couches enclavent des fragments de la roche n". 45, que nous avons 
décrite plus haut comme une andésite quartzifère à mica, riche en 
verre et avec cordiérite. Le n". 46 est plus tendre et plus argileux 
que le n". 47 ; tous les deux d'ailleurs se transforment, par altération, 
en une argile blanche, gluante. Au microscope, le n*. 46 offre une 
pâte trouble, consistant essentiellement en particules fines de calcite 
et qui renferme des foraminifères, principalement des globigérines ; 
puis, des radiolaires et des spicules d'épongés. Le n\ 47 renferme les 
mêmes fossiles et quelques morceaux de verre, des lamelles de mica, 
ainsi que de petits fragments de feldspath, de quartz et de pyroxène. 
Calcaire, avec débris de roches éruptives. 

W, 212. De la couche calcaire supérieure du Gounoung Eri (depuis 
438 m. jusqu'à 465 m. au sommet), détaché à 455 m. d'altitude. 
Calcaire dur, compacte, blanc brunâtre, à cavités nombreuses où se 
sont déposés de petits cristaux de calcaire spathique. Au microscope, 
une masse microcristalline de calcite, avec restes de coraux, fora- 
minifères, radiolaires et lithothamnium. Calcaire corallien. 

N^. 211. De la couche inférieure de calcaire du Gounoung Eri, à 
222 m. d'altitude. Calcaire fin, blanc-grisâtre, avec quelques cavités. 
Au microscope, un calcaire à foraminifères, avec un très grand nombre 
de globigérines, moins de rotalinides, des miliolites, des amphistégi- 
nes et du lithothamnium. Particules de chlorite et quelques petits 
fragments de feldspath et de quartz. Calcaire à foraminifères. 

N°. 175. Fragments roulés de la rivière Tonahitou, à Negri lama, 
en aval de son confluent avec la Lingouaboukou, affluent de gauche. 
Calcaire blanc, poreux, avec restes de coraux et empreintes de quel- 
ques coquilles. Provient probablement du Gounoung Eri. Au micros- 
cope, foraminifères, coraux, radiolaires et lithothamnium dans une 
masse microcristalline de calcaire spathique. Ressemble au n°. 212. 
Calcaire corallien. 

N°. 176. Couches horizontales dans la Waï Selamou, petit affluent 
de gauche de la Waï Tonahitou, à Negri lama. Calcaire arénacé, blanc- 
grisâtre. Au microscope, tout-à-fait rempli de globigérines et quelques 
autres foraminifères, et contenant en outre des particules de chlorite. 



261 

Appartient aux calcairevS très jeunes, car les couches s'élèvent tout 
au plus de 25 à 30 m. au-dessus de la mer. Calcaire à globigérines. 

N». 209. Calcaire de la couche située dans le cours inférieur de la 
Tonahitou, à l'endroit appelé «Batou sousou». Faute de temps, nous 
n'avons pu visiter ce gisement. C'est probablement la même couche 
qui est à nu en aval dans la Selamou (n^. 176). Un échantillon du 
«Batou sousou', qui me fut remis par les indigènes, fut reconnu, 
non pour un calcaire, mais pour un tuf calcaire blanc, poreux, pro- 
bablement récent (n '. 209) ; c'est peut-être du calcaire que la rivière 
elle-même a enlevé, par dissolution, à la couche et qui s'est déposé 
de nouveau plus en aval. Ce tuf ne renferme pas de coquilles récentes 
d'eau douce. Tuf calcaire. 

N°. 32. Calcaire corallien de Tandjoung Tial, à 6 m. d'altitude. 
Roche jaune-clair, poreuse, avec fragments de coraux. Au microscope, 
il renferme des restes de coraux, des globigérines et autres foramini- 
fères, ainsi que quelques radiolaires. Calcaire corallien. 

N°. 4. Calcaire blanc, poreux, à moules de gastéropodes; on y a 
encore trouvé une petite tridacne. Détaché de la cime de 179 m. 
d'altitude, au-dessus de l'éboulement blanc, à la rive droite de la 
Waï Ami, à Nipa, marquée n^. 2 sur notre carte n°. IV et fig. 34 de 
l'annexe IV. Au microscope, on voit des restes de coraux, des fora- 
minifères et du lithothamnium. Calcaire corallien. 

N". 135. Récif sur la plage, tout près de Hatou nousa, au sud- 
ouest d'Alang, et à l'ouest de là Waï Holou (ou HoUoh?). Calcaire 
grenu, blanc-jaunâtre, avec moules de petites coquilles et grains 
de quartz. Au microscope, pâte microcristalline de calcaire spathique 
avec globigérines, amphistégines et beaucoup de lithothamnium. Puis, 
beaucoup de débris de toutes sortes de roches éruptives, du quartz 
à bulles liquides, provenant de granité, des fibres vert-jaunâtre de 
serpentine, originaires de péridotite, des particules de pâte d'an- 
désites avec verre brun, parfois grenu, et des microlithes de feld- 
spath ; ensuite, des morceaux libres d'augite, de biotite et de plagio- 
clase; du minerai de fer et de la limonite. La nature arénacée de 
ce calcaire doit être attribuée aux particules de quartz. Calcaire. 

N°. 137. Gros blocs à Tandjoung Titiroa, au nord-est de Tandjoung 
Tapi. Roche calcaire raicrocristalline, gris-clair, à veines de calcite; 



262 

à la loupe, on peut voir de nombreux petits grains de quartz. Au 
microscope, une pâte cristalline de spath calcaire, avec quelques fora- 
minifères peu nets, qui sont très apparents par leur teinte foncée. 
Puis, un très grand nombre de grains de quartz avec bulles liquides, 
originaires très probablement de granité. La roche donne l'impression 
d'une roche plus ancienne; mais néanmoins c'est probablement un 
calcaire quaternaire à grains de quartz. La teneur en quartz est si 
grande qu'on pourrait tout aussi bien appeler la roche un grès calcarifère. 

N°. 141. Blocs de la Waï Soulah, au-dessus d'Asiloulou. Roche 
gris-clair, dure, compacte, à grain fin et gréseuse, avec de petits 
quartz et de petites lamelles de mica blanc. Ressemble au n". 137 
et produit aussi une forte effervescence avec les acides. Au microscope, 
une pâte calcaire, trouble, gris-brunâtre, avec petits fragments de 
quartz à bulles liquides, feldspath trouble, muscovite blanche ou 
vert-clair, minerai de fer avec leucoxène et pyrite. C'est donc encore 
un calcaire avec gravier de granité ou, si l'on veut, un grès calcarifère. 
Cette roche aussi pourrait être parfaitement une roche plus ancienne. 

N". 20. Plateau situé entre la Waï Loula et la Waï Maloua ('), 
sur la route de Wakal à Hila; affleure à l'altitude de 6 m. environ. 
Calcaire gris-clair, tendre, sans fossiles. Au microscope, il consiste en 
un agrégat de petits cristaux de calcaire spathique avec quelques 
petits morceaux de quartz, sans traces de fossiles, sauf quelques 
spicules d'épongés. Calcaire. 

TH. Dépôts novaires. 

A Hitou, les formations alluviales sont d'une faible étendue, parce 
que les collines quaternaires et le calcaire corallien s'étendent le plus 
souvent jusque près de la côte. 

Les principales plaines sont celles de Waë, de Paso, de Roumah 
tiga et de Laha. La plaine de Waë commence au cap Batou douwa, 
atteint une largeur de 1500 m. à la hauteur de la Waï Routoung, 
se rétrécit ensuite vers Toulehou pour se terminer au cap Batou 
lompat. Au sud de ce cap, les brèches et le calcaire corallien arrivent 
immédiatement à la côte jusqu'au cap Tial. A Tial et à Souli, il y 



(1) Ne pas confondre avec la Waï Mamoua, qui coule h Touest de la Waï Maloua, à 
une distance de 1000 m., mesurée le long de la route. 



263 

a des plaines plus petites; celle qui existe à l'embouchure de la 
Jari bësar est un delta de cette rivière. Nous avons déjà pris con- 
naissance de la plaine de Paso à propos de Leitimor; au nord de 
Paso, elle a une largeur de 1500 m.; elle contient de nombreux 
fragments roulés d'andésites, et se rétrécit vers l'est en passant par 
Negri lama, Nania et Waï Hérou, pour finir à Dourian patah. La 
plaine de Roumah tiga commence déjà au nord de Poka, où elle a 
une largeur de 1200 m. et elle se raccorde à l'ouest, par une bande 
étroite le long de la côte, avec la plaine qui commence à Tawiri et 
qui, par Laha, s'étend jusqu'à Hatourou; elle a une largeur moyenne 
de 1000 m. et est bornée par les collines quaternaires, hautes de 
67 m., situées en arrière de Laha. Plus à l'ouest encore, il n'y a plus 
qu'une bande étroite d'alluvium le long de la côte jusqu'à Liliboï, 
interrompue seulement au -«Hatou Poroh» par des conglomérats qui 
émergent de la mer à la hauteur de 42 m. L'alluvium qui s'étend 
tout, le long de la côte ouest, depuis le cap Alang jusqu'au cap 
Tapi, est de peu d'importance. A Asiloulou commence une bande 
étroite d'alluvium qui, avec quelques interruptions par des conglo- 
mérats et du calcaire corallien, peut se suivre jusque derrière Morela; 
cette bande ne s'élargit qu'à Lima, par le delta de la Waï Ela, à 
Kaïtetou et à Hila, par les atterrissements de la Waï Loï, et au 
nord de Hitou lama, où l'élargissement doit-être attribué aux dépôts 
d'une rivière, qui se nomme également Waï Ela. Entre le cap Morela 
et le cap Tomol, les murs de conglomérat et de brèche se dressent, 
presque partout, à pic dans la mer, de sorte que les relèvements 
n'ont pas pu s'efifectuer à l'aide de la chaîne d'arpenteur, et que 
d'un cap à l'autre on a pu uniquement faire usage de l'appareil 
pour la mesure des distances. Au Batou mètèng commence de 
nouveau une bande étroite de sable marin, que l'on peut suivre, par 
Liang, jusqu'au cap Batou item. 

Sources thermales. 

En divers points de Hitou apparaissent des sources, chaudes ou 
froides, avec ou sans dégagement de gaz hydrogène sulfuré. Si avec 
ce gaz il se dégage aussi de la vapeur d'eau, il en résulte des décom- 
positions et des dépôts de croûtes de soufre, ainsi que la formation 



264 

de pyrite, que l'on rencontre surtout dans les diabases et tufs diabasi- 
ques altérés, et aussi dans certaines Ambonites. 

La source d'' hydrogène sulfuré au versant ouest du Touna a déjà 
été mentionnée plus haut; il s'y échappe aussi de la vapeur d'eau, ce qui 
fait que les objets voisins, notamment les rameaux et les feuilles qui 
couvrent le sol, sont revêtus d'une mince croûte de soufre jaune 
grisâtre (n^. 17), résultant de la décomposition de l'hydrogène sulfuré 
Le gaz se dégage entre des fragments d'andésite blancs, incohérents, 
et fort altérés. 

Nous avons aussi fait mention déjà de la source d^eau froide 
qui vient au jour à un bon kilomètre et demi au nord de Lariké, à 
proximité de la rive gauche de la rivière Bouaja. Autour de l'ouver- 
ture s'est déposée de l'ocre ferrugineuse, de sorte que cette eau paraît 
être fortement chargée de fer, mais on n'y reconnaît aucune odeur 
d'hydrogène sulfuré. 

Une autre source existe dans la négorie Lariké même, tout près du 
pont en pierres sur la rivière Lila, à la rive droite. Il jaillit ici, par 
une petite ouverture, de l'eau chaude, qui a une forte odeur d'hy- 
drogène sulfuré. 

Dans la rivière Waloh ou Alang lama, au-dessus du calcaire coral- 
lien qui affleure à l'altitude de 42 m., il suinte à la rive gauche, 
sous un amas de pierres, de l'eau froide qui présente distinctement 
l'odeur et la réaction de l'hydrogène sulfuré. Au jugé, cet endroit se 
trouve 2 à 2V2 km. de la plage ; la rivière Alang lama n'a pas été levée. 
A Tawiri et à Lata, d'après une communication des indigènes, 
on doit observer parfois une odeur d'hydrogène sulfuré en divers 
points de la plage ; toutefois, nous ne l'avons pas constaté nous-mêmes. 
Aux environs de Toulehou existent trois sources : la première apparaît 
comme source thermale aux récifs de conglomérat Batou anjout ; la 
seconde jaillit du sable de la plage, à 1200 m. à l'est de Toulehou; 
elle est encore thermale et a une odeur d'hydrogène sulfuré. La 
troisième se trouve à l'ouest de Toulehou, à l'embouchure de la Waï 
Touni; elle donne aussi de l'eau chaude; à marée haute, cette source 
est submergée. 

Dans le Natuurkundig Tijdschrift voor Nederlandsch Indië, Deel 
XXVIII, 1865, pp. 215 à 223, le Prof. S. A. Bleekrode Jr. donne les 



265 



analyses de l'eau de deux sources thermales, Batou anjout et Aman- 
tawari, près de Toulehou, à Ambon; la dernière se trouve «tout près 
de Toulehou», de sorte qu'il peut avoir eu en vue la source à 1200 m. 
à l'est de cette localité; mais il se peut aussi que ce soit celle qui 
est située à l'embouchure de la Waï Touni, car toutes deux sont à peu 
près à la même distance de Toulehou. Le nom de la première source 
correspond à celui qui m'a été donné pour le récif de conglomérat. 
L'analyse chimique a donné: 

Batou anjout (sur 1000 grammes d'eau) 
Chlorure de sodium . . . 
Chlorure de potassium . . 
Chlorure de magnésium . 
Chlorure de calcium . . . 
Sulfate de chaux .... 
Carbonate de soude (anhydre' 
Carbonate de chaux . . 
Carbonate de magnésie 
Acide silicique .... 



Matières fixes = 29.70064 






=z 23.74160 
= 1.37073 
= 0.44520 
= 1.63213 
1= 1.08460 
1.14760 
0.12666 
0.05546 
0.09666 



150 grammes d'eau ont donné 4.457 gr. de matières fixes, ce qui 
fait 29.71 gr. pour 1000 gr. d'eau. 

Amantawari (sur 1000 grammes d'eau) 

Chlorure de sodium . . 
Chlorure de potassium . 
Chlorure de magnésium 
Chlorure de calcium. . 
Sulfate de chaux . . . 
Carbonate de soude (anhydre 
Carbonate de chaux . . 
Carbonate de magnésie 
Acide silicique .... 



Matières fixes =: 1.30944 



0.56880 
0.07113 
0.01680 
0.01106 
0.01346 
0.08120 
0.42666 
0.04033 
0.08000 



150 gr. d'eau ont donné 0.2040 gr. de matières fixes, ce qui fait 
1.36 gr. pour 1000 gr. d'eau. 



266 

La composition de ces deux eaux est très surprenante; car celle 
de l'eau du Batou anjout correspond assez bien à la composition de 
l'eau des sources qui, à Java, apparaissent dans les marnes miocènes, 
mais nullement à celle de l'eau qui jaillit des roches volcaniques. 
Cette dernière ne renferme que de 1 à 5 pet. de matières fixes, ce 
qui concorde avec la teneur de l'eau de la seconde source. Cependant, 
je ne puis m'expliquer la grande différence de composition de l'eau 
de deux sources aussi rapprochées. 

Les petits lacs et les sources de Souli sont connus depuis longtemps ; 
ils se trouvent dans le terrain plat, quaternaire, au nord-nord-ouest 
de cette localité, de 80 à 90 m. d'altitude. On y trouve d'abord le 
«Tëlaga Tihou», grande flaque d'eau, peu profonde, de 300 m. 
de diamètre environ, qui contient de l'eau froide. Au bord sud 
apparaît un peu de calcaire corallien ; aucun phénomène n'y indique 
une origine volcanique. Le fond est formé probablement d'argile, 
gisant dans un de ces enfoncements peu prononcés qu'offrent si 
souvent les couches de calcaire corallien. Le lac est situé au pied 
sud-ouest du mont Eri wakang. Plus au nord se trouve le «Telaga 
birou», lac beaucoup plus petit, à proprement parler une petite mare, 
qui a à peine 60 m. de diamètre, avec une bordure de blocs blancs, 
poreux, consistant en tuf siliceux (nos. 155^ 156) et qui dégagent 
une odeur d'hydrogène sulfuré. 

A l'ouest-sud-ouest de ce lac, dans un petit ravin peu profond, 
on voit un autre amas de tufs siliceux, formant en partie la croûte 
d'une liparite altérée (nos. 158 et 213), ainsi que des rameaux et des 
feuilles sur lesquels il s'est déposé du soufre jaune grisâtre (n". 157), 
précisément comme au Touna (n". 17). Un peu plus en aval, ce petit 
ruisseau, qu'on nomme Mëlirang et qui est un affluent de la Waï 
Wasia, s'élargit en forme de bassin allongé, à fond plat, sablonneux 
et peu profond, dans lequel bouillonne en divers points de l'eau 
chaude qui dégage une forte odeur d'hydrogène sulfuré. 

En d'autres points encore, des blocs de tuf siliceux sont disséminés 
dans la plaine, de sorte qu'il est probable qu'autrefois de l'eau ther- 
male à hydrogène sulfuré apparaissait encore en divers autres endroits. 
Il n'est pas impossible que ce fait soit en rapport avec des failles 
qui, à partir d'Ambon, se prolongent jusqu'en ces lieux, et par les- 



267 

quelles l'eau chaude et le gaz trouvent une issue facile. Tja ligne, le 
long de laquelle existent la plupart des sources, coïncide sensiblement 
avec le prolongement de la côte nord de Leitimor ; celles de Toulehou 
et de Lariké peuvent se trouver dans des fissures parallèles aux côtes 
est et ouest de Hitou, tandis que l'apparition de sources thermales 
au Touna est tout-à-fait isolée. 

Nos. 155^ 156 et 213. Roche de la source «Tëlagabirou». En échan- 
tillons, le n". 155 est blanc-grisâtre, terne, et porte à la surface quel- 
ques cristaux de gypse. Le n^'. 156 est blanc et très poreux. Le n*^. 213 
ressemble au n'* 155 et porte aussi, à la surface, quelques cristaux 
de gypse Mais son noyau est une liparite très altérée, à cristaux de 
quartz, entourée d'une croûte de tuf siliceux. 

Le n°. 165 montre, au microscope, une pâte incolore, un peu trouble ; 
c'est une opale qui devient sombre entre niçois croisés, mais dans 
laquelle se montrent de nombreux petits points et aussi de grandes 
particules limpides, qui consistent en quartz. A un fort grossissement, 
on voit que le trouble de l'opale est produit par de petits grains 
bruns, les uns de vrais corps à couleur brune, les autres des pores 
gazeux. La roche contient aussi de l'hydroxyde de fer, qui est cause 
de la teinte jaune ou brune de certaines de ses parties. Tuf siliceux. 



G. LA BAIE D'AMBON. 

(Carte n». IV et profils figg. 9 à 11 de l'annexe III). 



Afin de compléter l'image géologique d'Ambon, nous devons, pour 
finir, jeter encore un coup d'œil sur la baie d'Ambon, cette anse 
profonde qui sépare les deux presqu'îles Hitou et Leitimor. 

L'anse fait partie de la mer de Banda, particulièrement profonde, 
qui entoure Ambon au sud. En avant de l'entrée de la baie, au sud- 
sud-ouest de Tandjoung Alang, et à une distance de 7 km. (3.8 milles 
marins) seulement de ce cap, la mer a encore une profondeur de 
1782 m. (990 brasses de 1.8 m.); un peu plus loin de la côte, 11 
minutes plus à l'ouest, la carte marine donne une profondeur de 
1905 brasses ou 3429 m ; et la Siboga a observé par des sondages, 
à 11 minutes de la côte près Kilang (15 minutes au sud de Tandjoung 
Tial), une profondeur qui n'était rien moins que de 4489 mètres. 

A l'ouest d'Ambon, on connaît également une grande profondeur, 
à une distance de 23 minutes; elle est de 1802 brasses ou 3244 m. 
La baie de Pirou, qui borne Ambon vers le nord et la sépare de 
l'île de Céram, offre probablement aussi des profondeurs considéra- 
bles, bien que moins fortes que les précédentes; mais je ne connais 
pas de sondages effectués au milieu de la baie, et il est probable 
qu'ils n'ont pas encore été exécutés. 

Les anciennes déterminations de profondeur dans la baie d'Ambon, 
entre Ambon et Alang, se sont bornées à quelques sondages le long 
des côtes; on a constaté ainsi que des profondeurs de 60 brasses 
et au-delà existent déjà près de la côte; la partie de la baie au 
nord d'Ambon jusqu'au rétrécissement au cap Martafons, et toute 
la baie Intérieure ont été complètement explorées à la sonde; la 
plus grande profondeur rencontrée au nord d'Ambon est de 70 brasses 
(126 m.); à partir de là elle diminue jusqu'à 9 m., en un point situé 



269 

entre Koumah tiga et Hatiwi ketjil; elle remonte ensuite à 46 m. 
à l'est du cap Martafons, pour redescendre dans la baie Intérieure 
jusqu'à des valeurs comprises entre 25 et 36 m. La profondeur moy- 
enne n'est pas supérieure à 25 m. 

Avant 1898, on ne savait rien encore des plus grandes profondeurs 
du milieu de la baie, entre Ambon et Alang. A ma demande, l'état- 
major de l''<Arend», un bateau à vapeur du gouvernement, comman- 
dant N. M. VAN dp:r Ham, a effectué de nombreux sondages entre 
Ambon, Tandjoung Benteng, Batou loubang et Nipa, aussi dans le 
but de s'assurer si l'on pourrait constater une difîérence de profondeur 
des deux côtés de la faille, qui doit probablement exister entre 
Ambon et Wakal, d'après l'étendue de la commotion produite par 
le tremblement de terre de janvier 1898. Comme on pouvait s'y 
attendre, pareille difiérence ne put être signalée, ainsi qu'on peut le 
voir sur la carte n". IV, où tous les sondages récents ont été con- 
signés et où les profondeurs depuis Roumah tiga jusqu'à Paso ont 
été empruntées à la carte marine n°. 151: .«Kaart van de baai van 
Amboina door H. A. Meyer, 1840», à l'échelle de 1:30.000 (réim- 
primée en 1895 à l'échelle de 1 : 40.000). 

Entre Ambon et Sahourou, la plus grande profondeur atteint 240 m. ; 
entre Tandjoung Benteng et Batou loubang, elle est de 325 m. Suivant 
les deux lignes, j'ai construit une section transversale de la baie, à 
l'échelle 1 : 20.000 pour les longueurs, alors que les profondeurs ont été 
indiquées aussi bien à la même échelle qu'à une échelle 4 fois plus 
grande ; les profils sont dessinés dans les figg. 9 et 10 de l'annexe III. 

Plus à l'ouest, on n'a pu déterminer la profondeur qu'en 3 points 
seulement, car nous n'avons eu ni le temps ni l'occasion de faire 
une série complète de sondages entre Ambon et Alang. Le premier 
point est ai tué sur la ligne qui relie Hatou avec le cap Batou anjout, 
à 3 km. de ce dernier; le second se trouve à 2400 m. à l'ouest 
d'Eri; le troisième point est sur la ligne qui joint Hatou au cap 
Nousaniv^i, à 3100 m. de Hatou. En ces trois points, qui sont indiqués 
sur la carte n". IV, on a sondé des profondeurs respectives de 460, 
500 et 575 m. Ensuite, la Siboga a trouvé en 1898, entre Alang et 
Tandjoung Nousaniwi, une profondeur de 634 m. Bien que ces points 
ne se trouvent pas dans la partie la plus profonde de la baie, ils 



indiquent cependant que vers l'ouest les profondeurs augmentent 
très régulièrement jusqu'à la ligne de jonction du cap Alang avec 
le cap Nousaniwi; au-delà de cette ligne il en est tout autrement, 
car déjà au sud-sud-ouest de Tandjoung Alang se trouve le point 
dont il vient d'être question, où les cartes marines accusent une 
profondeur de 990 brasses ou 1782 m., très probablement la consé- 
quence d'une faille considérable. Au moyen de nos nouveaux sondages, 
j'ai tracé pour la baie, de 50 en 50 m., des lignes de niveau qui 
sont représentées sur la carte n". IV ; elles ne peuvent être considérées 
comme exactes que pour la partie comprise entre Batou loubang et 
Ambon, car dans la partie occidentale les sondages ont été trop peu 
nombreux. Mais, des profondeurs que nous connaissons, il ressort 
avec une certitude suffisante, que le fond de la baie d'Ambon ne 
descend pas en pente régulière vers la mer de Banda; au contraire, 
à l'extrémité elle présente un seuil ou degré, où le fond de la baie 
descend brusquement, en pente très raide, de 1000 m. environ vers 
le fond de la mer de Banda. Ce seuil ou ce degré est produit par 
une grande faille, qui s'étend au sud de Leitimor et se prolonge pro- 
bablement le long de la côte sud de l'île de Nousa laut. C'est une 
des fissures concentriques qui entourent la mer de Banda, et au sujet 
desquelles j'ai déjà fait quelques remarques dans mon «Voorloopig 
Verslag over eene geologische reis door het Oostelijk gedeelte van 
den Indischen Archipel» (mémoire n^. -44). 

En ce qui concerne maintenant les bords de la baie d'Ambon, ils 
doivent aussi être considérés comme des lignes de fracture, suivant 
lesquelles s'est affaissée la partie intermédiaire, pour former ainsi la 
baie d'Ambon. Nous nous rappellerons ici ce qui a été dit dans la 
description géologique, qu'en divers points d'Ambon les couches 
tertiaires récentes et les quaternaires présentent, le long de la côte 
nord de Leitimor, une faible inclinaison au sud-est, par exemple au 
nord de Tandjoung Batou merah et en arrière de Halong, et que 
par suite cette côte du nord est un bord de fracture. Ensuite, qu'à 
Tandjoung Nousaniwi la position du mélaphyre indique un point 
d'éruption, qui se trouvait quelque part dans la baie, au nord-ouest 
du cap Nousaniwi, et qui doit avoir disparu par effondrement. Le 
long de la côte du sud, la pente des flancs des montagnes est si 



271 

grande, p. ex. au nord de Tandjoung Hati ari et entre Seri et le 
mont Siwang, qu'il est impossible que la péridotite, dont se composent 
ces montagnes, ait pu se constituer sous cette forme; celle-ci ne 
peut résulter que d'un détachement du terrain situé plus au sud, 
qui est maintenant enseveli sous la mer Le long de la côte orientale, 
à Touwi Sapo, il existe probablement aussi une faille, car, ainsi 
que nous l'avons montré plus haut, les couches calcaires y ont une 
légère inclinaison vers le sud- ouest. Il n'est donc pas douteux que 
Leitimor tout entière ne soit bornée, de tous les côtés, par des failles. 
La ligne qui s'étend le long de la côte nord passe par les sources 
d'hydrogène sulfuré Tëlaga Birou et Touni ; et il n'est pas impossible 
que ces gaz se dégagent précisément en ces endroits-là, parce qu'ils ont 
pu se frayer le plus facilement une issue par la crevasse. 

A Hitou, les fissures le long de la côte sont moins distinctes qu'à 
Leitimor. Toutefois, les parois nombreuses, escarpées, parfois presque 
verticales, qui se montrent à la côte ou très près de celle-ci, rendent 
très vraisemblable que Hitou est également limitée de toutes parts 
par des failles; je nommerai seulement les parois abruptes de con- 
glomérats à Lariké, où il y a même une source d'hydrogène sulfuré; 
le mélaphyre de Tandjoung Tapi qui finit brusquement à la mer; 
le granité et la péridotite interrompus à Alang; le mur abrupt de 
calcaire et de gravier en arrière de Wakal; les parois de brèche et 
de conglomérat entre Tandjoung Setan et Tandjoung Tomol, qui par- 
fois descendent d'aplomb dans la mer; les couches calcaires de Tand- 
joung Batou item, les sources d'hydrogène sulfuré le long de la côte, 
à Toulehou ; les monts très escarpés de brèche et de calcaire à Tengah 
tëngah, Tandjoung Tial et Souli; les pieds abrupts des couches de 
brèche en arrière de Roumah tiga et de Kemeri. Tous indiquent des 
soulèvements le long de crevasses qui sont très rapprochées de la 
côte actuelle. 

Quant à Vâge de ces failles, il importe d'abord de faire remarquer 
que, d'après les observations faites à l'île de Saleyer, résumées dans 
mon mémoire n". 44 et aussi au n°. 43, la formation de la mer 
profonde de Banda remonte tout au plus au début de IVpoque miocène 
supérieure (notre étage m^ de Java.); elle doit peut-être dater de plus tard, 
notamment, du début de V époque pliocène. L'âge de la baie d'Ambon, 



272 

qui fait partie intégrante de la mer de Banda, doit donc être pro- 
bablement le même II est vrai que nous avons mentionné plus haut, 
que même les couches quaternaires les plus récentes ont été soulevées 
à la côte du nord ; mais cela ne prouve naturellement pas que les 
failles elles-mêmes soient plus jeunes que le quaternaire ; cela signifie 
seulement que le long des mêmes fissures se sont produits des mouve- 
ments réitérés, qui ont continué jusque dans la période quaternaire, 
un phénomène qui a été observé en un très grand nombre d'endroits 
(notamment dans les bassins houillers de l'Europe). 

Il est d'ailleurs probable que toutes les failles d'Ambon ne sont 
pas également anciennes; ainsi par exemple nous avons déjà parlé ci- 
dessus de la faille au sud d'Ambon. Celle-ci a atteint le granité et 
les grès et se recouvre de matériaux quaternaires; sa formation peut 
donc remonter à toute période comprise entre les périodes permienne 
et quaternaire; et il n'est pas impossible qu'elle se soit produite 
relativement vite après la formation du grès. Nous verrons plus loin, 
en décrivant le tremblement de terre de 1898, que même à l'époque 
actuelle il se produit encore des mouvements le long de cette faille. 

Afin de donner un aperçu des variations de la profondeur de la 
baie d'Ambon, entre Alang et Paso, nous avons tracé encore, dans 
la fig. 11 de l'annexe III, un profil longitudinal de cette baie, non 
pas suivant une ligne droite, mais suivant une ligne brisée qui suit 
les plus grands fonds, dont la situation, dans la partie occidentale 
de la baie, n'est pas très certaine, pour les raisons données plus haut. 
L'échelle des longueurs est de 1:100000; les profondeurs sont indi- 
quées de deux façons: d'abord à la même échelle, et puis on les a 
prises 4 fois plus fortes. 

La baie de Bagouala, qui commence à Paso, est très peu profonde 
et est remplie de récifs coralliens. On n'y a pas encore pratiqué de 
sondages. Les grands fonds ne commencen4; que hors de la ligne qui 
réunit les caps Houtoumouri et Tial. 



H. GÉOLOGIE TECTONIQUE. 
RÉSUMÉ DES RÉSULTATS. 



Dans mon mémoire nO. 44 («Voorloopig verslag«), j'ai déjà donné 
un aperçu succinct de la situation et de la constitution des îles qui 
entourent la grande mer de Banda; je traiterai cette matière d'une 
façon plus étendue lors de la description de la partie orientale de 
l'Archipel. 

J'ai déjà fait voir que la région, où se trouve actuellement la mer 
de Banda, était occupée jadis, en tout ou en partie, par la terre ferme, 
et que la mer doit son existence à un effondrement, ou plus proba- 
blement à plusieurs. Le bord du terrain effondré s'observe encore 
dans un grand nombre d'îles, dont les plus grandes sont Jamdena, 
Wetar, Bourou et Céram. La ligne de cassure passe très près des îles 
Kour, Téor, Manawoko, puis par toute la côte sud-est de Céram, 
coupe plus à l'ouest quelques parties de Céram et s'étend probable- 
ment le long de la côte sud-est de Bourou. Sur cette première cre- 
vasse, extérieure ou périphérique^ s'est produit le 30 septembre 1899 
un violent tremblement de terre, accompagné d'une commotion de 
la mer, un ras de marée, produit par l'effondrement de parties de la 
côte à Paulohi et à Tëhoro, qui a englouti totalement ces deux 
localités, en même temps qu'Hatousoua fut complètement inondée 
et Amahei en grande partie. (') 

A une très courte distance de la série des îles, dont font partie 
Bourou, Manipa, Kelang, Boano et Céram, il y en a une seconde, 
comprenant Amblau, Ambon, Haroukou, Saparoua et Nousa laut, 
dont les deux dernières ne sont distantes de Céram que de 5 km.. 



(1) R. D. M. Verbeek. Kort verslag- over de aard- eu zBebeving op SOsten September 
1899. Annexe au Javasche Courant du 13 mai 1900, nO. 21. 

18 



274 

et qui consistent en partie en roches éruptives jeunes (crétacées?), 
notamment en andésites, liparites et mélaphyres. Ambon possède 
en outre des granités et des péridotites, qui apparaissent aussi à 
Céram, tandis que les roches qui correspondent le mieux à nos andé- 
sites à bronzite (elles ne contiennent cependant pas de pyroxène 
rhombique et Schroeder van der Kolk les appelle des andésites à 
augite) ne paraissent exister, d'après Martin (mémoire n°. 4:9) que 
dans la partie méridionale de Houamoual, la presqu'île occidentale 
de Céram. Il est fort probable que ces îles étaient jadis liées plus 
étroitement les unes avec les autres et avec Bourou et Céram, et 
même qu'elles constituaient un ensemble ininterrompu; elles furent 
détachées de Céram par des effondrements, qui formèrent en même 
temps les baies de Pirou et d'Elpapouti. Il n'est pas douteux que 
ces îles ne soient comprises entre des failles, dont les deux principales 
ont été dessinées sur les cartes qui sont annexées à mon «Voorloopig 
Verslag» (n°. 4=4) et à mon «Kort verslag over de aard- en zeebeving 
op Ceram»; cela ressort d'ailleurs entre autres de l'allure de la côte 
sud de Céram, entre les baies de Pirou et d'Elpapouti. On a reconnu 
en outre l'existence d'une faille à la côte sud d' Ambon, à la forte 
profondeur de 1782 m. qui s'y manifeste brusquement. Ce sont encore 
là des crevasses périphériques, dont les nos. 2 et 3 sont en grande 
traits concentriques à la le cassure dont il a été question plus haut. 
Quant à la configuration du fond de la mer de Banda plus au sud, 
ce n'est que dans ces derniers temps que nous avons appris à la 
connaître, par les belles recherches de l'expédition de la Siboga. (i) 
On a constaté qu'en allant des bords vers le milieu de la baie les 
profondeurs n'augmentent pas graduellement, mais que les plus grands 
fonds, jusque près de 5700 m., se trouvent à l'est de Banda, bien 
qu'on connaisse aussi de très grandes profondeurs, de près de 5000 m., 
plus à l'ouest, p. ex. au sud-est des îles Lucipara. Ensuite, une arête 
relativement peu profonde (2000 à 2600 m.) s'étend des îles Lucipara 
jusqu'à proximité des îles Banda, de sorte que le fond de la mer de 
Banda doit être bien plus irrégulier qu'on ne le soupçonnait auparavant. 



(1) Bulletins de l'Expédition de la Sibog-a no^ 1 à 12, 1899 et 1900. M. Webrr. Die 
Niederlàndische Sibog-a-Expedition etc. Petermanns Geogr. Mitteilung-en 1900, Heft VIII. 
G. F. Tydeman. Hydrographie Results of the Siboga-Expedition. Leiden 1903. 



Après l'effondrement, divers volcans se sont formés au milieu de 
la baie, depuis Gounoung Api, au nord de Wetar, jusqu'à Banda; 
ils sont situés sur une ellipse, que j'ai indiquée dans mon «Voor- 
loopig Verslag» et dont le contour est de nouveau parallèle aux 
crevasses concentriques mentionnées ci-dessus. Les volcans se trouvent 
dans la partie sud-est de cette ellipse; dans la partie du nord-ouest 
il semble qu'il n'y en a pas; pourtant ils y existent peut-être, mais 
cachés sous la surface. Malheureusement, on n'y a pas encore effectué 
de sondages en mer profonde. 

Ambon est donc séparée de Céram par une faille ; et, comme nous 
l'avons vu plus haut, cette île est probablement limitée de toutes 
parts par des failles existant à proximité de la côte. De plus, l'île 
est traversée par une cassure qui, elle aussi, a déjà été signalée plus 
haut et qui a été reconnue comme une faille à la position du granité 
et du grès au sud d' Ambon. Plus au sud, cette crevasse ne peut 
plus se reconnaître, à défaut de couches sédimentaires ; mais il est 
très probable qu'elle se dirige vers la Labouhan Roupang, par 
dessus ou le long des montagnes de péridotite Loring ouwang et 
Eri samau, pour déboucher ensuite dans les profondeurs de la mer 
de Banda. Du côté du nord, sous Hitou, l'allure de cette crevasse 
ne peut plus être constatée à la surface, par suite de la couverture 
de matériaux très récents. Mais ici le tremblement de terre de jan- 
vier 1898 nous est venu en aide ; il est plus que probable que le 
prolongement septentrional de notre ligne s'étend par Nipa vers. 
Wakal ; d'abord, les plus grands éboulements des massifs montagneux 
se trouvent dans cette direction; et puis, de toutes les négories de 
la côte nord de Hitou, la localité Wakal a été le plus fortement 
éprouvée par la commotion. On est donc en droit d'admettre que 
notre faille suit cette direction; et si nous jetons encore un coup 
d'oeil un peu plus au nord, vers la baie de Pirou et l'arête de com- 
munication, étrange et étroite, qui relie Klein-Ceram (la petite- 
Céram ou Houamoual) à Groot-Ceram (la grande Céram), il est 
naturel d'admettre que la faille se prolonge jusqu'à cet isthme et 
constitue, avec les effondrements, une des causes du rétrécissement 
particulier de cette langue de terre. Les roches que j'y ai trouvées 
consistent toutes en schistes argileux fort disloqués (n". 23), à filons 



276 

de quartz (n°. 24), où l'on a mesuré toutes sortes de directions 
(20°, 65°, 70°, 75° jusqu'à 80°, 88° et même 110°); D = 88°, I = 90° 
sont bien les chiffres les plus admissibles ; mais on n'a pu y découvrir 
aucune faille, du moins aux points que j'ai visités. 

La faille d'Ambon susnommée, ainsi que celles de la côte occiden- 
tale de Hitou, à Lariké, de la côte orientale de Leitimor, à Touwi 
sapo et d'autres encore, sont à peu près perpendiculaires aux cassures 
périphériques de tantôt, et elles doivent être considérées comme des 
crevasses radiales par rapport à l'effondrement. 

Ambon n'est donc pas une île qui s'est formée isolément; c'est le 
restant d'un terrain beaucoup plus étendu, dont la plus grande partie 
a été engloutie par un affaissement de terrain et qui, très probable- 
ment, communiquait jadis avec Céram. Une comparaison des roches 
qui apparaissent dans les deux îles n'est pas encore possible, parce 
que nous savons encore trop peu de chose de la constitution géologi- 
que de Céram, et que même l'âge des sédiments de cette île nous 
est totalement inconnu. Les schistes argileux qui afl&eurent à Klein- 
Ceram ont un tout autre aspect que ceux qui, à Ambon, alternent 
avec les grès ; d'ailleurs, d'après Martin, les premiers communiquent 
avec les schistes micacés. Il est probable que ces schistes appartien- 
nent à une formation paléozoïque ou azoïque très ancienne, qui 
n'existe pas à Ambon. Par contre, les granités et les péridotites 
apparaissent dans les deux îles; la diabase, de nouveau à Ambon 
seule, ainsi que le terrain gréseux qui, d'après les recherches du 
Professeur G. Boehm, est probablement d'âge paléozoïque supérieur; 
un terrain calcaire ancien de Céram, que Martin a placé provisoire- 
ment dans la période jurassique, fait aussi défaut à Ambon. Le 
grand groupe des andésites n'est connu, à son tour, qu'à Ambon 
seule et à l'extrémité méridionale de Klein-Ceram. Il semble donc 
que seules les deux roches éruptives, péridotite et granité, existent 
à la fois dans les deux îles et que les andésites ont apparu exclu- 
sivement entre nos 1^ et 3e failles, nommées plus haut. Il est donc 
probable que ces crevasses, et les afifaissements qui les ont accom- 
pagnés, se sont formés après le grès et avant les andésites, donc, pas 
plus tard que dans la période crétacée, mais peut-être plus tôt; et 
comme la position des couches dans l'île de Saleyer, au sud de 



277 

Célèbes, indique que l'effondrement à la partie orientale de cette île 
ne peut être plus ancien que le tertiaire supérieur, il s'ensuit que 
la mer de Banda et les mers voisines ne se sont pas formées en une fois, 
mais à des périodes géologiques différentes^ par des effond.rements réitérés. 
C'est probablement là la cause des profondeurs si variables de la 
mer de Banda dans ses diverses parties. 

• A ces effondrements ont succédé les éruptions des mélaphyres, 
des li parités et des andésites; à en juger d'après le nombre des roches 
vitreuses qui accompagnent ces premières, les éruptions doivent avoir 
eu lieu en grande partie sous la mer. Il est probable que les andésites 
sont un peu plus jeunes que les liparites et les mélaphyres, mais on 
n'a pu l'établir partout avec certitude. Des soulèvements doivent 
avoir élevé ces roches au-dessus des eaux, avec les brèches, les 
conglomérats et les tufs qui les accompagnent; ces soulèvements ont 
continué jusque dans la période quaternaire et ils s'y sont produits 
périodiquement, ainsi qu'il ressort de la structure en terrasses des 
couches de gravier et de calcaire corallien du tertiaire supérieur et 
du quaternaire. La disposition de quelques-uns de ces calcaires, en 
couches superposées et non les uns à côté des autres en forme de 
terrasses, prouve enfin que ces soulèvements ont parfois alterné avec 
des affaissements du sol. 

Les jeunes couches de calcaire et de gravier ne sont pas parfaite- 
ment horizontales; ces roches se présentent à Ambon en couches très 
faiblement inclinées, qui forment des plis synclinaux et anticlinaux ; 
leur mise à sec ne doit donc pas être attribuée à un abaissement 
du niveau de la mer, mais à un exhaussement et à un plissement 
faible de la croûte terrestre. 



K. TREMBLEMENTS DE TERRE 
À AMBON. 

(Figures 53 de l'annexe III et 64 à 56 de l'annexe IV. Figures 

67 à 72 d'après des photographies, dans le texte.) 

Carte n\ IV. 



On ne connaît que peu de chose des nombreux tremblements de 
terre qui ont eu lieu à Ambon à des époques reculées; ce n'est que 
sur les violentes commotions, qui ont été accompagnées de la dévas- 
tation des localités habitées par les Européens, que l'on possède des 
rapports quelque peu détaillés, qui permettent de déduire la direction 
de ces secousses. 

Ces rapports m'ont appris qu'il faut distinguer à Ambon deux 
espèces de tremblements de terre; dans la première, les secousses 
sont dirigées sensiblement du nord-est au sud-ouest, dans la seconde, 
les commotions ont une direction à peu près perpendiculaire à la 
première. 

Les premières secousses ne sont généralement pas très fortes à 
Ambon; elles ont leur origine à Haroukou, Saparoua ou Céram, et ne se 
manifestent à Ambon que par des ondulations faibles ; on ne mentionne 
des dégâts importants au chef-lieu que pour une seule de ces com- 
motions. Au contraire, les secondes sont beaucoup plus énergiques; 
le centre des mouvements paraît se trouver tout près de l'île, et la 
propagation des oscillations a lieu suivant un plan, transversal à la 
direction longitudinale d'Arabon. 

Qu'il me soit permis de présenter tout d'abord quelques considé- 
rations générales sur les méthodes employées pour déterminer la 
direction des tremblements de terre et sur les différentes observations 
que l'on peut faire lors de ces commotions. Je m'occuperai ici ex- 
clusivement des Indes Néerlandaises où, sauf à Batavia, il n'existe 
nulle part des instruments pour observer les ébranlements sismiques. 



279 

Si l'on place sur une tg,ble, reposant sur un seul pied, quelques 
objets longs et étroits, p. ex. des flacons à eau de Cologne oblongs 
ou d'autres objets pareils, et que l'on donne un grand coup au pied 
de cette table, la plupart de ces corps tombent en sens inverse du choc ; 
d'autres, plus pesants, se mettent à vaciller et, à une nouvelle secousse, 
ils tombent soit en sens inverse du choc^ soit dans le sens même ; mais, 
dans les deux cas, dans le plan vertical où ce choc s'est produit. Si 
donc plusieurs objets sont tombés p. ex. vers l'ouest, on sait que le 
choc ne venait ni du nord 7ii du sud, mais que la direction de 
l'ébranlement se trouvait dans un plan dirigé ouest-est; souvent il 
est impossible de constater si le choc était dirigé de l'ouest à l'est, 
ou bien de l'est à l'ouest. Mais, après un violent tremblement de terre, 
la plupart des objets sont certainement tombés à P encontre du choc; 
et de plus, ces commotions sont presque toujours accompagnées de 
bruits, qui précèdent immédiatement la secousse et qui renseignent 
sur la direction. où se trouve le foyer. D'autre part, la direction de 
la secousse peut-être bien constatée quand on peut déterminer le 
sens des oscillations d'objets librement suspendus, tels que des lampes 
à suspension, ce qui cependant n'est possible qu'exceptionnellement 
après cessation du phénomène. 

Dans les tremblements de terre volcaniques, l'ébranlement part 
d'ordinaire d'un seul point, et les points situés dans le voisinage 
sont, en règle générale, atteints plus tôt ou plus tard par la com- 
motion, suivant qu'ils sont plus ou moins rapprochés de ce centre. 

Au contraire, dans les tremblements de terre tectoniques — et ce 
sont les seuls auxquels nous ayons affaire à Ambon, eu égard à l'ab- 
sence de volcans — les mouvements émanent le plus souvent de 
plusieurs points, ou d'un plan, car ils sont la conséquence d'affaisse- 
ments et de dislocations le long de failles. Dans ce cas, des points 
différents de la surface, qui se trouvent dans le plan du choc, peu- 
vent être atteints simultanément, soit verticalement, soit sous un 
certain angle, selon qu'ils sont situés verticalement au-dessus des 
centres du mouvement ou bien à côté. D'après la direction et la 
violence de l'ébranlement, le mouvement sera perçu à la surface, 
dans ce dernier cas, comme un choc vertical ou horizontal. Pour des 
chocs à peu près verticaux, le mouvement sera essentiellement vertical ; 



280 

s'ils ont une faible inclinaison, le mouvement sera surtout horizon- 
tal; mais, comme dans les deux cas la force dirigée obliquement 
peut être décomposée en une composante verticale et une autre hori- 
zontale, dans les violents tremblements de terre tectoniques, les deux 
mouvements se manifesteront généralement ensemble, et tel a été 
nettement le cas à Ambon, dans la commotion de janvier 1898. 

Dans divers tremblement de terre on a observé dans les monuments 
des mouvements rotatoires, ou des déplacements de la partie supérieure 
relativement au pied; ce que quelques auteurs ont attribué à des 
mouvements excentriques. Sans vouloir contredire en général cette 
opinion, je dois déjà faire observer qu'en 1898 on a constaté à Ambon 
aussi un pareil déplacement rotatoire, que l'on doit cependant interpréter 
tout autrement, notamment par la forme même de la tête du monument, 
qui tend à prendre une position d'équilibre par rapport au plan dans 
lequel le mouvement a lieu. Nous revenons plus loin sur ce fait. 

Au sujet de la vitesse de propagation des secousses, on ne doit 
guère s'attendre, en général, à trouver des données pour les tremble- 
ments de terre de l'Inde, parce que ces déterminations exigent des obser- 
vations de temps très précises, et que dans l'Inde les horloges diffèrent 
assez souvent de plusieurs minutes, surtout dans les îles, telles qu' Am- 
bon, qui ne sont pas encore reliées télégraphiquement avec Batavia. 

Dans la liste suivante, j'ai réuni tous les tremblements de terre 
qui me sont connus par la bibliographie. Les sources sont les mêmes 
que celles que j'ai mentionnées dans ma liste des tremblements et 
éruptions à Banda, dans le «Jaarboek van het Mijnwezen in Neder- 
landsch Oost-Indië 1900, p. 17», ce sont: Valentijn. Beschrijving 
van Oud- en Nieuw Oost-Indiën, deel II en III; le Maandelijksche 
Nederlandsche Mercurius, 1764, 1766, 1774 et 1778; les Nederlandsche 
Jaarboeken 1755; les Nieuwe Nederlandsche Jaarboeken 1766 et 1767; 
JuNGHUHN. Chronologisch Overzicht der Aardbevingen en uitbarstingen 
van vulkanen in Nederlandsch Indië. Tijdschrift voor Nederlandsch 
Indië, Vllde Jaargang, Iste deel 1845, blz. 30—68; le Natuurkundig 
Tijdschrift voor Nederlandsch Indié, depuis la l^e année 1850 (imprimée 
en 1851) jusqu'à ce jour; et quelques données dissémim es dans divers 
autres écrits. 



281 



Liste des tremblements de terre et de mer observés à Ambon. 

1629. Un tremblement de terre et de mer qui a eu lieu à Banda, 
et qui, d'après Valentijn II, 2, p. 80, s'est fait sentir aussi, 
mais faiblement, à Ambon. 

1644. Commotion assez forte, le 12 mai, depuis le matin jusqu'à 8 
heures du soir, «la plus violente que, de mémoire d'homme, 
on eût observée dans cette province; elle était accompagnée 
de pluie, de tonnerre et d'éclairs; elle dura toute la nuit. Des 
murs se sont lézardés dans la maison du gouverneur». Valentijn 
II, 2, p. 145. 
id. 17 mai. Encore un tremblement de terre, dans lequel «les 
deux façades de la maison du gouverneur se sont écroulés. 
De 8 à 10 jours, le sol ne fut pas en repos." Il n'y eut pas 
mort d'homme, mais le 17 «beaucoup de constructions s'effon- 
drèrent, un soldat périt et un enfant d'esclave eut la jambe 
cassée." Cette commotion fut ressentie aussi à Houamoual 
(Valentijn écrit Hoewamohel), mais plus faiblement. Valentijn 
II, 2, p. 146. 

1648. 29 février. Violente commotion «qui ne causa toutefois aucun 
dégât, bien qu'elle arrivât avec grand bruit». Valentijn II, 2, 
p. 155. 

1671. Entre le 17 et le 18 octobre. Principalement à Saparoua. Légère- 
ment à Ambon. 

1673. 12 juin.(') 

1674. 17 février. Commotion très forte. Pour celle-ci et les deux 
précédentes, voir Valentijn II, 2, pp. 230 à 237. 

1683? Junghuhn (Java, édition allemande, II pp. 838 et 920) signale 
dans cette année un tremblement de terre à Ambon. D'après 
Valentijn (Banda, III, II, 2, p. 17) il y a bien eu un tremble- 
ment de terre à Banda, mais pas à Ambon. 

1687. 19 février. Violente commotion. Valentijn II, 2, p. 248. Les 
secousses ont duré jusqu'au 4 avril 1687. 



(1) WiCHMANN (39, p. 2 et p. 2 note 3) donne par erreur le 12 juillet. 



282 

1689? JuNGHUHN, dans Overzicht p. 36, rapporte cette année et la 
date du 19 janvier d'après Valentijn; ce sera sans doute une 
faute d'impression, au lieu de 1687, car pour 1689 Valentijn 
ne fait mention d'aucun tremblement de terre à Ambon; et il 
ne parle pas de février, mais dit seulement «le 19 du mois 
suivant»» (c'est-à-dire le mois qui a suivi le violent incendie 
à Ambon du 11 janvier 1687). 

1705. En octobre «il y eut ici aussi divers tremblements de terre, 
les plus violents qu'on eût observés de longtemps, et ressentis 
principalement à Houwamohel et à Hitou». Valentijn II, 2, 
p. 261. W. FuNNELL aussi rapporte un tremblement de terre 
à Ambon, qui a duré deux jours, dans la description de son 
voyage avec Dampier, à la mer du Sud, en 1705 (Wallace, 
The Malay Archipelago, 1869, I, p. 460). 

1708. 28 novembre, le soir entre 10 et 11 heures, crue des eaux à 
Ambon, mais sans tremblement de terre. Valentijn II, 2, p. 271. 

1710. 15 au 17 février. «Le 15 février 1710, au matin, il s'est pro- 
duit ici un violent tremblement de terre, consistant en 3 se- 
cousses; de même le 16, encore le matin, à 4 heures, ainsi 
que le 17, où il y en eut deux, à midi, suivis encore de deux 
autres. Le 16, le sol n'est pas demeuré en repos àHaroukou». 
Valentijn II, 2, p. 275. Il paraît donc que ce fut un tremble- 
ment de terre venant du côté de Haroukou. 

1711. «Le 5 septembre, la nuit, entre 10 et 11 heures, il y a eu un 
soulèvement de la mer comme il y en a eu encore un de mon 
temps; mais cette fois il a duré jusqu'à huit heures et demie 
du matin. En une demi heure, les eaux se sont trois fois 
soulevées et abaissées très rapidement de 4 pieds; deux mai- 
sons ont été emportées à Hâtive et 2 enfants ont été noyés. 
Tous les puits de Mardheika étaient à sec. La hauteur était 
la plus plus forte au côté sud de l'anse; les effets se sont 
pourtant fait sentir aussi aux trois maisons (Roumah tiga, 
Verb.), mais non à Poka.>' 

«On apprit encore que le même jour il y eut un violent 
tremblement de terre à Oma (Haroukou, Verb.), et au même 
moment où les eaux ont commencé à monter ici. U y eut 



aussi un tremblement de terre à Honimoa (Saparoua, Verb.) et 
à Noussalaout, et les eaux s'élevèrent aussi autour de ces deux 
îles, ainsi qu'à Oma (13 à 14 fois) et à l'isthme de Baguwala. » 
«Peu après, on apprit encore qu'à la même heure il y avait 
eu un violent tremblement de terre à Banda, qui avait été 
indubitablement la cause principale de cette crue des eaux.» 
Valentijn II, 2, p. 280. Ce fut donc là encore un mouvement 
sismique venant de l'est, de Haroukou ou de Banda. Il ne paraît 
pas y avoir eu un tremblement de terre effectif à Ambon. 

1754. 18 août. Violent tremblement de terre, fort surtout à Haroukou. 
De nombreuses secousses, moins fortes, se sont fait ressentir 
durant tout le mois d'août et même jusqu'au 10 septembre. 
Le mouvement venait encore de l'est, ainsi que nous le verrons 
plus en détail ci-après. Nederlandsche Jaerboeken. Negende 
Deels, Tweede Stuk. Te Amsteldam, 1755, pp. 814 à 831. Pour 
cette commotion Junghuhn, dans son Chronologisch Overzicht 
(Tijdschr. v. Nederlandsch Indië VII, I, p. 36), cite Valentijn 
comme source, ce qui n'est évidemment pas exact, car Valentijn 
a quitté Ambon en 1712, et son grand ouvrage, Beschrijving 
van Oud- en Nieuw Oost-Indiën, a paru de 1724 à 1726 ('). 

1777. Dimanche 30 mars (1er jour de Pâques), à 9 '/a b. du matin, diffé- 
rentes secousses assez vives, accompagnées de bruits venant 
du nord-ouest. Pas de victimes. Des ébranlements plus faibles 
ont suivi jusqu'au 9 juin. Maandelijksche Nederlandsche Mercu- 
rius XLIV, 1778, p. 205. A proximité de Liliboï il s'est formé 
dans le sol, à la suite d'une des commotions, une crevasse de 12 
pieds de long et tellement profonde qu'on n'en put trouver 
le fond(?). A Alang, un quartier de roc de 4 toises de long 
et 2 toises de large tomba à la mer; et de la montagne de 
grandes masses de pierres sont tombées dans la vallée. 

1781. Mentionné par Junghuhn, qui cite de nouveau à tort Valentijn 
comme source; mentionné aussi incidemment dans une lettre 



(1) Valentijn est parti d'Ambon, en mai 1713, par le navire Ouwerkerk; le 8 juin il 
arrivait à Batavia ,,où il ne débarqua que le 13 de ce mois, un dimanche, parce que les 
363.000 livres de girofles, que le navire contenait, devaient être d'abord décharg-ées" ! 
Valentijn II, 3, p. 381. 



284 

officielle du gouverneur des îles Moluques A. A. Elltnghuysen, 
du 4 novembre 1885, par laquelle il fait savoir que, d'après les 
rapports des plus anciens habitants d'Ambon. le tremblement 
de terre de 1835 était beaucoup plus violent que ceux de 1781 
et de 1830. 

C'est peut-être le même tremblement de terre que celui 
dont parle Labillardière, quand il communique que, 12 ans 
avant son arrivée à Ambon, en 1792, il s'était produit dans 
cette île un tremblement de terre. Mais, comme je ne trouve 
nulle part mention d'un tel phénomène en 1780, je suppose 
qu'on devra lire 11 ans au lieu de 12. M. Labillardière. 
Relation du voyage à la recherche de la Pérouse, Tome I, 
Paris, An VIII, édition in 4°, p. 324. 

1815. JuNGHUHN (Java, édition allemande II, pp. 826, 839 et 923) 
parle d'un tremblement de terre à Ambon, dans lequel le sol 
s'ouvrit en divers endroits et vomit de l'eau, et qui accom- 
pagna la violente éruption du Tamboro à Soumbawa; il cite 
comme source: Raffles. History of Java I, p. 25. Toutefois, 
dans la description que cet auteur donne de l'éruption du 
Tamboro, il n'est question nulle part d'Ambon. 

D'après Wichmann (Tijdschrift van het Koninklijk Neder- 
landsch Aardrijkskundig Genootschap, XV, 1898, p. 18) la 
source est : G. A. Stewart. Description of a volcanic éruption 
in the Island of Sumbawa. The Edinburg Philos. Journ. 1820, 
III, p. 392; il y est fait mention d'un violent tremblement de 
terre à Ambon le 11 ou le 12 avril 1815, pendant lequel de 
l'eau jaillit d'une crevasse dans le sol. 

1823. 19 octobre. Lesson. Voyage autour du monde sur la corvette 
la Coquille. (Trésor historique et littéraire) Bruxelles 1839, 
m, p. 164. 

Les rapports qui suivent sont empruntés pour la plupart au 
Natuurk. Tijdschrift voor Ned. Indië. 

1830. 28 mars, 10 heures du matin; mouvement horizontal de l'est 
à l'ouest, assez violent; quelques maisons se sont écroulées. 
De petits mouvements ont continué jusqu'au 7 avril 1830. 

1835. 1 novembre, à 3 h. du matin. Violent tremblement de terre. 



^85 

dont il est question dans deux lettres du gouverneur Elling- 
HUYSEN, que nous citerons plus loin, et dans un rapport du 
1er lieutenant Janssen dans «de OosterlingD, Illde jaarg., le stuk, 
p. 135. Les mouvements ont duré jusqu'à la fin de l'année. 

1836. Dans cette année on a ressenti des secousses à diverses reprises, 
principalement du 22 au 25 février, le 3 septembre, et violentes 
le 16 septembre. «De Oosterling » , IlIde jaarg., le stuk, p. 139. 
Communication de Janssen. 

1837. Le 21 janvier, à 9 h. du soir. Violent à Haroukou, Saparoua 
et Nousa laut. Ressenti aussi dans toute l'île d'Ambon, «Konst- 
en Letterbode» 1837, II, p. 207. 

1841. 16 décembre, à 2 h. du matin. Faible commotion; 1/4 d'heure 
plus tard tremblement de mer; l'eau monta de 4 à 5 pieds 
au-dessus de son niveau le plus élevé. A Bourou, entre 1 et 2 h. 
du matin, tremblement de terre plus violent qu'à Ambon; 
et à Amblau forte commotion de la mer. Il n'est pas impossible 
que pour Ambon le mouvement fût venu de l'ouest. 

1843. 18 janvier, 18 février, 15 mars, 14 avril, 15 mai, 3 et 8 août, 
16 septembre. 

1845. 20 juillet, dans l'après-midi, entre 1\'^ et 2 h. et le 21 juillet, 
de 6V2 à 7 h. du soir. Secousses venant de l'est. 

1849. 28 mai, le soir. Ce fut un tremblement de terre à Saparoua, 
qui s'est propagé faiblement jusqu'à Ambon. 

1850. 18 et 20 mars. (Junghuhn, Java II, p. 839, édition allemande), 
7/8 (la nuit du 7 au 8) octobre. Et le 8 octobre, à 11 Vj h. 
du matin, une secousse violente. 

1851. 4 février, 7 et 24 juillet, 18 octobre, 20 novembre à 11 h. 55 m. 
du soir. 

1852. 26 novembre. Rien qu'un faible mouvement ondulatoire, mais 
de longue durée, à 7 h. du matin. Il a duré 3V2 minutes et 
fut suivi, à 8 h. 35 m. d'une commotion très sensible de la 
mer. Les tremblements sur terre et sur mer furent très violents 
à Banda, ainsi qu'à Céram et à Saparoua, et se sont même 
fait sentir à Bourou, Batjan et Ternate. Dr. J. Hartzfeld. 
Militair suramier ziekenrapport van Amboina over de jaren 
1851 CD 1852. Geneeskundig Tijdschrift voor Nederlandsch- 



2^6 

Indië III, 1854, p. 249. On a probablement affaire ici à un 
tremblement de terre tectonique, venant de Céram. 

1853. 12 avril, à 4 h. 10 m. du matin, direction est-ouest; 13 et 
16 avril; 30/31 décembre. 

1854. 18 et 24 novembre. 

1855. 12 mai, 5 octobre, 4 décembre. 

1856. 10 mai. 

1857. 8 février, 13 mai (tremblement de mer). 

1858. 23 octobre, 9 novembre. 

1859. Pas de tremblements de terre. 

1860. 27 mai. 

1861. 29 décembre. Léger tremblement de terre? Probablement des 
vibrations aériennes dues à l'éruption qui eut lieu à Makian, 
car à cette date, et aussi le 30 décembre, on a entendu des 
bruits violents, comme des coups de canon, venant du nord- 
nord-ouest (Verb.). 

1862. 17 octobre, 17 et 25 novembre. 

1863. Aucun tremblement de terre. 

1864. 22/23 mai, 26 mai; 6, 7 et 18 septembre, 2 octobre. 

1865. 1 et 28 janvier; 23 et 30 juillet; 29 août; 13, 22 et 23 décembre. 

1866. 5 janvier. 

1867. 21 mai, 20 décembre. 

1868. 13 janvier. 

1869. Pas de tremblements de terre. 

1870. 13 février, 30 décembre. La dernière commotion s'est fait 
sentir aussi à Hila, Saparoua, Amahei et Bourou. 

1871. Aucune commotion. 

1872. 11 avril. 

1873. 2 mars, 4 novembre. 

1874. 25 mars. 

1875. Pas de tremblement de terre; le 13 août, à Hila. 

1876. 11 avril; 28 mai (aussi à Hila), et à Bourou violentes com- 
motions sur terre et sur mer; 27 et 28 juillet; 13 octobre. 

1877. 6 juin (dans la nuit du 5 au 6 juin, à 12 h. 15 m.). De Banda on 
rapporte une secousse dans la nuit du 6 au 7 juin, à 12 h. 20 m. 
Ces heures sensiblement concordantes font pressentir qu'il s'agit 



ici de la même secousse, et que la date 6/7 est fautive (voir 
Javasche Courant 1877, nos. 56 et 78). 

1878. 9 et 16 juin; 5 juillet; 17 et 18 octobre; 9 décembre. 

1879. 22 mars; 2, 10 et 11 décembre. 

1880. Pas de commotions. 

1881. 13 janvier. 

1882. 21 septembre, 10 octobre. L'un et l'autre aussi à Banda. 

1883. 15 août, 26 novembre. 

1884. 12 et 24 mars, 10 décembre. 

1885. 30 mars, 2 avril et 30 avril; le dernier a été ressenti aussi à 
Banda et à Ternate ; 1, 17, 22 et 29 mai (secousses presque 
quotidiennes du 15 au 31 mai); 11 juin, 15 octobre, 9 décembre. 

1886. 29 et 30 juillet, 4 août, 18 septembre et 12 décembre. 

1887. 7 février, 18 juin, 8 et 15 juillet. 

1888. Pas de commotions. 

1889. 17 novembre. 

1890. 24 décembre. 

1891. 22 février et 10 août. 

1892. 12 avril, 4 juin, 30 et 31 octobre. Ce dernier à midi; n'est 
donc pas celui qui eut lieu à Banda, le 31 octobre à 9 h. 30 m. 
du matin. 18 novembre et 24 décembre. 

1893. 20 avril, 27 août. 

1894. 9 et 12 juin, 4 septembre. 

1895. Pas de tremblements de terre. 

1896. 2 janvier, 12 avril, 10 novembre et 17 décembre. 

1897. 28 octobre. 

1898. 6 janvier, à 1'//, h. de l'après midi. Tremblement de terre très 
violent. Dans ce mois, du 6 au 31, il y eut des secousses 
presque quotidiennes, qui, en comparaison du choc principal, 
étaient toutes très faibles et n'ont pas causé de dégâts. Le. 
choc du 22 janvier, à 7 h. 15 m. du soir, a seul fait tomber 
quelques pierres des murs déjà lézardés de l'hôpital. D'après 
les observations qui ont été faites, du 22 janvier à fin mai, 
par le personnel de l'hôpital et qui m'ont été communiquées 
par le lieutenant-colonel J. A. B. Masthoff, on a ressenti des 
secousses aux dates qui suivent. Je n'ai pas regardé comme 



288 

tremblements de terre ce qui figure dans le rapport sous le 
nom de «gerommel en dreuningen» (bruits sourds et trépida- 
tions), mais je l'ai considéré comme des ébranlements de l'air 
dus à un tonnerre éloigné; il est possible cependant qu'il y 
ait eu aussi de légers tremblements du sol. 

Janvier. Du 6 au 21, tous les jours, d'après les habitants d'Ambon. 

Janvier. Du 22 au 31 ; journellement, à l'exception des 23, 24 et 
29 janvier, dates auxquelles on n'a pas ressenti de secousses 
sensibles; des roulements souterrains sont signalés le 24. H 
y a donc eu des commotions dans 23 jours, en janvier. 

Février. Du 1 au 28. Pas de tremblement de terre les 2, 6, 9, 10, 
13, 15, 21, 23, 25 et 26 de ce mois; le restant du mois, jour- 
nellement. Donc 18 jours de commotions. 

Mars. Du 1 au 31. Tremblements les 5, 6, 7, 8, 14, 16, 17, 18, 19, 
24, 25, 26 et 30; donc dans 13 jours. 

Avril. Du 1 au 30. Seulement le 4 et le 5 {le matin à 5 h. 25 m., 
la seule commotion que j'aie observée moi-même au chef-lieu 
entre le 14 mars et le 28 mai, et qui fut très faible), les 10, 
12, 13, 19, 20, 24, 27 avril; donc dans 9 jours. 

Mai. Du ] au 31. Du 1 au 29 mai, rien. Le matin du 30 mai, à 
12 h. 25 m. (nait du 29 au 30) 3 secousses; les deux premières 
étaient faibles et de courte durée; la troisième, encore plus 
faible. 

Juin. Du 1 au 30. Rien. 

Juillet. Du 1 au 22. Rien. 

Juillet. 23. A 11 h. 14 m. du matin une secousse sensible, mais 
faible. Cette commotion n'appartient plus au tremblement de 
terre de janvier; les mouvements qui étaient la conséquence 
de la forte commotion du 6 janvier ont pris fin le 27 avril, 
donc environ 4 mois après le choc principal. 

Après le 23 juillet, on ne mentionne plus qu'une seule 
secousse à Ambon pour le reste de l'année 1898, notamment 
le 21 novembre; elle a été ressentie aussi à Saparoua, et elle 
y a produit quelques dégâts en crevassant les murs de la prison. 

1899. 11 et 13 février; 16 mars; 21 et 22 avril; 14 et 15 juillet; 
9 août; 30 septembre (c'est là le grand tremblement de terre 



289 

et de mer de Céram, qui s'est fait sentir aussi à Ternate et à 
Banda); 7 et 24 octobre (le dernier aussi à Banda); 5 novem- 
bre; 5 décembre. 

1900. 24 octobre et 10 novembre. 

1901. 11 février, 20 mars. 

1902. 24 février. 

1903. 13 octobre. 



Parmi les secousses que nous venons d'énumérer, il y en a quelques- 
unes qui ont été ressenties simultanément à Ambon et à Banda. Ce 
sont les suivantes : 

Août 1629 (violente à Banda, faible à Ambon). 

17 février 1674 (violente à Ambon, très faible à Banda). 

*26 novembre 1852 (violente à Banda, faible à Ambon). 

(?) 6 juin 1877 (pas trop certain, car les dates ne correspon- 
dent pas). 

21 septembre 1882. 

10 octobre 1882. 

*30 avril 1885. 

*30 septembre 1899. 

24 octobre 1899. 

Ensemble 9 tremblements de terre, dont 3, marqués d'un *, ont 
été ressentis en même temps à Ternate, et dont le foyer était pro- 
bablement à Céram. En laissant de côté la secousse un peu douteuse 
du 6 juin 1877, il n'y a, parmi les 250 secousses ressenties à Ambon 
et dans plus de 350 pour Banda, pas plus de 5 commotions com- 
munes aux deux îles, cbiffre qui certes est d'une insignifiance 
imprévue. L'indépendance des secousses dans ces deux îles se manifeste 
encore plus clairement quand on considère les violents tremblements 
de terre qui suivent, lesquels n'ont été ressentis que dans l'une des 
îles ou qui ne l'ont été que faiblement dans l'autre: 

12 et 17 mai 1644. Violent à Ambon, non ressenti à Banda. 

17 février 1674. Violent à Ambon, faible à Banda. 

18 août 1754. Violent à Ambon, nul à Banda. 

1 novembre 1835. Violent à Ambon, très faible à Banda. 

19 



290 



23 novembre 1890. Violent à Banda, nul à Ambon. 
6 janvier 1898. Très violent à Ambon, non ressenti ou ressenti à 
peine à Banda. 

Les années qui suivent se caractérisent par des secousses parti- 
culièrement nombreuses dans l'une des îles, mais qui n'ont presque 
jamais été ressenties dans les deux à la fois. 

Ambon. Banda. 

25 secousses. 

13 

17 

14 

12 

12 

17 

45 
1 
3 

23 

42 
Cela montre une fois de plus que, pour Ambon et pour Banda, 
nous avons afîaire à deux centres d'activité tout-à-fait distincts. 
En laissant de côté les secousses tectoniques venues d'ailleurs, qui 
se sont propagées jusqu'à Banda, les commotions dans cette île sont 
produites par l'activité du volcan Gounoung Api, tandis qu'à Ambon 
les tremblements de terre sont de nature exclusivement tectonique. 
Sur les 5 tremblements de terre les plus violents, ceux des années 
1644, 1674, 1687, 1754 et 1835, nous possédons des notions quelque 
peu étendues, dont nous donnerons ici un extrait avant de passer 
à la description de la commotion de 1898, la plus violente de toutes. 



1853 








4 


1857 








2 


1859 








— 


1860 








1 


1861 








— 


1863 








— 


1867 








2 


1877 








1 


1885 








10 


1898 








48 


1899 








13 


1901 








. 2 


montre une fois 


de 


P 


lus 


, qu( 



Tremblement de terre des 12 et 17 mai 1644. 

Nous avons sur ce phénomène un rapport de Valextijn, dans Oud- 
en Nieuw Oost-Indiën II, 2, pp. 145 et 146; nous l'avons déjà com- 
muniqué en partie plus haut. Par la première secousse du 12 mai, les 
murs furent lézardés et ils s'écroulèrent au second choc, celui du 17 mai, 



291 

probablement plus fort. La montagne en arrière d'Ambon était cre- 
vassée en divers points, et les redoutes de Bagouala (c'est-à-dire Paso 
Verb.), Hila et Oma (Haroukou) avaient beaucoup souffert. La com- 
motion fut ressentie aussi à Houamoual (Klein-Ceram), bien (qu'elle 
y fût moins violente qu'à Ambon. Il n'y est pas fait mention de la 
direction des secousses; mais, comme Haroukou aussi avait été fort 
éprouvée, ce qui me paraît le plus vraisemblable, c'est que cette 
direction était de l'est à l'ouest. Il y eut un mort et un blessé. 

Tremblement de terre du 17 au 18 octobre 1671. 

Ce fut une violente commotion à Saparoua, qui fut ressentie aussi 
à Haroukou, à Paso et au chef-lieu Ambon. Valentijn II, 2, p. 230, 
a fait à ce sujet la communication suivante: "Entre le 17 et le 18 
octobre un fort tremblement de terre à Honimoa (Saparoua Verb ). 
Non seulement la redoute Velzen, à Hatouwana, fut renversée et la 
forteresse Hollandia à Sirisorri démantelée, mais même le terrain et 
les montagnes éprouvèrent en général de grands dégâts parl'éboule- 
ment de divers fragments d'un poids incroyable, par les crevasses 
qui se sont formées dans le sol, etc. . . . La plage de Hatouwana 
s'était par suite affaissée de plus d'un pied; le récif qui se trouve 
en avant de la négorie de Papero, encore bien davantage .... Et 
cependant (bien (ju'on eût ressenti des secousses effroyables] il ne 
périt que peu de personnes (leur nombre n'a pas été relevé, soit par 
négligence, soit par ignorance). Depuis ce jour et cette heure, cette 
commotion a bien duré encore un mois à Honimoa; la terre n'était 
absolument pas en repos; puis elle a continué par intervalles toute 
l'année, et à la même heure que les fortes secousses avaient lieu, 
elles furent ressenties aussi à l'île d'Oma i Haroukou Verb.), à l'isthme de 
Bagouala (Paso Verb.) et au fort Victoria (bien que moins violentes). 
La seule secousse importante au fort a eu lieu le 12 juin 1673, le 
soir vers 6 heures». Dans le tremblement de terre de 1671, l'ébranle- 
ment est donc venu de Saparoua et s'est dirigé par Haroukou vers 
Ambon; par conséquent, sa direction doit avoir été, pour Ambon, de 
l'est à l'ouest, bien que cette circonstance ne soit pas mentionnée 
d'une manière formelle. 



292 

Tremblement de terre du 12 juin 1673. 

Celui-ci se rattache probablement aux précédents, car, après le mois 
d'octobre 1671, des secousses se sont fait sentir «pendant plus d'une 
année", mais par intervalles. D'après Valentijn II, 2, p. 230, il a 
eu lieu le soir à 6 heures environ; «alors on a observé diverses 
secousses violentes qui ont disloqué quelques-uns des murs intérieurs 
du fort et quelques autres bâtiments en pierre.» 

Grand tremblement de terre du 17 février 1674 (•). 

Le récit de cette commotion vient, dans le travail de Valentijn, 
immédiatement après celui des deux précédentes, 1. c. II, 2, pp. 230 
à 237 (d'après Leupe, ce récit proviendrait de Rumphius, bien que 
Valentijn n'en fasse pas mention. Voir P. A. Leupe, dans les Ver- 
handelingen der Kon. Akademie van Wetenschappen, Afd. Natuur^ 
kunde, XII (^), 1871, pp. 17 et 61. Néanmoins, dans aucun des 
documents anciens je n'ai pu trouver le nom de Rumphius comme 
auteur de ce récit). J'en fais suivre ici les parties les plus importantes 

«Le samedi soir, entre huit heures et demie et huit heures, par 
un beau clair de lune et un temps calme, sans aucun bruit avant- 



(1) Il est fait pour la première fois brièvement mention de ce tremblement de terre dans 
une lettre adressée le 14 avril 1674 par le g-ouverneur d'Amboine, Antom Hurdt, au 
gouverneur général à Batavia. Un deuxième rapport, plus étendu, figure dans une lettre 
du même au même, en date du 17 juin 1674. Ces deux rapports ont été cités dans le 
„Dagh Eegister gehouden int Casteel Batavia" Anno 1674, pp. 121 et 122 et pp. 173 à 
175" édité en 1902. Le deuxième rapport est assez étendu; et il est probablement déjà un 
extrait du „Cort Verhaal etc.", bien détaillé cependant; ce dernier n'existe pas dans les 
Archives de l'Etat à la Haye, comme annexe à la lettre du 17 juin 1674. Il a été trans- 
mis d'Amboine à Batavia, par lettre du 18 septembre 1674, et il en existe une copie aux 
Archives de l'Etat. Le titre de cette pièce est: „Cor^ Verhaal van de schrickelijcke aart- 
bevingen eenigen tijdt kerwaarts en toornaementUjk op den Yl fehmary dezes jaars 1674 
met d' ongehoorde watervloedt mitsgaders droete ongelncken ende icondei'lijcke bgsonderheden 
ontrent deselve ten dien dagen in d'eglanden van Amboina voorgetallen^ 9^^!l<^^< sulcx in het 
dagregister neerstig en omstandig aangeteeckent eu daaruit getrocken is'\ Ce rapport a été 
imprimé aussi sous un titre un peu modifié: ,,Waerachtig Verhael etc.". Gedruckt naer 
de Copye van Batavia, In 't Jaer onses Heeren 1765. 

Aux Archives de l'Etat il existe aussi une copie du Dagregister van Amboina over 1674. 

On trouve toutes ces pièces dans Batavias Inkomend Briefboek 1675, NO. 3 (s'occupant 
de 1674; et non dans le Briefboek de 1674, ainsi que le mentionne Wichmann, 39 p. 3, 
note 2). 

Le récit de Valentijn II, 2, pp. 230 à 237, est presque identique au „Cort Verhaal". 

(2) Et non XIII, ainsi qu'il est imprimé par erreur sur le travail. 



293 

coureur, toute la province, savoir les régions de Leytimor, Hitou, Nous- 
satelo, Cérain, Bourou, Manipa, Amblauw, Kelang, Bonoa, Honimoa, 
Noussalaout, Orna et autres localités voisines (principalement les deux 
premières) ont été éprouvées par des secousses et un tremblement 
de terre si violents, que beaucoup de personnes croyaient que le grand 
jour du Seigneur était arrivé .... 75 des «petakken» ou habitations 
des Chinois, ainsi qu'une grande maison, se sont écroulées dès la 
première secousse, qui était excessivement violente; sous les décom- 
bres furent ensevelies 79 personnes, parmi lesquelles la femme du 
Koopman (marchand-administrateur) Georgius Everhardus Rumphius, 
avec la plus jeune de ses filles et encore deux personnes de sa mai- 
son; puis, la veuve du secrétaire Johannes Ba.sting(1) et 4 autres 
Européens; en outre, 35 personnes furent grièvement blessées à la 

tête, aux bras et aux jambes on entendait continuellement 

un vacarme, analogue à des coups de canon, qui venait de loin, le 
plus souvent du nord et du nord-ouest (donc, un mouvement venant 
du nord Verb.) ; d'où l'on pouvait conclure suffisamment que quelques 
montagnes se déchiraient ou que des fragments s'en détachaient, 
ainsi qu'on a pu le constater au point du jour sur le terrain de Hitou, 
principalement aux montagnes de Wawani et de Ceyt. Le violent 
ébranlement a duré toute la nuit, de sorte qu'on n'avait pas une 
demi-heure de repos. Toutefois, les chocs les plus forts venaient d'en 
bas, comme si l'on heurtait nos pieds avec de grosses poutres. On 
pouvait aussi, en écoutant bien, entendre faiblement un clapotement 
des eaux souterraines (!) L'église malaise fut tout- à-fait dis- 
loquée; le pilier du sud avait dévié en dehors (ceci indique aussi 

un choc venant du nord Verb.) La maçonnerie neuve non 

encore parfaitement sèche du fort, était renversée depuis l'entrée 
principale jusqu'à la cambuse de l'administrateur en chef ; les chemi- 
nées avaient percé le toit; quelques-unes avaient culbuté par dessus 
le toit .... La maison en pierre à l'« Eléphant » (Batougadjah Verb.), 
servant de buanderie, s'est aussi totalement écroulée; elle est devenue 
un amas de décombres; mais (grâce à Dieu', dans toutes ces ruines 
on n'a trouvé qu'une victime, une femme mise en prison pour adul- 

(1) Au Dagreg-ister van het Kasteel Victoria il y a „la veuve de l'ancien Secrétaire du 
Conseil de Justice, Joannes Bastinck." 



294 



tère ; et même, personne n'a été blessé, sauf la petite fille du seigneur 
Gouverneur, qui, en s'enfuyant du fort, reçut une blessure latérale 
au front (le crâne était percé). « 

«Dans les montagnes de Leytimor, ainsi qu'on Fa appris quelque 
temps après l'événement, le tremblement de terre a été aussi ressenti 
très fortement. A Nakou, 7 maisons étaient démolies, et plusieurs 
grosses pierres, détachées de la montagne, ont passé en roulant à 
côté de quelques personnes, mais sans produire de dégâts .... La 
route entre Oma (faute d'impression: il faut Ema, car Orna est l'île 
d'Haroukou, et ici il est question du village d'Ema Verb.) et Soya 
(Soja di atas Verb.) était crevassée sur une étendue d'au moins 
2S toises; en certains endroits cette crevasse avait 2 à 3 pieds de 
largeur, en d'autres elle était comme entaillée». 

Vient ensuite le récit des événements à la côte nord de Hitou, 
où des courants de boue et une commotion de la mer ont occasionné 
beaucoup de désastres. 

Au même moment que le tremblement de terre fut ressenti au 
fort, on le constata depuis Louhou jusqu'à Ceyt, c.-à-d. s' étendant 
du sud au nord: il fut suivi bientôt d'une épouvantable «montagne 
de mer» (comme on l'a appris plus tard de personnes dignes de foi) 
aux environs de oud- (vieux) Lebelehou (au-dessus de Saïd Verb.). 
Surgissant du sol elle s'éleva brusquement à pic, se porta un peu 
du côté de la mer, puis se sépara en 3 parties, dont 2 se sont 
dirigées vers l'intérieur de l'île et la 3e vers la mer, enlevant sur 
leur passage, arbres, maisons, hommes, en un mot tout ce qu'elles 
rencontraient. Les dégâts causés à cette côte seront mentionnés plus 
loin; certainement 2243 personnes périrent, dont 31 Européens, ce 
qui fait avec les 79 qui précèdent un total de 2322 victimes». 

La suite du récit fait voir qu'il y a eu non seulement des torrents 
de boue, mais un véritable tremblement de mer, par lequel le fond 
de la mer devint visible entre Noussatelo (les trois îles pi'ès d'Asi- 
loulou) et Ourien (Ouring). 

•<A Noussatelo, l'eau s'était en un instant écoulée si loin du côté 
d'Ourien, qu'on ne voyait plus que le fond, sur lequel on reconnais- 
sait à peine encore un peu d'eau; puis, elle est revenue, et 3 fois de 
suite elle coula ainsi d'un côté à l'autre de la partie la plus basse de 



295 

l'île, au centre de laquelle les vagues venaient s'entrechoquer avec 
violence .... A Hitoulama, on estime que l'eau a monté de 10 pieds 
plus haut que d'habitude .... A Mamalo, environ 40 maisons de 
la négorie ont été emportées, mais aucun homme n'a péri .... Il 
est à présumer, que la montagne liquide dont nous venons de parler 
est sortie de dessous la localité mentionnée, oud-Lebelehou, ou du 
moins que l'eau est venue de la terre ferme même de Hitou, parce 
que plusieurs personnes qui se trouvaient dans des bateaux, à peu 
de distance du rivage, n'ont observé d'autre mouvement qu'une 
légère agitation. Cette colonne liquide, après s'être dirigée un instant 
vers la mer, s'est divisée en 3 parties; l'une est allée à l'est, vers 
Ceyt, une autre à l'ouest, vers Negri Lama et Ourien; la troisième 
a pris son cours directement vers la côte de Céram, ou du côté du 
cap «drooge rijst-hoek». Cette eau avait une si mauvaise odeur, que 
les gens qui se trouvaient dans des bateaux, à une faible distance 
de la côte, se sentaient mal à l'aise ou tombaient faibles; elle était 
si sale, que ceux qui y étaient tombés paraissaient sortir de la 
boue .... Les deux hautes montagnes de Wawani et de Manisau, 
en arrière de Ceyt, ont jeté dans les vallées voisines des fragments 
de roche tels, que le cours de la rivière qui coule entre les deux en 
a été bouché; il s'est formé ainsi en haut un lac intérieur qui, non 
sans danger, menace de se déchaîner un jour ou l'autre. La vague qui 
traversa le «drooge rijst-hoek», ou passa à côté de lui, causa aussi 
des dégâts à Klein-Ceram ou pays d'Houwamohel. La plage, à l'ouest 
du récif, fut changée en sable et un grand fragment du cap Way, 
du côté de l'est, fut englouti. La négorie près de la forteresse Over- 
burg, à Louhou, fut totalement emportée avec tous ses canots, car 
l'eau s'y éleva à un niveau qui dépassa de 3 brasses le niveau 
ordinaire». 

11 est impossible d'attribuer cette dernière catastrophe au torrent de 
boue venant de la rive opposée ; elle doit avoir été produite par une 
commotion de la mer qui, ainsi que nous l'avons vu, a été ressentie 
aussi beaucoup plus à l'est, à Hitou larna et à Mamala, donc bien 
loin des torrents de boue de Saïd, et qui y a fait monter le niveau 
de la mer de 10 pieds. 

«On a aussi ressenti les secousses à Bourou, à Amblauw et à Manipa, 



296 

à Kelang et à Bonoa ; et à Manipa on a observé aussi le soulèvement 
des eaux .... Le tremblement de terre a été également violent à 
Oma, à Honimoa et à Noussalaout .... De Banda on reçut la 
nouvelle, que le même jour et à la même heure, aussi par un clair 
de lune et un temps calme, il y a eu quelques légères secousses et 
une faible crue des eaux; mais il n'y a pas eu de dégâts .... Le 
dimanche six mai, lorsque le phénomène avait déjà diminué pendant 
une quinzaine de jours, on a de nouveau ressenti 2 fortes commotions-'. 

Telles sont les parties les plus importantes de ce rapport relative- 
ment détaillé. On y a quelque peu entremêlé les effets des torrents 
de boue et des commotions de la mer; mais il montre clairement 
qu'on avait affaire à un tremblement de terre et de mer, et que le 
dernier s'est fait ressentir principalement à la côte du nord de Hitou ; 
mais il n'y est pas question d'un mouvement quelque peu important 
des eaux de la baie d'Ambon. Puis, on y voit encore que l'ébranle- 
ment venait du nord, et que les torrents de boue étaient produits 
par les eaux des rivières, qui, mélangées au sable et à l'argile pro- 
venant de l'éboulement des montagnes, sont descendues du flanc 
nord du Touna ; l'une de ces rivières paraît même avoir été endiguée 
totalement pendant quelque temps, de manière à former un petit 
lac ou une mare bourbeuse. Mais à aucun endroit ce rapport ne 
donne lieu de croire à une éruption du Wawani ou d'une autre 
montagne d'Ambon, pendant la grande catastrophe de 1674. 

Les dernières secousses dont il soit fait mention, ce sont celles du 
6 mai 1674; elles sont donc arrivées 2 '/a mois après le choc principal. 

Tremblement de terre du 19 février 1687. 

Il a été décrit par Valentijn, qui était venu à Ambon à peu près '/^ 
d'année auparavant (^) et qui, en qualité de témoin oculaire, rapporte 
ce qui suit (Le. II, 2, p. 248): «Le 19 du mois suivant on a eu ici un 
tremblement de terre si violent qu'on n'en avait pas ressenti de pareil 
depuis l'année 1674. Il commença un certain soir à peu près 



(1) Valentijn est arrivé à Ambon le 30 avril 16S6, avec la flûte Voorschoten (van 
Troostenburg de Bruijn. Biog-raphisch Woordenboek van Oostindische Predikanten, 
pp. 436 et 437). 



297 

à six heures et -demie De toute la journée on n'avait rien 

ressenti qui pût faire croire à un tremblement de terre; mais 
j'avais à peine reconduit sa Seigneurie et Madame son épouse (le 
gouverneur Padbrugge et sa femme Verb.) qu'il arriva une forte 
secousse, et puis un mouvement si violent de la terre que je ne 
savais ce qu'il m'arrivait; car j'avais vraiment des nausées, comme 
une personne atteinte du mal de mer; je voyais et je sentais au- 
dessous de moi le sol s'élever et s'abaisser comme les vagues de la 
mer; et le mouvement était si violent, que les branches des arbres 
de la route, près de notre habitation, se recourbaient jusqu'à terre. 
C'était effrayant à voir, et personne ne pouvait se tenir sur ses jam- 
bes; tout le monde était obligé de s'asseoir par terre pour ne pas 
tomber .... Le premier choc et les secousses suivantes ont bien 
duré un quart d'heure; mais vers huit heures et demie, il survint 
un nouveau choc si violent, suivi de mouvements si intenses, que 
nous n'avons pas osé nous aventurer dans la maison de toute la 

nuit Après cette date, nous avions tous les jours un léger 

bercement, ou bien une faible commotion, qui ont continué jusqu'à 
l'arrivée de Monsieur Dirk de Haas (lequel parut ici le 4 avril avec 
le vaisseau Sumatra); de sorte que ce jour même il y eut encore un 

tremblement de terre bien que je n'aie pas appris qu'il eût 

causé d'autres dégâts que la chute de 4 ou 5 maisons dans la mon- 
tagne et de nouvelles crevasses qui se sont produites dans les murs 
du fort.» 

Tremblement de terre du 18 août 1754. 

On trouve un rapport sur ce tremblement de terre dans le Dag- 
verhaal van Amboina ten Kasteele Victoria, Anno 1754, reproduit 
dans les Nederlandsche Jaarboeken, Negende Deels Tweede Stuk, 
bdz. 814—831 Amsteldam 1755. 

Ce rapport débute ainsi «Le dimanche 18 août il a plu à Jéhovah 
d'envoyer dans ce pays, l'après-midi un peu avant quatre heures, 
par un temps calme et un ciel serein, un tremblement de terre si 
violent, venant de Vest^ que de mémoire de personnes vieilles, et même 
d'un âge très avancé, on n'en avait jamais ressenti de pareil ; l'ébran- 
lement fut si fort qu'il semblait que la terre allait être mise en 



298 

pièces avec tout ce qu'elle portait ; ce qui fait que les personnes qui 
se trouvaient à l'église ou dans les maisons, ainsi que les militaires 
qui étaient au fort, devaient en toute hâte s'enfuir pour éviter le 
danger imminent de l'effondrement de ces lourds bâtiments.» 

On a reconnu bientôt que ce mouvement venait en réalité de l'est, 
par les rapports reçus de l'île d'Haroukou, située à l'est d'Ambon, 
où la commotion a été la plus forte; le choc principal j a eu lieu 
à 3 '/a h.; il fut suivi bientôt d'une crue des eaux de la mer; et entre 
le 18 et le 20 août on a ressenti 64 secousses, 38 du 21 au 23 août et 20 
du 24 au 31 août; ce qui fait ensemble 122 secousses; le 7 septembre, de 
grand matin, il survint encore une secousse, presqu'aussi violente que le 
choc principal du 18 août, accompagnée aussi d'une élévation des eaux. 

Les piliers du hangar du marché, à Ambon, n'étaient pas couchés 
vers le nord ou le sud, mais vers l'ouest. Le rapport dit à ce sujet: 
«On a eu dans cette épreuve un témoignage manifeste de la miséri- 
corde divine, car elle est arrivée précisément un dimanche, avant la 
troisième sonnerie des cloches; si elle s'était produite un autre jour 
de la semaine, des centaines de personnes y auraient perdu la vie; 
un jour de marché p ex., où trois à quatre cents personnes viennent 
ici pour leur commerce; et si la catastrophe avait eu lieu juste avant 
ou après l'heure du service divin, il y aurait eu aussi plus de victi- 
mes, car le «passer» (hangar du marché), qui reposait sur soixante 
quatre piliers en maçonnerie et était recouvert d^une toiture en tuiles, 
était tellement ravagé que la vue en faisait frémir; tous les piliers 
étaient par terre, tournés vers Vouest^ et démolis jusqu'à la base»-. 
De plus, l'hôpital et l'hôtel de ville s'effondrèrent en partie; et le 
fort, le quartier, le chantier, les églises hollandaises, le moulin à 
poudre et l'église malaise furent endommagés. Par l'eftbndrement du 
hangar du marché et la chute des murs, 6 personnes furent tuées, 
savoir 5 femmes esclaves et 1 enfant. Le rapport dit encore: «Au 
chantier de l'Equipage de la Compagnie, au -Roodenburg», et en 
d'autres endroits encore, l'eau a jailli du sol comme d'une fontaine, 
mêlée à une espèce de sable bleuâtre, comme si c'était de la boue, 
avec dégagement d'une vilaine odeur de soufre; de plus, en beaucoup 
d'endroits, il s'est produit dans le sol des déchirures larges de deux 
doigts et plus". 



299 

A Ambon il y a en le 18 août 14 secousses; le 19, 21; le 20, 9; 
le 21, 8; le 22, 7; le 28, 3; le 24, 1; le 25, 2; le 27, 1; le 28, 1; 
le 30, 2 et le 31 août 1 secousse; ensemble donc 65 commotions. 
Puis il y a eu encore une secousse le 6 septembre, 2 le 8 septembre 
et 1 commotion faible le 10 septembre. 

Le tremblement de terre à été également violent à Saparoua; les 
secousses y ont duré du 18 août au 3 septembre; mais elles n'ont 
occasionné aucun dégât. Après le choc principal du 18 août, il y a 
eu ici également une crue de la mer. 

A la redoute, au corps de garde et à l'habitation du sergent, à 
l'isthme de Bagouala, il y a eu des dégâts considérables; à Hitou 
lama, à Hila et à Lariké on a ressenti aussi de nombreuses secousses. 

Enfin, le phénomène a été ressenti fortement à l'île de Manipa. 
Il n'existe pas de rapports en ce qui concerne les îles Kelang et Amblau. 

Le foyer de cet ébranlement paraît s'être trouvé près d'Haroukou ; 
et le mouvement s'est propagé de cet endroit vers l'ouest et vers l'est. 

Tremblement de terre du V novembre 1835. 

Il est fait mention de cette commotion dans deux lettres officielles, 
du 4 novembre 1835 et du 2 mars 1836, adressées par le gouverneur 
des îles Moluques A. A. Ellinghuysen au gouverneur général, et 
qui reposent dans les archives du bureau de la résidence à Ambon. 

11 y est rapporté, que le phénomène eut lieu de bonne heure, dans 
la matinée du 1 novembre, à 3 heures. Une caserne bâtie en pierres, 
à deux (!) étages, s'est efîondrée, tuant 21 soldats et 9 femmes et 
enfants. D'autre part, par l'efiondrement de maisons et de murs, 

12 hommes et 17 femmes et enfants périrent encore ailleurs, ce qui 
fait en tout 59 victimes. 66 personnes furent blessées. La direction 
des premières secousses, les plus violentes, était incertaine; mais les 
commotions suivantes, qui ont continué encore pendant Vj^ mois 
après le Ir novembre, venaient la plupart du nord et du nord-ouest, 
exactement comme pour le tremblement de terre de 1674. Les mon- 
tagnes de Hitou, vis-à-vis d'Ambon, du côté de l'isthme de Bagouala 
(Paso), étaient crevassées çà et là, et les terres meubles s'étaient éboulées 
en divers points. Les dégâts se sont élevés à 300 000 fl. environ. Quant 
aux effets de ce tremblement de terre à la côte nord de Hitou, ces 



800 

missives ne fournissent pas de données à cet égard, et il n'y est pas 
davantage question d'un mouvement des eaux. 

Dans la publication «De Oosterling», 3« deel, Iste stuk, 1837, on 
trouve aux pages 137 à 139 quelques communications sur cette com- 
motion, données par le 1"^ lieutenant H. H. C. A. Janssen, en 1835 
commandant civil et militaire de Saparoua. D'après lui, le choc a 
eu lieu la nuit, à 2^j^ h. Le nombre des morts, comm. unique par 
lui, s'élevait à 149; et le 16 novembre il y en avait encore 6; ces 
chiffres ne concordent donc pas avec ceux du rapport officiel du 
gouverneur Ellinghuysen, probablement parce que Janssen ne se 
trouvait pas à Ambon durant la catastrophe, et qu'il a reçu ces 
chiffres d'autres personnes. 

Tremblement de terre du 6 janvier 1898. 

Cette commotion très violente a eu lieu l'après-midi, à une heure 
et quart. Aux jours qui précédaient le 6 janvier, il n'y avait pas eu 
de secousses à Ambon; mais ce jour même, à midi et demi, on 
ressentit quelques secousses verticales, d'après les uns 4, d'après 
d'autres 6 ou 7; elles n'ont pas donné beaucoup d'inquiétude, car 
de pareilles secousses faibles se produisent très souvent à Ambon. 
Toutefois, elles étaient pour les instituteurs une raison de fermer les 
écoles un peu plus tôt que d'habitude. Le choc principal survint 
brusquement, sans avoir été annoncé par un roulement souterrain; 
il y avait cependant des personnes qui croyaient avoir entendu cer- 
tainement de pareils bruits, mais non séparément, car ils coïncidaient 
entièrement ou presque entièrement avec le vacarme des maisons 
qui s'effondraient, des meubles qui se renversaient et des verreries 
qui se brisaient. D'autres au contraire prétendent avoir entendu des 
bruits sourds venant du nord (probablement dans une direction nord 
un peu ouest). 

Les renseignements que l'ingénieur Koperberg, qui m'a été adjoint 
pour l'exploration, et moi-même nous avons reçus après le 14 mars, 
donc plus de deux mois après le cataclysme, de la part de témoins 
oculaires, laissent beaucoup à désirer au point de vue de la précision 
et des détails, comme c'est le cas d'ordinaire dans de pareilles cata- 
strophes. Cependant, en les combinant avec nos observations locales, 



SOI 

nous avons pu nous former de ce phénomène imposant une idée 
assez exacte, que nous allons exposer dans les pages suivantes. 

Les effets du tremblement de terre furent très différents dans les 
diverses parties de l'île d'Àmbon ; on peut y distinguer trois terrains ; 
un premier terrain, où les dévastations étaient fortes ; un second, où 
elles étaient faibles et un troisième, où il n'y a eu pour ainsi dire 
aucun dégât. 

I. Le premier terrain est naturellement le plus important; il a la 
forme d'une bande relativement étroite, qui s'étend au travers d'Am- 
bon. Les localités Wakal, à la côte nord de Hitou, et Ambon. à la 
côte nord de Leitimor, ont le plus souffert; et la ligne qui joint 
ces deux points est celle où l'action a été la plus violente. Plus on 
s'éloigne de cette ligne, vers l'ouest ou vers l'est, plus la secousse 
était faible. Toute cette bande n'a pas plus de 4 à 472 ^^^- ^^ ^^^" 
geur, car la négorie Hitou lama p. ex., à l'est de Wakal, n'a été 
que fort peu éprouvée. 

Cette zone contient, outre Wakal, tout le terrain à la côte sud de 
Hitou, entre Sahourou, Nipa et Roumah tiga. Ensuite, toute la partie 
de Hitou comprise entre ces localités et Wakal, une contrée totale- 
ment inhabitée, mais où se sont produits de grands éboulements de 
terrain. De l'autre côté de la baie vient le chef-lieu Ambon; puis, 
le terrain qui s'étend jusqu'à la baie Roupang, à la côte du sud. Ici 
encore de grandes portions du terrain quaternaire et du granité forte- 
ment désagrégé se sont éboulées, de sorte que les routes étaient devenues 
impraticables en partie. Toutefois, la dévastation était ici beaucoup 
plus faible que plus au nord, ce que l'on doit attribuer sans doute 
à la nature du sous-sol, qui se compose d'un massif granitique. 

Causes du tremblement de terre. Le terrain le plus fortement éprouvé, 
ce qu'on appelle <de domaine 'pleistoseiste>>, n'a donc pas ici la forme 
d'un cercle où d'une ellipse, comme pour tant d'autres tremblements 
de terre, mais celle d'une longue bande, relativement étroite, ce qui 
montre clairement qu'on a affaire ici à un tremblement tectonique; 
or, comme nous avons constaté plus haut, lors de la description 
géologique, l'existence, au sud d'Ambon, d'une faille qui se prolonge 
au nord par Ambon et au sud, probablement par les monts de 
péridotite Loring ouwang et Eri samau, vers la Labouhan Roupang, 



â02 

à la côte du sud, il est tout naturel d'attribuer le tremblement de 
terre à une nouvelle dislocation le long de cette crevasse ou faille 
dans la croûte terrestre. Depuis la formation de cette crevasse, qui 
est au moins d'âge pré-crétacé, il s'est produit sans doute très souvent 
des mouvements, qui se continuent encore de nos jours et se mani- 
festent par des vibrations de la surface, occasionnées par des secousses 
plus ou moins obliques, qui peuvent produire des ondulations horizon- 
tales aussi bien que des secousses verticales. Comme le nombre des 
maisons écroulées verticalement est relativement plus élevé à Wakal 
qu'à Ambon, le choc parait s'être produit plus d'aplomb à Wakal 
qu'à Ambon, c'est à dire dans une direction se rapprochant davantage 
de la verticale. 

Comme Hitou se compose, dans sa partie centrale, de gravier 
meuble et de calcaire corallien, la faille n'a pu y être constatée; 
mais l'effet du tremblement de terre vient nous éclairer sur ce point 
et nous montre que la crevasse s'étend, depuis Ambon, dans la 
direction de Wakal et probablement plus loin encore, par la baie 
de Pirou vers l'étroite langue de terre qui relie Céram à Houamoual 
(Klein-Ceram). 

Je parlais tantôt d'une dislocation et non d'un déplacement ou 
d'un glissement le long de cette faille, parce qu'un tel déplacement, 
si tant est qu'il ait eu lieu, doit avoir été de peu d'importance, 
car nulle part on n'a pu constater à la surface un changement de 
niveau qui se serait produit pendant le tremblement de terre. 

Le foyer des mouvements souterrains, que nous devons nous 
représenter ici non comme un point, mais plutôt comme une ligne 
ou même comme un plan sensiblement vertical, d'une notable étendue, 
doit avoir été situé en-dessous de Wakal, ou un peu au nord de 
cette localité, puisque cette négorie a eu tant à souffrir de secousses 
verticales. Il parait que lors des tremblements de terre antérieurs tel ne 
fut pas toujours le cas; il en fut bien ainsi en 1835, mais non en 
1674, car alors il y eut en même temps un tremblement de mer, de 
sorte que le fond de la baie de Pirou a dû être atteint plus fortement 
à cette époque qu'en 1835 et en 1898. A propos de la violente com- 
motion de 1898, on fait à peine mention d'un mouvement sismique 
de la mer à la côte nord de Hitou; et dans la baie d'Ambon, les 



303 

mouvements de la mer n'étaient pas non plus très violents; on 
rapporte seulement que les navires amarrés dans la rade ont éprouvé 
une forte houle, et qu'un bateau à vapeur amarré près du hangar 
au charbon a buté contre le quai. Mais dans ce tremblement de 
terre, on n'a pas eu affaire à un tremblement de mer proprement 
dit, c'est à dire à une suite d'oscillations ; ce qui prouve que le fond 
de la baie d'Ambon n'a pas pu être ébranlé tout entier et que les 
mouvements ne se sont pas propagés de l'ouest ou de l'est vers 
Ambon, car dans ce dernier cas on a toujours constaté des mouve- 
ments de la mer tout autour de cette île. C'est uniquement grâce à 
l'absence d'un mouvement considérable des eaux que le nombre de 
victimes a été beaucoup plus petit en 1898 qu'en 1674, bien que la 
commotion la plus récente ait été incontestablement la plus violente 
qu'on ait jamais éprouvée à Ambon. 

C'est par Ambon que nous commencerons la description des localités 
dévastées, parce que c'est pour cet endroit que nous avons pu ras- 
sembler le plus grand nombre de données. En effet, non seulement 
la plupart des personnes qui pouvaient nous renseigner demeurent 
à Ambon, mais d'autre part il y avait là, malheureusement, de 
nombreux édifices en pierre, dont la chute dans une direction 
déterminée indiquait la direction du choc. Mais, en «'écroulant, ces 
bâtiments ont fait de nombreuses victimes; les murs en pierre se 
rompent à la base et, le plus souvent, se renversent immédiatement 
en écrasant les habitants. Les lourds toits couverts de tuiles en pierre 
doivent également être condamnés. Si dans ce terrain, exposé aux 
ébranlements sismiques, on n'avait, comme de raison, construit que 
des bâtiments en matériaux légers, en planches ou en gaba-gaba 
(pétioles des feuilles du palmier sagou), avec une toiture légère en 
atap, alors, même dans un tremblement de terre aussi violent que 
celui de 1898, le nombre des victimes aurait été peu élevé. 
1. Ambon. 

Un plan d'Ambon, à l'échelle 1 : 5000, est représenté fig. 54 de 
l'annexe V ('). On y a indiqué les maisons qui se sont effondrées 



(1) Lors de ma visite à Ambon, en 1904-, je me suis aperçu que les noms de certaines 

ues avaient été changés depuis 189S. La Doodenstraat et la Groeneg-euzenstraat s'appellent 

à présent toutes deux Groeneg-euzenstraat. Seblah graaf est devenu Ellinkhuizenstraat 



m 

complètement, celles qui n'ont été démolies qu'en partie, les bâtiments 
dont les murs sont seulement lézardés, les habitations légèrement 
endommagées et enfin celles qui n'ont rien souffert. Les flèches 
indiquent dans quel sens les murs se sont renversés. 

Un coup d'œil sur ce plan fait voir, que la très grande majorité 
des flèches sont dirigées sensiblement au nord-ouest ou au sud-est, 
et que par conséquent la direction de la commotion doit se trouver 
dans un plan orienté du nord-ouest au sud-est. Toutefois, cette déter- 
mination ne peut être très précise, car les murs tombent toujours 
perpendiculairement à leur orientation; et comme le front des mai- 
sons n'est pas toujours en ^parallélisme, la direction dans laquelle 
les murs du nord se sont renversés ne peut pas être constamment 
la même. D'autre part, comme les murs orientés dans le sens du 
choc ne peuvent pas se renverser dans cotte direction, ils auront 
pris une position tout-à-fait différente. Effectivement, on a rencontré 
différents murs de bâtiments, ou de petites clôtures de propriétés, 
qui étaient couchés vers le sud-ouest, entre autres dans la Paradijs- 
straat. Et même on a constaté que pour une seule et même maison 
le mur du nord était tombé au nord-ouest et celui de l'est au sud-ouest. 

Dans la partie occidentale d'Ambon, nombre de murs se sont ren- 
versés non seulement dans la direction normale ± nord-ouest, mais 
encore dans une direction perpendiculaire à celle-là, savoir à peu 
près vers le nord-est; tel est le cas pour les entrepôts (plan n°. 38) 
à l'embouchure de la rivière Titar; par contre, dans la partie orien- 
tale, p. ex. à la maison de M. Moorrees (plan n". 8), beaucoup de 
murs sont tombés vers le sud-ouest. Je crois ne pas devoir attribuer 
cette circonstance à la cause que je viens de citer, mais à un second 
mouvement, sensiblement perpendiculaire à la secousse principale, 
et qu'on a constaté aussi ailleurs. La faille dont nous avons parlé 
plus d'une fois, où le choc était le plus violent, longe à peu près 
la Prinsenstraat ; elle s'étend sous la prison (no. 48), qui s'est écroulée 



et Moordenaarsstraat est devenu Pretoriastraat. La partie nord de la Prinsenstraat s'appelle 
maintenant Kleine Olifantsstraat. Le chemin qui conduit de la maison de la résidence 
à Batou merah, en longeant le côté est d'Ambon, se nomme à présent Batou g-adjah-laan. 
depuis la maison de la résidence jusqu'à la Prinsenstraat; il porte le nom de Batou medja- 
straat jusqu'à la Hospitaalstraat, et plus loin, jusqu'au pont sur la rivière Batou merah, 
celui de Bëlakang- Soja-straat. 



305 

d'aplomb, et sous l'école moyenne (burgerschool) (n°. 45) en se diri- 
geant vers la mer. Tout ce (^ui se trouve à gauche de cette faille 
semble avoir éprouve, outre le choc principal, une secousse vers le 
sud-ouest; ce qui se trouve à sa droite, une commotion vers le nord- 
est; de sorte que dans ces parties de la ville beaucoup de murs se 
sont renversés perpendiculairement au choc principal, et la plupart 
même à V encontre de la secousse secondaire, c.-à-d. au nord-est pour 
la partie occidentale d'Ambon et au sud-ouest pour la partie orientale. 

A la grande église protestante (n'\ 35), il a été possible de déter- 
miner d'une manière précise la direction suivant laquelle le choc 
s'est produit. Les 8 lampes à vernis noir, suspendues dans ce temple, 
se sont mises à osciller sous la secousse ; par le mouvement régulier 
des poutres auxquelles les lampes étaient fixées, ces oscillations ont 
constamment augmenté d'amplitude, jusqu'à ce que finalement, par 
un écart de 45^, les lampes ont frappé contre les murs de l'église et 
y ont laissé des taches ou marques noires, qui ont permis de déter- 
miner très exactement pour chacune d'elles le point de rencontre 
avec le mur. En joignant ce point au point de la lampe à 3 branches 
qui a frappé le mur, on a naturellement obtenu avec précision la 
direction de la secousse; on a trouvé ainsi, tant pour les 4 lampes 
du sud que pour les 4 lampes du nord, 310° vers 180°, donc une 
différence de 5° seulement avec la direction du nord-ouest au sudr 
est. En d'autres points d'Ambon la direction paraît avoir été de 
315° et même de 320° ; des crevasses dans les carrelages des maisons 
du fort sont e. a. perpendiculaires à la direction de 320°. 

Il est donc clair que nous avons affaire ici principalement à un mou- 
vement ondulatoire ; et ce mouvement a même été vu et senti distincte- 
ment par certaines personnes qui se trouvaient dehors, à tel point 
qu'elles étaient obligées de s'asseoir au plus vite pour ne pas tomber. 
Nous citerons plus loin des faits qui prouvent qu'il s'est produit 
également des chocs suivant la verticale. 

La maison de la résidence, construite en planches (plan n°. 1), a 
peu souffert. Toutefois, les murs d'une nouvelle bâtisse, accollée à 
la galerie de derrière, étaient crevassés; et, des annexes en pierre 
(no. 2) , l'une était totalement effondrée et l'autre partiellement. 
La maisonnette de bains (avec une tête d'éléphant en pierre, d'où 

20 



806 

le nom «batou gadjah») était aussi fort endommagée. Ainsi qu'on 
peut le voir au plan, ces bains recevaient l'eau par une conduite 
qui communique avec la rivière Batou gadjah; l'eau s'écoule dans 
un étang du jardin du résident, et de là, sous le nom de Waï 
Titar, vers la mer en passant par le quartier des Chinois. 

Le n". 4 est ce qu'on nomme la «maison pour tremblements de 
terre» du résident; c'est la maison la plus grande et la mieux bâtie 
de cette) espèce dans tout Ambon; elle est construite en planches 
avec une toiture en atap très légère. Les mouvements y ont été aussi 
violents que partout ailleurs à Ambon ; les occupants ont été jetés 
sur le sol, et cependant la maison n'a pas du tout souffert par la 
commotion. 

Les piliers en pierre placés devant le cimetière européen (no. 5) 
se sont tous- renversés, mais il n'a pas été possible de constater dans 
quelle direction ils étaient tombés, car, à mon arrivée, ils avaient 
déjà été enlevés. Divers édifices en pierre étaient plus ou moins 
endommagés et l'un d'entre eux mérite une mention spéciale. C'est 
le monumemt du tombeau de G. C. Ch. Kohler, «résident nommé 
de Banda», érigé en 1838. Il est bâti en briques et les faces étaient 
enduites de plâtre. Ce monument est représenté fig. 53 de l'annexe 
IV ; la base est en forme de prisme carré ; en haut il se termine par 
une petite pyramide quadrangulaire. Lors du tremblement de terre, 
la colonne s'est rompue suivant un plan de jonction horizontal, et 
il ne resta plus aucune liaison entre les deux parties. Or ce qui est 
remarquable, c'est que la portion supérieure libre a tourné de 20° sur 
la partie inférieure du monument, dans la direction indiquée par la 
flèche dans la fig. 53, de sorte que l'azimuth de l'une des faces laté- 
rales, qui était auparavant de 20°, est réduit maintenant à 0° ; cette 
face s'est donc orientée exactement vers le nord. En projection hori- 
zontale, ce fragment supérieur du monument se présente comme un 
carré avec deux diagonales, et on reconnaît que ce fragment s'est 
déplacé d'une telle façon, que la direction du choc, qui était de 315° 
environ, coïncide avec Vune de ces diagonales. Après la rupture, les 
faces du prisme ainsi que les faces inclinées de la pyramide furent 
atteintes différemment par la commotion, ou plutôt par le mouvement 
ondulatoire du sol; la pyramide supérieure chancela quelque temps 



307 

de côté et d'autre jusqu'à ce que, par la coïncidence de la direction 
du choc avec l'une des diagonales, il se fût établi une sorte d'état 
d'équilibre, la partie supérieure s'étant placée symétriquement par 
rapport au plan vertical passant par la direction de la secousse. Je 
pense que cette explication est applicable à d'autres cas encore, ob- 
servés dans les tremblements de terre antérieurs, où l'on a cru devoir 
invoquer un mouvement excentrique autour d'un certain point qui 
n'était pas situé dans l'axe du monument. Dans un mouvement pa- 
reil, il faut qu'au point de rotation il reste au moins encore quelque 
liaison entre les parties supérieure et inférieure, ce qui certes n'était 
pas le cas pour le monument dont nous parlons. 

Dans la partie septentrionale d'Ambon, où sont situés les quartiers 
Halong, Mardika et Soja di bawah, les murs sont tombés en partie 
dans la direction normale, p. ex. à l'ancienne villa Rodenberg (n". 7), 
à la maisonnette n«. 10 et autres ; tandis que pour la maisonnette 
n°. 8 de M. Moorrees, et celle n". 9 de M. Tuinenburg, occupée 
alors par le capitaine intendant Kloppel, les murs et les armoires 
se sont renversés, partie au nord-ouest, partie au sud- ouest, soit 
qu'ils ne pouvaient se déplacer dans la direction de la mer, soit par 
l'effet du mouvement secondaire déjà cité plus haut, perpendiculaire 
au premier, et dirigé par conséquent du sud-ouest au nord-est. Les 
objets renversés par cette commotion sont presque tous tombés à 
rencontre du choc, c'est à-dire vers le sud-ouest. 

Dans l'atelier du « Waterstaat » (administration des ponts et chaus- 
sées) (n". 11) tout était tombé du coté de la mer, donc dans la direc- 
tion normale; il en était de même à la cantine militaire (n°. 12). 
Les deux murs, à la face du nord-ouest et à celle du sud-est, 
s'étaient écroulés en entier, comme s'ils avaient été emportés par 
un gros boulet de canon ; à la face du nord-est et à celle du sud- 
ouest, les murs étaient encore en partie debout, mais ils étaient forte- 
ment lézardés. Les figg. 67 et 68 donnent une représentation de cette 
ruine ; la première figure a été prise de l'intérieur de l'île ; la fig. 68, 
du côté de la mer. Ce sont des reproductions d'après des photogra- 
phies, que le lieutenant-colonel J. A. B. Masthoff , chef du ser- 
vice de santé à Ambon, a eu la bienveillance de prendre pour 
moi. Ici donc, ce sont les murs perpendiculaires à la direction 



m 

du choc qui se sont renversés totalement; ils ont toujours eu plus 
à souffrir que ceux qui sont parallèles à cette direction, ainsi qu'on 
l'a pu observer à différentes autres maisons. 

Rendons-nous à présent au fort Nieuw-Victoria; nous y voyons 
que presque tous les bâtiments ont été endommagés. Seuls les deux 
magasins à poudre (n°. 19), le grand et le petit, sont restés tout-à- 
fait indemnes, et les trois habitations des lieutenants (n*'. 27) n'ont 
éprouvé que peu de dégâts; ce qu'il faut attribuer, pour ces der- 
nières, à cette circonstance qu'elles étaient encore neuves et solides, 
et pour les magasins, à la très forte épaisseur des murs. 

La porte principale, celle du sud, bâtie en 1757 du côté de l'inté- 
rieur de l'île, a été rompue à 2 m. au-dessus du sol; la voûte aussi 
est crevassée, bien que les murs soient très épais. 

Le n^ 13, un hangar du génie pour la peinture et la scierie, (jui 
a été construit en matériaux légers, s'est effondré sans causer d'autres 
dégâts. Mais l'écroulement de la caserne d'artillerie n". 14, bâtie en 
pierres, qui se trouve à côté, a causé la mort d'un caporal et de trois 
canonniers qui ont été ensevelis sous les ruines, tandis qu'un autre 
artilleur fut blessé si grièvement qu'il est mort pendant son transport 
à Makasser. On peut voir par là, que le violent choc principal s'est 
produit si inopinément et si brusquement que personne n'a eu le 
temps de s'enfuir de ce bâtiment relativement petit. Un peu plus 
au nord se trouve le logis des adjudants sous-officiers, auquel confine 
l'habitation d'un capitaine et d'un lieutenant (no. 15); de l'autre côté 
de la route est situé un bloc de deux habitations de capitaines 
(n". 16); et, plus au nord-est encore, on arrive à l'habitation du 
commandant d'artillerie (n**. 17). Dans le pavage en ciment de ces 
maisons, on pouvait voir deux crevasses sensiblement parallèles; la 
crevasse principale avait, à l'extrémité ouest, une direction de 30°; 
elle se recourbait en forme de crochet vers le sud; puis, dans une 
direction de 45'' et de 50°, elle traversait ces bâtiments pour atteindre 
l'arrière de l'habitation n". 17, où la pendopo (galerie ouverte) s'est 
écroulée brusquement. La deuxième déchirure, un peu plus au nord, 
ne pouvait s'observer sur une aussi grande étendue; à mon arrivée, 
on ne pouvait la voir que dans les maisons nos. 15 et 16. La distance 
de ces deux crevasses, qui étaient perpendiculaires à la direction du 



309 

choc, était en moyenne de 75 m. environ, ce qui peut correspondre 
à la longueur d'onde du sol Cependant, cette distance ne sera pas 
la longueur d'onde elle-même, mais son quadruple, car ailleurs on 
a observé, entre des crevasses parallèles, une distance de 18 '/a m. 
(IS'/a X 4=r 74 m.). Dans la galerie de derrière de l'habitation n". 17, 
une armoire s'était déplacée de plus de 1 m., contrairement au sens 
du choc (à peu près vers 322°). Les deux pieds de devant avaient 
sauté hors des baquets d'eau qui se trouvaient au-dessous; les deux 
autres baquets avaient suivi le mouvement de l'armoire. 

Un peu plus loin, on arrive à un point (n^. 18), où l'on a pu 
observer un phénomène qui donne une bonne idée de l'énorme 
énergie de cette commotion. L'artillerie y avait disposé, en série 
régulière, quelques vieux canons hors d'usage, ainsi que le représente 
la partie supérieure de la fig. 56 de l'annexe V. Les 12 premiers 
reposaient librement sur des rails en fer, qui avaient une direction 
de 10°; les axes des canons étaient donc dirigés de 280° vers 100°. 
Les canons nos. 1 à 10 ne pesaient pas moins de 3000 kilogrammes 
chacun; les nos. H et 12, 1500 kg. Venaient ensuite encore trois 
canons, nos. 13 à 15, de 1500 kg. chacun, placés sur des traverses 
en bois; et puis, encore un 16e, aussi de 1500 kg., couché sur 2 blocs 
en bois. Après le tremblement de terre, les canons avaient pris la 
position indiquée à la partie inférieure de la fig. 56 ; les axes avaient 
pris toutes espèces de directions, représentées dans la figure. De 
plus, le n**. 5 s'était fortement déplacé vers l'est; le n". 6 se trouvait 
avec la bouche sur le n°. 7 ; le n". 8 était lancé sur le n". 9. Des 
trois canons 13 à 15, le n^. 15 était jeté en bas des traverses; le 
n". 14 s'était déplacé exactement dans la direction du choc; et le 
n". 13 à peu près dans cette direction. Le n'\ 16 aussi avait été jeté 
à bas de ses supports; mais, à mon arrivée, on l'avait déjà remis en 
place, de sorte que ce canon doit être mis hors de cause. Ce déplace- 
ment de corps pesant 3000 kilogrammes, projetés non seulement les 
uns à côté des autres, mais même les uns sur les autres, fait voir 
l'énergie violente avec laquelle les forces ont agi dans cette commotion. 
La question, s'il y a eu ici, outre le mouvement ondulatoire, encore 
un mouvement vertical, ne peut pas être résolue avec certitude; car 
un soulèvement rapide du sol, suivi d'un affaissement brusque de 



310 

celui-ci, avec les rails qu'il portait, par suite d'un mouvement 
ondulatoire, est peut-être suffisant pour donner aux canons les positions 
que nous venons d'indiquer. Cependant, une ou plusieurs secousses 
verticales, avant ou après le mouvement ondulatoire, peuvent avoir 
augmenté l'effet; d'autres phénomènes, dont nous nous occuperons 
tantôt, me font présumer d'ailleurs, qu'à Ambon il y a eu enjeu non 
seulement une force horizontale, mais encore une force verticale. 

Dans la fig. 69, on a représenté les canons nos. l à 16, et dans la 
fig. 70, les nos. 1 à 12, d'après des photographies dont je suis de 
nouveau redevable au lieutenant-colonel Masthoff. Des circonstances 
locales, notamment le voisinage d'un bâtiment servant de magasins 
et d'ateliers pour l'artillerie, qui était éloigné des canons de moins 
de 8 m., nous ont forcé de placer l'appareil de photographie plus 
près des canons qu'il ne convenait; c'est par là que dans la fig. 69 
les dimensions des canons nos. 13 et 14 sont démesurément grandes, 
relativement à celles des canons situés plus loin vers la gauche. 

Un peu plus loin, nous arrivons au magasin à poudre n". 19, dont 
nous avons déjà parlé; à cause de l'énorme épaisseur de ses murs, 
il n'a pas souffert; puis, nous venons au n". 20, le magasin d'habille- 
ments, dont le toit s'est effondré et dont les murs étaient fortement 
crevassés ; le n''. 21 était une baraque, servant de salle de gymnasti- 
que, située en dehors des murs du fort; elle reposait sur des poteaux 
en bois, fixés par des goupilles en fer dans les assises en pierre. 
Tous ces poteaux avaient sauté hors de leurs appuis, et ils s'étaient 
placés à côté des tenons, ce qui, d'après moi, ne peut avoir été 
produit par un mouvement ondulatoire, mais seulement par une 
secousse verticale. Le toit était complètement distordu. 

La porte extérieure, près de ce hangar, était lézardée dans sa voûte. 
La longue bâtisse n". 22, la chambrée de la le et de la 3e compagnie, 
était heureusement une construction en bambou, à piliers en bois 
avec toiture en atap. Elle s'est totalement effondrée, mais on n'a pas 
eu à déplorer mort d'homme. 

Aux cuisines des soldats, n". 23, les murs s'étaient effondrés avec 
le toit. Le logis que l'on appelle le hangar des femmes, n". 24, situé 
en dehors du fort, avait, par malheur, une toiture en tuiles; par 
l'effondrement de cette toiture plusieurs femmes indigènes, femmes 








? 




i 


\ 






[h 


< 


1 





0) 



Phototypie Mouton «Sr* Cie„ La Haye. 




Fig. 71. La „Waterpoort" du fort Nieuw-Victoria à Ambon. 



311 

de soldats, ainsi que des enfants ont trouvé la mort. L'atelier de 
Parmurier, n**. 25, était une construction en bois, bâtie en planches, 
avec une toiture de «sirappen» (tuiles en bois). Le seul objet en pierre 
dans cette maisonnette, c'était un petit mur de la forge. D'après le 
récit de l'armurier, qui se trouvait dans le bâtiment au moment de 
la commotion, l'atelier a été secoué de côté et d'autre à plusieurs 
reprises; il s'est produit de forts craquements; mais en somme il 
est resté debout sans dommage. Le petit mur en pierre seul a été 
rompu et renversé. C'est bien là une des preuves les plus convain- 
cantes de la préférence absolue qu'il faut accorder aux constructions 
en bois sur tout ce qui est bâti en pierre, dans les lieux sujets aux 
tremblements de terre. A l'ouest de cet atelier était le cachot, dont 
les murs fort épais ont été seulement lézardés. L'unique détenu a 
passé ici quelques moments d'angoisse durant le cataclysme; mais 
heureusement, il ne lui est pas arrivé d'accident. 

La -Waterpoort- n". 26, surmontée de la hampe du pavillon (voir 
notre fig. 71), a été érigée en 1775 et porte l'inscription : «Ita relinquenda 
ut accepta» ('), maxime bien vaine depuis la commotion de 1898! 
Les murs épais de cette porte ont été disloqués et rompus par le 
tremblement de terre. 

De part et d'autre de cette porte, il y avait sur le mur deux 
canons, marqués sur le plan par les lettres a et 6 ; ils étaient montés 
sur leurs affûts, a à peu près dans la direction du choc et h dans 
une direction perpendiculaire. Par la secousse, a s'est déplacé dans 
le sens de la flèche, mais b est demeuré en place. 

Le mur extérieur, voisin de la côte, construit en 1770, qui portait 
déjà des traces de commotions antérieures, a reçu encore quelques 
crevasses en 1898. Les 3 habitations des lieutenants n°. 27, dont 
nous avons déjà parlé, ont peu souffert; les bâtisses adjacentes seules 
étaient fortement lézardées. 

Aux bureaux de la résidence et des postes (n" 28), datant de 1785, 
les murs étaient si fortement lézardés qu'on a dû abandonner le 
bâtiment immédiatement après le cataclysme. 



(^) „A. laisser telle qu'elle a été reçue". (.,Ilendez moi telle que vous m'avez 
trouvée"). 



312 

Les autres bâtiments situés à l'intérieur du fort, et qui n'ont pas 
été metionnés spécialement, étaient tous plus ou moins endommagés 
et devenus inhabitables à cause du mauvais état des murs. 

Le môle, en dehors du fort, s'était abaissé et les pilotis à vis s'étaient 
recourbés en partie. On n'a pas pu constater que la mer y fût plus 
profonde qu'auparavant, et il en était de même à une plus grande 
distance de la plage. 

Le grand et magnifique hôpital militaire (n". 29), à la rive droite 
de la rivière Tomo, a aussi beaucoup souffert. Quelques-uns des bâti- 
ments se sont effondrés totalement; d'autres, en partie. La cuisine k 
s'est renversée à l'encontre du choc; le mur du sud, dans le sens 
du choc; le mur de l'ouest, formant la façade antérieure qui longe 
la « Hospitaalstraat >' , s'est rompu à la base et s'est aflaissé un peu 
vers le nord-est, car il ne pouvait se renverser contrairement à 
la direction du choc. Seul le corps de garde a, ainsi que le bureau 
et l'infirmerie des officiers /, avaient peu soufiert. Dans le carrelage 
de la galerie de devant de la grande infirmerie g, on pouvait voir 
diverses crevasses parallèles, nombreuses surtout à des distances de 
18.5 m. Ce chifîre donne peut-être la longueur des ondes du sol; et 
dans ce cas, la distance de 75 m. entre les deux grandes crevasses 
du fort, qui est sensiblement le quadruple de ce chiffre, représente- 
rait la distance de 4 ondulations successives. 

Les murs des édifices de la Olifantenstraat, tels que le n". 30, 
l'école normale pour institeurs indigènes, le n". 31, l'école des ex- 
ternes et salle de gymnastique, le n\ 47, les locaux des élèves-insti- 
tuteurs indigènes, le n". 32, la première école, le n'. 46, l'école pri- 
maire publique (celle-ci peu endommagée), et les bâtiments qui suivent 
jusqu'à l'Esplanade, se sont presque tous renversés dans la direction 
normale du nord-ouest; quelques-uns, vers le sud-est. Les bâtiments 
qui longent l'Esplanade, depuis la rue de traverse Tanah Tinggi 
jusqu'au club n". 34, sont tous fortement lézardés, l'ancien bâtiment 
du .«Landraad» n". 33 p. ex.; quelques-uns, tels que l'entrepôt du 
«Waterstaat», se sont entièrement effondrés. 

Dans le bâtiment du club n®. 34, un mur plâtré avec ses solives 
transversales a été jeté contre un pilier en bois; et, comme celui-ci ne 
pouvait pas se déplacer, le mur est revenu avec de fortes lézardes, 



313 

et une colonne en maçonnerie s'est rompue h la base, ainsi que le 
représente, à l'échelle de 1 : 20, la fig. 55 de l'annexe V. 

Du côté est de l'Esplanade, les murs de la plupart des maisons 
étaient fortement fissurés; quelques bâtiments s'étaient écroulés, les 
uns en partie, d'autres même complètement. 

La grande église n". 35 s'était effondrée en partie; dans le pavage 
il y avait un trou, que l'on reconnut pour un ancien tombeau. Nous 
avons déjà parlé des lampes de cette église et de la direction de 
leurs oscillations. L'école Frôbel n^ 37, située à côté, était très en- 
dommagée; mais un monument à la mémoire de Tilenius Kruythoff, 
érigé tout près de ces bâtiments, le n". 36, est resté tout-à-fait intact ; 
même les fondaments ne se sont pas crevassés, ce qui doit être 
attribué entièrement à la solidité de cette construction. 

Dans le quartier des Chinois, la dévastation fut à son comble, 
parce que tous les bâtiments y étaient construits en pierre et rap- 
prochés les uns des autres. Il y a eu de nombreuses victimes ici, 
de même que sous les hangars du marché, n''. 40, qui reposaient sur 
d'épais piliers en pierre. Les murs se sont renversés, les uns dans 
la direction normale, les autres dans une direction perpendiculaire, 
comme aux entrepôts n". 38, l'annexe de l'habitation du capitaine 
des Chinois, n°. 39, où deux de ses filles ont trouvé la mort, un 
mur à l'est du marché et d'autres encore. Il semble qu'il ait agi ici 
un mouvement secondaire, sensiblement perpendiculaire au choc 
principal. 

Les murs épais de plus d'un mètre de l'ancienne «Burgerwacht-» 
(garde civique) (n*^. 41) étaient crevassés en divers points; mais, 
informations prises, ces déchirures dateraient, en grande partie, de 
commotions antérieures. 

Les hangars en pierre de la Société royale des paquebots (K. P. M. 
sur le plan) étaient très fortement lézardés ; les quais de chargement 
et de déchargement s'étaient affaissés. 

Dans la rue Ouri raèsèng, la plupart des murs sont tombés dans 
la direction normale, vers la mer; tels sont ceux des annexes de la 
maison n". 42, occupée alors par M. van Eupen. L'habitation même, 
de construction spéciale en bois dite «regelbouw»», n'avait que peu 
souffert, et elle a été aménagée provisoirement comme école des 



314 

filles, après la catastrophe. Puis encore, la partie de derrière de 
l'habitation de M. Kësouli, le n°. 49, une maison occupée par un 
Pangeran (prince) Javanais banni, qui s'est effondrée totalement. Le 
tombeau de l'empereur de Solo, qui jadis a vécu là, aussi en bannisse- 
ment, était seulement crevassé. 

Dans la Paradijsstraat, on a pu observer encore les deux mouve- 
ments: les murs de l'école des filles, n". 43, sont tombés vers le 
sud-ouest; ceux qui entourent la propriété de M. Roskott, n'^. 44, 
sont tombés les uns au nord-ouest, les autres au sud-ouest. A une 
seule et même maison, située un peu plus à l'est, on a pu observer 
les deux directions dans les murs renversés; mais, à la maison qui 
forme le coin de la Paradijsstraat et de la Prinsenstraat, le n". 45, 
les murs étaient couchés dans la direction normale seulement. 

Nous avons déjà parlé des nos. 46 et 47 de la Olifantenstraat. 
Enfin, d'après des témoins oculaires, la grande prison en pierre 
n". 48 a été démolie soudain verticalement, d'un seul coup; on a 
même prétendu avoir ressenti une secousse verticale venant d'en bas. 
Un nombre de prisonniers (douze) relativement considérable y ont 
perdu la vie. 

Les murs de l'église des indigènes à Batou gantoung, n**. 50, étaient 
fort lézardés, et le mur de front (dirigé de 80° vers 260°) s'était 
rompu horizontalement. 

Nous terminons par là la description des dévastations à Ambon; 
et il ne nous reste pi us qu'à faire connaître le nombre des victimes. 

D'après les rapports officiels, on a eu à déplorer la mort de 141 
personnes, parmi lesquelles 9 Européens. Ce sont: 

1. Madame Vve A. G. F. Harmsen, née Bernard. 

2. Madame M. H. de Haas, née Pietersz. 

3. H. VAN DER Aa, caporal d'artillerie, registre matricule 
^ 1 n". 44292. 
o ] 4. F. C. H. RoMANG, artilleur de le classe, rég. matr. n". 37468. 



CD 



5. D. Janse, artilleur 2© classe, rég. matr. n". 38141. 

6. R. KoK, artilleur 2© classe, rég. matr. n**. 40407. 

7. C. DE RooY, artilleur 2e classe, rég. matr. n**. 26669. 

8. M. EiNOGG, fusilier, rég. matr. n". 46255. 

9. EcHTER (enfant du fusilier Echter, rég. matr. n°. 26703.) 



315 



10. Amatkaryo, fusilier indigène, rég. matr. n". 42903. 

6 Orientaux étrangers, dont deux enfants (filles) du capi- 
taine des Chinois. 

41 Ambonais. 

65 ( *) autres indigènes (Binoungkounais, etc.). 

12 prisonniers. 

7 femmes de soldats et enfants. 



Ensemble 141 personnes. 

Les personnes mentionnées sous les nos. 3 à 6 ont péri par l'effondre- 
ment de la caserne d'artillerie n°. 14, bâtie en pierres, et qui avait 
de plus une toiture en tuiles. De Rooy y fut blessé si grièvement 
qu'il est mort à bord de l'oArend", un bateau à vapeur de l'Etat, 
en route pour Makasser. Le fusilier Einogg est mort de saisissement. 
Les orientaux étrangers ont été ensevelis sous les murs en pierre du 
quartier des Chinois ; la plupart des indigènes, sous les lourds piliers 
en pierre des hangars du marché n°. 40; les femmes et les enfants 
de soldats ont trouvé la mort par l'effondrement du hangar des 
femmes nO. 24, qui avait une toiture de tuiles en pierre; et les pri- 
sonniers, par la démolition de la prison, bâtie aussi en pierres. Les 
bâtiments en bois, et ceux qui avaient été construits en matériaux 
légers, suivant la construction dite «regelbouw», sont restés la plupart 
en bon état; et même, lorsqu'ils se sont renversés, ils n'ont pas 
causé mort d'homme. 

Heureusement, le nombre des victimes de ce tremblement déterre 
très violent était relativement minime; à cause des nombreux édifi- 
ces en pierres qui existent à Ambon, il aurait certainement été bien 
plus grand si la commotion ne s'était pas produite à une heure aussi 
favorable de la journée. Comme nous l'avons dit, les écoles étaient 
vides; le dîner n'avait pas encore été pris, de sorte que personne 
ne s'était encore couché pour la sieste. Si la catastrophe avait eu lieu 
pendant la nuit, le nombre des personnes qui y auraient perdu la 
vie aurait été peut-être vingt fois plus grand. 

On ne connaît pas exactement le nombre des blessés, il est évalué 
à 300. 



(1) 11 y a une présomption fondée que ce chiffre est trop élevé. Quelques Binoungkounais, 
signalés comme „disparus", paraissent avoir quitté l'île déjà avant le tremblement de terre. 



316 

Les dégâts aux propriétés particulihes sont estimés à 800 000 fl. ; ceux 
qu'ont subis les édifices du gouvernement sont bien plus considérables. 

Lors de mon enquête au sujet des causes et des conséquences de 
ce tremblement de terre, on m'a posé la question s'il ne serait pas 
prudent d'abandonner Ambon comme siège de l'administration. Après 
mûre réflexion, j'ai dû répondre négativement, et cette réponse était 
basée sur les considérations suivantes. 

D'abord, bien qu'elle soit sujette aux tremblements de terre, la 
ville d'Ambon offre de très grands avantages. C'est une localité parti- 
culièrement salubre; elle possède une eau potable excellente, prove- 
nant du granité ou du gravier granitique quaternaire, et elle ofîre un 
assez bon mouillage pour les bateaux. Le danger de victimes humaines 
à la suite des grands tremblements de terre futurs peut-être réduit 
à un minimum, si on renonce aux bâtiments et aux murs en pierre. 
Si j'ai donc conseillé de conserver Ambon comme chef-lieu de la 
province, c'est sous la réserve expresse que tous les édifices du gou- 
vernement, même les casernes, fussent reconstruits en matériaux 
légers, suivant le mode dont nous avons déjà parlé plus d'une fois; 
et que l'administration locale insistât auprès des Européens et des 
Chinois de ne plus construire dorénavant de maisons en pierre et 
de les recouvrir autant que possible d'une toiture légère en atap ou 
en plaques minces de fer galvanisé (voir mémoire n^ 41, pp. 26 à 28). 

Lors de mon voyage à Ambon en 1904, j'ai constaté que, dans la 
reconstruction des bâtiments, on a effectivement tenu compte de 
mes recommandations. Des habitations fortement lézardées, un petit 
nombre seulement étaient encore debout ; la plupart étaient abandon- 
nées, une seule était encore habitée. Il est à espérer que ces édifices 
dangereux seront aussi bientôt démolis. 

D'ailleurs, le déplacement du siège de l'administration aurait eu de 
graves inconvénients; car d'abord, il n'existe pas dans toute l'île 
un terrain convenable pour une localité aussi grande. Banda ne 
pouvait venir en ligne de compte, car elle a également à souffrir de 
commotions terrestres et marines. On avait recommandé la localité 
Amahei, à Céram, située à la baie d'Elpapouti, comme un endroit 
particulièrement favorable; mais on a dû y renoncer complètement, 
surtout à cause de l'absence d'eaux courantes sufîisantes, de l'état 



31V 

sanitaire peu avantageux, et de la constitution du sol d'Amahei, 
formé de matériaux meubles qui s'élèvent à peine de quelques 
mètres au-dessus du niveau de la mer; par suite d'un mouvement 
sismique de la mer, la langue de terre à l'ouest de la plaine 
d'Amahei «pourrait donc bien être un jour submergée, et alors le 
terrain plus large, situé à l'est, éprouverait indubitablement aussi de 
très grands dégâts >• (voir mémoire n". 41, p. 35). 

Voilà ce que j'ai écrit le 4 mai 1898; 17 mois plus tard, le 30 sep- 
tembre 1899, une grande partie d'Amahei a été inondée par une 
onde sismique venant de Céram, et 350 personnes ont été noyées! 

2. Zone au sud d'Amhon^ jusqu'à la cote du Sud. 

Cette bande est indiquée sur la carte n". IV. Immédiatement en 
arrière d'Ambon, près de la petite cime de 80 m. d'altitude (feuille 5 
de la carte n". II), il s'était produit dans la route une grande crevasse , 
et les terres meubles s'étaient affaissées aux deux bords du chemin, 
de sorte que la largeur restante était à peine de \\ m. 

Sur la route au nord de Hatalaï et entre cette localité et Nakou, 
on a constaté aussi de pareilles fissures; et de grandes masses du 
terrain granitique, désagrégé en une matière sableuse, avaient glissé, 
entraînant des troncs d'arbres et des arbustes, et obstruant la route 
en divers endroits. Il y avait eu aussi un grand éboulement au flanc 
nord de la montagne de péridotite Loring ouwang, marquée / sur 
la carte nO. IV ; on pouvait même le voir d'Ambon. Comme il n'y a 
pas de villages tout près de la faille, telle qu'elle a été représentée 
sur la carte n''. IV, les maisons de ce terrain ont subi relativement 
peu de dégâts; cela peut tenir aussi en partie à la dureté du sous- 
sol, du granité qui n'est fort altéré qu'à proximité de la surface. 

Près d'une cime granitique au nord de Soja di aUis, le sol était 
fortement crevassé parallèlement à la mer ; une maisonnette avait 
dévié de la verticale et penchait aussi vers la côte du côté d'Ambon. 
Au kampong Soja di atas même, l'éboulement du terrain granitique 
altéré a endommagé des maisons et les a fait pencher. L'église était 
fort maltraitée; le mur de derrière s'était renversé dans la direction 
de 240°, donc dans une direction qui s'écarte fort de la normale, ce 
qui doit sans doute être attribué à l'état de délabrement de ce mur. 



m 

A Hatalai l'église a reçu un choc de 320° et était assez endommagée ; 
au demeurant, les dégâts ont été peu importants. A l'église de Nakou, 
le mur de derrière avait dévié dans une direction de 82° vers 212°, 
donc encore dans une direction qui ne correspondait pas à la direc- 
tion normale et qui est sensiblement celle de la cime du Horiel 
vers Nakou. A Kilang, l'habitation du régent, qui était très vieille, 
a été fort éprouvée; le choc venait à peu près de 320''. L'église et 
l'école avaient été atteintes également, mais à un degré moindre; 
à l'église, le choc paraît être venu, non seulement de cette direction, 
mais aussi dans un sens perpendiculaire, à en juger d'après l'incli- 
naison des piliers extérieurs, qui ont été poussés vers le sud-ouest. 
A Emo,, il y avait seulement 6 maisons qui penchaient; kHoukourila 
l'église est un peu abimée; dans ces deux localités, le choc venait 
d'Ambon, ou sensiblement dans la direction normale (320° environ). 
A Mahija, 6 maisons se sont écroulées. 

3. Côte sud de Hitou, entre Kemiri^ Nipa, Roumah tiga et Poka. 

Pour autant qu'on ait pu l'observer au petit nombre de maisons 
et de piliers en pierre, à Kemiri et à Nipa, ces constructions sont 
tombées pour la plupart à la suite d'un choc qui venait de la direc- 
tion de 55° ou 60^ ; quelques-unes étaient couchées du côté de la mer, 
donc sensiblement vers le sud ou le sud-est. A Roumah tiga, divers 
petits poteaux s'étaient renversés dans une direction de 267° environ. 
A la maison de Madame Roskott, le choc principal avait été parallèle 
à la mer, de 252" vers 72°, donc à peu près vers l'est; la maison 
penchait vers l'ouest; mais de plus, il paraît qu'il y a eu aussi un 
choc perpendiculaire à cette direction, parce que dans le plafond de 
la pëndopo les piliers en gaba-gaba s'étaient déplacés dans une 
direction sud. Nous sommes ici dans le domaine sismique III, où 
a agi non seulement l'ébranlement principal, mais encore un autre 
mouvement, perpendiculaire au premier, suivant la faille qui longe 
la côte sud de Hitou. A Poka, le choc secondaire a agi également; 
les murs latéraux de l'église, dans la direction de 67°, sont restés debout, 
les deux autres ont été renversés, mais tous deux vers l'extérieur, 
donc, l'un vers la mer, l'autre du côté opposé; quatre piliers de 
l'église sont également tombés du côté de la mer. 



819 

4. Intérieur de Hitou, entre Nipa et Wakal. 

L'intérieur de Hitou est totalement inhabité, de sorte qu'on n'a 
rien pu observer à des bâtiments. Toutefois, au nord de Sahourou, 
de Këmiri, de Nipa et de Roumah tiga, de grosses masses de maté- 
riaux meubles, brèches tendres et calcaire corallien, dont se 
composent les collines, se sont éboulées en un grand nombre 
d'endroits, ce que l'on a pu reconnaître à des taches blanches 
dans la verdure des arbres, que l'on pouvait même voir d'Ambon. 
Sur les deux rives de la Waï Ami se trouvent les éboulements mar- 
qués 1, 2, 2a, 3, 4, sur la carte n°. IV (ils sont représentés aussi 
fig. 34 de l'annexe IV); trois autres, marqués a, b, c, se trouvent à 
proximité de la Waï Leia; ils fournissent la preuve que ce terrain 
a été fortement ébranlé. Près de la côte du nord il y a aussi deux 
éboulements pareils, marqués d, e; le dernier a été décrit en détail 
ci-dessus, et il est représenté dans la fig. 37 de Tannexe IV. 

5. Côte du nord de Hitou^ à Wakal. 

La plus grande partie de la négorie Wakal sl été dévastée par le 
tremblement de terre; la plupart des maisons, de construction légère, 
se sont écroulées verticalement. Une des maisons en planches, à la- 
quelle des piliers solides en bois avaient donné plus de résistance, 
n'a pas été renversée, mais elle a pris une position oblique et penche 
vers la mer, donc au nord (à peu près 358°), à l 'encontre du choc. 
Elle est représentée dans la fig. 72, faite d'après une photographie 
prise par l'ingénieur Koperberg. Ici aussi le choc venait donc du 
nord, bien que sa direction se rapprochât de la verticale, car la grande 
majorité des habitations se sont abattues verticalement. 

IL Le second terrain a beaucoup moins soufiert que le premier de 
ce tremblement de terre. 

6. Côte nord de Hitou. 

Dans la négorie Bitou lama, qui n'est qu'à 1 km. à l'est de Wakal, 
la dévastation était bien plus faible; on y pouvait observer deux 
directions de secousses, l'une qui venait sensiblement du nord, l'autre 
à peu près parallèle à la mer et presque perpendiculaire à la première. 
A l'oratoire (roumah sembajang) à côté de l'habitation du régent, 



È2Ô 

un pilier d'angle avait dévié vers le nord; par contre, au cabinet, 
l'un des piliers s'était déplacé vers 55°, donc à peu près vers le nord- 
est, tandis que l'arrière mur de la cuisine était renversé du côté du 
sud-ouest. 

Dans une autre maison, celle du pateh, un des murs intérieurs 
était tombé dans la direction de 72°, et plusieurs poutres s'étaient 
détachées dans cette direction. C'ctaient-là les plus grandes maisons, 
construites en calcaire corallien et en maçonnerie ; aux autres maisons 
endommagées il était moins aisé de reconnaître la direction du mouve- 
ment. Nous nous trouvons ici à l'extrémité de la bande I (carte 
n". IV), et déjà dans le domaine de la bande II, où le choc parallèle 
à la mer, le long d'une faille qui existe à cet endroit, se faisait sentir 
plus fortement que le choc principal. 

Les kampongs Mamala et Morela, situés plus loin au nord-est, n'ont 
presque pas eu à souffrir du tremblement de terre, probablement 
parce qu'ils se trouvent bien loin au nord de la faille II. 

Plus à l'ouest, à Kditetou et à Hila^ les maisons ont peu souffert, 
seule l'église de Hila était endommagée et le pilier nord-ouest était 
déplacé vers le nord-est. A Sdid^ le mur d'un bâtiment penchait vers 
285°; les dégâts étaient également minimes. 

7. Côte sud de Hitou. 

A Alang la secousse était nettement perceptible, mais il n'}^ eût 
que peu de dégâts; les murs de l'église présentaient des crevasses 
horizontales; dans le presbytère les lampes suspendues oscillaient, 
au dire des habitants, dans une direction sensiblement nord-sud, 
mais le toit était déplacé quelque peu vers l'est, donc en sens con- 
traire du mouvement dans la zone sismique III (carte n°. IV). 

A Lahcij Tawiri et Hatiwi besar (Batou loubang) quelques maisons 
seulement étaient renversées ; la plupart 23encb aient, notamment vers 
l'est ou le nord-est, donc à l'encontre des secousses dans la zone III. 

Ainsi que je l'ai déjà mentionné ci-dessus (sous 3), tel était aussi 
le cas plus loin à l'est, à Sahourou, Kemiri et Nipa; ici des poteaux 
étaient tombés du côté du nord-est environ, et les maisons penchaient 
aussi vers le nord-est. 

Par contre, à Roumah tiga, déjà située à l'est de la faille principale, 



321 

les maisons étaient inclinées du coté du sud-ouest, c.-à-d. encore une 
fois en sens contraire du mouvement dans la zone III, mouvement 
qui paraît avoir pris naissance sur la faille principale I, de sorte que 
tous les points situés à l'ouest de cette ligne ont subi un choc + nord- 
est, et ceux situés à l'est un choc + sud-ouest. Dans le terrain sis 
entre Sahourou et Roumah tiga, on a ressenti en outre une secousse 
venant du nord ou du nord-nord-ouest, et qui doit être attribuée au 
mouvement principal I. 

A Foka le choc venait aussi à peu près du sud-ouest, ainsi que 
je l'ai déjà dit tantôt (sous 3). Deux murs se sont renversés vers 
67° et 247°, non évidemment dans un sens exactement perpendicu- 
laire à la direction de l'impulsion, mais perpendiculairement à leur 
propre direction, comme cela arrive toujours. 

Plus loin, le long de la côte nord de la baie Intérieure, la secousse 
n'a pas produit beaucoup de dégâts; seule la maison de M. Mulder, 
située au sud du gué de la rivière Gourou gourou këtjil, s'écroula, 
probablement parce qu'elle menaçait déjà ruine. 

Si nous prolongeons la faille III vers le nord-est, nous arrivons à 
la côte est de Hitou, près de la négorie Waë. Dans cette localité des 
morceaux s'étaient détachés des murs d'une vieille bâtisse. Dans la 
maison du pasteur adjoint les piliers en bois manifestaient un faible 
écart dans la direction de 30° vers 210°, donc contre le choc. 

8. Côte nord de Leitimor. 

A Silali et à Eri la secousse ne produisit pas de dégâts. A Ama- 
housou les deux murs de l'église placés dans une direction de 60° vers 
240° n'eurent pas beaucoup à souffrir; les deux autres, perpendicu- 
laires aux premiers, beaucoup au contraire, mais ils restèrent néan- 
moins debout. Cela indique que la secousse est venue du nord-est 
dans la zone sismique IV, le long de la faille qui longe la côte nord 
de Leitimor. Dans la montagne en arrière d'Amahousou, à peu près 
sur la limite de la péridotite et du terrain quaternaire, il s'était 
formé une crevasse dans la direction de 128°, donc à peu près per- 
pendiculairement au choc. 

Plus loin nous arrivons à l'église indigène à Batou gantoung (n". 50 
du plan), et puis à Amhon, dont nous avons déjà parlé plus haut. 

21 



322 

De l'autre côté de la rivière Batou merah se trouve la negorie de 
ce nom (feuille 2 de la carte n''. II). Là les murs de la mesigit, diri- 
gés du nord au sud, se sont renversés dans une direction de 270^, et 
la porte en pierre du tombeau d'un certain Diepo NËgoro (un neveu, 
si je ne me trompe, du Diepo Nëgoro, bien connu, qui est enterré 
à Makasser) est tombée vers 280°, également dans un sens perpen- 
diculaire à sa propre direction. La secousse principale, provenant 
sensiblement de 315°, a fait sentir ici son influence ; les murs ne se 
sont pas renversés toutefois perpendiculairement à la direction du 
choc, mais perpendiculairement à leur propre direction, comme cela 
se passe toujours. A Gélala diverses maisons indigènes se sont 
renversées, mais, comme on en avait déjà enlevé les décombres 
à mon arrivée, je n'ai plus pu déterminer la direction de la 
secousse. 

A Halong quatre maisons tombèrent; la maison du régent, très 
vieille et caduque, fut fortement endommagée, les piliers présentant 
un écart vers 84°; l'impulsion dans la zone IV était donc ici à peu 
près parallèle à la côte. 

Plus à l'est, à Lata^ Lateri, Nontetou^ Paso et Toulehou, la secousse 
ne produisit aucun dégât. 

III. Le troisième terrain, comprenant la portion de l'île située en 
dehors des domaines sismiques I, II, III et IV, eût fort peu à souffrir 
du tremblement du terre, mais on y a ressenti partout le mouvement. 

A Latou halat l'église était lézardée, surtout aux murailles placées 
dans une direction de 330° vers 150°. 

A Lea hari, Routoung et Houtoumouri le choc venait, suivant le 
témoignage unanime de toutes les personnes qui assistèrent au 
tremblement de terre, à peu près d'une direction de 310° à 320°, 
soit en moyenne 315^, ce qui correspond à la secousse principale. 
Les observations n'étaient pas en désaccord avec cette assertion. A 
Lea hari les effets étaient peu marqués, aucune maison n'était sérieuse* 
ment endommagée, l'église pas davantage. A Routoung une maison 
s'était renversée vers 35°, une autre vers 45°. A Houtoumouri le mur 
de l'église présentait des fissures. 

Il ne semble donc pas qu'il y ait eu une impulsion le long de la- 
faille qui borne Ambon au sud. 



323 

IV. Localités en dehors de Vîle d^Ambon^ oà Von a ressenti le tremble- 
ment de terre. 

En dehors d'Ambon, la secousse du 6 janvier 1898 a été sentie à 
Haroukou, Saparoua et Nousa laout, dans les baies de Pirou et 
d'Elpapouti à Céram méridionale, et à Wahaai à la côte nord de 
Céram. A Banda on s'est aperçu à peine du tremblement de terre 
et à Labouha, dans Batjan, on ne l'observa pas du tout. 

Résultats. 

Le tremblement de terre, excessivement violent, de janvier 1898 
était d'origine tectonique et doit être attribué à une dislocation le 
long d'une ancienne faille en travers de l'île d'Ambon. Les obser- 
vations ont appris, qu'au chef-lieu Ambon la secousse principale était 
dirigée du nord-ouest au sud-est; le mouvement était essentiellement 
ondulatoire, horizontal, mais il vint s'y ajouter un mouvement ver- 
tical, plus fort à Wakal qu'à Ambon, ce qui fait que l'inclinaison 
des chocs se rapprochait plus de la verticale au premier endroit 
qu'au second. 

Outre ce mouvement primaire on a constaté aussi des chocs secon- 
daires, plus ou moins perpendiculaires aux premiers, probablement 
le long de plans de rupture voisins des côtes de l'île. 

A la côte nord de Hitou et à la côte sud de Leitimor il ne se 
produisit pas de mouvement de la mer pendant ce tremblement de 
terre ; dans la baie d'Ambon un pareil mouvement se produisit, mais 
faiblement. 



QE 

301 

VA 



( 



Verbeek, Rogier Diederik 

Description gêo\oglqae 
de 1» fie d'Ambon 



)' 



Geology 



leos' 



PLEASE DO N9I.-WMOVE 
CARDS QB-SrrPS^OM THIS POCKET 



UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY 



"^^^f^Z.